Eddie the Eagle (2016)

Les JO d’hiver de 1988 à Calgary, ce contexte avait déjà été pris pour la célèbre comédie inspirée de faits réels, Rasta Rockett. Dans ce film, quatre jamaïcains s’illustraient dans un sport où on ne les attendait pas, le bobsleigh. Leur but : avoir la fierté de représenter leur pays aux célèbres jeux olympiques. Pas pris au sérieux au début, ils ont affiché une détermination sans limite et ce sont fait aidés par un coach atypique.
Eddie the Eagle, c’est un peu le même pitch : ça se passe à ces mêmes JO et le sportif en question, c’est Michael « Eddie » Edwards. Ne s’illustrant dans aucun sport en particulier, mais hautement attaché à participer aux jeux, il jette son dévolu sur le saut à ski, discipline redoutable où il est la risée de tous. Ne comptant que sur sa persévérance et le soutien indéfectible de sa mère, il parvient à se qualifier et représenter le Royaume-Uni dans cette discipline.

Soyons clairs, le seul atout que je voyais dans ce film, c’était la présence de Taron Egerton, chouchou de mon petit cœur de beurre depuis Kingsman. Parce que Eddie the Eagle, en lui-même, ne m’intéressait pas, je ne suis pas très biopic et encore moins quand ça touche au sport. Mais sur un coup de tête, j’ai décidé de me rendre à la dernière séance de ma ville (et du département entier), et je n’ai regretté que deux choses : avoir eu des a priori sur ce long-métrage et ne pas y être allée plus tôt pour pouvoir vanter ses mérites au plus grand nombre.

Déjà, je tiens à dire que le film est « seulement » inspiré de faits réels, et n’est pas un biopic à proprement parler, puisque certains éléments ont été rajoutés, d’autres romancés. C’est notamment le cas du coach bourru aux allures de cowboy, Bronson Peary, joué par Hugh Jackman. Ce coach a été créé pour les besoins du film, il n’existe donc pas dans la vraie histoire. Ainsi, tout ce qui a trait à ce personnage est purement fictif et aide à nous attacher non seulement à ce personnage, mais en plus, à créer une relation entre Eddie et Peary. Cette relation va au-delà du simple maître/élève, et aborde une très belle amitié. Je dois dire que ce duo fonctionne à merveille, mais aussi qu’il est absolument touchant. D’un côté, on a le coach avec sa chemise de western et ses santiags, plutôt adepte du lever de coude, qui va se trouver un but dans la vie : aider Eddie, mais aussi se racheter, lui qui a déçu son ancien coach et a foiré sa vie ainsi que son potentiel. De l’autre côté, on a Eddie, pas un grand sportif, mais qui a l’avantage d’être courageux et déterminé. Alors que le premier va souvent refuser d’aider Eddie, celui-ci va continuer de s’entraîner, jusqu’à faire craquer celui qui deviendra son coach, voulant lui éviter une mort certaine dans cette envie de gloire.

Les personnages sont attachants, comme vous avez sûrement compris. Eddie est captivant, parce qu’on le voit depuis ses plus jeunes années s’entraîner à diverses disciplines, en vain. Et dès son enfance, celui-ci nous attire, sûrement à cause de son handicap et de son air benêt. En cela, Taron Egerton est presque méconnaissable, il réussit à retranscrire les mimiques du célèbre olympien et le fait bien : il ne le rend pas du tout idiot, mais lui donne une vraie âme et un côté naïf qui en fascine plus d’un. Ça serait une sorte de Forrest Gump en cela, même si ce dernier est vraiment bête, car Eddie joue plus sur la candeur que l’imbécilité. Bon et puis, ce personnage avec ses airs bêtas nous livre quand même une belle leçon de vie : ne rien lâcher, aller jusqu’au bout et se dépasser. Parce que c’est exactement de ça dont il est question durant tout le film, de persévérance. La conversation qu’il aura lors du championnat avec le numéro 1 mondial de saut à ski, Matti Nykänen (trois médailles d’or lors de ces JO) le prouvera. Ce dernier lui glissera que tous les deux sont faits du même bois et n’ont rien à voir avec les autres athlètes de la discipline, puisqu’ils sont là pour aller au-delà d’eux-mêmes. Découragé (notamment par son propre père), moqué et même humilié par beaucoup (son coach au début, les autre sportifs, le comité olympique de son propre pays) au début, il montrera sa volonté de sauter et sa légitimité à être là, sans être celui qui amuse la galerie. Sa liesse se partage à chaque atterrissage et une vraie connexion se fait avec le public. Il devient alors le chouchou des spectateurs, de certains présentateurs et des journalistes, qui le surnommeront l’« Aigle ». Et de nous. Parce que sa joie est tellement communicative qu’on est forcés d’être émus et heureux pour lui. Je me souviens d’avoir eu envie de crier et de l’applaudir à chacune de ses réussites, j’avais vraiment l’impression d’avoir assisté aux sauts et de prendre part à ce bonheur. En cela, je trouve que ça en fait un personnage entier, sans retenue et qui se donne à fond pour atteindre son objectif et ses rêves. A la cérémonie de clôture des jeux olympiques, le discours prononcé lui rendra d’ailleurs un bel hommage : « Lors de ces Jeux, des concurrents ont gagné l’or, certains ont battu des records, et certains d’entre vous ont même volé comme un aigle ».

Niveau émotion, j’ai été servie. Cela fait très longtemps que je n’ai pas pleuré devant un film, du moins, pleuré de joie, et Eddie the Eagle m’a donné l’occasion de le faire, et plutôt deux fois qu’une. Je me suis surprise à avoir les larmes aux yeux en voyant le générique de fin. Et d’avoir tout de suite été mise dans le bain, non seulement grâce aux essais du petit Eddie dans diverses activités sportives représentées aux jeux olympiques, mais aussi à cause de l’attachement que j’ai eu pour lui et de la leçon qu’il transmet, comme dit précédemment. Chaque saut était propice à l’émotion, car on voulait au moins autant qu’Eddie sa victoire et voir son rêve se réaliser. Je crois que c’est plus que du partage, c’est davantage une fusion. Et tout était réuni pour que cette connexion se réalise. Eddie est proche de nous, accessible, pas comme les autres sportifs et tellement humain. Ses qualités nous projettent vers l’avant et j’ai ressenti un fort optimisme après ce visionnage. J’ai rarement vu de film aussi puissant et beau. Car en plus, Eddie the Eagle ne se tourne jamais dans le découragement et n’a pas à vocation d’être tire-larmes, au contraire, le protagoniste est admirable et sa persévérance inspire.

Brillamment mis en scène et interprété (autant le duo principal, que les parents d’Eddie et les autres seconds rôles (bordel, Christopher Walken ne rajeunit pas !)), la production de Matthew Vaughn nous plonge non seulement au cœur d’une épopée presque palpable et optimiste, mais aussi à la fin des années 1980. Code vestimentaire inclus. Et surtout, la bande son contribue à cette immersion temporelle, puisque Eddie the Eagle s’accompagne de chansons de groupes et artistes des 80’s, comme Kim Wilde, Frankie goes to Hollywood, Nik Kershaw ou encore Van Halen. Quant aux différents thèmes du film, ils sont composés par Matthew Margeson, que l’on a déjà croisé dans Kingsman ou Kick Ass. Le thème sobrement intitulé Eddie the Eagle, que l’on entend dès le début du film est brillant. Toutes ces chansons et musiques nous filent la patate et s’associent facilement à des moments de victoire.

Je conseille ce film à tous et suis impatiente de voir sa sortie en Blu-ray. Si jamais vous avez encore l’occasion de le voir en salles, foncez. Eddie the Eagle est un énorme coup de cœur et indéfectiblement un film que j’adore.

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Detention (2012)

Quand les années 2010 rencontrent les années 90, il y a forcément un ours, un voyage spatio-temporel, des OVNI, un tueur en série, des lycéens trop cool et un canadien pas sympa, non ?
Ok, je conçois, dit comme ça, ça donne pas envie et ça ressemble à Kung Fury version ado pour le moins déplaisante. Et pourtant ! Detention est un merveilleux melting-pot qui n’a aucune limite, si ce n’est de faire un bon film avec des bases piochées dans plusieurs genres. En fait, le film pioche tant au niveau de l’épouvante-horreur (et surtout du slasher), que dans la comédie, la science-fiction ou le teen-movie, sans être forcément un hommage aux films de chaque genre. Bien sûr, il s’en inspire à de nombreuses reprises, mais il fait son petit bonhomme de chemin et crée son univers bien à lui.
C’est pour ça que je m’attendais à voir, au mieux, un film divertissant, au pire, un navet immonde, incompréhensible surfant sur la vague des comédies horrifiques pour ados en manque d’Edgar Wright et de John Hughes (j’aime ces deux réalisateurs, ok ?). Ce que j’ai vu dépasse tout ce que j’ai pu imaginer : j’ai découvert une putain de pépite et j’ai eu un énorme coup de cœur pour ce film.

Synopsis : Riley est une lycéenne loseuse. Sa meilleure amie qu’elle ne reconnaît plus sort avec Clapton, l’amour secret de Riley. Et comme si ça ne suffisait pas, un tueur en série sorti tout droit d’un slasher movie sévit dans le lycée, tous sont suspectés.

Detention nous offre donc une histoire avec une machine à remonter le temps, des voyages spatio-temporels et un tueur qui s’en prend à des lycéens qui ont un sens de la répartie extraordinaire. Ça pourrait se compliquer plus d’une fois, être totalement incompréhensible même, mais le film fait tout pour nous éviter de nous prendre la tête et ça s’avère payant puisque le tout est assez clair : on nous explique de façon concise ce qui se passe sans rentrer dans les détails, et tant mieux. Ce qu’on veut c’est se marrer un bon coup, non ? Ainsi, si vous souhaitez une histoire qui n’implique aucune des données que j’ai évoquées plus haut et quelque chose de bien réfléchi, je vous recommande de passer votre tour. L’œuvre est totalement décomplexée, elle arrive vraiment bien à composer avec éléments qu’elle pioche assez intelligemment dans les divers genres et sous-genres : on sent que le réalisateur a voulu s’amuser avec des codes bien définis pour mieux les faire s’affronter, ou du moins, les faire fonctionner ensemble pour voir les combinaisons possibles. Et on peut dire que c’est réussi puisque le film commence par une sorte de tutoriel de la vie d’une reine des abeilles d’un lycée et finit par un affrontement final entre un tueur en série et deux adolescents, en passant par un voyage dans les années 90 et un vis ma vie de loseuse. C’est un univers déjanté, qu’on nous présente et totalement assumé j’vous dis ! Le pire ? C’est qu’on se laisse facilement prendre au jeu et qu’à aucun moment, on se demande ce qu’on fout là. Allez, au pire on se demande à quelle drogue tourne l’équipe de tournage, mais sans plus. Sincèrement, on passe un bon moment wtfesque à regarder Detention, tout en rigolant comme des loutres la plupart du temps.

Les personnages sont très bien écrits et sont chacun un cliché : la loseuse dont j’ai déjà parlé qui est notre personnage principal, son ennemie-amie cheerleader qui a échangé sa place avec sa mère, le tant convoité cancre hyper mignon par toutes les minettes du lycée, le gars fou amoureux de la loseuse qui s’en fout de lui et qui donc, est lui aussi un loser (je crois que je vais vous perdre là), un principal de lycée ravagé, un canadien qui est le personnage wtf du film… Bref, on pourrait s’arrêter sur chaque personnage pour en écrire des tonnes, car certes, ils représentent tous un cliché, mais ils arrivent à aller au-delà et dépasser leurs stéréotypes pour nous offrir des performances d’une part justes, et d’autre part, jouissives. Parce qu’aucun d’eux, à l’instar du film, ne se prend au sérieux, ce qui fait qu’entre l’écriture de leurs personnages et le script, ceux-ci nous offrent des bonnes punchlines et réussissent à nous faire rire, parfois en ne disant qu’un mot (voire aucun). Les situations dans lesquelles se retrouvent les personnages sont souvent déjantées et loufoques, ils se cassent la gueule un bon nombre de fois, ont une répartie de dingue (oui j’l’ai déjà dit, je sais) et peuvent se retrouver dans des situations en en faisant des tonnes, sans que ça paraisse trop gros non plus.
A côté de ça, les décors sont plutôt cool et arrivent à nous plonger dans l’univers voulu, aidés par la bande originale qui est complètement énorme (une bande son qui réunit Jump around de House of Pain et MMMBop des Hanson, c’est forcément bien, non ?), tout comme les costumes qui révèlent les clichés de la mode des années « old school ». Même son générique de début est magnifique.

En somme, c’est un bon gros délire qu’est ce melting-pot (bordel pour ses ennemis ?), qui vous fera passer un excellent moment.
Bon puis, y’a quand même Josh Hutcherson qui a fait fondre mon petit cœur de beurre.
(Y’a Shanley Caswell pour la gente masculine, on s’calme.)

Six films version fast-food (partie II)

Il y a quelques mois, je vous proposais cinq films via cet article. Je récidive aujourd’hui en vous en proposant six, ou plutôt cinq et demi.
Pour ceux qui auraient la flemme d’aller lire, quand je dis fast-food c’est que ça n’a rien à voir de près ou de loin avec la qualité, le fond ou la forme du film, juste que je vais parler succinctement d’œuvres, donc mes propos seront courts, histoire de vous proposer des objets cinématographiques de façon simple, claire et concise.
Vous pourrez donc faire votre choix entre ces six films. A l’inverse de ceux proposés l’année dernière, je n’ai pas mis que des films inconnus, j’ai tenté de varier les plaisirs avec des sorties (inter)nationales, pour que ce soit plus accessible et, je dois l’avouer, par facilité.
Garanti sans spoiler.

ABSENTIA

Ce film de Mike Flanagan a raflé de nombreux prix dans des festivals américains en 2011, malgré son petit budget (financé notamment par du crowdfunding).

Tricia n’a plus de nouvelles de son mari depuis 7 ans. A partir de cette date, les autorités peuvent considérer la personne comme morte. Pour l’aider à traverser cette épreuve et reconstruire sa vie, sa sœur, Callie emménage chez elle. Cette dernière fait quelques recherches et découvre que de nombreuses personnes dans les environs ont été portées disparues et que le mari de Tricia n’est peut-être pas mort mais prisonnier dans un véritable enfer.

Bien étrange film que voilà. Bon ok, je vous le dis tout de suite, je commence à vous mentir : ce film n’est pas un film d’horreur. Techniquement si, il est classé dans ce genre, mais il est plus mystérieux qu’il ne fait peur. En fait, l’horreur est davantage évacuée au profit d’une angoisse ou d’un certain malaise véhiculés par l’atmosphère pesante et très prenante, et ce, dès le début du film. Malgré une histoire de disparition qui a l’air sans équivoque, on aborde des thèmes comme le deuil mais aussi le surnaturel, le tout de façon très spontanée, ou du moins, fluide. C’est d’ailleurs assez surprenant pour une œuvre sans grande prétention ni ambition, d’arriver à se hisser à un tel niveau de réussite. A côté de ça, on a de gros défauts niveau musique, qui est sympa mais qui se répète inlassablement, ce qui saoule très vite, mais aussi niveau interprétation, qui bat de l’aile pour à peu près tous les acteurs (sauf chez l’interprète de Callie). L’histoire, qui part d’une situation réelle, explicable et raisonnée glisse au fur et à mesure vers l’incroyable, voire le surprenant, augmentant le côté mystérieux et prolongeant cette ambiance de malaise. Malheureusement, les deux gros défauts du film en font une œuvre plutôt bancale, se rapprochant d’un film de série B…
En clair, j’ai trouvé ça sympa mais sans plus. Cependant, on aurait pu s’en sortir avec bien pire, mais j’avoue que malgré le malaise, j’ai souvent regardé l’heure.

DEATHGASM

Une comédie horrifique néo-zélandaise de 2015.

Brodie, un metalleux, emménage chez son oncle, sa tante et son cousin, trois personnes très pieuses. Dans cette nouvelle vi(ll)e, il va faire la rencontre de Zakk et deux nerds avec qui il va former un groupe. Un jour, ils vont jouer une partition mystérieuse, qui va déchaîner les démons et les faire s’abattre sur leur petite ville.

Qu’on se le dise clairement : ce film n’apporte rien de nouveau au genre, donc aucune révolution n’est à prévoir du côté de la comédie horrifique avec Deathgasm. Cependant, on peut admettre un côté rafraîchissant, notamment grâce aux personnages qu’il met en scène : des metalleux. Ne connaissant guère le milieu, je ne peux pas vous certifier la présence de clichés sur ces personnes, donc je les suppose juste. Comme on peut le penser, la bande originale est composée de metal, ce qui est clairement sympa, mais… vite saoulant pour ma part (comprenez que je ne suis pas trop fan, tout simplement). A côté de ça, on a un film très drôle, avec des répliques et situations qui vont avec (se battre avec des sextoys, c’est toujours marrant, non ?), on rajoute aussi du gore, beaucoup de gore qui déverse des hectolitres de sang et des boyaux qui dégueulent de partout, augmentant là aussi le côté comique. Clairement, c’est quasiment jouissif. Pas au point d’avoir un orgasme comme suggéré par le titre du film, bien entendu, mais on passe un bon moment devant ce film, qui, ne fait pas vraiment peur, vous vous en doutez bien.
Donc, une œuvre peu originale mais qui parvient quand même à se démarquer des autres par les personnages qu’elle présente. La Nouvelle-Zélande nous donne vraiment de jolies pépites dans le genre (cf What We Do In The Shadows).

HIDDEN

Film de 2015, de Matt et Ross Duffer.

Après avoir échappé à une épidémie, une famille se cache dans un abri antiatomique.

Un film bien sympathique que voilà. Je tiens toutefois à préciser que vous ne ressentirez pas de grand effroi, pas de grande peur avec Hidden. En réalité, ce n’est pas vraiment un film d’horreur (dans le sens où en tout cas, moi, je n’ai pas eu peur, les autres se démerdent). Est-ce qu’il est dénué d’intérêt pour autant ? Définitivement non. L’ambiance est vraiment très prenante, le film est à la croisée de La route pour ses décors et situations, de 30 jours de nuit pour l’obscurité et l’interdiction formelle de sortir et d’autres films que je ne peux pas citer afin d’éviter le moindre spoiler. A côté de ça, la fin est vraiment réussie, grâce à une bonne mise en scène, peu surprenante certes, mais réussie quand même à mon goût. L’interprétation est très bonne, la même pour les personnages qui sont bien travaillés, malgré la gamine qui tape un peu sur le système nerveux de toute personne normalement constituée au bout de plusieurs minutes.
A voir, c’est vraiment un bon petit film.

THE FINAL GIRLS

Comédie horrifique de 2015, réalisée par Todd Strauss-Schulson.

Une jeune fille qui vient tout juste de faire le deuil de sa mère, une célèbre actrice des années 80, se retrouve projetée, avec ses amis, dans l’un de ses films : un film d’horreur. Ils vont tous tenter de combattre le meurtrier qui y sévit.

Déjà, le film commence super bien vu que dès les premières minutes, passe une chanson que j’aime d’amour (Bette Davis Eyes de Kim Carnes), alors j’ai pris un panard d’enfer, d’autant plus qu’on entend une deuxième fois la chanson dans le film. Deux orgasmes en moins d’1h30, je deviens nymphomane. Bon à côté de ça, le film est un trip décomplexé (à la Last action hero, mais pas vraiment quand même), une sorte de rêve éveillé, presque un hommage aux slashers des 80’s (le film s’inspire directement de Vendredi 13). Les acteurs sont terribles, leurs personnages tout autant. La musique de cette même décennie (et pas que Kim Carnes) rend bien avec le tout. Les situations et répliques sont tordantes pour la plupart… Si vous voulez passer un super moment, voyez-le.
Vous l’aurez compris, une très bonne surprise pour moi.

THE VISIT

Dernier né de M. Night Shyamalan, sorti en 2015.

Un frère et une sœur partent une semaine chez leurs grands-parents maternels qu’ils n’avaient jamais vus. Après avoir découvert deux personnalités très bizarres, ils se rendent compte que les deux vieux sont peut-être dangereux et qu’ils ne pourront peut-être pas rentrer vivants chez eux.

Wahou. Bordel, quel film. Shyamalan n’étant plus trop une valeur sûre ces dernières années à cause de ses dernières réalisations, alors je me suis penchée sur ce film avec beaucoup d’appréhension et le résultat est surprenant : cette œuvre est un petit bijou qui envoie pendant un peu plus d’1h30. Véritable conte d’horreur où deux enfants partent en vacances chez les grands méchants loups (ou les croques mitaines, voyez ce que vous voulez), ce film n’a guère de défaut. A part peut-être la caméra subjective que je ne trouve pas vraiment justifiée pour la plupart des scènes. Mais du côté des qualités, je peux citer les enfants qui sont, Dieu soit loué, supportables, que dis-je, excellents ! Les vieux cons (qu’on devrait tous tuer à la naissance, comme chacun le sait) sont charismatiques, dans leur genre… Les décors et la mise en scène sont bons. Pour ce qui est de l’horreur, et bien, elle est bel et bien présente, palpable et y’a même des jolis jumpscares à prévoir, et pas forcément là où vous vous y attendez. A côté de ça, le film arrive à se reposer en nous offrant des petites touches d’humour carrément savoureuses, grâce au personnage de Tyler (le gamin), qui a su me faire rire. Quant à la caméra, même si subjective comme dit précédemment, ne file pas la gerbe ni l’envie d’abréger les 1h30 de bonheur qui se déroulent sous nos yeux. Donc voilà : horreur, comédie, moments de stress (l’appel à la mère vers les 60 mins du film, putain !), bonne interprétation, décors, bonne utilisation du found footage… C’est ça, The Visit.
Allez-y gaiement ! J’vous garantis que vous ne le regretterez pas.

GALLOWS

Le fameux sixième film de cet article. Que je ne vous conseille pas. Ne le voyez pas. Jamais.
C’est de la merde.

J’espère que ça vous a plu !
J’ai classé les films par ordre de préférence, en commençant par celui que j’ai le moins aimé, exception faite pour Gallows.

Cinq films version fast-food

Avant toute chose, ce que je nomme la version fast-food dans le titre, ce n’est pas en rapport avec la qualité, la fond ou la forme du film : c’est juste que je vais aborder cinq films dans cet article et que mes propos seront donc assez écourtés et sans grande préparation préalable (oui genre je fais des pompes avant de commencer un article).

Pourquoi cinq films ?
Parce que ça me fait chier de faire un truc complet pour chacun de ces films. Mais aussi parce que je vais tenter une approche assez semblable pour chacun d’eux, étant donné que ces cinq films entrent dans le thème épouvante-horreur et surtout que ces films sont peu connus. Je vais donc tenter de mettre les projecteurs sur ces cinq petits films qui sont tous sympathiques, avec un budget limité mais qui ont pour réel point commun de n’être guère médiatisés, et ce, pour des raisons plus ou moins obscures.
Et puis cinq films ça permet de faire votre choix de nouveauté pour le soir d’Halloween (ça arrivera plus ou moins vite !) : je vous présente cinq films pour le prix d’un, c’est merveilleux, non ?

SESSION 9

Sorti en direct-to-video en 2006, le film a été réalisé en 2001 et présenté au Festival de Deauville en 2001 et au Festival de Gérardmer en 2004.

Ce film raconte l’histoire de quatre ouvriers en bâtiment qui rénovent un ancien asile désaffecté. Alors que certains font des découvertes étranges dans ce lieu, d’autres sombrent peu à peu dans la folie…

J’dois dire merci à la personne qui m’a conseillé ce film.
Ce film ne paye pas de mine : l’histoire et le lieu de l’action sont déjà vus, l’affiche n’est pas excellente et on a du mal à rentrer dans le film. Pour cause, il ne se passe rien pendant tout le début… Il y en a beaucoup qui ont été agacés par cet aspect peu reluisant et ont laissé tomber. A tort puisque cela permet de faire monter la tension crescendo. On nous montre de la normalité à foison, on attend, on trépigne et on se demande ce qui va bien pouvoir arriver à nos pauvres bonhommes.
Malgré quelques défauts notables (c’est fouillis, lent et le scénario est parfois wtfesque), je trouve l’ensemble assez bon, pas excellent, mais assez bon. Tout est basé sur le psychologique, il n’y a pas d’horreur, pas de monstre, pas de vilains zombies… Cependant, je suis sûre que vous allez être à un moment dans le même état que devant [REC] lorsque le prêtre commence sa tirade par « Je vais devoir sceller cette chambre… ». Ceci n’est pas un spoiler : j’vous jure que Tristana Medeiros n’est pas présente dans Session 9 ! Je veux juste dire que vous allez être bien tendus et ce sans avoir eu le jump scare du siècle.

Session 9 est basé donc sur l’aspect psychologique, la folie et la psychopathie. Mais pour les yeux, on a de chouettes décors qui nous sont servis. En effet, l’hôpital psychiatrique où a été tourné le film a une allure inquiétante et puissante, l’intérieur n’est pas décevant puisque c’est lugubre, abandonné et vide… Cela dit, certains restes du temps passé surgissent, c’est ainsi qu’on nous parle lobotomie et autres techniques arriérées pour nous. Puis on visite quand même de sacrées pièces : la morgue, les chambres où les murs ont gardé leurs photos d’anciens patients, les souterrains et les longs couloirs…


Foutu dilemme…

L’atmosphère est oppressante, presque étouffante. On se met facilement à la place de ces quatre « messieurs-tout-le-monde » et on essaye de se sortir tant bien que mal de cette situation étrange et aucunement rationnelle.
Comme je vous l’ai dit, on part de « rien » pour arriver au summum. J’entends par là que notre point de départ sont nos quatre personnages crédibles, normaux et donc tellement humains puis on sombre petit à petit dans le fantastique sans s’en rendre compte, la transition, parfaite, est celle des écoutes des séances entre une patiente et son médecin sur des vieilles bandes magnétiques. A l’instar du reste du film, le contenu de ces bandes monte en puissance et angoisse petit à petit. Car même si on sent la grosse merde arriver pour nos protagonistes, on ne peut s’empêcher de vouloir explorer le lieu et de comprendre ce qui se passe.

Bonus : voir David Caruso sans ses lunettes de soleil est possible grâce à ce film.

THE INNKEEPERS

Sorti également en direct-to-video, ce film a été réalisé en 2011, j’ai dû le regarder plusieurs fois pour m’en faire une idée…

Deux jeunes employés d’un hôtel voué à la fermeture définitive profitent de la presque absence de clients pour sortir leur matos de chasseurs de fantômes et explorer leur lieu de travail qui serait l’un des lieux les plus hantés du pays.

Je réponds maintenant à la question que vous vous posez sûrement (vous êtes si prévisibles) : j’ai dû voir et revoir ce film car je n’arrivais pas à savoir si je l’aimais ou non. C’est étrange, mais l’un des rares autres longs métrages ayant eu ce traitement de faveur de ma part est Irréversible (sauf que lui je n’ai pas osé le revoir). The Innkeepers m’a posé problème parce qu’il m’était impossible d’avoir un avis clair à propos du film : je ne savais pas si je l’aimais ou si je le détestais ni même si j’étais neutre. Le pourquoi du comment qui explique cette confusion c’est que le film est basé sur la psychologie lui aussi. Mais pas à l’instar deSession 9 puisque ici, tout est beaucoup plus complexe, on nous parle de chasseurs de fantômes avant de nous parler de fantômes. On sait donc qu’il y a quelque chose mais rien n’apparaît sous nos yeux. On nous martèle d’anciennes histoires, de légendes urbaines, certains clients sont étranges (flippants ?) mais pas de fantôme ni d’apparition d’outre-tombe. Et quand ça arrive, c’est tout d’un coup, brutal et affolant.

Il faut dire que ce qui accroît la confusion c’est qu’on nous présente une comédie de prime abord. La relation entre les deux jeunes employés est fendarde, leurs comportements nous tirent des sourires et les répliques sont appréciables. Cela renforce le côté « chasseurs de fantômes sans fantôme », qui donne ici un « film d’horreur sans horreur », on a peine à croire que The Innkeepersest de ce registre. Et pourtant, quand ça arrive, ça arrive…
Sinon, la performance des acteurs est juste, mention spéciale à Sara Paxton, notre asthmatique de service qui joue aussi bien qu’elle est jolie.
Au final, j’apprécie ce film pour son originalité, son mélange des genres et son traitement du thème des chasseurs de fantômes en inactivité qui n’avait jusqu’ici été que très peu exploité.

TRICK ‘R TREAT

Réalisé en 2007, sorti en 2009. J’vous le donne en mille… en direct-to-video !

Le film nous présente plusieurs personnages qui ne se connaissent pas dans une même ville le soir d’Halloween. Certains mettent du cœur à l’ouvrage pour réussir cette fête. Et pour eux, Halloween est sacré, quant à ceux qui ne suivront pas la coutume…

Trick ‘r Treat n’est pas un film d’horreur mais par le traitement de son thème, on peut dire qu’il rend hommage à Halloween. On y voit notamment des créatures associées à cette fête : loup-garou, croque-mitaine, zombie, meurtrier sadique… Et ces individus font donc tout pour que la collecte des bonbons éclairée par des Jack-o’-lantern, y compris tuer ceux qui ne voudront pas respecter la tradition. L’ambiance du film est glauque, sombre et inquiétante, mais le film surfe surtout sur l’humour noir malgré des scènes assez gores.
Les décors quant à eux sont sublimes : gothique et noir, on sent que c’est Halloween, les costumes des fêtards sont parfois magnifiques et les maisons décorées sont juste terriblement chouettes.

Le film se découpe en quatre parties. Quatre segments où des personnages vont aborder Halloween chacun à leur manière : ne rien faire, rite initiatique, visite d’un lieu flippant ou profiter avec son enfant… Ces récits ont le défaut d’être logiquement courts et donc pas assez développés : on en voudrait encore mais on doit se contenter de ce que l’on a. Les personnages se développent au fur et à mesure et se révèlent être férocement terrifiants… Car maintenant, on connaît le visage angélique d’un loup-garou.

Cependant Trick ‘r Treat est juste un bijou que l’on a envie de voir encore et encore tant il est plaisant de voir nos doux monstres évoluer et faire leurs crimes de leur côté sans une once de remord. C’est juste impeccable mais le film souffre de sa courte durée malgré une efficacité époustouflante, tout en jonglant sur les mythes et les légendes urbaines avec originalité et point de vue personnel.

GRAVE ENCOUNTERS

Inédit en France, malgré sa présentation à Gérardmer en 2012.

Lance et ses acolytes s’enferment dans un hôpital psychiatrique abandonné pour tourner un documentaire sur la chasse aux fantômes. Se moquant des peurs des locaux envers le lieu, l’équipe de tournage va se rendre compte que le bâtiment est hanté et qu’il ne les laissera pas sortir.

Le found-footage ça me fait chier, sauf dans de rares cas, comme dans [REC] ou dans Grave encounters. Ici je trouve l’utilisation logique (il y a une justification à cette présence de caméra subjective) et assez réussie, l’image n’est pas dégueulasse et on ne tourne pas la caméra tel un fifou dès qu’il y a le moindre bruit. Globalement, on nous présente des choses effrayantes avec le minimum de moyens, ce qui est assez réussi puisque nos protagonistes sont plus ou moins aguerris. En effet, l’équipe est habituée à filmer de la supercherie, mais là, ils vont être confrontés à du vrai, du lourd, du terrifiant.

Comme pour les punir d’être là et d’avoir vécu dans le faux auparavant, ils se retrouvent dans un véritable labyrinthe où ils croisent des personnages horribles. Mais avant, histoire de bien faire monter la pression, il est d’usage de nous montrer des événements bizarres sans apparition morbide : bruits suspects, mouvements d’objets, pour se rapprocher doucement des protagonistes et commencer par leur soulever les cheveux.

Par contre, ce qui me gonfle fortement, c’est cette volonté de tout conclure par un truc inexpliqué. Comme pour dire « bah en fait, on savait pas trop comment ça allait finir, alors on va jouer sur le fait que le spectateur va vouloir interpréter à sa sauce »… Oui mais non, moi j’en ai marre de tout vouloir expliquer, je désire débrancher mon cerveau et qu’on me fasse tout. C’est pour cela que la fin, les toutes dernières minutes sont carrément lamentables. Elles nous font voir des choses qui n’avaient absolument rien à voir avec le reste du film, façon ni vu ni connu j’t’embrouille mixées à je vais rajouter ça sur le feu, que tu partes pas sans rien. On sent bien que les réalisateurs n’avaient aucune idée ni aucune inspiration pour cette fin mais je trouve ça dommage de conclure aussi mal une histoire qui avait été assez bien maîtrisée pendant tout le film.

Malgré tout, le film reste assez bon, pas époustouflant mais il a le mérite d’être bien interprété, joué et mis en scène. Quant au fait de vouloir survivre envers et contre tout, malgré la sortie introuvable/inexistante, c’est assez impressionnant. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que je me serais suicidée au moins dix fois à la place des personnages. Alors certes, ils n’ont pas tous l’esprit sain après plusieurs heures enfermés et ils sombrent dans une folie assez extrême, mais diantre, ils sont foutrement téméraires.

TRIANGLE

Direct-to-video lui aussi. Sorti en 2011 mais réalisé en 2009. Je voulais un film à la con pour débrancher mon cerveau et fantasmer sur un bateau fantôme, j’ai fait chou blanc.

Jess et ses amis se rendent sur un voilier pour une excursion. Malheureusement, la météo se dégrade brutalement et renverse le bateau. Les survivants s’accrochent à l’épave en attendant des secours et aperçoivent un paquebot qui s’approche silencieusement. A bord, les jeunes gens visitent le bâtiment mais constatent qu’il a l’air abandonné et que les passagers ont disparu. Jess sent que des événements étranges se passent… Puis une personne masquée fait son apparition et tire sur tout le monde.

Plus que le voyage dans l’espace supposé par un bateau, le film nous emmène dans un voyage dans le temps. Alors que les premières minutes du film semblaient sans encombre, en plus des événements qui commencent à s’embrouiller (une personne masquée qui essaye de tuer tout le monde et qui se ferait passer pour Jess…), la narration elle-même s’embrouille. En effet, on a affaire dans ce film à un schéma narratif peu encouru, puisque l’on est pris dans une spirale infernale… Les événements se répètent et tournent à l’infini. Seule Jess comprend ce qui se passe et tente de sauver ses amis et sa peau tant bien que mal. Au final, on aura le droit aux mêmes scènes trois fois (comme pour fermer les trois segments d’un triangle). Cependant, ces scènes seront changeables dans le sens où Jess arrive à changer certains événements mais se retrouve démunie à la fin, puisqu’elle échoue à chaque fois à sauver ses compagnons d’infortune.

Il était difficile d’imaginer un film avec des scènes qui se répètent sans penser à l’ennui et à la redondance. On se plantait bien puisque le réalisateur a tout prévu et nous donne des éléments de compréhension à chaque tour, tout en poussant plus loin la résolution du problème, sans jamais l’atteindre cependant. Car ici, la bateau est certes vide, mais absolument pas hanté ni maléfique… Seule Jess projette sur ce lieu et son entourage ses problèmes et troubles puisque la jeune femme est atteinte de problèmes psychiatriques. La personne masquée qui poursuit Jess et ses amis en voulant leur mort n’est autre que notre héroïne elle-même. Dans l’incompréhension totale, on tâtonne en même temps que Jess sur les éléments qui se dessinent peu à peu et veulent bien se montrer. Pourquoi vouloir tuer ses amis et elle-même ? Voyant donc les quelques indices donnés avec parcimonie et rassemblant le tout, pour nous aussi, l’évidence (celle que Jess veut appliquer en tout cas) est que la mort est la seule issue à ce cauchemar. Cependant, quand tout semble réglé, Jess est ramenée malgré elle au point de départ et oublie tout pour recommencer à l’infini.

Rien à voir avec Un jour sans fin (où le personnage est interprété par l’excellent Bill Murray). En effet, ici les événements sont tragiques et le destin de notre personnage est triste. A la fin du film, on s’en veut de partir pour la laisser coincée là, seule.
Cela dit, la seule ressemblance avec le film de Harold Ramis, c’est qu’il est impossible et inutile de vouloir expliquer et de comprendre ce qui se passe. Triangle révèle des problèmes et nous donne des pistes d’interprétations : maladie mentale, œuvre mystique… Mais ne nous donne jamais la solution tant attendue.

Edge of tomorrow (2014)

Ce film, ça fait genre des semaines qu’on m’en parle. Ça fait genre des semaines que je veux le voir et donc des semaines que je refuse de lire n’importe quel avis afin d’éviter le moindre spoiler. Cependant, des éléments ont filtré, portant sur une fin maladroite ou sur du copié-collé, sans pour autant entacher ma volonté de voir Edge of Tomorrow.

A vrai dire, je cernais à peu près ce que j’allais voir : un blockbuster avec des chouettes effets spéciaux, des personnages assez bad ass et je savais très bien que je n’allais pas activer mon cerveau toutes les minutes. C’est parfaitement ce que je voulais pour cet après-midi : ne pas réfléchir à mort, regarder un film divertissant et avoir de l’action.

Je n’ai absolument pas été déçue car ça correspondait absolument à mes attentes de spectatrice moyenne de jour férié sous sa couette.
Je me suis donc retrouvée face à un Bill Murray mais dans un contexte beaucoup plus violent, forcément. J’apprécie ces films de boucle temporelle, encore faut-il que ce soit bien utilisé, adroit et que ça tienne sur un peu moins de deux heures. Et Edge of Tomorrow a gagné (à l’instar d’Un jour sans fin) : ça se répète mais ça ne bourre pas le crâne des mêmes faits, gestes, paroles. On a alors le scientologue le plus célèbre dans la peau d’un planqué accompagné d’une jeune actrice, toujours juste, qui endosse le rôle d’une bad ass. Guère de psychologie ou de travail sur les personnages : on ne sait pas qui ils sont, ce qu’ils ont fait auparavant et on ne s’en porte pas plus mal. De toute façon, on n’a pas le temps d’avoir toutes ces informations ET ce n’est surtout pas le sujet. Ça alourdirait même le film de savoir tout cela. De plus, on ne nous sert pas de romance à la con et c’est une véritable bénédiction.

Pour ce qui est de la fin, vu les commentaires de certains, je m’attendais à un truc énormément nul, alors forcément, j’ai avalé la fin servie sans trop de difficulté. Certes, elle n’est pas géniale ni très cohérente, mais honnêtement, je pense qu’on aurait pu avoir encore pire. Mais vraiment pire.

Tout ça pour dire que j’ai vu ce film dans un contexte de bonne humeur couplée d’un enthousiasme plus que respectable (pour une personne habituellement pessimiste) et
que j’ai été ravie du résultat. Je ne dis pas que j’aurais apprécié si j’avais eu une journée de merde, ça c’est évident.
Conclusion : j’ai vraiment apprécié et j’ai même eu un joli coup de cœur, il m’a mis la patate.

What We Do in the Shadows (2014)

A l’instar de [REC] avec son émission Pendant que vous dormezWhat We Do in the Shadows présente un docu-réalité sur ce que font les vampires pendant la nuit.



On a beau avoir lu une multitude de Stoker ou de Rice, vu des MurnauFisher ou encore Coppola, et même, s’être aventuré dans la folie Twilight, on ne sait pas ce que fait réellement un vampire de ses nuits.
Pour tenter de satisfaire notre curiosité, une équipe de télévision néo-zélandaise, après s’être équipée d’eau bénite, de crucifix et de pieux, s’aventure dans une colocation partagée par quatre vampires, nous montrant au quotidien, la vie des vampires et leur place dans la société actuelle.
Nous côtoyons donc Viago, un vampire de 379 ans, sorte de dandy poli et très sympathique, Vladislav 862 années au compteur, un vieux de la vieille aux allures et réactions plutôt archaïques, Deacon le jeunot avec ses 183 ans seulement, qui est assez immature et enfin, l’aîné de tous, Petyr, 8000 ans qui dort dans sa cave et a des difficultés à communiquer.
Ces quatre colocataires tentent de mener leur vie paisiblement, mais entre leurs envies de sang frais et celle de rejoindre les soirées prisées de leur ville, ceux-ci ont bien du mal à nouer des relations avec les autres. Jusqu’à ce que Nick soit vampirisé et chamboule les habitudes de tous…

Les télé-réalités fleurissent et leur nombre ne cesse de s’accroître. What We Do in the Shadows nous présente ici une sorte de Confessions intimes où aucun fan indélicat de Johnny Hallyday n’intervient, mais où quatre sympathiques vampires s’illustrent. Ces derniers nous emmènent donc dans le monde de la nuit qui malgré leur statut de « créatures de la nuit » peinent à trouver leur place. Tour à tour, nos trois vampires (Petyr ne parle pas et reste enfermé dans sa cave tout le temps) vont se confier à la caméra et dire ce qu’ils pensent de leur vie et de leurs colocataires. A côté de ça, l’équipe de tournage les suit partout et tout le temps, révélant donc comment ils arrivent à trouver de la nourriture, comment leur colocation fonctionne, quels sont les liens qui les unissent et surtout qui sont ces vampires.

Le trio est charismatique, chacun correspondant à un cliché du vampire, ils ont tous une personnalité distincte et plaisante. Même s’ils représentent un cliché (le « poétique », le bad boy, celui à qui on ne la fait pas…), leur développement ne s’arrête pas là, puisque ce cliché est là pour alimenter les caractères de chacun sans les enfermer dans cette seule caractéristique. Sans compter que les trois vampires ont du charisme à revendre parce qu’ils sont brillamment interprétés. Même s’ils sont tous les trois très différents, ils se complètent et leurs relations et mécanismes font que tous leurs échanges sont fluides. Leurs qualités, défauts, mais aussi mimiques et façon d’être ont été intelligemment étudiés, permettant de donner de la crédibilité et d’interpréter des personnages hilarants qui sortent des sentiers battus. Effectivement, bien loin de vouloir bâcler le travail, les créateurs se permettent, grâce aux clichés plus que connus sur les vampires, d’aller plus loin en apportant un côté un peu gore auquel s’ajoute l’humour, que l’on a guère l’habitude de trouver dans un film sur ces créatures.

Comme dans toute télé-réalité, on rit. Parfois malgré les personnages, parfois non. Dans ce film, c’est un peu pareil : chaque situation, fait ou geste, nous permet de rire. Les habitudes des vampires sont toutes reprises pour en faire quelque chose d’absolument drôle. On voit notamment les vampires dans un savoureux face-à-face avec une bande de loups-garous, dans une soirée avec des morts vivants ou encore chez eux, en train de recruter des personnes pour qu’ils leur servent de nourriture. Tout comme dans les télé-réalités aussi, on a droit à des scènes de prises de têtes (la répartition des tâches ménagères est synonyme de pétages de câbles), des scènes mélodramatiques… Sauf que là encore, c’est délicieusement drôle. Les situations s’enchaînent sans pour autant donner l’impression d’être envoyées bout à bout et le résultat est juste terrible.



Comme dit plus haut, chaque vampire correspondant à un cliché bien connu, on retrouve aisément dans What We Do in the Shadows de nombreuses références, notamment cinématographiques. Pour la forme du film, on pense directement au Projet Blair Witch puisque l’équipe de télévision suit caméra au poing nos joyeuses créatures. Pour le fond, on a un peu l’impression d’être dans Entretien avec un vampire, le drame en moins, la comédie en plus. Et je ne peux pas m’empêcher de parler de Shaun of the dead puisque l’œuvre est directement inscrite chez les comédies horrifiques. Cependant, je tiens à dire que l’horreur est vraiment éludée. Certes, il y a du sang, mais il n’y a aucune violence. Ce film est avant tout une comédie, donc si vous cherchez du vampire pour alimenter vos envies d’épouvante-horreur, passez votre chemin, ce n’est pas pour vous.
On retrouve même l’ami des vampires, celui qui n’est que mortel mais que personne n’a envie de manger. Ici, cet ami c’est Stu, et il permet lui aussi, d’alimenter le côté comique du film. En effet, son comportement change tout au long du film et il est appréciable de voir comment sont les quatre vampires à son égard. Quant à Nick, le « nouveau », il exaspère la bande puisqu’il crie sur tous les toits qu’il est désormais immortel, ce qui va leur attirer pas mal d’ennuis, comme la rencontre avec un chasseur de vampires. Ce personnage entraîne encore plus d’engueulades, et c’est tout bonnement génial.


C’est donc une chouette parodie sur les vampires qui nous est offerte ici : des personnages bien travaillés et interprétés, de l’humour qui fait toujours mouche, des clichés repris et réutilisés… J’ajoute aussi que les décors et aussi les costumes sont superbes. Chaque vampire correspondant à une époque différente, leurs relations, mais aussi leurs vêtements s’en ressentent, augmentant le choc des cultures.

Evidemment, le film n’a pas (encore ?) bénéficié de sorties en salles, et donc cette œuvre est fort méconnue. En tout cas, pour moi ce fut une belle découverte et un joli coup de cœur.

Grabbers (2011)

Dans la lignée des comédies d’horreur portées par la Blood & Ice Cream TrilogyGrabbers est un de ces films où les personnages aiment (un peu trop) la boisson. Même qu’elle est indispensable à leur survie…

Une petite île irlandaise peuplée de pêcheurs irlandais va être traversée par une tempête pour le week-end. Seulement, ce n’est pas le véritable problème de nos charmants rouquins puisque des créatures venant des mers débarquent et veulent bouffer tout le monde. Leur point faible ? Ils détestent l’alcool. Les habitants vont donc devoir se mettre la race de leur vie pour survivre.



Ce film est un bon gros délire où l’alcool est la meilleure défense possible, et aussi la meilleure arme contre les envahisseurs ennemis. Le pitch sonne comme un navet et pourtant, le rendu est tellement impeccable que même si l’histoire est ridicule, on se prend au jeu avec une facilité déconcertante. La faute à l’interprétation et à la mise en scène menées avec brio pendant toute la durée du film.
Grabbers est un film sans grande prétention, si ce n’est celle de divertir les troupes pendant une heure et demie, d’envoyer du fun et de tourner en dérision les films du genre.

Alors certes, les premières minutes sont chiantes, on pourrait vite assimiler ça à de la série Z qui nous ferait regretter le voyage. C’est un peu lent et le développement peine à arriver. Mais dès qu’on prend nos marques, c’est parti pour le délire. Pour le côté science-fiction, les monstres sont tout ce qu’il y a de plus monstrueux : moches et méchants. Ils me font d’ailleurs penser à ceux vus dans Edge of Tomorrow avec d’énormes tentacules. Pour le côté humour à la con, là aussi, pas de déception, ça fait souvent mouche puisque les blagues fusent et sont drôles, tout comme les situations et les personnages (voir des gens pétés, c’est souvent drôle, non ?) On se laisse donc prendre facilement au jeu, on rentre vite dans le délire, sans avoir réellement besoin d’être aussi bourrés que nos bonnes gens à l’écran, même si je ne vous le cache pas, il est tentant de se servir un petit verre, histoire de suivre le mouvement et surtout, de résister à la potentielle invasion de monstres tentaculés, on sait jamais.



Les personnages, bien que fort clichés sont attachants. Entre la policière fraîchement débarquée de la grande ville qui tente de faire sa loi, son collègue totalement porté sur la bouteille, mais aussi les villageois : le vieux bourru complètement défoncé, le prêtre en pleine guerre protestante-catholique, le scientifique un peu barré et admiratif et les tenanciers du bar qui font leur boulot tant bien que mal… Personne ne nous fait regretter ce moment. Les deux policiers notamment, qui sont les personnages principaux, n’échappent pas à la romance obligatoire mais sont drôles dans leur échange de rôles : elle se voit contrainte de boire alors que lui doit rester sobre pour veiller sur tout le monde, et je dois dire que la jeune femme se révèle fort drôle une fois décoincée. Le seul regret que je peux avoir, c’est que son collègue est trop « sage » une fois sobre. En fait, je dois dire que même si le film ne se prend pas au sérieux et que c’est un petit budget, l’interprétation est vraiment réussie, tant pour les premiers rôles que pour les autres.
A côté de ça, les décors sont très réussis, les paysages d’Irlande étant peu dégueulasses à voir, on ne pouvait pas vraiment espérer moins, les monstres comme dit plus haut sont assez bien réalisés, même si ce n’est pas la perfection absolue… Les scènes et situations, bien que faciles, ne sont jamais de trop et apportent leur petit plus à l’histoire. En réalité, le but est de divertir, d’amuser, de faire rire, tout ça avec une histoire de base totalement conne et assumée, donc drôle, et le développement se fait autour de cette simple volonté, sans tergiverser, sans passer à côté de quelque chose ni vouloir exécuter des pirouettes improbables pour amuser la galerie. Non là, on a déjà notre recette gagnante dès le synopsis, alors pourquoi faire autre chose ? Là où je veux en venir, c’est que l’œuvre ne s’embarrasse pas d’histoires parallèles, d’explications ou autres : on voulait voir de la connerie « responsable » sans se prendre la tête et en rigolant, c’est exactement ce qu’on a. On a vraiment l’occasion de voir ce qui se passe quand des gens doivent se bourrer la gueule pour rester en vie. 


Quelques jolies références sont à apercevoir, sans sombrer dans la caricature ignoble. En effet, on peut vraiment dire que Grabbers nous montre sa patte et tente de se détacher de ses compères, même si bien entendu, ça ne sera jamais du Edgar Wright, mais sieur Jon Wright est bien parti pour le talonner.
Donc j’insiste : si vous voulez voir quelque chose d’intelligent, de subtil et de compliqué, ne voyez pas Grabbers parce qu’ici, tout est facile.

Pour finir, c’est une excellente surprise et j’ai eu un petit coup de cœur pour ce film.