Pire amide (2015)

Merci de m’applaudir pour ce jeu de mots des plus drôles.

Je voudrais vous parler de Pyramide de Grégory Levasseur. Le type c’est un grand pote d’Alexandre Aja, il a été scénariste et producteur de quelques-uns de ces films. Puis bon, Aja, on l’aime ou on l’aime pas, mais il s’est quand même fait un nom dans le cinéma d’épouvante-horreur, alors on peut s’aventurer avec confiance dans l’aventure égyptienne du petit Levasseur (je voulais dire « du petit Grégory », mais c’était de mauvais goût).


Strass et paillettes

C’est donc là que l’on fait une terrible erreur. Honnêtement, je ne suis pas du genre à prôner le téléchargement illégal, et c’est interdit sur le complexe Alpha, mais pour le cas de Pyramide, je demande l’exception. De toute façon, le film est disponible sur plusieurs sites illégaux, et ce, depuis au moins une semaine avant la sortie en salles. Je vous recommanderai donc de ne pas aller au cinéma et d’économiser vos précieux 9€ pour en faire ce que vous voulez, accordez-vous un petit cadeau, une jolie récompense pour la peine. Mais même si vous comptez le voir, vous perdrez 1h30 de votre vie. En plus du temps et de l’argent, vous perdrez votre foi pour les films d’horreur.
Sérieusement, ne le regardez pas.
J’attends la sortie du film depuis un bon moment. Vous connaissez peut-être mon engouement pour les films d’horreur, alors quand l’un d’entre eux bénéficie d’une sortie en salles digne de ce nom, c’est un peu la fiesta dans mon corps et mon esprit. C’est donc tout naturellement que j’attendais Pyramide comme le Messie. Mes anciens espoirs dans le genre ([REC] 4, Annabelle…) m’ont laissé un goût amer, j’étais prête à recevoir toute l’affection qu’il me manquait, je ne me suis même pas méfiée, je n’ai même pas pensé une seconde à une potentielle déception. Cette éventualité n’existait pas. Et j’ai été déçue et dégoûtée. Voici pourquoi…

Pyramide, c’est l’histoire de deux archéologues, la fille et son papa, qui découvrent une nouvelle pyramide très particulière, puisque elle n’a que trois faces. Dans la volonté de percer les mystères et les secrets de cette découverte, ils vont vouloir se rendre dans ladite pyramide, en faisant fi des interdictions de leurs supérieurs et des locaux, à cause d’un accident survenu sur le site (un ouvrier atteint d’aspergillose à l’ouverture de la pyramide) et de la tension socio-politique actuelle du pays. Ils sont donc cinq à entrer dans les lieux : les deux archéologues, un ingénieur en robotique et deux journalistes qui font un documentaire sur la découverte. Et forcément, il va y avoir des problèmes pour la petite bande…


On est des acteurs hyper naturels.

L’un des points positifs du film (le seul ?) est que l’utilisation du found-footage est limitée. Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, j’en ai marre que l’on nous sorte des caméras subjectives à tout bout-de-champ, et pire, de nous donner de vieilles justifications comme prétexte pour le faire. Ici, certes, on a la fameuse équipe de tournage qui emporte son matériel de tournage, mais on a quelques scènes filmées « normalement », et diantre, heureusement.
Mais voilà, faire un film d’horreur en ce moment, c’est essayer de reprendre les idées d’autres films, de les mixer ensemble et de faire quelque chose d’original. C’est donc un savant mélange de [REC], de The Descent, de Catacombes (qui était déjà bien médiocre) et un peu d’Indiana Jones aussi. Contexte géographique oblige, on nous emmène dans une histoire totalement pourrie sur une légende égyptienne. Mais, surtout, ne vous attendez pas à entendre parler ou à voir de la mythologie avec véracité, ne vous attendez pas à voir une momie, ne vous attendez pas à sentir une malédiction qui vous fait déféquer de façon incontrôlable… Pour ça, je pense que La Momie de Stephen Sommers comblera davantage vos attentes, et par la même occasion, vous fera plus peur, c’est dire… Non, ici, on essaye vraiment de bien faire, de reprendre les codes des autres, d’adopter la recette parfaite ; le résultat, c’est qu’on n’est pas dans un hommage ou quoi que ce soit de positif, c’est plus de l’imitation. On a du Nicolas Canteloup alors qu’on voulait du Thierry Le Luron. C’est pourquoi, à un moment, lors de la scène où le sol commence à s’effondrer, ça essaye de nous faire la deuxième épreuve de l’accès au Graal dans Indiana Jones et la Dernière Croisade, celle avec les pas de Dieu, sauf que j’ai assimilé ça à l’épreuve finale de Fort Boyard, ce qui est tout de suite plus risible.

Question risible, les personnages ont du pathétique à revendre. Aucunement crédibles, les personnages sont fades, on attend juste qu’ils crèvent le plus vite possible, ils sont tous autant insupportables les uns que les autres. Les acteurs eux-mêmes n’ont pas l’air convaincus par ce qu’ils jouent, peut-être ont-ils découvert le scénario du film en même temps que nous… Que sais-je, les archéologues ne sont tellement pas sûrs de ce qu’ils racontent, on a l’impression de voir leur désespoir flotter au-dessus d’eux. Même des collégiens dans leur pièce de théâtre de fin d’année ont plus de conviction. Pourtant, ils auraient pu être davantage convaincants, parce que chacun des personnages a son petit cliché : la blonde intelligente, mais conne quand même, le père modéré qui a de l’expérience, le geek, la journaliste qui pense à son film en dépit de la santé des autres, le cameraman flippé qui s’urine dessus à chaque pas… Mais non, même là, demander de la crédibilité, c’est un peu demander des excuses de toute l’équipe du film dans le générique de fin : impossible. On assiste donc au naufrage du film dans tous ces points : interprétation, scénario, inspiration, mise en scène… La seule personne qui veut que le film soit réussi, qui y croit dur comme fer, c’est le spectateur. Sauf que comme toute personne normalement constituée, au bout du vingtième foutage de gueule en trente minutes, le spectateur voit sa patience s’envoler. Ainsi, chaque cliché repris et déjà vu devient une insulte au cinéma : le passage dans le micro-tunnel voulant faire penser à la claustrophobie vécue dans The Descent, c’est une des nombreuses cerises qui font déborder le vase. C’est tellement mal joué qu’on ne peut pas y croire.

Qu’en est-il de la peur ? Parce que bon Pyramide c’est un peu un film d’horreur, m’voyez. Bah même combat, on change pas une équipe qui perd : c’est d’la merde. La mise en scène ratée ne nous offre même pas un seul jumpscare, tout est tellement convenu, qu’on sait à l’avance quand sursauter. C’est peut-être ça le truc : sursauter d’avance pour faire plaisir au réalisateur ? Le coup du labyrinthe, des personnages perdus, des monstres bizarres (ici ce sont des chats maigres qui mordillent nos malheureux protagonistes, sans parler du monstre de fin auquel je réserve le prochain paragraphe), de l’obscurité… Ça ne prend pas. Tout est tellement fade et mal réalisé qu’aucune ambiance ne ressort. Vous serez davantage intéressés par la découpe de trois tranches de saucisson et plus divertis dans une file d’attente à la caisse de votre supermarché qu’avec ce film. Quant aux personnages, ils sont tellement chiants que leurs peurs deviennent injustifiées, ils se retournent les uns contre les autres et se plaignent régulièrement, mais ils le font de manière si peu naturelle que cela fait d’eux des protagonistes chouineurs qui ont peur de tout, et deviennent donc encore plus ridicules.

SPOILER [ON]
Le monstre de fin, à savoir Anubis, ressemble à un mix entre Tristana Medeiros dans la scène de fin de [REC] pour le physique et, pour le côté ridicule, au monstre dans Brocéliande, la production française tellement pourrie que j’ai honte de mentionner, mais là, c’est mérité. Et maintenant que j’écris ça, je pense à Arkonowi dans Biouman par Les Inconnus. Enfin, vous voyez où je veux en venir, Anubis est mal foutu, les effets spéciaux sont mal exécutés… Sans parler de la légende sur Anubis et le poids des âmes qui sont en fait ce sur quoi repose toute l’histoire, c’est de l’arnaque, du vol pur et simple. (Et je sais pas si vous êtes un peu au courant, mais dans la mythologie, j’veux dire la vraie, Anubis est une divinité rarement antagoniste.) Quand on veut faire un bon film d’horreur, le méchant doit avoir de la gueule, l’histoire du méchant, le « prétexte » du film doit tenir la route, là, j’ai eu l’impression de voir un film de série B (j’ose dire Z ?).
SPOILER [OFF]


La bête de Brocéliande, encore moins charismatique que ses pairs.

Je ne comprends pas comment un film comme celui-ci peut bénéficier d’une sortie massive en salles et que, à côté de ça, de petites réalisations moins ambitieuses et tellement mieux réussies se tapent du DTV…
Franchement, écoutez-moi et ne le regardez pas. Vous me remercierez plus tard.

Publicités

Dead Snow (2009)

Dead Snow est sorti en direct-to-video en décembre 2009 et a été réalisé par Tommy Wirkola. Le casting entier du film est norvégien. Il raconte l’histoire d’une bande d’étudiants en médecine qui se prend des vacances dans un chalet en montagne et… qui tombe sur des zombies nazis sortis de la glace et de la seconde guerre mondiale !



Même si le postulat de départ était un peu craignos (des zombies nazis qui viennent foutre le bordel), il n’en reste pas moins original mais tout se casse lamentablement la gueule. La faute au jeu d’acteurs, à l’incohérence et au virage humoristique que prend le film vers sa deuxième moitié. Parce que Dead Snow c’est ça : un humour raté qui se prend les pieds dans le tapis. En fait, le début du film se veut résolument sérieux, il pose les faits, essaye de faire naître en nous peur, suspense et appréhension car on ne voit pas la cause des disparitions de nos jeunes gens, si on n’a pas lu le résumé du film ni vu son affiche, on pourrait très bien penser à un yéti, des mutants, des OVNIs, mais sûrement pas à des zombies nazis. Alors dès qu’on aperçoit ces gentils hommes venus tout droit du IIIème Reich pour mordre/déchiqueter/bouffer de la jeunesse étudiante, d’autant que pour la plupart, les nazis c’est un petit peu l’horreur à son apogée, alors si on mélange ces personnages à des zombies qui par extension ne sont pas en reste, c’est l’effervescence. On n’essaye plus de nous faire peur mais on essaye de jouer avec les codes qui ont bien fonctionné chez Braindead : mêler le comique au gore. Sauf que c’est risible au plus haut point. En effet, on a du mal à savoir si c’est voulu ou subi cet humour et c’est clairement déroutant. L’humour est tellement débile, mal adapté et non maîtrisé qu’on a limite pitié pour ces pauvres acteurs qui sont obligés de faire ce qu’on leur demande, à savoir passer pour des cons et jouer des abrutis en puissance. Donc autant on peut facilement rire (malgré la volonté de départ ou pas du tout, puisque nous n’en savons rien !) dans la seconde partie de Dead Snow, autant la première partie rime avec ennui. Parce qu’on se fait monumentalement chier ! On passe sur des conversations stériles, des petits fifous qui s’amusent dans la neige, un petit peu de baise parce qu’il en faut et un mec qui avertit nos jeunes gens sur la dangerosité des lieux, mais ceux-ci lui rient au nez, les bougres ! En gros, le début de Dead Snow se prend trop au sérieux pour être crédible et sa seconde moitié se fait passer pour de l’humour débile pas maîtrisé ni voulu du tout.



On peut noter de certains hommages ou du moins des références à des œuvres bien connues, comme Braindead citée plus haut mais aussi Evildead et Call of Duty: World at War avec son fameux mode zombie (disponible aussi dans les Black Ops). Alors que ça passe crème dans un simple jeu vidéo relativement bien amené et réalisé, dans le film, les zombies nazis sont définitivement ridicules. Ils ont autant de crédibilité que les étudiants en médecine qu’ils attaquent, c’est-à-dire aucune. Puis tiens, on peut aussi aborder Iron Sky qui est un petit peu le contraire de Dead Snow, la flippe en moins : ça met en scène des nazis qui ont survécu, qui veulent revenir par extension, ça utilise l’humour, mais ça ne se goure jamais de ton, ce qui en fait une œuvre plutôt réussie et cohérente. Mais Dead Snow essaye tellement de bouffer à tous les râteliers qu’il s’y perd et ne sait plus trop comment avancer sans passer pour un con à 100%. Les nazis sont très peu réussis et c’est pire encore quand le colonel nazi appelle ses troupes en beuglant « Ressuscitez ! »… Euh, oui… mais non, définitivement non ! C’est absolument maladroit de faire parler un zombie, qui plus est quand c’est sa seule réplique et qu’il contribue au ratage du film. Dead Snow arrive quand même à nous offrir le gore tant attendu et c’est pratiquement la seule qualité du métrage : les scènes de démembrement, de massacres à la tronçonneuse et de décapitation sont assez réussies même si la plupart sont hors champ et assorties d’une giclée de sang qui fait retomber la sauce.

Je ne comprends guère l’engouement qu’a suscité Dead Snow, mais soit. Je vous invite tout de même à le regarder, pour ne pas mourir bête mais surtout pour voir ce que ça donne, des zombies nazis.

Only the Bananawé

Only the strong alias La loi du plus fort en VF est sorti sur nos grands écrans en 1993. Il a été réalisé par Sheldon Lettich, celui qui a enfanté Double Impact ou qui a collaboré sur Rambo 3. Sa filmographie nous montre uniquement des films dans cette lignée. Il déconne pas : il fait jouer des gros durs qui aiment bien se fighter, Jean-Claude Van Damme et Sylvester Stallone. Sauf que dans Only the strong, il fait jouer un mec un peu moins connu et tout aussi féru de coups de poings dans le bide à grands renforts d’arts martiaux, j’ai nommé le très charismatique Mark Dacascos.



Only the strong, c’est quoi ? Notre petit Sheldon ne s’est pas pété la cheville en imaginant la petite histoire. Il a sûrement eu vent d’un art martial encore peu démocratisé à l’époque, la capoeira, du coup, il s’est dit « tiens, on va trouver un truc sur la capoeira ». C’est donc tout naturellement que le film met en scène un militaire des forces spéciales américaines (un béret vert exactement) qui a appris lors de ses campagnes la fameuse capoeira. De retour au pays, il passe par son ancien lycée et trouve que les jeunes sont perdus. Il pense pouvoir leur redonner de l’espoir en leur apprenant cet art qu’est la capoeira et ce, en montrant ses talents contre un vilain dealer pendant la récréation. Bref : il devient prof, sauf qu’il va se trouver des ennemis en la personne du parrain de la ville, Silverio, un sosie de Steven Seagal.
Sheldon avec la capoeira, c’est un petit peu comme une poule qui trouve un couteau : il ne sait pas DU TOUT quoi en faire.


Sosie de Steven Seagal

On retrouve dans Esprits rebelles plusieurs points de Only the strong : le prof ancien marine qui enseigne le combat à ses élèves, les élèves d’abord réfractaires à fond les ballons qui deviennent sages et respectueux, la confrontation avec le corps enseignant, la mort d’un étudiant (parce que la vie n’est pas rose, hein) mais une jolie fin, faut pas déconner. Sauf que là où Esprits rebelles tient plutôt la route, Only the strong s’étale, d’autant que c’est absolument prétentieux : Sheldon Lettich a découvert la capoiera et s’en empare. Autant vous dire que la déception est d’autant plus grande. Cela dit, pour être déçu, il faut un espoir en amont et on ne l’avait pas vraiment en fait. De là à dire que Only the strong a été le papa d’Esprits rebelles, c’est peut-être un peu poussé, car ce dernier a le mérite de pas trop se vautrer ni de vouloir en faire trop.

En fait, ce qui fait la force de Only the strong c’est qu’il est devenu au fil du temps un film carrément culte, mais pas dans le côté encenseur, non non, on se délecte de regarder Only the strong car il est hautement nanardesque. C’est un véritable bijou de perte et fracas. Une sorte de chef-d’œuvre du film nul. Et c’est tellement visible sur toutes les coutures qu’on se demande si ce n’est pas revendiqué. Déjà l’histoire bancale… Mais il n’y a pas que ça, oh que non ! Parce que les acteurs sont délicieusement horribles, ils massacrent leur rôle avec application. En tête de file, on a Mark Dacascos qui a des réactions bizarres et qui subit une transformation vêtementesque. En effet, au début, il est habillé tout en blanc, car il est pacifiste, il veut enseigner aux jeunes, les sortir de la mouise, pour avoir bonne conscience et pour se prouver que l’ancien délinquant qu’il était s’en est sorti. Mais quand vient l’ultime combat avec le gros vilain du film, il revêt son habit de marine, parce que merde, faut pas le faire chier, et puis c’est La loi du plus fort. Les autres ne sont pas en reste : y’a le sosie de Steven Seagal qui a des mimiques et expressions faciales des plus mémorables (vas-y que je te fronce les sourcils parce que je suis un méchant), le cousin du méchant qui est l’un des élèves dont a la charge le fameux prof qui ne sait pas vraiment où il habite et qui bouffe un peu à tous les râteliers selon le vent qui tourne, le prof désemparé qui n’a plus espoir en rien et la seule figure féminine du film, ancienne camarade de classe de Mark qui le défend corps et âme et qui finira par se faire embrasser. Parce qu’on ne baise pas dans Only the strong. On ne déconne pas dans Only the strong, c’est du sérieux, alors les pouffes en mal d’amour qui veulent de la baise, elles passent leur chemin. Ici on parle combat. Puis, on peut dire que le film jouit d’une incohérence des plus exquises. Notamment avec le cousin qui est totalement réfractaire à la capoeira (les mecs qui dansent comme des tapettes, c’est pas pour lui) mais son cousin pratique ce sport et veut qu’il apprenne cet art martial. Ah. Ok. Yépakompri. La fin où Mark va au casse-pipe vêtu de son plus beau treillis est révélateur de cette cohérence marquée, puisqu’il se fait défoncer mais n’a prévenu personne, heureusement, il est chanceux et ses élèves viennent le défendre (tous vêtus en blanc !). Pour finir, si vous voulez voir ce film, je ne peux QUE vous le conseiller en VF pour y ajouter un côté pas du tout crédible. Déjà, quand on sait que Mark Dacascos est doublé par Pascal Légitimus ça casse le côté film de gros durs pour les gros durs. Mais en plus, il nous sort des phrases avec des tons assez improbables. C’est difficile à expliquer à l’écrit, mais il faut le voir (l’entendre) pour le croire.




Je vous quitte sur cette chanson qui est l’hymne du film dans sa version remasterisée par le petit génie de la musique du film (celui qui meurt).
JE SAIS, C’EST PAS BANANAWÉ.

TROLL (gentil) : Battle cheap

Battleship, c’est pas un film de Michael Bay. Et pourtant, on en a tous les ingrédients : effets spéciaux, histoire un peu bancale, personnages héroïques ridicules et des méchants pas beaux. Je vois déjà votre déception « Quoi ? Du spectaculaire nul sans Bay ?! Mais comment qu’on va faire ? », non sans panique. Et bien ne soyez pas inquiets, car Peter Berg, il sait tout aussi bien réussir à faire des choses nulles alors qu’il voulait taper dans l’héroïque et le grandiose.
Et pour ça, il a un casting de fou : Taylor Kitsch (oui, au bout d’un moment, même la réalité nous rattrape), Alexander SkarsgårdLiam Neeson (là j’ai pas compris) et puis, pour lancer sa carrière d’actrice qui sera sans aucun doute brillante, la star internationale, la talentueuse Rihanna.

Pour le pitch, c’est pas bien compliqué puisque dans la scène d’introduction, Alex et son frère Stone sont dans un bar, le premier c’est le genre trou du cul qui ne fait rien, le deuxième il incarne la réussite sociale puisqu’il est officier dans la marine. Sauf que voilà, Alex voit Sam et est subjugué par sa beauté et transcendé par son charisme digne d’un pneu crevé. Il fait tout pour la séduire, comme cambrioler un magasin, se faire taser et arrêter par les flics. Son grand-frère furieux l’oblige à prendre ses responsabilités. Quoi de mieux pour cela que de rentrer dans l’armée ? On retrouve donc quelques années plus tardAlex et Sam (qui n’est autre que la fille de l’Amiral, le supérieur des deux frères) ensemble, accompagnés par Stone à l’occasion du RIMPAC 2012. Les deux jeunes hommes participent à l’exercice mondial au large d’Hawaï. Sauf que rien ne va se passer comme prévu puisque des envahisseurs débarquent (et là David Vincent ne voit rien) et ces salauds veulent mettre une bonne déculottée au monde entier (comprendre : les États-Unis et leurs sous-fifres). Mais qui va sauver l’humanité ? Bah Alex.




Battleship c’est un petit peu Independance day sur la flotte. La comparaison est facile, et pourtant, je préfère quand même son grand-frère Emmerichien pour une seule raison : j’ai apprécié certains acteurs, et je n’ai pas peur de le dire ! Parce que bon, Battleship a beau sortir l’artillerie lourde : des gros navires, des porte-avions et autres satellites hyper développés à l’instar de son aîné, on peut pas dire que les acteurs brillent par leur performance. Le héros bien cliché du mec qui a tout raté, qui est imbu de lui-même, mais qui, dans toute cette merde, est pris d’une illumination divine, devient humble et laisse sa place à son pire ennemi (un japonais, du jamais vu sur vos écrans !) plutôt que de mener ses compatriotes, et par extension toute l’humanité à une mort certaine. On pourrait aussi voir ça comme une forme de lâcheté style « tiens, plante-toi à ma place le bouffeur de sushis », mais on n’a visiblement pas envie d’y croire. Un héros, c’est un mec qui sait quoi faire quand vient le moment, et il est prêt à se remettre en question, même quand tout s’écroule autour de lui. Après, on a son grand-frère, le mec amoureux de sa patrie, droit et avec toutes les qualités d’un bon soldat, sauf que ce gland arrive à mourir, après tout, il fallait donner au héros le moyen d’exister et de pleurer quelqu’un. L’Amiral, interprété par Liam Neeson, c’est le mec que j’ai envie de défendre, parce que j’apprécie l’acteur, même s’il n’a pas eu une carrière tout à fait stable et exemplaire… Mais je n’y arrive pas, il s’enferme dans son rôle du papa protecteur de sa fille qui met des bâtons dans les roues du héros, sans parler de son énorme capacité à être lisse tout au long du film. Et puis, je vous ai gardé le meilleur pour la fin, Rihanna qui joue ici une tête brûlée qui n’a peur de rien, qui est prête à dézinguer tous les extraterrestres qui se trouvent sur son chemin. Elle se montre particulièrement vide, puisqu’elle interprète un personnage plat, inutile avec un regard bovin et une performance assez extraordinaire à passer pour une conne. Ce rôle, le premier de sa vie, lui vaudra d’ailleurs un Razzie Award.


Oups, j’ai oublié mon Umbrella

Passons maintenant à l’histoire. Pendant la première demi-heure environ (j’ai pas compté), c’est un magasin de meubles qu’on visite, vu qu’on est confrontés à la mise en place des personnages, à la présentation des bô bateaux de l’armée américaine (m’as-tu vu, reste du monde ?), aux petits remerciements des anciens combattants, parce que faut pas les oublier ceux-là, sinon ils gueulent, et on peut bien leur faire une petite fleur avant leur mise en bière. Bref, cette partie ne sert qu’à passer le temps, parce qu’une heure quarante minutes de film, c’était trop court. Bon après, on a le débarquement des méchants avec leur supériorité en nombre et en armes. D’ailleurs, ils envoient des espèces de roues mécaniques un peu partout, c’est assez déstabilisant, moi je m’attendais à des tirs de missiles verts. Innovation, parce que ici les extraterrestres sont très résistants physiquement, mais ils ont une grosse faiblesse : ils ne supportent pas la lumière du soleil… Alors débarquer à Hawaï, c’est un peu con pour eux. Dès la capture de l’un d’entre eux par les gentils, je me dis que c’est le moment opportun pour nous faire savoir qui sont-ils, que veulent-ils, d’où viennent-ils et qu’est-ce qu’on mange ce soir. Sauf que Battleship n’a pas envie de répondre à nos questions. Battleship préfère nous montrer des batailles de Touché-Coulé grandeur nature, des défilés de leurs navires (rappelez-vous bien que les USA sont supérieurs au reste du monde)… Alors là où Peter Berg aurait pu donner un semblant d’intérêt à son film, il préfère se murer dans ce qu’il pense savoir faire le mieux, c’est-à-dire filmer à grands coups d’effets spéciaux l’avenir du monde entier qui se joue sur l’eau. Puis après tout, un vaisseau-grenouille (car les vaisseaux ennemis sautent sur l’eau, oui), c’est quand même mieux que des explications pseudo-scientifiques.

Je vous parlais d’innovation plus haut, mais Peter Berg a un petit relent de nostalgie, il aime bien nous montrer que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, alors au diable le lourd armement américain, les technologies, les bateaux suréquipés et tellement inefficaces contre l’invasion ennemie. Il faut dire bonjour au vieux USS Missouri qui a plus de bouteille qu’autre chose et ses vétérans (qui semblent squatter le navire tels des SDF). Car ce qui va sauver l’humanité, c’est certes Alex (et un peu le japonais, mais on n’en parle pas trop), mais le jeune officier va se faire aider par ses ancêtres, ces papys à qui rien ne fait peur, ni les extraterrestres, ni de passer pour des glands dans ce film. Mais vu que c’est le genre de public qui aime ce genre de film, Peter Berg prend pas trop de risque en les rameutant pour son film. Puis merde, ils servent (les vétérans comme Berg) la même cause : celle qui te dit que l’Amérique te bouffera tout cru si tu oses l’attaquer. Car oui, si vous ne l’auriez pas deviné, Battleship, en plus d’être un film grossièrement exécuté pour montrer que la catastrophe ne passera pas sur le territoire américain, montre un patriotisme des plus acharnés. On nous prêche la bonne parole : l’éternelle qui dit que les USA sont les mieux, savent tout faire et mieux que tout le monde. Puis tiens, on rajoute un petit côté après-guerre, montrant à quel point les USA peuvent être bons et cléments, puisqu’ils s’unissent avec leur pire ennemi, le Japon, lors de la bataille pour dézinguer de l’extraterrestre venu foutre sa merde. Bref, Battleship c’est la démonstration de la superpuissance américaine, de sa beauté patriotique et de son côté tellement universel (le reste du monde s’allie aux USA). Ah, et puis merde, si on rend hommage aux vieux, on va passer faire un petit coucou aux blessés de la guerre irakienne, notamment avec encore une fois, un personnage sorti tout droit de la réalité : un unijambiste grincheux qui va de son côté sauver la copine du héros et empêcher l’arrivée d’autres extraterrestres. Résultat, le blessé de guerre montre par sa présence, que lui aussi, il a sauvé l’humanité dans son combat contre les méchants. Pour finir dans l’hommage, on va passer des musiques de hard rock anglophone (AC/DC notamment), après tout, pourquoi on irait illustrer Battleship avec des chansons du monde, j’vous l’demande ?


B4 les gars ! B4 !

Je voudrais finir sur un point. En général, les films (américains ou pas, entendons-nous bien) ont la volonté d’inscrire dans les annales certaines répliques bien senties, des dialogues chouettes voire des monologues sur la réalité des choses… Ici, on donne sa chance à Rihanna, non elle ne chantera pas, mais c’est elle qui a le droit de donner LA réplique du film, LE monologue cuisant, celui qui nous rappelle à quel point le personnage est lucide et à quel point on doit avoir les jetons. Une sorte de dialogue sur la nécessité du bien et du mal (ou une autre connerie dans le genre). Parce que même si on ne la laisse pas vraiment parler (par peur sans doute), c’est quand même elle a qui on donne le droit de passer pour une personne brillante. Bref, c’est elle qui a l’opportunité de le faire, et elle va se vautrer tellement ses paroles seront ridicules et dites dans un élan si fort, si pur, si sérieux et si inquiétant, que ça renforce le risible de la chose. Alors certes, y’a que six phrases, mais c’est dit dans cette volonté de frapper fort qu’on a l’impression que ça dure trois plombes :
« My dad said they’d come. He said it his whole life. He said we ain’t alone. He said one day, either we’d find them, or they’d find us. Know what else he said? He said, « I hope I ain’t around when that day comes. » »
Impressionnant hein ?


Bref, vous pouvez voir ce film sous certaines conditions : vous êtes américains, OU vous voulez du divertissement sans utiliser votre cerveau, OU vous voulez regarder un film nul (avec des potes).
Pour la prochaine adaptation de jeu, on table sur quoi ? Puissance 4 ? Monopoly ? Scrabble ?

Chroniques de Tchernobyl

PUTAIN QUE C’ÉTAIT POURRI !

Je vous annonce la couleur tout de suite (ici, un bon marron bien dégoulinant, bref, de la bonne chiasse), ce film est nul.

On va tous mûûûûûûriiiiiiir !

Histoire

Six trous du cul vont visiter Pripyat avec un guide plutôt con qui ignore les mises en garde. Ces six trous du cul sont américains. Cette précision n’apporte pas grand chose à l’histoire, si ce n’est qu’elle montre que les américains sont vraiment des débiles. Bref, ils visitent la ville désertée par la catastrophe de Tchernobyl. Suite à une prouesse scénaristique, une grosse couille les empêche de repartir de la ville et ils découvrent que… Attention les vélos : ILS NE SONT PAS SEULS !

Mon avis trèèèèès objectif que vous devriez suivre si toutefois vous pensez que ce film peut être un chef-d’œuvre

Encore du found footage au début du film, que j’en ai marre d’en bouffer à toutes les sauces. Mais le scénariste aime bien ça. En effet, le monsieur qui a fait cette erreur s’appelle Oren (putain) Peli, le papa des nombreux et mauvais Paranormal Activity.
Dieu que je suis mauvaise, mais allez, j’explique les faits : on voit que dalle, les acteurs jouent comme des brelles, les personnages sont cons (mais vraiment cons je veux dire).
D’ailleurs, les dialogues sont plats, c’est d’une nullité sans précédent.
On voit que dalle je dis ? Oui oui, on voit que dalle, à chaque fois, on nous laisse croire qu’on verra enfin ce qui effraie les personnages, mais même pas, la caméra tourne à chaque fois, frustrant.
Un autre truc qui me frustre dans ce genre de film, c’est qu’aucune explication ne nous soit donnée. Et ça, ça me fout vraiment les boules. Du coup, le scénario se base sur de la merde.
La fin quant à elle est stupide. Elle l’est dans le sens où elle se calque sur de nombreux films du style La colline a des yeux. Mais je ne peux pas en dire plus pour ne pas spoiler.

Bref, encore un film à la Hostel qui nous fait dire « putain, l’Europe de l’Est, ça craint ». Et c’est bien dommage. Personnellement, je rêve d’aller à Pripyat, et j’irai, mais pas pour les mêmes raisons que les personnages du film…

Hey tu bosserais pas pour L’Oréal chérie ?

Je ne comprends pas du tout l’encensement des critiques pour ce film, j’avais lu de la tension, de la peur, de la menace… La seule peur que j’ai eue, c’est que le film ne s’arrête jamais.

Le seul plus sont les décors que je trouve vraiment très bons et qui reconstituent vraiment bien la ville. Pour info, le film a été tourné à Belgrade et à Budapest. Mais c’est vraiment le seul point positif à noter, cette volonté de réalisme. Je vous assure.

Deux mille bouses

Amis des jeux de mots pourris, bienvenue !

Il y a quelques jours, je me décidais à voir 2012. En effet, depuis sa sortie, je me donnais n’importe quelle excuse pour voir ce blockbuster annonciateur de la mort :
« Han ouais mais j’y crois pas, ce n’est pas possible que ça arrive, alors je ne regarde pas le film », me disais-je, en premier lieu. Mais, je m’auto-contrais en disant « Tu regardes que des films réalistes ? Jurassic Park c’est pas possible non plus et t’as bien regardé, alors trouve une autre excuse, Lu’. »
Alors 1) Oui, je me parle toute seule (et je m’appelle par mon pseudo),
2) Non, Jurassic Park c’est pas possible, c’est ma maman qui me l’a dit quand j’ai voulu chercher les moustiques de jadis sur les troncs d’arbre (imaginez mon malheur quand elle m’a dit ça),
3) Oui, les introductions pourries, vous allez vous les farcir tant que je ferai des articles.

BREF, j’ai vu 2012 ! Un film de Roland Emmerich, alias le type qui a quand même annoncé deux fins du monde en quelques années seulement. Pour les inattentifs, je fais référence au Jour d’après. Independance day ça compte pas, c’est les extra-terrestres, c’est une fausse fin du monde. Bref, ce film est avec des acteurs pas très talentueux dont je donne pas les noms parce que j’ai la flemme, cherchez sur Internet un peu, on va pas vous apporter tout cuit dans le bec, bon dieu !

Alors le type, pourquoi il a choisi 2012 pour la fin du monde ? Bah c’est à cause de la croyance très populaire et actuelle qui est : la fin du monde c’est le 21 décembre 2012, donc bah, à la fin de l’année. Ça tombe pile poil avec la fin du calendrier Maya et le monde devrait exploser/imploser/se taper une planète/se taper un astéroïde/être englouti par les eaux et les couillons qui sont dessus (nous) on devrait pas vivre, techniquement. 

L’affiche qui claque à mort !

Tout d’abord, le film commence très mal. On suit un peu tout le monde : un scientifique noir de la Maison Blanche (C’est dire si c’est une fiction) (Quoi « Obama » ?) qui apprend que le noyau de la Terre a des hausses de température, après son pote, un scientifique indien qui bosse sur ce noyau, ensuite, on voit un trouduc’… Pardon, une personne comme vous et moi (surtout vous) qui mène une vie normale (pourrie) : divorcé, job à la con, enfants chiants (faut préciser que la gamine pisse au lit à 7 ans, la honte, et que son grand frère préfère le nouveau mec de sa mère à son père biologique). Bref, le type, il a plein de problèmes, et c’est sur ce monsieur-tout-le-monde que l’histoire va se ba(i)ser.

D’abord, ce mec, il va faire du camping avec ses gosses à Yellowstone. La grande réserve hyper belle où y’a un gros volcan. Sur qui qui tombe ? Sur une sorte de Zone 51 dans le parc avec le scientifique noir et des militaires pas très urbains. Ils discutaillent, ils deviennent potes, ils s’échangent leur MSN et leur portable. Le soir, il (le mec avec une pauvre vie) tombe sur un illuminé qui a l’air plutôt pour la théorie conspirationniste et pour la négligence capillaire. Ce dégénéré va lui apprendre que le monde va se purger de ses gros cons très prochainement (être détruit quoi). Mais, par chance, il a une carte où sont situés les emplacements des vaisseaux pour les survivants.
Bien entendu, notre héros ne va pas le croire et va lui rire au nez, le bougre ! Et il va continuer son week-end tranquillou.

ATTENTION LE PASSAGE QUI VA SUIVRE CONTIENT DES SPOILERS.

Des trucs inutiles se passent. Puis, le sol américain se fend en deux, le volcan de Yellowstone commence à vibrer comme pas permis, alors le héros va prendre ses gosses, son ex-femme et le nouveau mec de sa femme sous le bras : départ pour les vaisseaux, mais avant ça, on passe par Yellowstone pour avoir les cartes, parce que les vaisseaux, on sait pas où qu’ils sont.

Et là, on a des effets spéciaux à couper le souffle devant nous : Héros va défier le sol avec sa limousine (il est chauffeur pour des russes qui sont riches), puis avec un camping-car et après, avec un avion. Il réussit à avoir les cartes à une seconde près. Effectivement, il a échappé de peu à : des flammes, un accident, le sol se fissurant et le souffle d’une explosion.
Par je ne sais plus quel délire scénaristique le groupe fondé par le héros rejoint son patron russe avec ses deux gosses moches et cons, son majordome et sa blondasse de vingt ans aux seins plus très naturels.

Héhé sans les mains !

J’accélère : après, voilà ce qui se passe en très résumé : le groupe qui réchappe de peu à l’explosion du volcan et qui a un avion dont les hélices ne craignent pas les cendres ; on apprend que les vaisseaux sont pour la haute société (politiques + riches), donc les grouillots vont tous crever ; l’avion s’écrase dans les montagnes ; le président des États-Unis fait preuve de sagesse en refusant de monter dans Air Force One pour rejoindre les vaisseaux et il crève ; il est remplacé par un gros con du style ministre vraiment méchant ; on voit le Pape et ses potes en train de se faire démolir la tronche par un gros tremblement de terre ; on voit même la fissure qui coupe très nettement la fresque de « La création d’Adam » juste entre les doigts d’Adam et de Dieu, pile poil, oui oui ; le vilain russe riche abandonne le groupe avec ses gosses pour avoir la vie sauve ; les autres se retrouvent comme des cons ; des chinois bien trop gentils les aident ; par chance, ces chinois bien trop gentils ont un membre de leur famille qui bosse sur les vaisseaux et qui peut faire rentrer gratos tout le monde dans un de ces véhicules ; un tsunami commence à arriver et même qu’il dépasse l’Himalaya (c’est pas la p’tite vague de Saint-Gilles-Croix-de-Vie) ; le scientifique noir (oui encore lui) fait preuve d’une grande pureté en ordonnant à tous les chefs d’États présents d’ouvrir les portes des vaisseaux où ils se trouvent pour laisser le plus de monde embarquer ; quelque chose bloque la porte et les eaux arrivent, viiiiite, il faut la fermer ! ; le héros la ferme (la porte hein, pas sa bouche, ça serait trop beau) ; de justesse, le vaisseau est sauvé, il se tape Air Force One sur la tronche et l’Himalaya en pleine face, mais le vaisseau résiste ; ils finissent tous heureux ; oh et puis, le continent africain a l’air encore debout ! Victoire ! Vive l’humanité ! ; le héros se retape sa femme (parce que son mec est mort, mais elle s’en fout), sa fille pisse plus au lit et son fils le re-aime. Quelle belle fin.

Vous l’aurez compris, ce film est une daube. Les personnages sont peu creusés, les scènes sont vues et revues… On enchaîne catastrophe sur catastrophe, le héros réchappe de peu à la mort au moins cinquante fois par heure, mais on veut nous faire avaler une quelconque crédibilité. Bref, c’est du Emmerich tout craché.
Bien entendu, moins d’explosions, moins de boumboum, ça aurait été plus intéressant, ça aurait permis de poser une véritable histoire, de faire évoluer des personnes, de les rendre charismatiques… Mais non, il faut du spectacle. Et bien entendu encore, la fin aurait été plus crédible si personne n’avait survécu, mais bon, faut plaire au spectateur. Et une famille qui meurt, des animaux qui meurent aussi, c’est pas plaisant pour ledit spectateur.
Moi ça m’aurait pas dérangé des scènes de désolation du monde complètement anéanti, plutôt que les sourires béats des survivants.

Voici d’ailleurs quelques petits clichés :
Tu as plein de problèmes dans ta vie ? Attends la fin du monde, ils vont se résoudre.
Tu as un chien ou un chat ? Ne t’inquiète pas, il survivra. D’ailleurs, ici Emmerich fait fort, il recréée l’arche de Noé en emportant des girafes, des éléphants… Ça nous change du chien habituel !
D’ailleurs, il est tout à fait possible de transporter une girafe dans les montagnes himalayennes, donc, dans un froid glacial par hélicoptère sans qu’elle crève.
Tu n’es pas pilote ? Tu n’as même jamais pris l’avion ? Pas de panique, des dons de pilotage vont se greffer à toi lors de cette fin du monde.
Le président américain est toujours bien et meurt. Et il est toujours secondé par une grosse truffe qui survit !
Quand la fin du monde arrive, on doit compter sur les pays du Tiers-Monde, car seuls eux survivent. Moralité : les frontières, c’est bien, mais que dans un sens.
Si tu es russe, tu es forcément riche.
A la fin du monde, tu pourras respirer sous l’eau pendant 5 minutes.
Un film sur la fin du monde ? Oui mais y’a des gens qui vivent à la fin et ça se termine bien, quand même.
Les Français roulent toujours en DS.
Ne te fâche pas avec ton fils pour une stupide histoire, car lorsque tu l’appelleras après des années de silence pour t’excuser, c’est là qu’il mourra, la gueule sous le toit de sa maison effondrée.
Les pluies de cendres provoquées par les multiples volcans en sur-activité sur toute la planète s’évaporent comme par magie en quelques jours.