Six films version fast-food (partie II)

Il y a quelques mois, je vous proposais cinq films via cet article. Je récidive aujourd’hui en vous en proposant six, ou plutôt cinq et demi.
Pour ceux qui auraient la flemme d’aller lire, quand je dis fast-food c’est que ça n’a rien à voir de près ou de loin avec la qualité, le fond ou la forme du film, juste que je vais parler succinctement d’œuvres, donc mes propos seront courts, histoire de vous proposer des objets cinématographiques de façon simple, claire et concise.
Vous pourrez donc faire votre choix entre ces six films. A l’inverse de ceux proposés l’année dernière, je n’ai pas mis que des films inconnus, j’ai tenté de varier les plaisirs avec des sorties (inter)nationales, pour que ce soit plus accessible et, je dois l’avouer, par facilité.
Garanti sans spoiler.

ABSENTIA

Ce film de Mike Flanagan a raflé de nombreux prix dans des festivals américains en 2011, malgré son petit budget (financé notamment par du crowdfunding).

Tricia n’a plus de nouvelles de son mari depuis 7 ans. A partir de cette date, les autorités peuvent considérer la personne comme morte. Pour l’aider à traverser cette épreuve et reconstruire sa vie, sa sœur, Callie emménage chez elle. Cette dernière fait quelques recherches et découvre que de nombreuses personnes dans les environs ont été portées disparues et que le mari de Tricia n’est peut-être pas mort mais prisonnier dans un véritable enfer.

Bien étrange film que voilà. Bon ok, je vous le dis tout de suite, je commence à vous mentir : ce film n’est pas un film d’horreur. Techniquement si, il est classé dans ce genre, mais il est plus mystérieux qu’il ne fait peur. En fait, l’horreur est davantage évacuée au profit d’une angoisse ou d’un certain malaise véhiculés par l’atmosphère pesante et très prenante, et ce, dès le début du film. Malgré une histoire de disparition qui a l’air sans équivoque, on aborde des thèmes comme le deuil mais aussi le surnaturel, le tout de façon très spontanée, ou du moins, fluide. C’est d’ailleurs assez surprenant pour une œuvre sans grande prétention ni ambition, d’arriver à se hisser à un tel niveau de réussite. A côté de ça, on a de gros défauts niveau musique, qui est sympa mais qui se répète inlassablement, ce qui saoule très vite, mais aussi niveau interprétation, qui bat de l’aile pour à peu près tous les acteurs (sauf chez l’interprète de Callie). L’histoire, qui part d’une situation réelle, explicable et raisonnée glisse au fur et à mesure vers l’incroyable, voire le surprenant, augmentant le côté mystérieux et prolongeant cette ambiance de malaise. Malheureusement, les deux gros défauts du film en font une œuvre plutôt bancale, se rapprochant d’un film de série B…
En clair, j’ai trouvé ça sympa mais sans plus. Cependant, on aurait pu s’en sortir avec bien pire, mais j’avoue que malgré le malaise, j’ai souvent regardé l’heure.

DEATHGASM

Une comédie horrifique néo-zélandaise de 2015.

Brodie, un metalleux, emménage chez son oncle, sa tante et son cousin, trois personnes très pieuses. Dans cette nouvelle vi(ll)e, il va faire la rencontre de Zakk et deux nerds avec qui il va former un groupe. Un jour, ils vont jouer une partition mystérieuse, qui va déchaîner les démons et les faire s’abattre sur leur petite ville.

Qu’on se le dise clairement : ce film n’apporte rien de nouveau au genre, donc aucune révolution n’est à prévoir du côté de la comédie horrifique avec Deathgasm. Cependant, on peut admettre un côté rafraîchissant, notamment grâce aux personnages qu’il met en scène : des metalleux. Ne connaissant guère le milieu, je ne peux pas vous certifier la présence de clichés sur ces personnes, donc je les suppose juste. Comme on peut le penser, la bande originale est composée de metal, ce qui est clairement sympa, mais… vite saoulant pour ma part (comprenez que je ne suis pas trop fan, tout simplement). A côté de ça, on a un film très drôle, avec des répliques et situations qui vont avec (se battre avec des sextoys, c’est toujours marrant, non ?), on rajoute aussi du gore, beaucoup de gore qui déverse des hectolitres de sang et des boyaux qui dégueulent de partout, augmentant là aussi le côté comique. Clairement, c’est quasiment jouissif. Pas au point d’avoir un orgasme comme suggéré par le titre du film, bien entendu, mais on passe un bon moment devant ce film, qui, ne fait pas vraiment peur, vous vous en doutez bien.
Donc, une œuvre peu originale mais qui parvient quand même à se démarquer des autres par les personnages qu’elle présente. La Nouvelle-Zélande nous donne vraiment de jolies pépites dans le genre (cf What We Do In The Shadows).

HIDDEN

Film de 2015, de Matt et Ross Duffer.

Après avoir échappé à une épidémie, une famille se cache dans un abri antiatomique.

Un film bien sympathique que voilà. Je tiens toutefois à préciser que vous ne ressentirez pas de grand effroi, pas de grande peur avec Hidden. En réalité, ce n’est pas vraiment un film d’horreur (dans le sens où en tout cas, moi, je n’ai pas eu peur, les autres se démerdent). Est-ce qu’il est dénué d’intérêt pour autant ? Définitivement non. L’ambiance est vraiment très prenante, le film est à la croisée de La route pour ses décors et situations, de 30 jours de nuit pour l’obscurité et l’interdiction formelle de sortir et d’autres films que je ne peux pas citer afin d’éviter le moindre spoiler. A côté de ça, la fin est vraiment réussie, grâce à une bonne mise en scène, peu surprenante certes, mais réussie quand même à mon goût. L’interprétation est très bonne, la même pour les personnages qui sont bien travaillés, malgré la gamine qui tape un peu sur le système nerveux de toute personne normalement constituée au bout de plusieurs minutes.
A voir, c’est vraiment un bon petit film.

THE FINAL GIRLS

Comédie horrifique de 2015, réalisée par Todd Strauss-Schulson.

Une jeune fille qui vient tout juste de faire le deuil de sa mère, une célèbre actrice des années 80, se retrouve projetée, avec ses amis, dans l’un de ses films : un film d’horreur. Ils vont tous tenter de combattre le meurtrier qui y sévit.

Déjà, le film commence super bien vu que dès les premières minutes, passe une chanson que j’aime d’amour (Bette Davis Eyes de Kim Carnes), alors j’ai pris un panard d’enfer, d’autant plus qu’on entend une deuxième fois la chanson dans le film. Deux orgasmes en moins d’1h30, je deviens nymphomane. Bon à côté de ça, le film est un trip décomplexé (à la Last action hero, mais pas vraiment quand même), une sorte de rêve éveillé, presque un hommage aux slashers des 80’s (le film s’inspire directement de Vendredi 13). Les acteurs sont terribles, leurs personnages tout autant. La musique de cette même décennie (et pas que Kim Carnes) rend bien avec le tout. Les situations et répliques sont tordantes pour la plupart… Si vous voulez passer un super moment, voyez-le.
Vous l’aurez compris, une très bonne surprise pour moi.

THE VISIT

Dernier né de M. Night Shyamalan, sorti en 2015.

Un frère et une sœur partent une semaine chez leurs grands-parents maternels qu’ils n’avaient jamais vus. Après avoir découvert deux personnalités très bizarres, ils se rendent compte que les deux vieux sont peut-être dangereux et qu’ils ne pourront peut-être pas rentrer vivants chez eux.

Wahou. Bordel, quel film. Shyamalan n’étant plus trop une valeur sûre ces dernières années à cause de ses dernières réalisations, alors je me suis penchée sur ce film avec beaucoup d’appréhension et le résultat est surprenant : cette œuvre est un petit bijou qui envoie pendant un peu plus d’1h30. Véritable conte d’horreur où deux enfants partent en vacances chez les grands méchants loups (ou les croques mitaines, voyez ce que vous voulez), ce film n’a guère de défaut. A part peut-être la caméra subjective que je ne trouve pas vraiment justifiée pour la plupart des scènes. Mais du côté des qualités, je peux citer les enfants qui sont, Dieu soit loué, supportables, que dis-je, excellents ! Les vieux cons (qu’on devrait tous tuer à la naissance, comme chacun le sait) sont charismatiques, dans leur genre… Les décors et la mise en scène sont bons. Pour ce qui est de l’horreur, et bien, elle est bel et bien présente, palpable et y’a même des jolis jumpscares à prévoir, et pas forcément là où vous vous y attendez. A côté de ça, le film arrive à se reposer en nous offrant des petites touches d’humour carrément savoureuses, grâce au personnage de Tyler (le gamin), qui a su me faire rire. Quant à la caméra, même si subjective comme dit précédemment, ne file pas la gerbe ni l’envie d’abréger les 1h30 de bonheur qui se déroulent sous nos yeux. Donc voilà : horreur, comédie, moments de stress (l’appel à la mère vers les 60 mins du film, putain !), bonne interprétation, décors, bonne utilisation du found footage… C’est ça, The Visit.
Allez-y gaiement ! J’vous garantis que vous ne le regretterez pas.

GALLOWS

Le fameux sixième film de cet article. Que je ne vous conseille pas. Ne le voyez pas. Jamais.
C’est de la merde.

J’espère que ça vous a plu !
J’ai classé les films par ordre de préférence, en commençant par celui que j’ai le moins aimé, exception faite pour Gallows.

Cinq films version fast-food

Avant toute chose, ce que je nomme la version fast-food dans le titre, ce n’est pas en rapport avec la qualité, la fond ou la forme du film : c’est juste que je vais aborder cinq films dans cet article et que mes propos seront donc assez écourtés et sans grande préparation préalable (oui genre je fais des pompes avant de commencer un article).

Pourquoi cinq films ?
Parce que ça me fait chier de faire un truc complet pour chacun de ces films. Mais aussi parce que je vais tenter une approche assez semblable pour chacun d’eux, étant donné que ces cinq films entrent dans le thème épouvante-horreur et surtout que ces films sont peu connus. Je vais donc tenter de mettre les projecteurs sur ces cinq petits films qui sont tous sympathiques, avec un budget limité mais qui ont pour réel point commun de n’être guère médiatisés, et ce, pour des raisons plus ou moins obscures.
Et puis cinq films ça permet de faire votre choix de nouveauté pour le soir d’Halloween (ça arrivera plus ou moins vite !) : je vous présente cinq films pour le prix d’un, c’est merveilleux, non ?

SESSION 9

Sorti en direct-to-video en 2006, le film a été réalisé en 2001 et présenté au Festival de Deauville en 2001 et au Festival de Gérardmer en 2004.

Ce film raconte l’histoire de quatre ouvriers en bâtiment qui rénovent un ancien asile désaffecté. Alors que certains font des découvertes étranges dans ce lieu, d’autres sombrent peu à peu dans la folie…

J’dois dire merci à la personne qui m’a conseillé ce film.
Ce film ne paye pas de mine : l’histoire et le lieu de l’action sont déjà vus, l’affiche n’est pas excellente et on a du mal à rentrer dans le film. Pour cause, il ne se passe rien pendant tout le début… Il y en a beaucoup qui ont été agacés par cet aspect peu reluisant et ont laissé tomber. A tort puisque cela permet de faire monter la tension crescendo. On nous montre de la normalité à foison, on attend, on trépigne et on se demande ce qui va bien pouvoir arriver à nos pauvres bonhommes.
Malgré quelques défauts notables (c’est fouillis, lent et le scénario est parfois wtfesque), je trouve l’ensemble assez bon, pas excellent, mais assez bon. Tout est basé sur le psychologique, il n’y a pas d’horreur, pas de monstre, pas de vilains zombies… Cependant, je suis sûre que vous allez être à un moment dans le même état que devant [REC] lorsque le prêtre commence sa tirade par « Je vais devoir sceller cette chambre… ». Ceci n’est pas un spoiler : j’vous jure que Tristana Medeiros n’est pas présente dans Session 9 ! Je veux juste dire que vous allez être bien tendus et ce sans avoir eu le jump scare du siècle.

Session 9 est basé donc sur l’aspect psychologique, la folie et la psychopathie. Mais pour les yeux, on a de chouettes décors qui nous sont servis. En effet, l’hôpital psychiatrique où a été tourné le film a une allure inquiétante et puissante, l’intérieur n’est pas décevant puisque c’est lugubre, abandonné et vide… Cela dit, certains restes du temps passé surgissent, c’est ainsi qu’on nous parle lobotomie et autres techniques arriérées pour nous. Puis on visite quand même de sacrées pièces : la morgue, les chambres où les murs ont gardé leurs photos d’anciens patients, les souterrains et les longs couloirs…


Foutu dilemme…

L’atmosphère est oppressante, presque étouffante. On se met facilement à la place de ces quatre « messieurs-tout-le-monde » et on essaye de se sortir tant bien que mal de cette situation étrange et aucunement rationnelle.
Comme je vous l’ai dit, on part de « rien » pour arriver au summum. J’entends par là que notre point de départ sont nos quatre personnages crédibles, normaux et donc tellement humains puis on sombre petit à petit dans le fantastique sans s’en rendre compte, la transition, parfaite, est celle des écoutes des séances entre une patiente et son médecin sur des vieilles bandes magnétiques. A l’instar du reste du film, le contenu de ces bandes monte en puissance et angoisse petit à petit. Car même si on sent la grosse merde arriver pour nos protagonistes, on ne peut s’empêcher de vouloir explorer le lieu et de comprendre ce qui se passe.

Bonus : voir David Caruso sans ses lunettes de soleil est possible grâce à ce film.

THE INNKEEPERS

Sorti également en direct-to-video, ce film a été réalisé en 2011, j’ai dû le regarder plusieurs fois pour m’en faire une idée…

Deux jeunes employés d’un hôtel voué à la fermeture définitive profitent de la presque absence de clients pour sortir leur matos de chasseurs de fantômes et explorer leur lieu de travail qui serait l’un des lieux les plus hantés du pays.

Je réponds maintenant à la question que vous vous posez sûrement (vous êtes si prévisibles) : j’ai dû voir et revoir ce film car je n’arrivais pas à savoir si je l’aimais ou non. C’est étrange, mais l’un des rares autres longs métrages ayant eu ce traitement de faveur de ma part est Irréversible (sauf que lui je n’ai pas osé le revoir). The Innkeepers m’a posé problème parce qu’il m’était impossible d’avoir un avis clair à propos du film : je ne savais pas si je l’aimais ou si je le détestais ni même si j’étais neutre. Le pourquoi du comment qui explique cette confusion c’est que le film est basé sur la psychologie lui aussi. Mais pas à l’instar deSession 9 puisque ici, tout est beaucoup plus complexe, on nous parle de chasseurs de fantômes avant de nous parler de fantômes. On sait donc qu’il y a quelque chose mais rien n’apparaît sous nos yeux. On nous martèle d’anciennes histoires, de légendes urbaines, certains clients sont étranges (flippants ?) mais pas de fantôme ni d’apparition d’outre-tombe. Et quand ça arrive, c’est tout d’un coup, brutal et affolant.

Il faut dire que ce qui accroît la confusion c’est qu’on nous présente une comédie de prime abord. La relation entre les deux jeunes employés est fendarde, leurs comportements nous tirent des sourires et les répliques sont appréciables. Cela renforce le côté « chasseurs de fantômes sans fantôme », qui donne ici un « film d’horreur sans horreur », on a peine à croire que The Innkeepersest de ce registre. Et pourtant, quand ça arrive, ça arrive…
Sinon, la performance des acteurs est juste, mention spéciale à Sara Paxton, notre asthmatique de service qui joue aussi bien qu’elle est jolie.
Au final, j’apprécie ce film pour son originalité, son mélange des genres et son traitement du thème des chasseurs de fantômes en inactivité qui n’avait jusqu’ici été que très peu exploité.

TRICK ‘R TREAT

Réalisé en 2007, sorti en 2009. J’vous le donne en mille… en direct-to-video !

Le film nous présente plusieurs personnages qui ne se connaissent pas dans une même ville le soir d’Halloween. Certains mettent du cœur à l’ouvrage pour réussir cette fête. Et pour eux, Halloween est sacré, quant à ceux qui ne suivront pas la coutume…

Trick ‘r Treat n’est pas un film d’horreur mais par le traitement de son thème, on peut dire qu’il rend hommage à Halloween. On y voit notamment des créatures associées à cette fête : loup-garou, croque-mitaine, zombie, meurtrier sadique… Et ces individus font donc tout pour que la collecte des bonbons éclairée par des Jack-o’-lantern, y compris tuer ceux qui ne voudront pas respecter la tradition. L’ambiance du film est glauque, sombre et inquiétante, mais le film surfe surtout sur l’humour noir malgré des scènes assez gores.
Les décors quant à eux sont sublimes : gothique et noir, on sent que c’est Halloween, les costumes des fêtards sont parfois magnifiques et les maisons décorées sont juste terriblement chouettes.

Le film se découpe en quatre parties. Quatre segments où des personnages vont aborder Halloween chacun à leur manière : ne rien faire, rite initiatique, visite d’un lieu flippant ou profiter avec son enfant… Ces récits ont le défaut d’être logiquement courts et donc pas assez développés : on en voudrait encore mais on doit se contenter de ce que l’on a. Les personnages se développent au fur et à mesure et se révèlent être férocement terrifiants… Car maintenant, on connaît le visage angélique d’un loup-garou.

Cependant Trick ‘r Treat est juste un bijou que l’on a envie de voir encore et encore tant il est plaisant de voir nos doux monstres évoluer et faire leurs crimes de leur côté sans une once de remord. C’est juste impeccable mais le film souffre de sa courte durée malgré une efficacité époustouflante, tout en jonglant sur les mythes et les légendes urbaines avec originalité et point de vue personnel.

GRAVE ENCOUNTERS

Inédit en France, malgré sa présentation à Gérardmer en 2012.

Lance et ses acolytes s’enferment dans un hôpital psychiatrique abandonné pour tourner un documentaire sur la chasse aux fantômes. Se moquant des peurs des locaux envers le lieu, l’équipe de tournage va se rendre compte que le bâtiment est hanté et qu’il ne les laissera pas sortir.

Le found-footage ça me fait chier, sauf dans de rares cas, comme dans [REC] ou dans Grave encounters. Ici je trouve l’utilisation logique (il y a une justification à cette présence de caméra subjective) et assez réussie, l’image n’est pas dégueulasse et on ne tourne pas la caméra tel un fifou dès qu’il y a le moindre bruit. Globalement, on nous présente des choses effrayantes avec le minimum de moyens, ce qui est assez réussi puisque nos protagonistes sont plus ou moins aguerris. En effet, l’équipe est habituée à filmer de la supercherie, mais là, ils vont être confrontés à du vrai, du lourd, du terrifiant.

Comme pour les punir d’être là et d’avoir vécu dans le faux auparavant, ils se retrouvent dans un véritable labyrinthe où ils croisent des personnages horribles. Mais avant, histoire de bien faire monter la pression, il est d’usage de nous montrer des événements bizarres sans apparition morbide : bruits suspects, mouvements d’objets, pour se rapprocher doucement des protagonistes et commencer par leur soulever les cheveux.

Par contre, ce qui me gonfle fortement, c’est cette volonté de tout conclure par un truc inexpliqué. Comme pour dire « bah en fait, on savait pas trop comment ça allait finir, alors on va jouer sur le fait que le spectateur va vouloir interpréter à sa sauce »… Oui mais non, moi j’en ai marre de tout vouloir expliquer, je désire débrancher mon cerveau et qu’on me fasse tout. C’est pour cela que la fin, les toutes dernières minutes sont carrément lamentables. Elles nous font voir des choses qui n’avaient absolument rien à voir avec le reste du film, façon ni vu ni connu j’t’embrouille mixées à je vais rajouter ça sur le feu, que tu partes pas sans rien. On sent bien que les réalisateurs n’avaient aucune idée ni aucune inspiration pour cette fin mais je trouve ça dommage de conclure aussi mal une histoire qui avait été assez bien maîtrisée pendant tout le film.

Malgré tout, le film reste assez bon, pas époustouflant mais il a le mérite d’être bien interprété, joué et mis en scène. Quant au fait de vouloir survivre envers et contre tout, malgré la sortie introuvable/inexistante, c’est assez impressionnant. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que je me serais suicidée au moins dix fois à la place des personnages. Alors certes, ils n’ont pas tous l’esprit sain après plusieurs heures enfermés et ils sombrent dans une folie assez extrême, mais diantre, ils sont foutrement téméraires.

TRIANGLE

Direct-to-video lui aussi. Sorti en 2011 mais réalisé en 2009. Je voulais un film à la con pour débrancher mon cerveau et fantasmer sur un bateau fantôme, j’ai fait chou blanc.

Jess et ses amis se rendent sur un voilier pour une excursion. Malheureusement, la météo se dégrade brutalement et renverse le bateau. Les survivants s’accrochent à l’épave en attendant des secours et aperçoivent un paquebot qui s’approche silencieusement. A bord, les jeunes gens visitent le bâtiment mais constatent qu’il a l’air abandonné et que les passagers ont disparu. Jess sent que des événements étranges se passent… Puis une personne masquée fait son apparition et tire sur tout le monde.

Plus que le voyage dans l’espace supposé par un bateau, le film nous emmène dans un voyage dans le temps. Alors que les premières minutes du film semblaient sans encombre, en plus des événements qui commencent à s’embrouiller (une personne masquée qui essaye de tuer tout le monde et qui se ferait passer pour Jess…), la narration elle-même s’embrouille. En effet, on a affaire dans ce film à un schéma narratif peu encouru, puisque l’on est pris dans une spirale infernale… Les événements se répètent et tournent à l’infini. Seule Jess comprend ce qui se passe et tente de sauver ses amis et sa peau tant bien que mal. Au final, on aura le droit aux mêmes scènes trois fois (comme pour fermer les trois segments d’un triangle). Cependant, ces scènes seront changeables dans le sens où Jess arrive à changer certains événements mais se retrouve démunie à la fin, puisqu’elle échoue à chaque fois à sauver ses compagnons d’infortune.

Il était difficile d’imaginer un film avec des scènes qui se répètent sans penser à l’ennui et à la redondance. On se plantait bien puisque le réalisateur a tout prévu et nous donne des éléments de compréhension à chaque tour, tout en poussant plus loin la résolution du problème, sans jamais l’atteindre cependant. Car ici, la bateau est certes vide, mais absolument pas hanté ni maléfique… Seule Jess projette sur ce lieu et son entourage ses problèmes et troubles puisque la jeune femme est atteinte de problèmes psychiatriques. La personne masquée qui poursuit Jess et ses amis en voulant leur mort n’est autre que notre héroïne elle-même. Dans l’incompréhension totale, on tâtonne en même temps que Jess sur les éléments qui se dessinent peu à peu et veulent bien se montrer. Pourquoi vouloir tuer ses amis et elle-même ? Voyant donc les quelques indices donnés avec parcimonie et rassemblant le tout, pour nous aussi, l’évidence (celle que Jess veut appliquer en tout cas) est que la mort est la seule issue à ce cauchemar. Cependant, quand tout semble réglé, Jess est ramenée malgré elle au point de départ et oublie tout pour recommencer à l’infini.

Rien à voir avec Un jour sans fin (où le personnage est interprété par l’excellent Bill Murray). En effet, ici les événements sont tragiques et le destin de notre personnage est triste. A la fin du film, on s’en veut de partir pour la laisser coincée là, seule.
Cela dit, la seule ressemblance avec le film de Harold Ramis, c’est qu’il est impossible et inutile de vouloir expliquer et de comprendre ce qui se passe. Triangle révèle des problèmes et nous donne des pistes d’interprétations : maladie mentale, œuvre mystique… Mais ne nous donne jamais la solution tant attendue.

Edge of tomorrow (2014)

Ce film, ça fait genre des semaines qu’on m’en parle. Ça fait genre des semaines que je veux le voir et donc des semaines que je refuse de lire n’importe quel avis afin d’éviter le moindre spoiler. Cependant, des éléments ont filtré, portant sur une fin maladroite ou sur du copié-collé, sans pour autant entacher ma volonté de voir Edge of Tomorrow.

A vrai dire, je cernais à peu près ce que j’allais voir : un blockbuster avec des chouettes effets spéciaux, des personnages assez bad ass et je savais très bien que je n’allais pas activer mon cerveau toutes les minutes. C’est parfaitement ce que je voulais pour cet après-midi : ne pas réfléchir à mort, regarder un film divertissant et avoir de l’action.

Je n’ai absolument pas été déçue car ça correspondait absolument à mes attentes de spectatrice moyenne de jour férié sous sa couette.
Je me suis donc retrouvée face à un Bill Murray mais dans un contexte beaucoup plus violent, forcément. J’apprécie ces films de boucle temporelle, encore faut-il que ce soit bien utilisé, adroit et que ça tienne sur un peu moins de deux heures. Et Edge of Tomorrow a gagné (à l’instar d’Un jour sans fin) : ça se répète mais ça ne bourre pas le crâne des mêmes faits, gestes, paroles. On a alors le scientologue le plus célèbre dans la peau d’un planqué accompagné d’une jeune actrice, toujours juste, qui endosse le rôle d’une bad ass. Guère de psychologie ou de travail sur les personnages : on ne sait pas qui ils sont, ce qu’ils ont fait auparavant et on ne s’en porte pas plus mal. De toute façon, on n’a pas le temps d’avoir toutes ces informations ET ce n’est surtout pas le sujet. Ça alourdirait même le film de savoir tout cela. De plus, on ne nous sert pas de romance à la con et c’est une véritable bénédiction.

Pour ce qui est de la fin, vu les commentaires de certains, je m’attendais à un truc énormément nul, alors forcément, j’ai avalé la fin servie sans trop de difficulté. Certes, elle n’est pas géniale ni très cohérente, mais honnêtement, je pense qu’on aurait pu avoir encore pire. Mais vraiment pire.

Tout ça pour dire que j’ai vu ce film dans un contexte de bonne humeur couplée d’un enthousiasme plus que respectable (pour une personne habituellement pessimiste) et
que j’ai été ravie du résultat. Je ne dis pas que j’aurais apprécié si j’avais eu une journée de merde, ça c’est évident.
Conclusion : j’ai vraiment apprécié et j’ai même eu un joli coup de cœur, il m’a mis la patate.