Six films version fast-food (partie II)

Il y a quelques mois, je vous proposais cinq films via cet article. Je récidive aujourd’hui en vous en proposant six, ou plutôt cinq et demi.
Pour ceux qui auraient la flemme d’aller lire, quand je dis fast-food c’est que ça n’a rien à voir de près ou de loin avec la qualité, le fond ou la forme du film, juste que je vais parler succinctement d’œuvres, donc mes propos seront courts, histoire de vous proposer des objets cinématographiques de façon simple, claire et concise.
Vous pourrez donc faire votre choix entre ces six films. A l’inverse de ceux proposés l’année dernière, je n’ai pas mis que des films inconnus, j’ai tenté de varier les plaisirs avec des sorties (inter)nationales, pour que ce soit plus accessible et, je dois l’avouer, par facilité.
Garanti sans spoiler.

ABSENTIA

Ce film de Mike Flanagan a raflé de nombreux prix dans des festivals américains en 2011, malgré son petit budget (financé notamment par du crowdfunding).

Tricia n’a plus de nouvelles de son mari depuis 7 ans. A partir de cette date, les autorités peuvent considérer la personne comme morte. Pour l’aider à traverser cette épreuve et reconstruire sa vie, sa sœur, Callie emménage chez elle. Cette dernière fait quelques recherches et découvre que de nombreuses personnes dans les environs ont été portées disparues et que le mari de Tricia n’est peut-être pas mort mais prisonnier dans un véritable enfer.

Bien étrange film que voilà. Bon ok, je vous le dis tout de suite, je commence à vous mentir : ce film n’est pas un film d’horreur. Techniquement si, il est classé dans ce genre, mais il est plus mystérieux qu’il ne fait peur. En fait, l’horreur est davantage évacuée au profit d’une angoisse ou d’un certain malaise véhiculés par l’atmosphère pesante et très prenante, et ce, dès le début du film. Malgré une histoire de disparition qui a l’air sans équivoque, on aborde des thèmes comme le deuil mais aussi le surnaturel, le tout de façon très spontanée, ou du moins, fluide. C’est d’ailleurs assez surprenant pour une œuvre sans grande prétention ni ambition, d’arriver à se hisser à un tel niveau de réussite. A côté de ça, on a de gros défauts niveau musique, qui est sympa mais qui se répète inlassablement, ce qui saoule très vite, mais aussi niveau interprétation, qui bat de l’aile pour à peu près tous les acteurs (sauf chez l’interprète de Callie). L’histoire, qui part d’une situation réelle, explicable et raisonnée glisse au fur et à mesure vers l’incroyable, voire le surprenant, augmentant le côté mystérieux et prolongeant cette ambiance de malaise. Malheureusement, les deux gros défauts du film en font une œuvre plutôt bancale, se rapprochant d’un film de série B…
En clair, j’ai trouvé ça sympa mais sans plus. Cependant, on aurait pu s’en sortir avec bien pire, mais j’avoue que malgré le malaise, j’ai souvent regardé l’heure.

DEATHGASM

Une comédie horrifique néo-zélandaise de 2015.

Brodie, un metalleux, emménage chez son oncle, sa tante et son cousin, trois personnes très pieuses. Dans cette nouvelle vi(ll)e, il va faire la rencontre de Zakk et deux nerds avec qui il va former un groupe. Un jour, ils vont jouer une partition mystérieuse, qui va déchaîner les démons et les faire s’abattre sur leur petite ville.

Qu’on se le dise clairement : ce film n’apporte rien de nouveau au genre, donc aucune révolution n’est à prévoir du côté de la comédie horrifique avec Deathgasm. Cependant, on peut admettre un côté rafraîchissant, notamment grâce aux personnages qu’il met en scène : des metalleux. Ne connaissant guère le milieu, je ne peux pas vous certifier la présence de clichés sur ces personnes, donc je les suppose juste. Comme on peut le penser, la bande originale est composée de metal, ce qui est clairement sympa, mais… vite saoulant pour ma part (comprenez que je ne suis pas trop fan, tout simplement). A côté de ça, on a un film très drôle, avec des répliques et situations qui vont avec (se battre avec des sextoys, c’est toujours marrant, non ?), on rajoute aussi du gore, beaucoup de gore qui déverse des hectolitres de sang et des boyaux qui dégueulent de partout, augmentant là aussi le côté comique. Clairement, c’est quasiment jouissif. Pas au point d’avoir un orgasme comme suggéré par le titre du film, bien entendu, mais on passe un bon moment devant ce film, qui, ne fait pas vraiment peur, vous vous en doutez bien.
Donc, une œuvre peu originale mais qui parvient quand même à se démarquer des autres par les personnages qu’elle présente. La Nouvelle-Zélande nous donne vraiment de jolies pépites dans le genre (cf What We Do In The Shadows).

HIDDEN

Film de 2015, de Matt et Ross Duffer.

Après avoir échappé à une épidémie, une famille se cache dans un abri antiatomique.

Un film bien sympathique que voilà. Je tiens toutefois à préciser que vous ne ressentirez pas de grand effroi, pas de grande peur avec Hidden. En réalité, ce n’est pas vraiment un film d’horreur (dans le sens où en tout cas, moi, je n’ai pas eu peur, les autres se démerdent). Est-ce qu’il est dénué d’intérêt pour autant ? Définitivement non. L’ambiance est vraiment très prenante, le film est à la croisée de La route pour ses décors et situations, de 30 jours de nuit pour l’obscurité et l’interdiction formelle de sortir et d’autres films que je ne peux pas citer afin d’éviter le moindre spoiler. A côté de ça, la fin est vraiment réussie, grâce à une bonne mise en scène, peu surprenante certes, mais réussie quand même à mon goût. L’interprétation est très bonne, la même pour les personnages qui sont bien travaillés, malgré la gamine qui tape un peu sur le système nerveux de toute personne normalement constituée au bout de plusieurs minutes.
A voir, c’est vraiment un bon petit film.

THE FINAL GIRLS

Comédie horrifique de 2015, réalisée par Todd Strauss-Schulson.

Une jeune fille qui vient tout juste de faire le deuil de sa mère, une célèbre actrice des années 80, se retrouve projetée, avec ses amis, dans l’un de ses films : un film d’horreur. Ils vont tous tenter de combattre le meurtrier qui y sévit.

Déjà, le film commence super bien vu que dès les premières minutes, passe une chanson que j’aime d’amour (Bette Davis Eyes de Kim Carnes), alors j’ai pris un panard d’enfer, d’autant plus qu’on entend une deuxième fois la chanson dans le film. Deux orgasmes en moins d’1h30, je deviens nymphomane. Bon à côté de ça, le film est un trip décomplexé (à la Last action hero, mais pas vraiment quand même), une sorte de rêve éveillé, presque un hommage aux slashers des 80’s (le film s’inspire directement de Vendredi 13). Les acteurs sont terribles, leurs personnages tout autant. La musique de cette même décennie (et pas que Kim Carnes) rend bien avec le tout. Les situations et répliques sont tordantes pour la plupart… Si vous voulez passer un super moment, voyez-le.
Vous l’aurez compris, une très bonne surprise pour moi.

THE VISIT

Dernier né de M. Night Shyamalan, sorti en 2015.

Un frère et une sœur partent une semaine chez leurs grands-parents maternels qu’ils n’avaient jamais vus. Après avoir découvert deux personnalités très bizarres, ils se rendent compte que les deux vieux sont peut-être dangereux et qu’ils ne pourront peut-être pas rentrer vivants chez eux.

Wahou. Bordel, quel film. Shyamalan n’étant plus trop une valeur sûre ces dernières années à cause de ses dernières réalisations, alors je me suis penchée sur ce film avec beaucoup d’appréhension et le résultat est surprenant : cette œuvre est un petit bijou qui envoie pendant un peu plus d’1h30. Véritable conte d’horreur où deux enfants partent en vacances chez les grands méchants loups (ou les croques mitaines, voyez ce que vous voulez), ce film n’a guère de défaut. A part peut-être la caméra subjective que je ne trouve pas vraiment justifiée pour la plupart des scènes. Mais du côté des qualités, je peux citer les enfants qui sont, Dieu soit loué, supportables, que dis-je, excellents ! Les vieux cons (qu’on devrait tous tuer à la naissance, comme chacun le sait) sont charismatiques, dans leur genre… Les décors et la mise en scène sont bons. Pour ce qui est de l’horreur, et bien, elle est bel et bien présente, palpable et y’a même des jolis jumpscares à prévoir, et pas forcément là où vous vous y attendez. A côté de ça, le film arrive à se reposer en nous offrant des petites touches d’humour carrément savoureuses, grâce au personnage de Tyler (le gamin), qui a su me faire rire. Quant à la caméra, même si subjective comme dit précédemment, ne file pas la gerbe ni l’envie d’abréger les 1h30 de bonheur qui se déroulent sous nos yeux. Donc voilà : horreur, comédie, moments de stress (l’appel à la mère vers les 60 mins du film, putain !), bonne interprétation, décors, bonne utilisation du found footage… C’est ça, The Visit.
Allez-y gaiement ! J’vous garantis que vous ne le regretterez pas.

GALLOWS

Le fameux sixième film de cet article. Que je ne vous conseille pas. Ne le voyez pas. Jamais.
C’est de la merde.

J’espère que ça vous a plu !
J’ai classé les films par ordre de préférence, en commençant par celui que j’ai le moins aimé, exception faite pour Gallows.