Be a real hero (part IV)

KICK-ASS 2

Kick-Ass 2 est sorti en 2013 grâce à Jeff Wadlow, il met en scène les mêmes acteurs que le précédent, sauf que Jim Carrey prend la place de Nicolas Cage.
La vie continue pour Dave et Mindy, celle-ci a maintenant quinze ans et dézingue toujours des méchants, elle va même devenir le coach de Dave afin que celui-ci devienne plus fort. Seulement, face à sa promesse envers son tuteur, Marcus, l’ancien collègue de feu son père, Mindy arrête toute activité et essaye de se construire une vie avec des filles de son âge. Dave est alors contraint de trouver des acolytes dans sa volonté d’œuvrer contre le mal. Et il dégote des apprentis super-héros qui ont tous suivi son exemple, dont notamment le Colonel Stars and Stripes, un sanguinaire qui a maintenant la foi.




La vie n’a pas changé pour nos héros, Mindy a toujours envie de rendre service à la ville en se servant de ses talents, Dave aime toujours se mettre dans la peau de Kick Ass. Cependant, leur passage dans tous les journaux télévisés du pays a démocratisé les super-héros : maintenant, en devenir un, c’est donné à tout le monde, car chacun a bien sa petite justice à faire (enfant tué, sœur violée…). Grâce à Kick Ass, les super-héros (ou plutôt les apprentis) ont émergé massivement et forment un groupe de justiciers œuvrant ensemble pour rendre les rues de la ville plus sûres. De là à dire que nos protagonistes n’ont pas changé, c’est faux, ils ont grandi et mûri, même leur costume ont évolué : celui de Hit Girl notamment est plus chevaleresque, moins enfantin. Mais si des hordes de super-héros émergent, une armée de super-vilains est en train d’être formée par Red Mist, renommé pour l’occasion en Mother Fucker, qui, à grands coups de billets verts, achète ses disciples et s’entoure de personnages peu recommandables mais du coup, beaucoup plus puissants que Kick Ass et ses acolytes. Alors quand la guerre se déclare entre les deux camps, il n’y aura qu’une seule personne pour les sauver… Et évidemment, cette personne, c’estHit Girl. Mais avant cela, la demoiselle à d’autres culs à botter, notamment ceux des pouffiasses de son école qui l’ont ridiculisée et humiliée sur un terrain qu’elle ne maîtrise pas : le monde des filles. Mais la connaissant bien, on savait qu’une fin heureuse (ou plutôt vengeresse) pour elle allait arriver, et c’est grâce aux gadgets de son papa qu’elle arrive à ses fins : un appareil à vomi/diarrhée.



Vu que le premier Kick-Ass du nom a bien fonctionné, pourquoi ne pas reprendre intelligemment sa recette ? C’est ainsi que la scène d’ouverture, c’est Mindy qui tire sur Dave peu rassuré, même si affublé d’un gilet par balles. Pour l’occasion, les thèmes musicaux du premier opus sont repris ici, mais dans un genre plus rock, montrant la volonté de donner davantage dans le trash et la violence. Car la violence était présente dans le premier, mais elle est omniprésente dans ce second volet, que ce soit par le biais du Mother Fucker et ses grossièretés verbales, l’habileté imaginative du bras droit de celui-ci, Mother Russiaqui tue avec plaisir en torturant. Cela dit, le méchant n’acceptera pas de tuer le chien du Colonel Stars and Stripes : on ne touche pas aux animaux ! Le Mother Fuckerest un enfoiré de cruauté qui pense pouvoir acheter tout et tout le monde, ne serait-ce que par la mise en scène de la mort du père de Dave, dont la pendaison est envoyée par MMS à son fils. Malgré tout, il reste un méchant ridicule. Là où son père, Frank était fort, déterminé et débrouillard, lui passe juste pour un abruti complet qui ne sait se dépatouiller sans son tuteur. D’ailleurs, son costume en dira long sur lui : il a repris les costumes SM de sa mère pour se fabriquer sa nouvelle peau, bref, il n’a pas compris grand-chose à la vie. Ces bras droits sont heureusement là pour le faire passer pour quelqu’un dont on doit avoir peur.



Cela dit, Kick-Ass 2 ne s’élève malheureusement pas au rang de son prédécesseur, il ne déçoit pas, mais il n’est pas forcément utile (tout comme le comics). Certaines scènes sont sympas, notamment celle deMindy devant le clip d’Union J où elle se fait traiter de cochonne, l’entraînement de Dave par Mindy… Mais c’est pas non plus aussi surprenant, étonnant et plaisant que les scènes du premier film. On ne va cependant pas lui reprocher sa fin : l’avenir incertain de Mindy qui s’enfuit de la ville avant d’être rattrapée par la police (dont son tuteur), mais surtout, Kick-Ass 2 nous montre avec une certaine aisance qu’il est tout à fait possible pour Monsieur-tout-le-monde de devenir un héros au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce qu’en poursuivant les voleurs qui viennent de commettre un vol à l’arrachée sur une pauvre mamie sans défense. Bon par contre, merci d’oublier la scène post-générique, qui ne fait que de nous apprendre qu’un troisième opus aura lieu, mais dont on peut se passer sans problème. Puis l’humour noir du premier est troqué par du simple pipi-caca alterné par des insultes à presque toutes les scènes où l’on voit le méchant. Lassant. Toutefois, celles balancées par Mindy sont savoureuses, surtout quand elle s’adresse à ses pétasses de copines.

Pour finir, j’ai presque envie de dire que si vous cherchez un film sur des héros en devenir, n’explorez pas Kick-Ass 2 sans avertissement. Car certes, on a encore une fois des apprentis super-héros, mais la quête identitaire et la vengeance voulue sont peu accommodantes dans ce second opus. La conclusion se suffirait à elle-même malheureusement, mais ils n’allaient pas faire la suite de Kick-Ass en vingt minutes… Bon, et puis je crache pas totalement dans la soupe : le premier tiers du film est délectable, vu qu’on y voit l’entraînement de Dave (qui devient un peu trop musclé pour un amateur). Bref : avant et après oui, mais pas pendant ! Sinon, la musique est pas mal, en plus des thèmes repris, on a des nouvelles chansons assez bonnes.



Conclusion : J’espère que je vous ai suffisamment documenté sur le sujet des apprentis super-héros, parce que nom d’une pipe, y’a pas que SpidermanBatman et compagnie dans la vie !

Be a real hero (part III)

KICK-ASS

Kick-Ass a été réalisé en 2010 par Matthew Vaughn, c’est une célèbre adaptation des comics éponymes de Mark Millar et John Romita Jr mettant en scène Aaron Taylor-JohnsonChloë Grace Moretzou encore Nicolas Cage.

Kick-Ass, c’est avant tout l’histoire d’un lycéen, Dave, qui a une vie un peu trop commune à son goût. Il a des amis, il aime une fille, il se paluche sur des sites pornos, il lit des comics… Et son amour pour ces derniers va le pousser à devenir un super-héros, à l’instar de ses idoles, Superman ou bien Batman. Il va vouloir devenir un super-héros pour donner du piment à sa vie et se sentir responsable de quelque chose. Cependant, il va vraiment se rendre compte de gravité de ses actes irréversibles quand il va se frotter à de vrais méchants (mené par Frank d’Amico) et lorsqu’il va rencontrer d’autres super-héros qui ne jouent définitivement pas dans la même cour.




Kick-Ass c’est donc la transformation de Dave de prime abord. On le voit d’abord dans sa vie normale, sa vie rangée de lycéen banal dont la plupart se contente. Il se fait racketter, il est faible, ça en est triste. Puis il s’achète un costume ridicule vert et jaune (de plongée qui plus est) et commence à vouloir se faire respecter par les deux qui l’ont racketté quelques semaines plus tôt, il se prend vite un coup de couteau et finit à l’hôpital car renversé par un chauffard. Il revient avec la version 2.0 de son personnage, qu’il a appelé tout bonnement Kick Ass : maintenant, qu’il a été refait de partout, il a moins de sensations quand on le frappe. Alors, il commence à patrouiller la nuit et cherche Mr Bitey, un chat et tombe littéralement nez-à-nez avec des malfrats qui poursuivent un homme, une aubaine pour lui, il peut enfin défendre cet homme. Son acte est médiatisé car des passants l’ont filmé et ont mis la vidéo sur Youtube. Une véritable réussite pour lui, il peut donc s’en prendre à plus gros : un drogué et ses potes dans un appartement, armé d’un taser, il blesse légèrement le méchant, se croyant foutu, il est sauvé par un duo de super-héros qui sont beaucoup plus professionnels et déterminés que lui : un père et sa fille. De fil en aiguille, il sera propulsé au rang de star nationale grâce à MySpace, ce qui va attirer les foudres du parrain de la ville. Il va donc se retrouver piégé, morflant comme jamais, en étant encore une fois sauvé par la gamine qui est largement plus douée que lui… C’est à partir de là qu’il prend conscience de ce qu’il fait, qu’il est maintenant une personnalité regardée, admirée et que ses faux-pas se révèlent destructeurs pour lui-même. Il prend véritablement conscience de cela lors de la scène où il se retrouve devant le miroir, complètement en sang.

Cette fameuse scène, je la trouve carrément terrible : non seulement le morceau intitulé Marshmallows est vraiment beau, mais en plus, on a successivement la prise de conscience de Kick Ass qui se rend compte que se prendre pour un super-héros n’est pas donné à tout le monde, et surtout, qu’il faut assumer. Cette maturité, Hit Girl l’a déjà acquise : pendant que Dave se rince dans la salle de bain, elle prépare la vengeance de son père, ne pouvant pas encore faire son deuil. Je trouve que Kick-Ass est un film certes, pour un public ciblé (geek/jeune) mais qui véhicule de bons concepts : la responsabilité (mais en mieux formulé que dans Spiderman), l’assomption et l’acquisition de la maturité. Et cette dernière est soit forcée (Hit Girl), soit délibérément choisie (Kick Ass). Effectivement, les deux sont jeunes,Mindy (le vrai prénom de Hit Girl) a 12 ans mais a déjà la tête sur les épaules, les pieds sur terre et une définition bien nette du bien et du mal. Elle n’a plus aucune innocence, malgré son jeune âge, c’est une adulte qui a été formatée par son père. Ce dernier lui vouait un amour inconditionnel, mais il l’a utilisée dans sa revanche contre Frank d’Amico et les criminels en général. Pour ce qui est de Dave, c’est autre chose, il a voulu plonger dans le monde des grands sans vraiment savoir ce qui l’attendait, ne pouvant plus faire marche arrière, il convient d’accepter son sort et d’assumer ses choix. Au-delà du fantasme,Dave a dû reprendre contact avec la réalité, et la scène devant le miroir est le fameux déclic. « Quand on n’a pas de pouvoir, on n’a pas de responsabilité ? » Pas sûr…



Au-delà de la morale et de la volonté de faire passer des messages, on doit quand même retenir que Kick-Ass, c’est du fun à l’état pur : on nous colle des scènes de combat carrément pitoyables (la première de Dave qui se solde par un séjour à l’hôpital) et d’autres incroyables et vraiment appréciables, celle avec Big Daddy (avec en prime, le remix du thème de 28 jours plus tard) ou celle où Hit Girl devient Robinet tente tant bien que mal de sauver Kick Ass et son père d’une mort certaine. Mention spéciale pour cette scène, celle du FPS avec en prime, la musique de Sunshine retravaillée pour l’occasion. C’est acrobatique, y’a des armes, des sauts périlleux, des cascades, youhou ! C’est violent, y’a des effluves de sang, on transperce des gens de part en part, on charcute… Kick-Ass est un film qui montre que les super-héros peuvent tuer et se faire tuer. C’est hyper rythmé, bien sûr, on n’a pas que du combat, et quand ceux-ci cessent, on ne retombe pas dans le plat, puisque l’on suit tour à tour Dave ou Mindy et son père dans leur vie quotidienne mais avec des préoccupations bien différentes.

A la limite de nous virer le héros, Hit Girl est élevée au rang de super gamine, adulée de tous. Mignonnette dans la vie de tous les jours, habillée en rose, avec des couettes et recevant pour son anniversaire des couteaux papillons, elle se transforme en véritable guerrière lorsqu’il le faut et n’hésite pas à démonter du méchant avec une violence extrême, avec une absence hallucinante de remords. On pourrait notamment croire que Mindy n’est qu’un instrument, un robot dont s’est servi son père pour mener à bien sa quête, mais elle nous prouve à de nombreuses reprises qu’elle a un cœur, notamment grâce à son amour pour son père, mais aussi avec sa compassion à la fin envers Dave, même si elle est quasiment imperceptible.
Dave n’en perd pas néanmoins tout son charme, mais la force exemplaire et le courage de la gamine est peut-être trop importante pour que l’on puisse élever le personnage principal au rang de héros. Big Daddyest lui, un papounet tout mignon, qu’on a du mal à détester malgré ce qu’il a fait de sa fille. Quant aux méchants, c’est des vrais méchants bien dégueulasses, sans foi ni loi.



En plus d’être violent et plein de sens, Kick-Ass arrive à dédramatiser toutes les situations grâce à l’humour (souvent noir) dont il fait preuve. Notamment grâce au personnage principal, Dave que l’on entend en voix-off qui se lance dans des répliques assez drôles « Comme chaque tueur en série le sait, il y a un moment où l’heure n’est plus au fantasme », tombe malgré lui dans des situations comiques (celle où les deux petites frappes se foutent de sa gueule en voyant son costume), sans oublier son entraînement fait par lui-même où il tente de sauter d’immeuble en immeuble, mais se ravise au tout dernier moment… Il arrive également à rendre hommage à des films et autres médias de la pop culture notamment, grâce à des références assez chouettes : musique d’Ennio Morricone, mentions de Scott PilgrimSpiderman,Sin CityLost et surtout, Batman avec le costume très ressemblant de Big Daddy, une réplique assez savoureuse de Hit Girl (le fameux signal dans le ciel de la bite géante donné par le maire) et une discussion entre Dave et l’un de ses amis : Batman ou Le Joker ? Mais attention, Kick-Ass n’est pas seulement qu’un film de geek, c’est plus profond que ça, et je vous l’ai montré plus haut.

Pour la petite comparaison avec le comics, Kick-Ass garde le fil conducteur, mais prend quelques libertés : une histoire d’amour (bah oui, on est au cinéma, fallait bien du cul), et même si le film est assez sombre, le comics l’est encore plus de par son univers, ses couleurs… Car en effet, dans le film, les personnages évoluent dans un monde de couleurs (lycée, magasin de comics, même le chocolat chaud deMindy et de son père a des marshmallows…) et le ton est davantage comique, même s’il garde sa violence, sa volonté de frapper, de se distinguer par l’abrupt.
Hors comics, pour relever la sauce, on a le droit à une savoureuse bande originale (The ProdigyThe Pretty Reckless…) et des thèmes qui ne sont pas si éloignés des thèmes héroïques que l’on a pu trouver dans la franchise Batman de Christopher Nolan.


Pour finir, j’élève Kick-Ass au rang de film à voir au moins une fois dans sa vie, car il donne une sorte de renouveau au genre, sans pour autant être prétentieux et prendre son public pour des cons. Il arrive à jongler sur plusieurs terrains en même temps, et c’est assez rare et admirable. 

Be a real hero (part II)

SUPER

Film de James Gunn réalisé en 2011, il a pour acteurs Rainn WilsonEllen PageLiv Tyler ou bien Kevin Bacon.
Super, c’est l’histoire de Frank, un pauvre gars qui décide de se venger du dealer qui lui a volé sa femme, elle-même junkie. Il devient alors Crimson Bolt, un super-héros bien loser, qui combat le crime. Dans sa croisade contre le mal, il va entraîner une jeune tarée psychopathe, Libby qui va quant à elle se faire appeler tout simplement Boltie.




Super, c’est la violence face à la violence. Là où Defendor donnait dans l’émotion, la justesse, Super rejoint le côté violent, pulsionnel et dérangeant du super-héros (si ce côté est censé exister !). Frank est certes un gros loser qui garde comme souvenir sa vieille délation sur un voleur auprès d’un flicard en pleine journée, un lâche, une flipette, mais lorsqu’il devient Crimson Bolt, il développe un côté absolument violent et démesuré. Politiquement incorrect ? Oui. Malsain à souhait ? Complètement. Crimson Bolt va donc combatte le crime avec son slogan « Shut up crime! », armé d’une clé à molette et dès qu’il verra la moindre injustice, l’once d’irrespect, le petit côté méchant des gens, il va donner tout ce qu’il a et fera abattre sur ses victimes de lourdes violences physiques et verbales. Un couple qui passe devant tout le monde dans une file ? C’est pour lui, et il va littéralement les défoncer.

Son côté vengeur, il l’a développé grâce (à cause ?) de sa femme et de son salopard de dealer. Cela dit, lorsqu’il faut se coller à Jacques (le dealeur) et ses hommes de main, là, c’est nettement plus compliqué que de se frotter à de pauvres citoyens qui n’ont rien demandé à personne. Frank est un pauvre mec, situation minable, vie minable, physique peu racoleur, sa seule raison de vivre, c’était Sarah, sa femme, qui préfère carrément un trafiquant de drogue plutôt que de rester avec son con de mari. Elle tombe dans la drogue, elle crève à petit feu. Frank doit inévitablement la sauver. Il crée donc son personnage,Crimson Bolt, une sorte de super-héros avec un costume rouge ridicule, s’inspirant de comics et adulé par sa comparse, la névrosée et nymphomane Libby, devenue elle Boltie, en costume tout aussi ridicule jaune et vert. Cependant, son côté obscur à elle, c’est plus les penchants sexuels, les pulsions, elle prend des poses volontairement sexy dans son costume devant Frank. Ce dernier est d’ailleurs plus un vengeur complètement déphasé qu’un véritable super-héros avec des principes. Héroïsme ? Zéro. Bienfaisance ? Néant. Tout se veut pathétique et dramatique dans Super, tant dans les personnages que dans les événements qui s’enchaînent. C’est immoral et on ne nous manque jamais de nous le rappeler.



A tort, et à l’instar de Defendor, on tient à ranger Super dans une case, à prouver qu’il y avait Kick-Ass avant lui (Supera été écrit antérieurement)… Mais aucune ressemblance là encore avec le plus que connu Kick-Ass. Alors évidemment, on retrouve une personne qui en a marre de se faire marcher sur les pieds, une personne normale voire un peu loser, qui, à grands renforts de comics se transforme en justicier plus ou moins réussi, mais la similarité cesse maintenant. Là où Kick-Ass s’adresse à une communauté jeune, Super convient à un public adulte, mûr et résolumment averti. Un peu comme Defendoralors ? Et bien, pas vraiment, vu que le traitement de l’histoire, la mise en scène et la psychologie des personnages ne sont absolument pas les mêmes ! Defendor est dramatique, tout comme Super, mais là où notre Defendor s’en prenait à ceux qui l’avaient vraiment mérité, Crimson Bolt répartit toute sa haine sur ses pairs, faisant ressortir un côté vraiment dégueulasse, haïssable du personnage. Le faisant passer pour le véritable connard qui se prend pour un Dieu car il a un super-héros. Tout est une histoire de prétexte dans Super. Le héros est un loser bien grinçant qui montre le côté le plus pernicieux de l’humain, sans jamais ressentir d’émotions, ni encore moins de remords. Bref, on s’en prend plein la gueule, et l’Amérique est en tête de file : nation suprême des super-héros, c’est aussi là que naît Crimson Bolt, le revendiqué super-héros qui ne sait pas ce qu’est la justice, qui ne sait pas tempérer et surtout, qui ne connaît pas le mot sacrifice.

Quoique… La fin me ferait peut-être oublier la dernière partie de ma phrase précédente. Là où on avait été habitués à du violent, du pathétique, de l’horrible, du malsain tout au long du film, le dénouement tragique (et en même temps heureux ?) est tellement révélateur du sacrifice que fait Frank pour l’amour de sa femme, Sarah. Même s’ils ne peuvent pas rester ensemble, qu’ils n’ont surtout rien à foutre ensemble, celui-ci veille sur elle et préfère son bonheur plutôt que de la garder et la retenir égoïstement. La fin est donc triste et tellement belle dans un autre sens qu’elle nous met le cul par terre. Frank ne révèle que véritablement son côté humain et altruiste pour Sarah, l’amour de sa vie. Alors oui, c’est carrément bancal et en désaccord avec cette volonté de nous montrer ce qu’il y a de plus pourri chez l’humain, mais c’est une sorte de fin salvatrice qui nous prouve que même si on est le pire des salauds, on peut toujours se racheter ? Utopique, je l’avoue. Mais c’est la seule explication que je puisse fournir.



Alors au-delà de faire passer Batman et ses acolytes pour des cons qui sont trop sages, Super a appuyé là où ça faisait mal : un héros, et surtout un super-héros, ça peut être aussi dévastateur qu’un criminel. Lui, il n’a aucune légitimité à se montrer sous une forme de justicier, et ça ne l’empêche pas pour autant de le faire. La preuve en est dans les faits et gestes de Crimson Bolt : celui-ci a un prétexte pour péter la gueule de n’importe qui, et limite, ses actions sont d’autant plus impardonnables et inacceptables que celles de Jacques, le « pauvre » dealeur qui a piqué la femme de Frank. C’est grâce aux performances d’acteurs de Rainn Wilson et Ellen Page que ce fiasco héroïque a pu se dérouler dans de bonnes conditions : ils campent des personnages haut en couleur, qui dans leur croisade et leur petite vengeance personnelle se montrent particulièrement pourris. Rainn Wilson est en effet bon dans son rôle de loser, puis sans vouloir être méchante, il a le physique de l’emploi, les mimiques pour interpréter ce loser. Quant à Ellen Page, elle nous montre une fois de plus que les personnages peu consensuels, marginaux lui vont comme un gant. Libby/Boltie est spécialement taillé pour elle. Quant aux acteurs secondaires, Kevin Bacon dans le rôle du dealer, on voit bien que ce n’est pas le rôle de sa vie, et pourtant, il s’éclate, il prend plaisir à jouer un gros con presque excusé par rapport aux agissements de ses ennemis, les « gentils ». Liv Tyler, elle qui m’énerve à chaque fois est plutôt pas mal. On la voit peu, même si c’est de sa faute si tout cela arrive. C’est peut-être pour cela que j’arrive à l’apprécier : parce qu’on la voit guère !

Pour résumer, Super est un bon film sur les apprentis super-héros losers qui sont animés par la vengeance et par le licencieux. Les combats glauques et ultra-violents sont ponctués par des onomatopées nous rappelant le côté cartoon des super-héros. La musique est assez cool, notamment celle de la scène d’introduction. Puis, franchement, ce genre de traitement absolument névrosé est assez savoureux. Mais ne sera certainement pas de tous les goûts.

Be a real hero (part I)

Avant-propos : Depuis plusieurs mois (voire années), je m’intéresse sérieusement au monde des super-héros. BatmanAvengersWatchmen en lice, j’ai voulu explorer la fange des super-héros : les gens ordinaires qui n’ont ni (super-)pouvoirs, ni de destin héroïque et encore moins d’argent pour pouvoir se payer les gadgets. Je vais donc décliner ce thema en quatre parties où je vais donc traiter quatre films d’apprentis « super-héros ». Bien sûr, j’ai dû exclure certains films, sinon le thema allait être trop important. J’ai donc dû choisir les films que j’ai préférés, que j’ai aimé voir et que j’aimerai faire découvrir au plus grand nombre, car certes, les deux derniers sont hyper connus, mais les deux autres sont largement moins populaires. Ce qui n’est pas forcément gage de nullité, bien au contraire.



DEFENDOR

C’est un film de Peter Stebbings avec Woody HarrelsonKat DenningsSandra Oh ou encore Michael Kelly.
Defendor (et surtout pas Defender), c’est le doux surnom que porte Arthur lorsqu’il revêt son costume de super-héros, une combinaison noire avec trois bandes de scotch formant un D sur le torse. Arthur, c’est un homme d’une quarantaine d’années, gentil, mais tellement pas en phase avec la réalité, il a « une case en moins ». Sa volonté est d’éradiquer Captain Industry, une baleine, c’est-à-dire, un gros trafiquant de drogues qui détient également un important réseau de proxénétisme.



Arthur est un homme qui souhaite se venger de son ennemi, le Captain Industry car celui-ci a tué sa mère, une prostituée. Pour l’aider dans sa quête, il va rencontrer Kat, une prostituée droguée qui travaille pour le capitaine. Ils se lient d’amitié, elle vit chez lui (un atelier). Arthur n’était pas seul avant l’arrivée de Kat pour autant, son ami (transformé en une sorte de grand-frère protecteur) qui est aussi son employeur essaye à de nombreuses reprises de l’aider, de trouver des solutions. Il sera à son chevet lorsque Arthur ou plutôt Defendor se retrouvera à l’hôpital après avoir été tabassé par les hommes de main du capitaine. Il sera également là pour être son tuteur légal lors de sa sortie de prison.


L’histoire nous est contée par des flash-backs. En effet, nous voyons ce que Arthur raconte à sa psychiatre avant d’être relâché dans la nature, c’est-à-dire avant sa sortie de prison. Elle essaye de le comprendre, se montre empathique, douce et elle le guide vers la raison, tentant plusieurs fois de savoir s’il croit avoir bien fait ou mal fait en tabassant le père de Kat (un pédophile) ou en voulant se faire justice soi-même.
Plus le temps avance dans le film, plus Defendor devient un véritable héros aux yeux de Kat (qui le prenait, avec raison, pour un simple taré de prime abord) mais également aux yeux de la population : on entend plusieurs fois des voix provenant d’une radio où des habitants témoignent leur respect et leur sympathie envers ce personnage. Bref : leur soutien.

Defendor n’est pas un film qui transcende, qui changera votre vie à tout jamais. Cependant, on peut relever des bons points majeurs quant à la performance des acteurs. Bien sûr Woody Harrelson est en tête de liste : sa faculté d’interpréter un personnage simplet qui reste complexe est touchante. Cet acteur est vraiment doué, pas seulement dans Defendor, mais c’est un registre dans lequel on ne l’avait pas encore vu, et même là, il s’en sort à merveille. La jeune Kat Dennings s’en sort pas mal dans son rôle de pute droguée qui va être littéralement sauvée par Defendor, sauvée de l’enfer de la drogue, de la prostitution mais d’elle-même, vu qu’elle va reprendre goût à la vie. Les autres acteurs ont beau avoir de petits rôles, ils n’en restent pas moins convaincants : son ami, sa psychiatre, le commissaire de police… Tous sont bien dans leur personnage.



Le film, facilement rangé dans la case « Drame » reste grave tout en mêlant humour et émotion. Effectivement, le personnage de Defendor n’est pas sans nous faire rire : ses armes sont peu communes (des guêpes, un lance-pierre, son kit d’espion acheté sur internet, des billes…), et malgré son immense courage, ses trébuchements donnent dans le pathétique. Arthur est un personnage très touchant qui arrive à nous faire passer un bon nombre d’émotions : de la tristesse, de la sympathie, de l’amitié… Car après tout, c’est juste un gamin dans un corps d’adulte, ses faits, gestes et dires en sont révélateurs. Une sorte de Forrest Gump pour la mentalité. Il est gentil, naïf et tellement déterminé à faire justice lui-même, qu’il ne peut que nous faire ressentir des sentiments positifs à son égard. Son imagination est débordante, d’ailleurs, il est fan de comics, et il a eu une mauvaise interprétation de ce que lui a raconté son grand-père au départ de sa mère : le Captain Industry n’existe pas, et il aura beau le tuer, celui-ci reviendra toujours sous les traits d’une autre personne peu recommandable.
Cependant, comme dit plus haut, Defendor n’en reste pas moins un drame, car on traite quand même de sujets peu légers (drogue, prostitution et violence) et l’issue sera forcément tragique pour notre héros. Le climat reste très sombre, à l’instar de BatmanDefendor ne sort que la nuit, il se fie à la lune, car c’est grâce à elle qui sait que sa maman est encore avec lui : c’est la seule chose commune qui leur restait quand ils étaient loin l’un de l’autre.

Et pourtant, il a fallu que je m’accroche avant de voir Defendor, car la présence seule de Woody Harrelson ne fait pas tout. Aucune sortie dans les salles obscures françaises, juste un passage direct en dvd. La faute à un budget réduit ? Peut-être. Mais surtout, Defendor a vite été télescopé par son petit frère : Kick-Ass, sortis tous les deux à peu près en même temps. La ressemblance pourrait être faite exprès, tellement l’histoire de base se ressemble (un homme ordinaire, voire un peu loser veut devenir un super-héros) mais dans le traitement de l’histoire, ça diffère complétement. La différence est trop grande pour parler de similitude. Là où Kick-Ass a un public geek, jeune, Defendor se veut plus adulte car tellement plus subtil, plus psychologique et résolument dramatique (même si Kick-Ass a également son lot de tristesse et d’émotions). Puis, parlons quand même du côté nanardesque qui nous plante le premier jugement que l’on peut se faire du film sans l’avoir vu : le titre, l’affiche et même le synopsis. Encore un mec qui se prend pour le nouveau super-héros ? Bof. Encore une histoire basée sur la propension énorme du héros à être un loser ? Déjà vu. Encore un film qui joue sur sa folie, son côté décérébré ? Sans moi. Et heureusement que l’on passe au-dessus de tout ça, car passer à côté de Defendor, c’est passer à côté d’un film qui nous montre ce qu’est la difficulté d’être un super-héros, ce qui peut nous formater, et surtout, qui nous fait voir à quel point nos interprétations d’enfants peuvent rester tellement ancrées en nous qu’il est difficile de s’en dépatouiller à l’âge adulte. Defendor reste simple : pas de super-scènes avec des effets spéciaux à couper le souffle, mais un développement absolument poussé du personnage principal.




Évidemment, dire que Defendor est un film excellent serait mentir. Car il souffre de faiblesses (notamment liées au budget), d’a priori peu engageants et de ressemblances plus que fortuites et involontaires.Defendor reste néanmoins juste, développé et qu’il faut voir au moins une fois. La bande son reste assez cool, notamment le thème principal, qui révèle une personne héroïque et qui nous fait penser à tous ces films où l’on doit se réveiller pour prendre en main son destin et sa vie. Écoutez à partir de la 50ème seconde ! Le générique lui, il appartient au groupe Metric qui livre un sympathique morceau de leur discographie : Help I’m alive

La dernière maison sur la gauche (2009)

Note de haut de page : Je n’ai pas vu le premier film, celui de Wes Craven, donc impossible de faire la comparaison.
Note de haut de page 2 : Contient des spoilers.

Cette fois-ci le réalisateur est Denis Iliadis (inconnu au bataillon pour ma part). On trouve comme acteur Sara Paxton, Tony Goldwyn, Monica Potter ou encore Garret Dillahunt.

Les Collingwood possèdent une maison isolée, sur les berges d’un lac. Leur fille, Mari, et sa copine Paige se font enlever par Krug et ses proches, des psychopathes. Laissée pour morte, elle va rejoindre la demeure familiale et être sauvée par ses parents qui vont la venger à leur manière.

Rob Zombie ?

Échange de rôles : on ressent de l’empathie pour les méchants, on a du mal à comprendre les gentils ; violences en cascade : agression, viol insoutenable, meurtres… La dernière maison sur la gauche peut nous faire penser aux films de Rob Zombie. Et plus particulièrement à The Devil’s rejects.
Ce film est totalement sombre, malsain et violent. Il nous montre la plus mauvaise partie de nous-mêmes, ce que nous sommes réellement, à savoir des bêtes cachées sous des visages humains.
Tout va très vite en ce début de film : l’évasion de Krug, l’arrivée des Collingwood, l’enlèvement des filles, le meurtre de Paige, le viol de Mari, son évasion…
Barbarie, cruauté, violence gratuite, vengeance… Tant de mots pour définir ce film. Mais la clé est surtout la vengeance : Mari se fait violer et est laissée pour morte ? Qu’à cela ne tienne, ses parents prennent simplement soin de leur fille et décident de se faire justice eux-mêmes. On relativise, on se met à leur place.
En fait, ce film est un gros « Et si c’était vous ? ». Comme beaucoup, vous me direz, mais là, la frontière avec la réalité est tellement fine que l’on ne peut que se demander ce que l’on ferait à la place de ces chers Collingwood, au préalable présentés comme une famille aimante, unie malgré la perte d’un fils et d’un frère. Bref, tout est fait pour faciliter la corrélation nous/eux.

Réalisme et justesse

C’est donc maintenant que je veux en venir à cette volonté de réalisme prêchée par le réalisateur. On se prend une grosse claque quand Monsieur et Madame Tout Le Monde décident de martyriser trois personnes responsables des atrocités commises sur leur fille et sa copine.
On peut donc remercier non seulement la mise en scène mais aussi le jeu d’acteurs. Pas d’acteur connu, mais une très bonne interprétation qui nous offre une immense crédibilité. Tout passe crème, si je puis dire. On ne se pose pas de question, on vit le film comme si nous étions à la place des Collingwood.

Quelques faiblesses à noter

Tout d’abord, je tiens à dire que la scène finale est (rayez rien) : inutile, bête et laisse un mauvais goût au film. Cette scène est l’ultime vengeance du père où il fait exploser la tête de Krug dans un micro-ondes. Si cette scène n’avait pas été là, vraiment, la scène précédente aurait suffit à conclure le film, pas forcément en beauté, mais au moins, sans en faire trop. Là c’est du tape-à-l’œil, du « ça va plaire au public à sensation ». Bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé cette fin et son absence ne m’aurait vraiment pas dérangée.
Ensuite, bien que réussie, la deuxième partie du film peut sembler pour certains, décroissante par rapport à la première partie. En effet, cette première partie est très réussie et nous met dans la bain tout de suite : tout s’enchaîne rapidement, on est ébahis devant le spectacle qu’on nous offre. Alors que pour la deuxième partie (que je situerai au moment où les Collingwood recueille Krug et sa famille), c’est un peu plus lent, du coup, l’habitude que l’on avait prise depuis le début s’éteint. On n’est pas déçus, mais un autre rythme s’offre à nous, et c’est déroutant.

En bref

J’ai beaucoup aimé ce film, ça ne fait pas de détail, ça parle de vengeance, c’est gratuit mais intelligent, tout est maîtrisé. Bref, je vous le conseille.

Django Unchained

Je sors de la salle, toute enjouée…
J’ai vu le tant attendu Django Unchained, dernier né de Quentin Tarantino avec Jamie Foxx, Christoph Waltz et Leonardo DiCaprio en rôles principaux. Ça pourrait être (pas dans l’ordre) Le bon, la brute et le truand, mais il paraît que le premier nom du film, en hommage à ce dernier était The Angel, The Bad And The Wise.

Pas besoin de vous refaire un topo de l’histoire, je vous ai déjà fait un petit résumé dans la sortie de la semaine de 16 janvier 2013. Si ça ne vous suffit pas, retenez ces mots-clés :
2 ans avant la guerre de Sécession, esclaves, affranchissement, chasseurs de primes, négrier, femme à sauver… Ça donne un savoureux western pas mal violent à la sauce spaghetti.

Car oui, ce qui choque en premier dans Django Unchained, c’est sa violence.
Sang qui gicle à foison ? Oui.
Personnages qui tirent sur tout ce qui bouge ? Oui.
Fouettage d’esclaves ? Oui.
Et le tout, sans sous-entendu, cela va de soi.
En d’autres termes, on a des scènes de baston tirée de revolver et de fusil qui font gicler le sang à tarbass. Des scènes de tortures au fouet, des chiens qui mangent un homme vivant…
Mais je le dis, le meilleur, ça reste les gunfights (notamment la scène finale au Candyland) où le sang pisse de façon abondante et comique (volontairement).
Même les paroles sont parfois crues, on rabâche le mot « nègre », on parle de « négriers », ça peut choquer, mais il faut ce qu’il faut pour aborder un sujet aussi controversé !
Pas de doute, la tapisserie est refaite dans ce film.

L’humour est aussi présent dans ce film. Car comme je vous l’ai dit il y a un instant, une volonté de comique se crée ici. La violence est parfois comique (avec le sang), mais aussi certaines scènes et certains dialogues le sont. Une scène du faussement KKK qui tourne à la dérision, Foxx costumé en valet bleu, des paroles sympathiques… Bref, on sourit !

Donc les références au western sont…
Les paysages désertiques et magnifiques, les scènes de gunfight, et globalement, tout ce qui rapporte à la violence.

La fin me fait penser à Kill Bill (vol. 1)The Bride épargne ceux qui n’y sont pour « rien » dans cette histoire et garde au chaud les méchants, les vrais pour se venger. C’est exactement ce que fait Django, mais je ne vous en dirai pas plus.

Un très bon choix d’acteurs, comme d’habitude. Tarantino sait comment ne PAS nous décevoir, ici il embauche Foxx qui est parfait dans son rôle, volontairement négrier, assoiffé de vengeance envers les blancs, ami de Schultz. Et DiCaprio, enfin en méchant et avec des dents pourries : cruel, autoritaire et impassible… Enfin, il reprend Waltz avec lui qui devient un gentil, contrairement à son rôle dans Inglorious Basterds, ici il est sympathique, rapide et surtout, il a la gâchette facile.

La musique est très Tarantinesque. Comprenez : non seulement bonne et entraînante mais aussi et surtout de plusieurs genres.
Car c’est exactement ce qu’on a ici : de la soul, des musiques de films déjà existantes et même du rap (!)
Quelques extraits (mes préférés) :
Anthony Hamilton & Elayna Boynton – Freedom
Glasses Malone – Let it go
Jerry Goldsmith ft. Pat Metheny – Niicaragua

En bref, un bon western spaghetti signé Tarantino au plus haut de sa forme… A découvrir immédiatement au cinéma !

A bittersweet life

A bittersweet life est réalisé par Kim Jee-woon, également papa de 2 sœurs, mais je ne pourrais pas vous en dire plus, je ne l’ai jamais vu (2 sœurs hein, pas A bittersweet life, sinon je ne ferai pas un article dessus…). Ce film est né en 2005 en Corée du Sud, qui dit Corée du Sud dit casting avec des noms hyper compliqués dont je ne vais pas énumérer la liste.

L’histoire : Kang, un chef de la mafia soupçonne sa jeune maîtresse, Hee su d’avoir une liaison. Il décide donc de lancer sur ses pas Sun woo, l’un de ses hommes de main en qui il a le plus confiance et efficace, « régleur de problèmes » sans sentiments. Sa mission : s’il découvre qu’Hee su a une liaison, il doit liquider les deux amants. Seulement, après avoir passé la journée avec la jeune fille, il va se trouver incapable de la tuer lorsqu’il la voit avec un autre. Dès lors, Sun woo est pourchassé par ses ex-collègues/complices et surtout, par Kang.

La volonté est de nous présenter un polar noir mêlant guerre de gang, ou plutôt guerre à l’intérieur du gang, vengeance, violence, frontière entre rêve et réalité, découverte de l’existence et même un peu d’humour. Cette volonté est totalement respectée.En lisant les thèmes listés ci-dessus et le synopsis, votre première idée sera de dire « déjà vu ». Oui mais non. Là où d’autres empruntent des facilités en présentant violence gratuite, vengeance basée sur du « commun », ce film réussit à ne pas s’enterrer dans des raccourcis un peu trop simples.

Effectivement, ce n’est pas un « film de plus », se contentant d’orgie de sang : il est subtil, un peu décalé et surtout émouvant.Le film se divise en deux parties. Dans cette première, on voit l’exécutant, Sun woo dans son rôle : sans sentiments, efficace dans son travail (celui de régler les problèmes, donc de tuer). Il accomplit sa tâche sans vivre. Sa journée passée avec Hee su est la cassure. Durant cette journée il a appris à vivre, à ressentir des choses, et même à sourire. Il lui est donc impossible de tuer celle qui lui a fait découvrir sa vie, son existence. C’est à cause de cela qu’il se trouve enterré vivant par les hommes de main de son ancien patron. Il réchappe à cette mort et décide de se venger. Deuxième partie. Cette seconde partie est aussi celle des sentiments, plus que la vengeance, il y a aussi l’amour, le besoin de reconnaissance. Le titre prend tout son sens ici : Sun woo désire une vie un peu plus douce, une vie avec des sentiments, avec de la vie.Bien que se découpant en deux, A bittersweet life garde son rythme effréné du début jusqu’à la fin.

Les scènes de combats, celle où l’on voit Hee su faire de la musique / Sun woo reprendre vie et même l’ambiance générale, tout est esthétique. Ce film noir se révèle être un véritable poème empreint de beauté. Le personnage principal est attachant, entre ses coups de colère, sa naïveté et ses sourires. Le twist final (car il y en a un) surprend et nous laisse même dans l’ambiguïté : est-ce vraiment un retournement de situation ou un simple flash-back ?

Je vous laisse en décider.