The Hole (2001)

The Hole, c’est l’histoire de quatre étudiants britanniques qui disparaissent pendant 18 jours. Alors que l’espoir de les revoir en entier s’affaiblit, Liz, une des disparues, revient.
Le film a été réalisé par Nick Hamm et son casting réunit Thora Birch, Desmond Harrington ou encore Keira Knightley.

Après des films comme Fight club, Sixième sens ou encore Usual suspects, on pense sûrement qu’un twist final, un vrai, ne peut plus arriver, ou du moins, égaler ceux de ces trois monstres notamment. Je ne sais pas si ça se fera un jour, toujours est-il que The Hole ne l’a pas fait. Est-ce que le film est à jeter pour autant ? Certainement pas.
En fait, The Hole est qualifié comme : drame, épouvante-horreur, mystère ou encore thriller. Tous ces termes sont exacts, à l’exception de l’épouvante-horreur qui n’a vraiment rien à foutre là. Le mystère, parce que savoir ce que ces quatre gosses ont fait pendant dix-huit longs jours, ça serait pas mal ; le drame, parce que plus on va s’enfoncer dans l’histoire, plus celle-ci aura des résonances graves et inéluctablement tristes ; le thriller, parce que ce film n’a rien de gentillet dans ce qu’il raconte, et qu’il se révèle être un fabuleux récit à longuement décortiquer, surtout qu’il y a un coupable.
Pour en revenir à l’histoire, pendant les quinze premières minutes, on sait tout, ce qui s’est passé, quand, comment et pourquoi. Seulement le film n’existerait pas si tout était réglé dès les premiers instants. Et vous vous en doutez bien, ce que l’on sait dès le début n’est en rien la vérité. Cette dernière, il va falloir la découvrir en même temps que les personnages et, surtout, selon les dires de la survivante qui a été traumatisée et qui lâche les informations au compte-gouttes. C’est surtout en cela qu’est le film un thriller psychologique, sans pour autant avoir l’ambition de se nommer comme tel. En ce premier point, je pense qu’on a le premier défaut du film : avoir voulu nous raconter la vérité pendant les premiers instants, donc nous montrer ce qui n’est pas vrai a été une erreur. En effet, dès les premières minutes, le doute s’installe et on se sent obligés de chercher, de se poser des questions et le tout se révèle sans surprise. C’est ici que la magie du twist final s’efface un peu, parce que celui-ci est d’ores et déjà prévisible.

Pourtant, The Hole ne dit pas son dernier mot et arrive à dédramatiser les choses et se détendre : des retournements de situation, on en a déjà vu, des connards de gosses de riches qui pensent que le monde leur appartient, aussi, la recherche du coupable façon « c’est pas moi, c’est lui », idem. C’est donc là que le film se pose, derrière tout ce brouillard de déjà vu, cette impression de faux renouveau. Et ce, pour mieux sortir du lot et se démarquer des autres. Là où je veux en venir, c’est que l’œuvre réussit à se démarquer des autres en pointant du doigt leurs défauts, en les reprenant brillamment, en mixant le tout intelligemment et en ressortant quelque chose de répugnant, de malsain, de dégueulasse. Parce que c’est ce qu’est The Hole : une histoire malsaine qui nous colle des frissons dans le dos. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on est dégoûtés à vie ni qu’on perd tout espoir en l’humanité après ce film (ce qui a été plus ou moins le cas pour moi avec Megan is missing, si ça vous intéresse), mais le film a la capacité étrange et dérangeante de nous absorber et de nous balancer un récit incroyable de par son côté putride. On se pense soulagés en apprenant toute la vérité dès les premiers moments du film ? C’est pour mieux nous botter le cul avec des faits morbides par la suite. Comme pour nous punir d’avoir cru un seul instant que l’histoire avait été « belle » et que les coupables avaient été clairement identifiés.

Le film est loin d’être exempt de défauts, notamment dans ses personnages qui sont caricaturaux : le fils de star qui se fout de tout, le sportif un peu détraqué, la blonde délurée pas si conne et, enfin, notre survivante, celle qui rêvait d’être la reine des abeilles alors qu’elle n’est qu’une fille qu’on ne regarde pas. Malgré tout, Thora Birch, qui interprète cette dernière, endosse encore une fois le rôle d’une paumée en mal de vivre, comme elle l’avait fait pour Ghost World ou encore American Beauty. Est-ce qu’elle ne sait faire que ça ? Absolument pas, parce que son personnage va beaucoup plus loin avec The Hole et la gentille et douce petite innocente ne l’est peut-être pas tant que ça. L’histoire révélée par ses soins, ou plutôt, par ce qu’elle voudra bien nous lâcher est sordide et crue. [SPOILER ON] Son personnage d’apparence normale, façon « qu’est-ce que je fous là ? » aura en réalité bien des choses à se reprocher et nous livrera un personnage froid, dur et dénué de toute empathie. Malgré tout, là où je remercie le film, c’est que celui-ci évite de nous livrer des justifications psychiatriques et/ou psychologiques pédantes sur ce personnage. Même si l’on pourrait désigner Liz comme étant une perverse narcissique (cet impressionnant statut qu’on ressort à toutes les sauces ces derniers temps), elle n’est jamais désignée comme folle ou détraquée. Au contraire, elle est normale, et c’est ça qui fait vraiment froid dans le dos. [SPOILER OFF]

Un autre défaut du film, en plus de son twist final qui n’en est en réalité pas un, c’est que, bien que compréhensible malgré les différents récits, nous voici dénués de toute émotion relative au sort des quatre jeunes. Je ne dirai pas non plus qu’on s’en fout complètement, mais que le suspense alimente surtout l’histoire et tente tellement de créer une surprise en se concentrant sur le personnage de Liz uniquement, que les trois autres jeunes sont laissés à côté alors que ceux-ci auraient gagné à être davantage développés et mis en lumière, même s’ils n’ont pas été oubliés par l’histoire racontée. Donc oui, il faut s’accrocher à The Hole car la multitude de vérités énoncées est complexe et peut assez vite nous perdre, mais une fois qu’on est dans le bain, l’ambiance est tellement prenante que le tout se révèle intelligible et fort. L’angoisse monte crescendo et nous maintient durant toute la durée du film, sans aucun temps mort, grâce au rythme et à la mise en scène plutôt bien foutus. Mais les coups de théâtre sont beaucoup trop nombreux pour nous garder à l’abri d’un ennui face à ces innombrables révélations qui ponctuent le film. C’est là que le film perd de son panache, parce qu’en nous balançant trente-six vérités d’un coup, on diminue les sentiments d’empathie pour les personnages, tout comme le tragique, le dramatique ou encore le suspense que l’on devrait ressentir face à ce genre d’événements en temps normal. Ça devient de moins en moins crédible et nous évite d’être affectés. Je ne dirai pas que le tout devient lisse, ce n’est pas le cas, mais tout est rendu plus acceptable, et c’est dommage.

Je le redis encore, car je trouve ce point très appréciable, c’est que l’angoisse est vraiment très prenante, et ce, dès le début du film. Cette horreur de dix-huit longs jours fait froid dans le dos, est malsaine et nous met clairement mal à l’aise. Mais le pire, c’est bien de connaître (la vraie ?) vérité et de savoir que tout a été fait dans un but totalement puéril, dénué de bon sens et d’intelligence et qu’un drame aurait pu être évité si certains avaient été moins nombrilistes. Ça donne un côté réaliste au tout, parce qu’on s’imagine très bien certaines personnes faire vivre un enfer à d’autres pour leur simple satisfaction personnelle, mais, je le répète, cette sensation est vite évacuée par des histoires entrecroisées qui pourrissent toute empathie et contourne des sentiments qui auraient pu rendre le film encore plus intéressant qu’il ne l’est. Mais comme ce défaut est présent, on peut dire en toute connaissance de cause que si la terreur n’avait pas été aussi bien retranscrite ni présente, on aurait moins ressenti un étau se resserrer au fur et à mesure que le temps passe, et donc, que l’inquiétude aurait été moindre, peut-être même que l’on aurait vite décroché, d’autant plus que comme dit plus haut, le twist final se voyant arriver, on aurait pu se permettre de passer à autre chose sans faire attention aux qualités indéniables de The Hole.

En résumé, une bonne surprise.

La Isla Mínima

Qui a dit que les espagnols ne savaient faire que des drames et des films d’horreur ? Parce que là, on a un joli thriller et il n’a rien à envier à ses pairs plus célèbres. Beaucoup parlent d’une certaine ressemblance avec Fargo ou True Detective. Pour le deuxième, je n’en sais rien, je n’ai jamais vu, mais pour le premier, je peux effectivement dire que les deux films sont semblables sur plusieurs points. Quant à moi, je rajoute une autre similitude, avec le thriller sud-coréen Memories of Murder. Je vous expliquerai cela plus bas.

Dans les années 80, deux policiers que tout oppose sont envoyés dans la campagne andalouse afin d’enquêter sur les meurtres de deux adolescentes. Ils vont découvrir leurs passés troubles et les habitudes d’une petite ville restée dans l’époque franquiste.
C’est le pitch de ce film d’Alberto Rodríguez , qui a raflé plusieurs Prix Goya (ainsi que d’autres récompenses dans de nombreux festivals) et qui a pour acteurs principaux Javier Gutiérrez et Raúl Arévalo.

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Pour une énième fois, on a rien de bien original avec le synopsis, mais le traitement de l’histoire est bien géré, ce qui fait que le tout est cohérent et intriguant. Dès le début, on est plongés dans l’ambiance, les présentations sont rapides avec les deux flics, et on arrive direct dans le fin fond de la province andalouse, à côté des Marais du Guadalquivir. Là on rencontre des magnifiques paysages, bien que désolés, qui contre-balancent avec la population locale, murée dans le silence et pleine de retenue, encore bien ancrée dans l’époque franquiste. J’insiste sur ce point, mais les paysages et les décors alimentent cette ambiance particulière qui ne nous lâche plus et qui nous intrigue tout au long du film. C’est là que vient la similitude avec Fargo. L’œuvre des frères Coen a été très présente dans mon esprit, à de nombreuses reprises, lors du visionnage de La Isla Mínima, avec ces décors notamment, car même si le premier film nous montre des paysages enneigés éloignés de n‘importe quelle grande ville, il arrive à créer une ambiance désertique mais magnifique, tout comme le film espagnol. Visuellement, ça vaut le détour. Idem pour les personnages qui présentent des particularités, des secrets et dont les actes sont tout autant condamnables dans les deux œuvres, donnant dans le glauque à souhait, histoire de bien appuyer sur le versant maussade déjà bien défini. Il en va de même pour Memories of Murder qui dessine à peu près les mêmes paysages et personnages que dans le film espagnol. L’œuvre sud-coréenne permet d’établir davantage de ressemblances avec les personnages principaux, puisque l’on retrouve deux flics aux méthodes et pensées très différentes l’un de l’autre. Malgré tout, on est très éloignés d’un buddy movie, où les deux ne pourraient pas se piffrer au départ, pour devenir copains comme cochons à la fin. Non ici, on n’est pas là pour montrer ce genre de lien, mais plutôt pour découvrir un film à l’atmosphère prenante et surprenante, même si on a un chouette panel de personnages, qui sont joués à la perfection, des rôles principaux à ceux n’apparaissant que quelques minutes.

Le film est très bien rythmé. Je vous l’ai dit, dès le début, on est mis dans le bain, et on ne nous lâche plus pendant ces 1h40 de visionnage. On ne retombe jamais, rien ne s’essouffle tellement tout est bien ficelé. Chaque scène apporte son quelque chose et fait avancer l’enquête, de plus, cela permet d’en apprendre un peu plus sur les précédents des deux flics. Même si cela n’apporte rien à l’histoire, dans le sens où tout est intéressant, mais on est tellement dans l’envie de voir l’enquête se résoudre que les faits et gestes antérieurs de nos deux personnages atypiques ne nous importent peu… jusqu’à la fin. Cette dernière est d’une incroyable efficacité, et pas besoin de nous balancer un nouveau twist final qui ne ferait que nous décevoir, non, on découvre juste et on finit avec ça. Sans m’être pris une bonne claque dans la gueule, je dois avouer que j’ai été un peu secouée. Et je trouve ça encore plus malin quand on sait que cela ne change rien à l’histoire, disons que c’est un petit bonus, qu’on aurait aimé ne pas découvrir, mais qui n’affecte pas vraiment la fin des événements que l’on venait de voir.

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L’histoire est passionnante, pas d’action, pas de gunfight, pas d’effets spéciaux à en vomir, on nous amène juste à suivre un récit qui préfère faire fonctionner ses événements, ses personnages, ses éléments nouveaux, ses pistes et donc à suivre son avancée dans une enquête, sans pour autant donner dans le « trop ». Et à vrai dire, on ne va pas blâmer le choix du réalisateur puisque tout marche impeccablement, et que s’encombrer de ce genre d’inutilités casserait les propos d’un tel film. Ici, pas d’artifices, d’ailleurs, le dénouement de l’enquête nous montre avec réalisme une série de meurtres qui n’a pas besoin d’être expliquée par des profileurs, c’est « banal », dans le sens où rien n’est exagéré et que l’horreur de tels crimes se suffit à elle-même.

En conclusion, un très bon thriller, haletant, avec pas mal de suspense et de petites surprises. Le tout avec une interprétation incroyable.

Vorace (1999)

J’me dis qu’un jour, je ferai une ode à SensCritique qui dans sa globalité m’offre la possibilité de découvrir de véritables pépites. C’est ainsi que j’ai vu Vorace, qui ne me tentait pas de base, mais la note très positive globale sur l’œuvre a eu raison de moi, et je n’ai absolument pas regretté.

Vorace ou Ravenous en VO, possède un casting sympathique : Guy Pearce, Robert Carlyle, Jeffrey Jones… Le tout orchestré par Antonia Bird.
Pour le pitch, nous suivons John Boyd, capitaine dans l’armée américaine lors du conflit américano-mexicain. Par un quiproquo, cet homme pleutre se retrouve héros d’un acte de bravoure. Ne laissant pas ses supérieurs dupes, il se voit muté en Californie dans un fort isolé et dont la garnison compte une poignée d’hommes. Peu après son arrivée, le fort accueille un étrange personnage terrifié, Colqhoun, qui relate les faits de cannibalisme dont il a réchappé et qui a décimé ses anciens compagnons alors qu’ils étaient bloqués dans une grotte. Le colonel du fort organise alors une expédition pour sauver les potentiels survivants et retrouver le responsable de ces actes violents et extrêmes, qui serait un militaire que la faim aurait rendu fou…

J’ai essayé de ne pas faire de SPOILER, mais révéler une infime partie du film sans tout dévoiler s’est avéré délicat. Alors à vos risques et périls.

Avec ce synopsis, je suis bien consciente que ça passe ou ça casse, vu que ça annonce quelque chose d’assez cru (quel jeu de mot mes enfants), violent et terrible. L’affiche très « knacki » sonne série Z et ne donne pas forcément envie non plus, mais croyez-moi, outrepassez vos appréhensions, parce que ce film est une pépite.
Alors je le reconnais, ce film est violent, d’une part parce qu’il décrit des personnages psychopathes sans rien dissimuler, et d’autre part parce que ces mêmes personnages sont anthropophages, et que la notion même de cannibalisme est immorale et forcément taboue dans la plupart des cultures, passées comme existantes.
Je comprends totalement le fait de classer Vorace dans le genre épouvante-horreur, néanmoins, il n’y a aucun jumpscare, ni aucun réel retournement de situation, ni de tueur fou près à dézinguer n’importe qui. Ce film est plus intelligent que ça, et n’a aucun besoin de mettre en scène des aspects téléphonés, puisque les situations présentées suffisent largement à nous mettre mal à l’aise et à nous filer les miquettes.

L’ambiance de l’œuvre y est pour quelque chose. Dès le début, on décèle de l’éprouvant sans pour autant sentir du palpable, et c’est ça qui est très fort, puisqu’on est plongés dans l’univers du film dès le début, sans prendre le temps de s’échauffer, sans avoir une introduction rallongée qui prendrait le temps de nous ménager. Non, Vorace nous attaque directement, sans préavis, sans attendre une quelconque autorisation de notre part. Cela s’explique surtout par la durée du film, qui est d’à peine plus d’1h30. Dès les premières minutes s’enchaînent donc les scènes d’horreur, les morts et des faits et paroles violentes. On pourrait croire que le film se contenterait de nous exposer le tout, mais il va encore plus loin et nous pose dans le tiraillement entre le bien et le mal, à savoir la morale et l’interdit, soit le cannibalisme (qui représente ici la vie) ou l’humanité (qui serait donc la mort). Le personnage de Guy Pearce joue donc à merveille ce lâche qui est le seul humain auquel on a envie de s’identifier, augmentant davantage ce sentiment de malaise, puisque tout nous mène à penser que la faiblesse serait le refus de dépasser la morale et de sombrer dans l’interdit. En effet, bien que les antagonistes principaux, soit les anthropophages, sont dégoûtants et représentant à eux seuls le tabou ultime, ils sont présentés comme des demi-dieux, ou au moins, des personnages ayant la raison avec eux.

A l’inverse du personnage de Pearce, on trouve l’excellent Carlyle qui est impressionnant dans son rôle d’humain-animal, psychopathe puissance 10, et qui représente à lui seul le malaise que l’on ressent pendant tout le film. Ce personnage est dérangeant, vous vous en doutez, tant par ses préférences culinaires que par la remise en question, si j’ose dire, qu’il nous fait ressentir à propos du cannibalisme et plus généralement, du mal qui peut envahir n’importe qui. On se retrouve donc brillamment tiraillés entre ces deux personnages qui illustrent avec intelligence la lutte du mal contre le bien, qui ne trouve jamais de vainqueur ni de réelle finalité. J’entends par là que chaque partie a ses raisons, et que celles-ci, une fois évoquées peuvent être recevables et acceptables. Puisque qui peut dire en toute connaissance de cause que l’on pourrait ou non, dans des cas extrêmes, se transformer en animal pour garantir sa survie ? Vorace nous pose donc entre ces deux points de vue, sans pour autant nous balader, mais sans nous donner une véritable idée de quoi penser.
Bien entendu, le film n’œuvre pas pour la promotion du cannibalisme, en aucun cas. La nuance est qu’il nous pousse dans nos retranchements et nous amène à réfléchir sur le bien et le mal dans sa globalité, avec un exemple peu commun et d’un avis d’apparence tranché.
Pour illustrer ce changement de position et ce sentiment d’être perdu, le film navigue lui-même dans plusieurs thèmes : western, humour (noir, je précise) et horreur, forcément. On passe du tout au tout là encore, sans transition, mais sans nous donner le sentiment d’être baladé là encore. La musique est magnifique, mais aussi annonciatrice de ces revirements de genres. Elle compose chaque scène, chaque moment avec efficacité et passe là encore, du tout au tout en quelques secondes. La musique permet donc d’apporter une certaine tension quand il faut, nous apaiser quelques instants pour nous emmener de nouveau dans une scène plus terrible.
Les décors sont magnifiques et composent là encore les faits relatés par le film. Effectivement, ils permettent de nous montrer une nature sauvage, simple, parfois terrifiante, parfois apaisante.
La plupart des scènes sont magnifiques, notamment celle du saut dans le vide par lâcheté extrême, et surtout celle de la grotte, où il se passe autant de choses dedans que dehors…

A côté de ça, Vorace est une savoureuse critique des Etats-Unis, puisqu’elle montre que les civilisations se forment par les guerres, la violence et l’horreur. Cette démonstration est, vous l’aurez compris, mise en scène avec les joyeux anthropophages qui trouvent des justifications à leurs gestes immoraux. Ici, l’enfer est pavé de bonnes intentions, et à l’image de Pearce, on lutte tant bien que mal contre l’homme plus charismatique que le Diable lui-même (Carlyle himself, si vous suivez pas) qui nous rallierait presque à sa cause, c’est pour cela qu’à l’image du ridicule protagoniste, on flanche souvent, et on en sort changés, voire traumatisés pour les plus prudes.

Pour conclure, Vorace est une œuvre efficace car maîtrisée de bout en bout, elle amène à réfléchir, tout en reflétant d’autres problèmes moins décelables de prime abord. L’atmosphère, autant que les personnages, fait froid dans le dos, tout en étant dénuée d’artifices nous faisant tressauter pour nous garder alertes.
On a donc devant nous un film second degré, terrible et inquiétant, qui a le don de nous foutre une grosse claque.

Quelques musiques présentes dans le film :
Le thème de Boyd
La musique utilisée lors de la fameuse scène de la grotte

Twin Peaks / Fire walk with me

Diane, I’ve just entered the town of Twin Peaks…




La série Twin Peaks
Twin Peaks est à une série composée de 30 épisodes et réalisée en 1990 par David Lynch et Mark Frost

Cette série s’ouvre sur la découverte d’un corps, celui de Laura Palmer, une jeune fille très populaire et aimée. Ce personnage, bien qu’absent reste le personnage central de la série car celle-ci est articulée autour de Laura et de son meurtre.
Ce meurtre est donc l’intrigue principale de la série et permet au spectateur comme aux habitants de Twin Peaks de découvrir un agent du FBI, Dale Cooper. Un personnage fort sympathique, compréhensif et charismatique. Il participera avec les autorités locales à découvrir les circonstances de la mort de Laura et surtout, de découvrir son meurtrier. Mais Cooper ne sera pas au bout de ses surprises quand il découvrira que tous les habitants de la ville ont des secrets, que des mystères planent autour des habitants comme autour du meurtre.

Certes, le personnage principal est ce charmant agent du FBI, mais la série permet à des acteurs secondaires d’avoir une place très importante, chacun ayant son petit secret ou son lien (même indirect) avecLaura. Le charme de la série Twin Peaks est notamment dû à l’importance accordée aux personnages, qu’ils soient récurrents (DaleHarry Truman (le shérif), Donna (la meilleure amie de Laura)…) ou moins présents (La Femme à la BûcheMaddy…) : chacun a son petit quelque chose, sa petite histoire, son mystère et donc son intérêt. Ils forment un tout, ils sont Twin Peaks.
Des caméos sympathiques sont aussi à découvrir : David Duchovny en agent du FBI travesti, David Lynch lui-même en supérieur de Dale, complètement sourd.

Comme dit plus haut, Dale va découvrir les mystères de Twin Peaks les plus insoupçonnés et va donc découvrir que Laura était loin d’être celle que l’on croyait…
Certaines fois, le spectateur sera tour à tour amusé, effrayé et émerveillé.
Le générique lui-même est inquiétant : la musique (que tout le monde connaît) est sobre et sinistre (ne pas prendre ce terme péjorativement), les noms du casting défilent en lettres vert flashy (à la manière d’un film de fiction) sous des images du paysage de Twin Peaks.
La tension est omniprésente : les cliffhangers de chaque épisode, la découverte de nouveaux personnages à chaque épisode (ou presque), ou encore les plans de nuit sur de simples feux rouges, la forêt et l’hôtel de la ville : tout est fait pour alimenter le mystère et le malaise.

La réalisation est brillante, outre les personnages : 
– Les fils conducteurs sont nombreux, certes le principal est le meurtre de Laura mais il en vient d’autres tout aussi intéressants : le trafic de drogue dans la ville, les magouilles entre personnages pour des terrains, les guerres entre famille, les amours cachées, les relations ambigües… On pourrait croire que Twin Peaks tombe dans la niaiserie, à tort. Et c’est là que la série fait fort et montre une grande habileté : elle abrite elle-même une série (mise en abyme) nommée Invitation à l’amour, un genre de feuilleton à la manière des Feux de l’amour.
– Les lieux sont eux aussi notables : on ressent une certaine familiarité à retrouver nos personnages au Double R Diner, du sérieux à les retrouver au commissariat, de la tristesse chez les Palmer ou encore, une certaine retenue à se retrouver à l’Hôtel Grand Nord
– Les mythes sont intéressants et impressionnants : la Black Lodge, la White Lodge, la Chambre Rouge
– La musique est superbe.

Cette série mêle humour, drame, peur et surtout, de la fiction. Car malgré ses apparences de ville tout à fait réaliste, Twin Peaks est imprégnée de fiction. La série bascule donc lentement de réel à fiction, sans vraiment que l’on s’en aperçoive. Twin Peaks est au cœur de la différence du bien et du mal.


Je dois vous l’avouer, c’est l’une de mes séries préférées : Twin Peaks mélange les genres, m’a fait découvrir des personnages très intéressants et m’a passionnée. 
Je confesse également avoir senti de la tension et de la peur en regardant cette série qui peut donner froid dans le dos.
Twin Peaks a été arrêté à cause du manque d’audience lors de la deuxième saison. En effet, le meurtre de Laura ayant été résolu, les spectateurs se sont désintéressés, à tort de cette série. Car cette dernière a continué au-delà de Laura et a laissé place tout doucement à la fiction. Dale tombé amoureux de la ville tient à y rester et tisse des liens encore plus forts avec les habitants qui, pour certains sont devenus des amis… Voire plus.



Le film Twin Peaks
Feu marche avec moi

Malgré l’arrêt de la série, une préquelle a été réalisée en 1992 toujours par David Lynch et porte pour nom Twin Peaks : Fire walk with me.

Ce film est quant à lui réservé à Laura Palmer puisqu’il présente ses sept derniers jours. Elle est donc le personnage principal de cette œuvre, contrairement à la série où elle était absente, bien que l’histoire fût centrée sur elle.
On retrouve beaucoup de personnages de la série avec des agents du FBI en plus (dont Chris IsaakKiefer Sutherland ou encore David Bowie).



Ici, on comprend mieux les secrets de Laura, ses mystères, bref sa vie. On la voit tantôt accro à la drogue, tantôt sexuelle, puis torturée, mélancolique… Elle devient attachante malgré son comportement très dérangeant : c’est une personne qui a besoin d’aide et qui ne peut se tourner vers personne puisque personne ne peut l’aider.

Nous sommes donc plongés dans un univers assez triste et dramatique : on sait que la seule issue pour Laura sera la mort. Ce film est donc sombre et l’on reconnaît parfaitement le style de Lynch.


Le film est intéressant, mais je l’ai trouvé un peu trop éloigné de la série… Et surtout, j’aurais préféré une suite car la série s’est achevée sur un des plus grands cliffhangers de la télévision (autoproclamé par moi-même).

Usual suspects

Mais quel est donc mon film préféré ? J’appelle à la barre Usual suspects !

Le coup le plus rusé que le diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu’il n’existait pas…

Tout d’abord, sachez que j’ai eu du mal à voir ce film. Pourquoi, à cause d’Allociné !

En effet, voici le synopsis du film selon le site : « Une légende du crime contraint cinq malfrats à aller s’acquitter d’une tâche très périlleuse. Ceux qui survivent pourront se partager un butin de 91 millions de dollars. »
Non mais franchement, qui a envie de voir ce film avec une description pareille ?!

Allez, pour vous lecteurs, je rectifie le tir, voici le synopsis selon moi-même :

Cinq criminels et dangereux tueurs/braqueurs se réunissent pour un coup qui va leur rapporter beaucoup d’argent. Une fois le travail fini, ils reprennent du service pour un « ami » de l’un d’eux. Le braquage se tourne mal et ils se voient contraints de tuer les otages. Très vite, ils vont être convoqués par le fameux Keyser Söze, une légende parmi les criminels pour un dernier coup afin de se racheter auprès de lui.

C’est mieux, non ?

J’ai lu sur un site parlant du film cette phrase : « Il y a des films que l’on aime, des films avec lesquels on prend plaisir. Il y a les films que l’on regrette d’avoir vu et les films qui laissent un goût d’inachevé. Puis un jour il y a le film qu’on attendait. Celui qui vous bluffe, vous transporte et vous possède. » Pour moi, c’est complétement Usual suspects.

Alors qu’a de spécial ce film ?
C’est un excellent thriller qui nous tient en haleine durant tout le film.
Usual suspects nous est conté lors d’un interrogatoire d’un certain Verbal Kint, un infirme arnaqueur professionnel. Et celui-ci raconte vachement bien, c’est son nom d’ailleurs, « Verbal ».
Ce film pourrait être un banal thriller, avec une banale histoire de pognons et de malfrats. Mais il est bien plus que ça… Ce film nous raconte l’histoire d’une légende, d’un mythe… Keyser Söze.

Les acteurs sont excellents. De prime abord, on a Verbal, Kevin Spacey toujours à la hauteur, on a Byrne, Del Toro ou encore l’excellent et regretté Pete Postlethwaite.
Leurs personnages sont interprétés avec charisme et crédibilité.
L’histoire est banale, je le conçois.

Mais laissez-moi vous parler de mon méchant préféré de tous les temps : Keyser Söze.
J’avais fait une propa dessus il y a plusieurs mois et je l’avais tellement bien faite (je déteste la fausse modestie) que je la reprends :

Une petite présentation s’impose : Keyser Söze, est un véritable mythe. Une sorte de réincarnation d’un Dieu malveillant : il sait tout, il voit tout, tout le monde travaille pour lui, mais personne ne le sait. Et surtout, personne ne l’a jamais vu. Même les plus grands parrains ont peur de cet homme. Certains renient son existence, tout en essayant de ne pas lui faire de tort.
Verbal Kint, un des cinq malfrats dira même :
« Keaton répétait tout le temps : « Je n’crois pas en dieu, mais j’avoue qu’il me fait peur ». Oui, eh bien moi je crois en Dieu, et la seule chose dont j’ai peur, c’est Keyser Söze… »

L’histoire du mythe
Bien que personne ne l’ait vu, certains racontent que Keyser Söze était harcelé par une bande de hongrois. Ces derniers ont fait irruption dans sa maison, ont violé sa femme et l’ont retenue en otage, elle et ses enfants, en attendant le retour de Keyser. Söze préférant alors voir mourir ses proches plutôt que de les voir tyrannisés par ses ennemis, il les tua les uns après les autres, avant de se charger de la bande. Il tua non seulement cette bande rivale de hongrois, mais aussi leurs femmes, enfants, familles, amis et brûla même les magasins où ils travaillaient.

Le braquage
Les cinq acteurs principaux sont contactés par Kobayachi, le seul qui connaisse Söze et qui l’ait déjà vu. Celui-ci les invite à participer au braquage du cargo, sous peine de les faire disparaître. Pour appuyer ses menaces, il distribue à chacun des malfrats leur dossier complet, contenant photos, divers emplois (qui sont pas vraiment déclarés à l’URSAFF) et même, des photos de leurs proches. Ils n’ont donc plus d’autre choix que d’obéir et de travailler pour Söze.
Le braquage va mal tourner : l’équipage du bâteau comme les malfrats. Seuls deux rescapés seront à noter : Verbal Kint et un membre de l’équipage hongrois, dans un état grave à l’hôpital.

Le mensonge, alias la réalité
Comme dit précédemment, le récit est basé sur les dires de Verbal Kint qui raconte l’histoire aux policiers : de la rencontre des malfrats au braquage du cargo, en passant par la rencontre avec Koboyachi. Kint est effrayé mais préfère se faire tuer par Söze plutôt que d’accepter l’aide de la police et témoigner contre ce Dieu vivant.
Cette dernière annonce en effet à Kint que ce cargo ne contenait pas de drogue, mais un témoin qui était prêt à témoigner dans le procès de Keyser Söze. Kint est donc relâché, avec un avenir incertain. Il prédit aux policiers que jamais plus ils n’entendront parler de Keyser Söze, maintenant que plus aucune personne ne puisse l’identifier formellement.

Seulement, c’est là qu’Usual suspects trouve tout son charme et sa reconnaissance : dans son twist final.

Pourquoi ce méchant est si particulier pour moi ?
Tout d’abord, ce que je trouve très fort dans ce film, (et que d’autres pourront faire passer pour de la trahison) est le mensonge qu’on nous fait avaler. Le seul témoin de toute l’histoire nous raconte les événements, alors après tout, pourquoi en douter ? Vous l’aurez compris, ce twist final m’a complètement remuée. Et je dois d’ailleurs dire que peu de films m’ont autant fait écarquiller les yeux (Fight club, Le prestige et Seven font partie de cette liste).
Ensuite, le mythe construit sur Keyser Söze est très mystérieux et prenant. On essaye de creuser sur ce personnage alors qu’on ne sait pas qui il est ! Je trouve l’histoire bâtie autour de ce personnage inexistant mais pourtant relégué au premier plan très bien construite et intéressante.
De plus, ce méchant qui est un Dieu, qui tue, qui effraye, qui sait tout est très impressionnant. Vous en connaissez beaucoup vous, des méchants qui font peur aux flics comme aux criminels ? Qui sont apparentés à Dieu ? Qui connaissent tout le monde ? Et qui sont également véritables parrains de toute la criminalité ? Moi pas beaucoup. Il fait preuve d’un sadisme et d’une fierté : y’a pas non plus beaucoup de méchants qui tuent eux-mêmes leurs proches sous les yeux de ses rivaux.
Pour terminer, mais ça, c’est sur un ton plus léger, je trouve que Keyser Söze, comme nom de méchant, ça déboîte.

Un grand merci Bryan Singer !

Bon visionnage !

Shutter island


Je vous parle donc de Shutter Island, réalisé par Martin Scorsese avec qui DiCaprio fait toujours un bon duo.

Shutter Island, ce film que j’ai raté à sa sortie au cinéma…
Bien sûr, je me suis rattrapée et ai prié Leonardo pour qu’il me pardonne, ce qui le place au rang de mon troisième film préféré.

Comme d’habitude, présentation du film :

Teddy Daniels, un marshall est envoyé avec un coéquipier pour enquêter sur une île où se trouve une prison de haute sécurité. Leur mission : comprendre comment une des « patientes » de cette prison/hôpital psychiatrique s’est enfuie de sa chambre fermée de l’intérieur. L’histoire se passe en 1954.

Mystères, incertitudes, folie… C’est ce qui nous attend dans Shutter Island.
En effet, ce film très noir, très sombre abrite un petit bijou glaçant et merveilleux de l’univers cinématographique.
Tout le thème de la psychiatrie est exploré : paranoïa, folie meurtrière, schizophrénie… De quoi nous rendre nous-mêmes paranoïaques ! Car c’est effectivement ce que Scorsese réussit à faire de nous, spectateurs maléables, de véritables paranoïaques : qui dit vrai, qui dit faux dans cet hôpital ? Où se trouve la folie ? Où est la frontière avec la vérité ?

Le personnage de Teddy Daniels, d’abord sûr de lui se voit de plus en plus tourmenté au contact de cette île presque maudite. Ces démons viennent le visiter (camp de concentration, sa femme morte dans un incendie…) et son passé le rattrape, car la véritable motivation de cette venue sur l’île, c’est de retrouver le pyromane qui a tué sa femme dans l’incendie de leur immeuble.
On peut même établir un lien entre la lobotomisation pratiquée dans l’hôpital et les camps nazis, deux choses que côtoie et a côtoyé Teddy.
Seulement voilà, la folie commence à s’emparer de lui quand il se heurte au personnel soignant et médical qui lui indique que ce « patient » ne se trouve pas en ces murs. Pourtant, des indices prouvent le contraire. Alors pourquoi tant de mensonges et de mystères sur ce patient ?

Notre imagination est mise à rude épreuve dans Shutter Island, et ça a été un réel plaisir pour moi de me triturer l’esprit en le regardant pour la première fois, et pour en comprendre toutes les subtilités lors de mes récents visionnages encore.

Les décors sont somptueux tout en restant dans la noirceur voulue par le film : l’île et ses roches abruptes, l’hôpital et ses images cliniques, froides, sinistres, presque oppressantes, même le temps orageux s’en mêle.
Rien que lors de leur entrée sur l’île, un thème musical très obscur, apeurant.

Vous l’aurez compris, la tension et le tourment durent tout au long du film… Jusqu’à la scène finale, l’apothéose du film nous posant au fond de nous-même une grande question… Homme d’honneur ou homme fou ?

C’est à vous d’en décider lors de ce visionnage !

Scream 4

4ème du nom de la saga, Scream 4 apparaît 10 ans après le troisième opus.

Comme dans la réalité, l’histoire se passe 10 ans après les derniers meurtres perpétrés par Ghostface. Wes Craven est encore une fois aux commandes, nous retrouvons Neve Campbell, David Arquette ou encore Courteney Cox. Bien que présents, ces trois personnages ne sont plus les seuls au centre de l’histoire, cette fois-ci, c’est la cousine de Sidney, Jill (Emma Roberts, la nièce de Julia) et ses amis qui sont les cibles du meurtrier.

Tu n’as jamais vu un film de la saga Scream ? Lis l’article en entier.
Tu as vu les trois films ? Passe directement au 2/.

1/ Résumé de la saga
La saga la plus horrifique des adolescents t’est passée sous le nez ? Ne t’inquiète pas, je t’en fais un bref résumé.
Scream : L’action se passe à Woodsboro, l’héroïne s’appelle Sidney, elle est au lycée et sa mère a été assassinée par un homme il y a un an. Seulement voilà, un tueur tient à massacrer les camarades de lycée de Sidney et elle-même. En parallèle, Dewey, un adjoint du shérif de la ville pas très doué, mène l’enquête. Une journaliste très connue, Gale tient elle aussi à découvrir l’assassin et fait son reportage sur le sujet.
Bilan : beaucoup de morts, pas un mais deux tueurs très proches de Sidney qui seront tués par elle-même. Le premier de la saga est accrocheur, Sidney est niaise mais le film est plutôt bon.
Scream 2 : Sidney est maintenant à la fac et tente de se reconstruire après la vague de meurtres qu’elle a vécue. Mais Ghostface réapparaît. Même schéma que le premier, les mêmes sont agressés (Sidney et ses amis), les mêmes mènent l’enquête et fricottent ensemble (Dewey et Gale).
Bilan : un peu moins de morts (mais l’un des meilleurs personnages est tué), une histoire moins bonne, encore une fois, deux tueurs au lieu d’un avec des raisons de tuer largement plus bêtes que celles du premier. Mais le film reste bon à mon goût.
Scream 3 : maintenant, l’histoire se passe à Hollywood, Sidney s’est retirée de la société et personne ne sait où elle est. Ghostface réapparaît (sans blague ?) et cherche Sidney. Comme l’histoire se passe à Hollywood, l’histoire et les meurtres se font sous les projecteurs, on nous en met plein la vue.
Bilan : un fiasco, l’histoire est bâtie sur on ne sait quoi, aucune crédibilité (je veux dire : encore moins que les deux précédents) et ici, il n’y a qu’un seul tueur. Le moins bon de la trilogie selon moi.

Cette saga est donc inégale. Les suites n’échappent pas aux « on-dit » : elles sont moins bonnes et ne viennent pas égaler le premier film. On retrouve notre trio charismatique (Sidney, Gale et Dewey) sur lequel tout repose, mais cela ne suffit pas…

2/ Le quatrième du nom, sorti en 2011 (Ce passage contient quelques spoilers)
Sincèrement, ayant vu et revu les trois films, je ne voulais pas voir ce quatrième opus. J’avais peur de voir un énième bain de sang gratuit bâti sur une histoire écrite dans un métro en heure de pointe. De plus, comme je l’ai dit, les suites sont (trop) souvent mauvaises, quelques exceptions surviennent, mais je ne pensais pas que Scream 4 relèverait la saga, quatrième du nom, je voyais le film chiant venir. Seulement voilà, Scream 4 fait partie de ces exceptions.

Bien entendu, on retrouve le même schéma : une jolie fille avec une bande d’amis, un ex bizarre, des spécialistes en cinéma (ici, ils sont trois dont une fille), une police incompétente, une journaliste qui veut revenir au devant de la scène et tout ce petit monde est pourchassé par Ghostface.
Si vous comptez sur Scream 4 pour échapper à ces clichés, autant casser votre rêve tout de suite : Scream 4 a la même charpente que ses prédécesseurs.

Alors en quoi Scream 4 est différent ?
Parce que ce film renouvelle la saga à lui tout seul ! Le début du film lui-même nous met dans le bain : Wes Craven nous livre une charmante parodie de ces précédents films, ça étonne, ça fait sourire, ça fait du bien. Le film lui-même est une mise en abyme : les experts en cinéma du film expliquent en effet les règles que le tueur établit.
Scream 4 devient Scream premier du nom. Je m’explique, ce quatrième opus devient le premier opus car il nous présente de nouveaux personnages, nous montre de nouvelles règles en chamboulant les premières et surtout, tout est permis dans ce film, et surtout, il offre une bonne retranscription de la société actuelle.

Tout change : le tueur est ici plus sadique, plus joueur, les meurtres sont plus brutaux.
Sidney est moins vulnérable et apparaît comme une véritable héroïne forte et assumée.
Les deux personnages comiques (Charlie et Robie) sont deux fans de cinéma qui sont certes losers, mais très intéressants : ce sont eux qui dévoilent les futures actions de Ghostface.
Les filles sont moins niaises : Jill, la cousine de Sidney semble moins sympathique et moins naïve que l’a été Sidney. Sa copine, Kirby est elle aussi experte en cinéma et plus officieusement, ironique et dotée d’un bon sens de la répartie.
Ces personnages sont, comme je l’ai dit, proches de notre génération : ironiques, drôles et plutôt acides.
Les acteurs sont assez talentueux, malgré leur manque d’expérience (pour les jeunes) et donc l’interprétation est plutôt réussie.

Je disais plus haut que le tueur est plus sadique et j’approfondis ce point. Effectivement, ici, Ghostface s’évertue à filmer ses meurtres et à les retransmettre directement sur Internet. Le but : les futures victimes doivent voir leurs proches mourir et donc voir ce qui les attend. Les meurtres sont donc brutaux dans le sens où ils sont visibles.
On voit là encore le reflet de l’actualité : tout se passe sur Internet et ce média devient l’objet principal de la transmission de l’information.
L’objectif du tueur, pour tuer ses victimes, c’est peut-être le point noir du film, car cette raison est un peu brouillonne. Cet objectif est une sorte de morale, la morale encore une fois, de notre société actuelle et de l’un de ses nombreux défauts, à savoir la célébrité facile. En effet, en passant ses meurtres sur Internet, le tueur cherche une reconnaissance et tient à se faire passer pour une victime, à la manière de Sidney, sa quête est d’être célèbre. Cette célébrité nous rappelle les effets de la téléréalité ou la facilité à se faire un nom grâce à la télévision ou à Internet et ce sans véritable talent. Mais cette morale n’est pas assez travaillée, elle reste assez superficielle et n’explore pas assez ce thème.

Un autre défaut serait peut-être dans la fin, encore une fois : le film étant assez noir et novateur dans la saga, j’imaginais plus de pessimisme, il aurait été tout à fait normal et légitime de voir la mort des personnages principaux, mais non, tout se passe comme prévu : les méchants meurent, les gentils vivent.

La musique est assez intéressante un exemple ici.

Les répliques sont elles aussi notables. Que ce soit les conversations entre les victimes et Ghostface, les prévisions des apprentis experts en cinéma du film ou même des conversations simples.

Une chute qui nous retourne. Je ne m’y attendais pas du tout (contrairement aux trois précédents où les tueurs des trois films étaient calculés dès le départ). J’ai donc été agréablement surprise et ai poussé un gros « NAN SÉRIEUX ????? » au cinéma.

3/ Petite conclusion
Pour moi, la meilleure suite de la franchise. Quelques défauts à déplorer (problèmes de crédibilité, morale assez brouillonne…) mais je ne regrette pas d’avoir été le voir et fait partie des meilleurs films que j’ai vu lors de l’année 2011.