Scouts Guide to the Zombie Apocalypse (2015)

Deux mises en garde :
1 : Le film n’a rien à voir avec le livre Guide de survie en territoire zombie, malgré le titre français de l’œuvre cinématographique.
2 : Surtout, ne lisez pas le synopsis propose par SensCritique pour vous faire une idée du film, car il sonne tellement gnan-gnan que vous n’allez pas avoir envie de le voir. Je vais plutôt vous en refaire un :
C’est l’histoire de trois scouts. Lors d’un camp, deux d’entre eux décident de lâcher le troisième pour aller à une fête, sauf que rien ne va se passer comme prévu, puisque des zombies ont débarqué dans leur charmante petite ville. Les trois scouts vont donc mettre de côté leur rancune pour pouvoir poutrer du mort vivant, avec l’aide d’une charmante serveuse. L’objectif est de sauver leur vie et la belle de l’histoire, qui est accessoirement la sœur d’un des trois lycéens.

On voit fleurir de plus en plus de films surfant sur la vague zombiesque, encore plus quand le film a l’ambition d’être une comédie horrifique, pour SGTTZA, je peux dire que le pari est réussi puisque j’ai totalement adhéré à l’œuvre. C’est un teen-movie, donc le public visé est surtout jeune, mais je dois avouer que j’ai pris un sacré plaisir à le regarder vu que je me suis marrée comme une patate devant. Bon ok, je suis assez bon public, mais j’ai trouvé le tout très drôle, pas toujours très fin, c’est évident, mais on évite soigneusement les blagues de cul (sauf quand on tire sur un zizi, mais ça reste anecdotique !) et le pipi-caca trop débile. De là à dire que c’est de l’humour « tout public », quand même pas. Mais on sent vraiment que l’effort a été fait pour que l’on considère encore le trio principal comme des enfants/adolescents, et je trouve ça vraiment appréciable.
Question horrifique, on a de belles giclettes de sang en perspective, avec des scènes bien gores parfois, mais là aussi, on nous épargne trop d’horreur qui deviendrait indigeste pour le genre. Le but est de faire rire avec du gore, pas de nous effrayer avec une comédie (ça ne veut strictement rien dire).

Les personnages sont attachants, notamment Ben (joué par Tye Sheridan, que je ne connais absolument pas), avec sa gueule d’ange qui a fait fondre mon petit cœur de beurre, mais aussi Carter (Logan Miller), le rigolo de la bande qui balance des punchlines de fou (même si tout le monde s’y met et s’y donne à fond), Denise (Sarah Dumont) la badass de service qui tire comme une pro au fusil, ou encore Augie (Joey Morgan), le loser de service qui a pas mal de ressources… Tout ce petit monde s’évertue à nous faire prendre du plaisir pendant environ 90 minutes et y arrive sans mal. Rajoutez à cela des scènes vraiment géniales, avec des situations risibles, donc forcément marrantes. En fait, SGTTZA a un sacré rythme puisqu’il n’y a aucun temps mort et que chaque séquence n’est jamais de trop et nous donne toujours un rebondissement.
Bien entendu, le film n’est pas exempt de défauts, j’ai parlé de l’humour plus haut, qui n’est franchement pas destiné à tout le monde, mais aussi le fait que le film, même s’il est rafraîchissant, n’apporte rien de plus au genre et n’est vraiment pas au même niveau que les éternels Shaun of the dead ou Zombieland, même s’il s’en approche. Je trouve aussi regrettable que l’une des scènes nous rende presque épileptiques à cause des flashes, parce qu’elle était vraiment bien. La bande originale aussi, n’est pas sensationnelle, elle rappelle vraiment à quel point on est dans le teen movie, même si on a quelques chansons terribles (Rock you like a hurricane notamment). Bon puis, vous l’aurez compris, tout est assez prévisible, mais c’est monnaie courante dans ce genre de films.

Puis merde, un film où plusieurs personnages chantent du Britney Spears, c’est forcément bien, non ?

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Detention (2012)

Quand les années 2010 rencontrent les années 90, il y a forcément un ours, un voyage spatio-temporel, des OVNI, un tueur en série, des lycéens trop cool et un canadien pas sympa, non ?
Ok, je conçois, dit comme ça, ça donne pas envie et ça ressemble à Kung Fury version ado pour le moins déplaisante. Et pourtant ! Detention est un merveilleux melting-pot qui n’a aucune limite, si ce n’est de faire un bon film avec des bases piochées dans plusieurs genres. En fait, le film pioche tant au niveau de l’épouvante-horreur (et surtout du slasher), que dans la comédie, la science-fiction ou le teen-movie, sans être forcément un hommage aux films de chaque genre. Bien sûr, il s’en inspire à de nombreuses reprises, mais il fait son petit bonhomme de chemin et crée son univers bien à lui.
C’est pour ça que je m’attendais à voir, au mieux, un film divertissant, au pire, un navet immonde, incompréhensible surfant sur la vague des comédies horrifiques pour ados en manque d’Edgar Wright et de John Hughes (j’aime ces deux réalisateurs, ok ?). Ce que j’ai vu dépasse tout ce que j’ai pu imaginer : j’ai découvert une putain de pépite et j’ai eu un énorme coup de cœur pour ce film.

Synopsis : Riley est une lycéenne loseuse. Sa meilleure amie qu’elle ne reconnaît plus sort avec Clapton, l’amour secret de Riley. Et comme si ça ne suffisait pas, un tueur en série sorti tout droit d’un slasher movie sévit dans le lycée, tous sont suspectés.

Detention nous offre donc une histoire avec une machine à remonter le temps, des voyages spatio-temporels et un tueur qui s’en prend à des lycéens qui ont un sens de la répartie extraordinaire. Ça pourrait se compliquer plus d’une fois, être totalement incompréhensible même, mais le film fait tout pour nous éviter de nous prendre la tête et ça s’avère payant puisque le tout est assez clair : on nous explique de façon concise ce qui se passe sans rentrer dans les détails, et tant mieux. Ce qu’on veut c’est se marrer un bon coup, non ? Ainsi, si vous souhaitez une histoire qui n’implique aucune des données que j’ai évoquées plus haut et quelque chose de bien réfléchi, je vous recommande de passer votre tour. L’œuvre est totalement décomplexée, elle arrive vraiment bien à composer avec éléments qu’elle pioche assez intelligemment dans les divers genres et sous-genres : on sent que le réalisateur a voulu s’amuser avec des codes bien définis pour mieux les faire s’affronter, ou du moins, les faire fonctionner ensemble pour voir les combinaisons possibles. Et on peut dire que c’est réussi puisque le film commence par une sorte de tutoriel de la vie d’une reine des abeilles d’un lycée et finit par un affrontement final entre un tueur en série et deux adolescents, en passant par un voyage dans les années 90 et un vis ma vie de loseuse. C’est un univers déjanté, qu’on nous présente et totalement assumé j’vous dis ! Le pire ? C’est qu’on se laisse facilement prendre au jeu et qu’à aucun moment, on se demande ce qu’on fout là. Allez, au pire on se demande à quelle drogue tourne l’équipe de tournage, mais sans plus. Sincèrement, on passe un bon moment wtfesque à regarder Detention, tout en rigolant comme des loutres la plupart du temps.

Les personnages sont très bien écrits et sont chacun un cliché : la loseuse dont j’ai déjà parlé qui est notre personnage principal, son ennemie-amie cheerleader qui a échangé sa place avec sa mère, le tant convoité cancre hyper mignon par toutes les minettes du lycée, le gars fou amoureux de la loseuse qui s’en fout de lui et qui donc, est lui aussi un loser (je crois que je vais vous perdre là), un principal de lycée ravagé, un canadien qui est le personnage wtf du film… Bref, on pourrait s’arrêter sur chaque personnage pour en écrire des tonnes, car certes, ils représentent tous un cliché, mais ils arrivent à aller au-delà et dépasser leurs stéréotypes pour nous offrir des performances d’une part justes, et d’autre part, jouissives. Parce qu’aucun d’eux, à l’instar du film, ne se prend au sérieux, ce qui fait qu’entre l’écriture de leurs personnages et le script, ceux-ci nous offrent des bonnes punchlines et réussissent à nous faire rire, parfois en ne disant qu’un mot (voire aucun). Les situations dans lesquelles se retrouvent les personnages sont souvent déjantées et loufoques, ils se cassent la gueule un bon nombre de fois, ont une répartie de dingue (oui j’l’ai déjà dit, je sais) et peuvent se retrouver dans des situations en en faisant des tonnes, sans que ça paraisse trop gros non plus.
A côté de ça, les décors sont plutôt cool et arrivent à nous plonger dans l’univers voulu, aidés par la bande originale qui est complètement énorme (une bande son qui réunit Jump around de House of Pain et MMMBop des Hanson, c’est forcément bien, non ?), tout comme les costumes qui révèlent les clichés de la mode des années « old school ». Même son générique de début est magnifique.

En somme, c’est un bon gros délire qu’est ce melting-pot (bordel pour ses ennemis ?), qui vous fera passer un excellent moment.
Bon puis, y’a quand même Josh Hutcherson qui a fait fondre mon petit cœur de beurre.
(Y’a Shanley Caswell pour la gente masculine, on s’calme.)

Six films version fast-food (partie II)

Il y a quelques mois, je vous proposais cinq films via cet article. Je récidive aujourd’hui en vous en proposant six, ou plutôt cinq et demi.
Pour ceux qui auraient la flemme d’aller lire, quand je dis fast-food c’est que ça n’a rien à voir de près ou de loin avec la qualité, le fond ou la forme du film, juste que je vais parler succinctement d’œuvres, donc mes propos seront courts, histoire de vous proposer des objets cinématographiques de façon simple, claire et concise.
Vous pourrez donc faire votre choix entre ces six films. A l’inverse de ceux proposés l’année dernière, je n’ai pas mis que des films inconnus, j’ai tenté de varier les plaisirs avec des sorties (inter)nationales, pour que ce soit plus accessible et, je dois l’avouer, par facilité.
Garanti sans spoiler.

ABSENTIA

Ce film de Mike Flanagan a raflé de nombreux prix dans des festivals américains en 2011, malgré son petit budget (financé notamment par du crowdfunding).

Tricia n’a plus de nouvelles de son mari depuis 7 ans. A partir de cette date, les autorités peuvent considérer la personne comme morte. Pour l’aider à traverser cette épreuve et reconstruire sa vie, sa sœur, Callie emménage chez elle. Cette dernière fait quelques recherches et découvre que de nombreuses personnes dans les environs ont été portées disparues et que le mari de Tricia n’est peut-être pas mort mais prisonnier dans un véritable enfer.

Bien étrange film que voilà. Bon ok, je vous le dis tout de suite, je commence à vous mentir : ce film n’est pas un film d’horreur. Techniquement si, il est classé dans ce genre, mais il est plus mystérieux qu’il ne fait peur. En fait, l’horreur est davantage évacuée au profit d’une angoisse ou d’un certain malaise véhiculés par l’atmosphère pesante et très prenante, et ce, dès le début du film. Malgré une histoire de disparition qui a l’air sans équivoque, on aborde des thèmes comme le deuil mais aussi le surnaturel, le tout de façon très spontanée, ou du moins, fluide. C’est d’ailleurs assez surprenant pour une œuvre sans grande prétention ni ambition, d’arriver à se hisser à un tel niveau de réussite. A côté de ça, on a de gros défauts niveau musique, qui est sympa mais qui se répète inlassablement, ce qui saoule très vite, mais aussi niveau interprétation, qui bat de l’aile pour à peu près tous les acteurs (sauf chez l’interprète de Callie). L’histoire, qui part d’une situation réelle, explicable et raisonnée glisse au fur et à mesure vers l’incroyable, voire le surprenant, augmentant le côté mystérieux et prolongeant cette ambiance de malaise. Malheureusement, les deux gros défauts du film en font une œuvre plutôt bancale, se rapprochant d’un film de série B…
En clair, j’ai trouvé ça sympa mais sans plus. Cependant, on aurait pu s’en sortir avec bien pire, mais j’avoue que malgré le malaise, j’ai souvent regardé l’heure.

DEATHGASM

Une comédie horrifique néo-zélandaise de 2015.

Brodie, un metalleux, emménage chez son oncle, sa tante et son cousin, trois personnes très pieuses. Dans cette nouvelle vi(ll)e, il va faire la rencontre de Zakk et deux nerds avec qui il va former un groupe. Un jour, ils vont jouer une partition mystérieuse, qui va déchaîner les démons et les faire s’abattre sur leur petite ville.

Qu’on se le dise clairement : ce film n’apporte rien de nouveau au genre, donc aucune révolution n’est à prévoir du côté de la comédie horrifique avec Deathgasm. Cependant, on peut admettre un côté rafraîchissant, notamment grâce aux personnages qu’il met en scène : des metalleux. Ne connaissant guère le milieu, je ne peux pas vous certifier la présence de clichés sur ces personnes, donc je les suppose juste. Comme on peut le penser, la bande originale est composée de metal, ce qui est clairement sympa, mais… vite saoulant pour ma part (comprenez que je ne suis pas trop fan, tout simplement). A côté de ça, on a un film très drôle, avec des répliques et situations qui vont avec (se battre avec des sextoys, c’est toujours marrant, non ?), on rajoute aussi du gore, beaucoup de gore qui déverse des hectolitres de sang et des boyaux qui dégueulent de partout, augmentant là aussi le côté comique. Clairement, c’est quasiment jouissif. Pas au point d’avoir un orgasme comme suggéré par le titre du film, bien entendu, mais on passe un bon moment devant ce film, qui, ne fait pas vraiment peur, vous vous en doutez bien.
Donc, une œuvre peu originale mais qui parvient quand même à se démarquer des autres par les personnages qu’elle présente. La Nouvelle-Zélande nous donne vraiment de jolies pépites dans le genre (cf What We Do In The Shadows).

HIDDEN

Film de 2015, de Matt et Ross Duffer.

Après avoir échappé à une épidémie, une famille se cache dans un abri antiatomique.

Un film bien sympathique que voilà. Je tiens toutefois à préciser que vous ne ressentirez pas de grand effroi, pas de grande peur avec Hidden. En réalité, ce n’est pas vraiment un film d’horreur (dans le sens où en tout cas, moi, je n’ai pas eu peur, les autres se démerdent). Est-ce qu’il est dénué d’intérêt pour autant ? Définitivement non. L’ambiance est vraiment très prenante, le film est à la croisée de La route pour ses décors et situations, de 30 jours de nuit pour l’obscurité et l’interdiction formelle de sortir et d’autres films que je ne peux pas citer afin d’éviter le moindre spoiler. A côté de ça, la fin est vraiment réussie, grâce à une bonne mise en scène, peu surprenante certes, mais réussie quand même à mon goût. L’interprétation est très bonne, la même pour les personnages qui sont bien travaillés, malgré la gamine qui tape un peu sur le système nerveux de toute personne normalement constituée au bout de plusieurs minutes.
A voir, c’est vraiment un bon petit film.

THE FINAL GIRLS

Comédie horrifique de 2015, réalisée par Todd Strauss-Schulson.

Une jeune fille qui vient tout juste de faire le deuil de sa mère, une célèbre actrice des années 80, se retrouve projetée, avec ses amis, dans l’un de ses films : un film d’horreur. Ils vont tous tenter de combattre le meurtrier qui y sévit.

Déjà, le film commence super bien vu que dès les premières minutes, passe une chanson que j’aime d’amour (Bette Davis Eyes de Kim Carnes), alors j’ai pris un panard d’enfer, d’autant plus qu’on entend une deuxième fois la chanson dans le film. Deux orgasmes en moins d’1h30, je deviens nymphomane. Bon à côté de ça, le film est un trip décomplexé (à la Last action hero, mais pas vraiment quand même), une sorte de rêve éveillé, presque un hommage aux slashers des 80’s (le film s’inspire directement de Vendredi 13). Les acteurs sont terribles, leurs personnages tout autant. La musique de cette même décennie (et pas que Kim Carnes) rend bien avec le tout. Les situations et répliques sont tordantes pour la plupart… Si vous voulez passer un super moment, voyez-le.
Vous l’aurez compris, une très bonne surprise pour moi.

THE VISIT

Dernier né de M. Night Shyamalan, sorti en 2015.

Un frère et une sœur partent une semaine chez leurs grands-parents maternels qu’ils n’avaient jamais vus. Après avoir découvert deux personnalités très bizarres, ils se rendent compte que les deux vieux sont peut-être dangereux et qu’ils ne pourront peut-être pas rentrer vivants chez eux.

Wahou. Bordel, quel film. Shyamalan n’étant plus trop une valeur sûre ces dernières années à cause de ses dernières réalisations, alors je me suis penchée sur ce film avec beaucoup d’appréhension et le résultat est surprenant : cette œuvre est un petit bijou qui envoie pendant un peu plus d’1h30. Véritable conte d’horreur où deux enfants partent en vacances chez les grands méchants loups (ou les croques mitaines, voyez ce que vous voulez), ce film n’a guère de défaut. A part peut-être la caméra subjective que je ne trouve pas vraiment justifiée pour la plupart des scènes. Mais du côté des qualités, je peux citer les enfants qui sont, Dieu soit loué, supportables, que dis-je, excellents ! Les vieux cons (qu’on devrait tous tuer à la naissance, comme chacun le sait) sont charismatiques, dans leur genre… Les décors et la mise en scène sont bons. Pour ce qui est de l’horreur, et bien, elle est bel et bien présente, palpable et y’a même des jolis jumpscares à prévoir, et pas forcément là où vous vous y attendez. A côté de ça, le film arrive à se reposer en nous offrant des petites touches d’humour carrément savoureuses, grâce au personnage de Tyler (le gamin), qui a su me faire rire. Quant à la caméra, même si subjective comme dit précédemment, ne file pas la gerbe ni l’envie d’abréger les 1h30 de bonheur qui se déroulent sous nos yeux. Donc voilà : horreur, comédie, moments de stress (l’appel à la mère vers les 60 mins du film, putain !), bonne interprétation, décors, bonne utilisation du found footage… C’est ça, The Visit.
Allez-y gaiement ! J’vous garantis que vous ne le regretterez pas.

GALLOWS

Le fameux sixième film de cet article. Que je ne vous conseille pas. Ne le voyez pas. Jamais.
C’est de la merde.

J’espère que ça vous a plu !
J’ai classé les films par ordre de préférence, en commençant par celui que j’ai le moins aimé, exception faite pour Gallows.

Go Goa Gone (2013)

J’vous fais la plâtrée sur SensCritique ou vous en avez assez ? Parce que je veux bien repartir dans l’éloge de ce merveilleux site/Saint-Graal qui m’a fait découvrir des films sympas, dont celui qui est l’objet de cet article… Ça m’fait pas peur.

Go Goa Gone c’est un film indien. Je le précise, parce que j’en ai chié pour trouver ce film et ai dû tomber sur des sites vérolés qui m’ont sûrement filé des virus et autres conneries. Je reprends, après cette précision pas du tout importante pour la suite : des noms au casting ne me disent rien, mais sont apparemment un peu connus pour les rodés de Bollywood (Raj Nidimoru et Krishna D.K. sont à la réalisation, et nous avons Saif Ali Khan, Kunal Khemu, Vir Das et Puja Gupta comme acteurs principaux). Sinon, c’est une comédie horrifique avec des zombies.

Alors je ne sais pas pour vous, mais, personnellement, je suis assez hermétique aux films indiens, la faute à Bollywood et ses comédies musicales longuettes, je préfère me taper du bon gros blockbuster sauce américaine qui satisfait ma rétine et m’apporte ma dose de bien-être par mois, mais là n’est pas le sujet. Là où je veux en venir, c’est que, de prime abord, je ne suis pas tentée du tout par les films hindi et que le pitch à lui seul m’a convaincue. Alors le voilà :
Deux colocataires et potes d’herbe partagent leurs déboires : l’un a perdu son travail, l’autre a perdu sa petite amie. Alors pour se consoler, ils décident de se rendre à Goa avec leur colocataire (oui, ils sont trois), là-bas, l’un des trois rencontre une fille qui l’invite à une after-party organisée par la mafia russe. Lors de cette fête, circule une nouvelle drogue qui transforme ses consommateurs en morts-vivants. Ils vont devoir établir un plan pour sortir vivants de l’île…

Oui je sais, ça ne paye pas de mine (et encore, vous n’avez pas lu le synopsis d’Allociné), l’affiche sonne très série Z, et pourtant, les éloges que j’ai pu lire ont fini de me convaincre…
Première chose, les avertissements anti-tabac en préambule du film m’ont interloquée, et je me suis demandé où j’étais. Après renseignements, j’ai appris que l’Inde dans sa lutte contre le tabagisme, oblige les films où des acteurs consomment tabac, alcool et stupéfiants à introduire un avertissement contre ce genre de comportements. Rien de bien choquant, mais je préfère que vous soyez au courant que les trois premières minutes du film ont un message anti-tabac.

Le film a quelques grosses ficelles qui traduisent un manque de prise de risques, comme le fait que c’est une drogue qui a infecté tout le monde, raison plus ou moins valable qui aurait pu être travaillée ou complètement éludée au profit du mystère, puisque les raisons d’une telle transformation ne sont pas non plus indispensables au bon déroulement d’un film de ce genre. La morale, si on peut parler d’une morale, est dispensable puisqu’elle est évoquée sans réelle subtilité ; en bref, on a l’impression d’entendre « La drogue c’est mal ». Bien sûr, cette morale n’est pas très présente et ne trahit pas la qualité du film, mais elle a le malheur de tomber comme un cheveu sur la soupe.
Le début permet de connaître tout ce petit monde dans son train-train quotidien et nous montre alors des losers parfaits, dans tous leurs clichés : amours foireuses, situations professionnelles bancales, fumette, oisiveté et une certaine mauvaise perception de la réalité… Cependant, l’introduction paraît longue puisque la véritable histoire met beaucoup de temps à démarrer (une bonne trentaine de minutes) et gâche un peu les festivités, à savoir les apparitions de zombies.

Malgré tout, Go Goa Gone donne un petit coup de frais aux comédies horrifiques. Tout d’abord, de par son pays d’origine, mais aussi parce qu’il utilise de nouveaux outils pour mettre en scène ces zombies. D’habitude, quand on parle de ces joyeux personnages, on imagine l’obscurité, les routes désertiques, les pubs, bref, du produit anglophone m’voyez, et là, on se tape un soleil radieux, une île magnifique et une plage qui fait rêver, avouez que c’est déroutant. Evidemment, une comédie horrifique avec des zombies, même si son contexte est différent de ce qu’on a pu voir auparavant, a de grandes chances d’avoir des similitudes avec ses aînées, c’est ainsi que l’on a de sympathiques hommages à Shaun of the dead ou Zombieland avec la retenue de ne pas les citer afin d’éviter d’établir un lien trop forcé avec la comédie horrifique britannique et l’américaine. A côté de ça, les clichés subsistent et, ici, on arrive à les détourner de façon subtile et drôle, sans ironie ou sarcasme, démontrant un certain respect envers les œuvres mythiques du genre. Car, même si les situations sont trop évidentes, connues et banales, elles restent très drôles, notamment grâce aux répliques qui font mouche et au charisme des acteurs qui jouent tellement bien les abrutis, aussi maladroits qu’attachants.

Ainsi, les personnages de cette œuvre n’ont guère d’originalité vis-à-vis de leurs pairs dans d’autres films, mais j’ai envie de dire tant mieux, parce que c’est une recette qui fonctionne. On a donc une bande de copains, un peu gauches, pas mal allumés, mais profondément gentils, qui rentrent dans la peau de héros d’un jour pour sauver une demoiselle en détresse qui n’a pas vraiment besoin d’être surprotégée, le tout, conduit par un véritable tueur de zombies sachant manier les armes et ayant une ribambelle de flingues dans ses poches. Tout ce petit monde est marrant puisque souvent con, et ça permet de savourer un film de zombies sans personnages qui se prennent vraiment au sérieux. Même le mafieux-dealer-faux russe-zombie killer a des faiblesses et des petits penchants pour la bêtise. Ce qui explique surtout ce côté loufoque et drôle, c’est la fumette, puisque les deux personnages principaux sont de gros consommateurs, et leurs réactions s’en ressentent. Nous ne sommes pas dans un stoner comedy, et les personnages ne sont pas ravagés non plus, mais ce petit penchant leur offre un petit quelque chose d’amusant. Dans cette comédie horrifique, l’accent est donc davantage mis sur le côté comédie qu’horrifique. Le bad ass du film est une sorte de Tallahassee indien, avec le même entrain à dézinguer des zombies, les autres le suivent et se servent des armes tant bien que mal : les gentils losers deviennent des héros qui poutrent de l’infecté, permettant d’avoir notre petite ration de coups de feu entraînant d’importantes giclettes de sang, il en va de même pour les armes plus inusitées qui nous amènent leur lot de morts dégueulasses, parce qu’il faut bien se défendre, et que tout peut servir d’arme si on parvient à l’utiliser. Les personnages sont donc arrachés à leur vie monotone pour combattre des zombies et réagir face à cette situation extrême, et ils s’en sortent plutôt bien. A côté de ça, l’interprétation est chouette, on sent que les acteurs ont pris du plaisir à jouer ces rôles et ils sont tous dans la peau de leur personnage.

En somme, il n’y a rien de très surprenant ni de novateur dans Go Goa Gone. Pourtant, il tire son épingle du jeu, notamment en nous offrant un bon jeu d’acteurs et des répliques sympas. Le film n’est pas crédible, mais il est suffisamment audacieux et divertissant et je pense que ça suffit amplement pour le voir, d’autant qu’on sent que tous ceux qui ont participé au projet ont mis du cœur à l’ouvrage. Ce n’est donc pas indispensable, mais ça n’a pas l’ambition d’égaler Shaun of the dead, ce qui fait que l’œuvre est honnête et savoureuse. Vous ne le regretterez pas.

Grabbers (2011)

Dans la lignée des comédies d’horreur portées par la Blood & Ice Cream TrilogyGrabbers est un de ces films où les personnages aiment (un peu trop) la boisson. Même qu’elle est indispensable à leur survie…

Une petite île irlandaise peuplée de pêcheurs irlandais va être traversée par une tempête pour le week-end. Seulement, ce n’est pas le véritable problème de nos charmants rouquins puisque des créatures venant des mers débarquent et veulent bouffer tout le monde. Leur point faible ? Ils détestent l’alcool. Les habitants vont donc devoir se mettre la race de leur vie pour survivre.



Ce film est un bon gros délire où l’alcool est la meilleure défense possible, et aussi la meilleure arme contre les envahisseurs ennemis. Le pitch sonne comme un navet et pourtant, le rendu est tellement impeccable que même si l’histoire est ridicule, on se prend au jeu avec une facilité déconcertante. La faute à l’interprétation et à la mise en scène menées avec brio pendant toute la durée du film.
Grabbers est un film sans grande prétention, si ce n’est celle de divertir les troupes pendant une heure et demie, d’envoyer du fun et de tourner en dérision les films du genre.

Alors certes, les premières minutes sont chiantes, on pourrait vite assimiler ça à de la série Z qui nous ferait regretter le voyage. C’est un peu lent et le développement peine à arriver. Mais dès qu’on prend nos marques, c’est parti pour le délire. Pour le côté science-fiction, les monstres sont tout ce qu’il y a de plus monstrueux : moches et méchants. Ils me font d’ailleurs penser à ceux vus dans Edge of Tomorrow avec d’énormes tentacules. Pour le côté humour à la con, là aussi, pas de déception, ça fait souvent mouche puisque les blagues fusent et sont drôles, tout comme les situations et les personnages (voir des gens pétés, c’est souvent drôle, non ?) On se laisse donc prendre facilement au jeu, on rentre vite dans le délire, sans avoir réellement besoin d’être aussi bourrés que nos bonnes gens à l’écran, même si je ne vous le cache pas, il est tentant de se servir un petit verre, histoire de suivre le mouvement et surtout, de résister à la potentielle invasion de monstres tentaculés, on sait jamais.



Les personnages, bien que fort clichés sont attachants. Entre la policière fraîchement débarquée de la grande ville qui tente de faire sa loi, son collègue totalement porté sur la bouteille, mais aussi les villageois : le vieux bourru complètement défoncé, le prêtre en pleine guerre protestante-catholique, le scientifique un peu barré et admiratif et les tenanciers du bar qui font leur boulot tant bien que mal… Personne ne nous fait regretter ce moment. Les deux policiers notamment, qui sont les personnages principaux, n’échappent pas à la romance obligatoire mais sont drôles dans leur échange de rôles : elle se voit contrainte de boire alors que lui doit rester sobre pour veiller sur tout le monde, et je dois dire que la jeune femme se révèle fort drôle une fois décoincée. Le seul regret que je peux avoir, c’est que son collègue est trop « sage » une fois sobre. En fait, je dois dire que même si le film ne se prend pas au sérieux et que c’est un petit budget, l’interprétation est vraiment réussie, tant pour les premiers rôles que pour les autres.
A côté de ça, les décors sont très réussis, les paysages d’Irlande étant peu dégueulasses à voir, on ne pouvait pas vraiment espérer moins, les monstres comme dit plus haut sont assez bien réalisés, même si ce n’est pas la perfection absolue… Les scènes et situations, bien que faciles, ne sont jamais de trop et apportent leur petit plus à l’histoire. En réalité, le but est de divertir, d’amuser, de faire rire, tout ça avec une histoire de base totalement conne et assumée, donc drôle, et le développement se fait autour de cette simple volonté, sans tergiverser, sans passer à côté de quelque chose ni vouloir exécuter des pirouettes improbables pour amuser la galerie. Non là, on a déjà notre recette gagnante dès le synopsis, alors pourquoi faire autre chose ? Là où je veux en venir, c’est que l’œuvre ne s’embarrasse pas d’histoires parallèles, d’explications ou autres : on voulait voir de la connerie « responsable » sans se prendre la tête et en rigolant, c’est exactement ce qu’on a. On a vraiment l’occasion de voir ce qui se passe quand des gens doivent se bourrer la gueule pour rester en vie. 


Quelques jolies références sont à apercevoir, sans sombrer dans la caricature ignoble. En effet, on peut vraiment dire que Grabbers nous montre sa patte et tente de se détacher de ses compères, même si bien entendu, ça ne sera jamais du Edgar Wright, mais sieur Jon Wright est bien parti pour le talonner.
Donc j’insiste : si vous voulez voir quelque chose d’intelligent, de subtil et de compliqué, ne voyez pas Grabbers parce qu’ici, tout est facile.

Pour finir, c’est une excellente surprise et j’ai eu un petit coup de cœur pour ce film.

Zombieland

NUT UP OR SHUT UP !

Encore une comédie horrifique basée sur la fin du monde ! Encore oui, mais elle ne se base pas sur du déjà vu !

Zombieland ou Bienvenue à Zombieland (titre français) est réalisé par Ruben Fleischer.

L’histoire

La maladie de la vache folle est devenue une véritable épidémie et a transformé tous les habitants de la planète en zombies complètement assoiffés de sang et de chair. Un survivant qui a des règles de survie bien strictes, Columbus cherche par tous les moyens à rejoindre ses parents. Il va rencontrer sur sa route Tallahassee, un véritable chasseur de zombie et deux sœurs arnaqueuses, Wichita dont Columbus va vite tomber amoureux et Little Rock.

Avis et dévotion

Zombieland a été pour moi une énorme surprise. A l’instar de Shaun of the dead, je m’attendais à du déjà vu mais aussi et surtout, à un gros navet. Je me trompais énormément. Un bon road-movie, une excellente comédie horrifique : Bienvenue à Zombieland !

Tout d’abord, parlons des acteurs et des personnes hauts en couleur.
Le plus frappant (et c’est le cas de le dire), c’est Woody Harrelson/Tallahassee qui se montre en très grande forme dans ce film : il dézingue tout sur son passage. Chaque objet peut lui servir d’arme et il est très dangereux. D’abord antipathique, il se révèle être un véritable atout du film : drôle dans ses paroles et ses gestes et surtout, de plus en plus amical avec les autres.
Jesse Eisenberg, Emma Stone et Abigail Breslin ne nous laissent pas sur notre faim non plus : entre le premier qui se retrouve dans des situations toutes plus loufoques et drôles les unes que les autres et les deux filles qui passent leur temps à se foutre de la gueule des deux premiers, on ne s’ennuie pas une seule seconde.
A noter aussi la magistrale apparition de Bill Murray dans son propre rôle qui est tout à fait convaincant et tordu !

Les scènes sont géantes, notamment celles de dézingage de zombies par Tallahassee mais aussi celles qui se passent dans le parc d’attractions Pacific Playland.

Les dialogues et les répliques sont géniales et deviendront forcément cultes. Je parle des règles de Columbus : avoir un bon cardio, le double tap et surtout, ne pas être un héros… Mais aussi les paroles des deux hommes sur la vie, sur comment devenir un homme et surtout, sur les Twinkies que Tallahassee cherche désespérément !

Bien sûr, on peut lui reprocher d’avoir copié son homologue britannique, Shaun of the dead, mais ces deux films sont pour moi très différents dans le sens où on a l’humour british d’un côté et l’humour ricain de l’autre, et ça, ça fait toute la différence.

Le seul point négatif au film serait sa courte durée (1h30 à peine) ce qui nous laisse un peu sur notre faim : on en veut encore ! Vivement la suite !

Hilarant, divertissant… Je vous souhaite un bon visionnage !

Shaun of the dead

Il a été réalisé par Edgar Wright en 2005. La plupart des sites classent ce film dans le genre « comédie horrifique ».

Les acteurs principaux sont :

Simon Pegg, qui campe le rôle de Shaun, un quasi trentenaire qui vit en colocation avec deux vieux amis à lui dans une banlieue de Londres. Il travaille dans un magasin d’éclectro-ménager et va tous les soirs avec sa petite amie Liz, les amis de cette dernière et Ed, son meilleur ami.
Nick Frost est Ed, un vendeur de shit, il ne fait rien de ses journées à part jouer à la console et se remplir le ventre de bières. Il est aussi le centre des disputes dans la maison.
Liz, jouée par Kate Ashfield, est la petite amie de Shaun est complètement lassée par Shaun qui ne fait que passer ses soirées au Winchester, un bar et qui est toujours accompagné d’Ed, une sorte de crétin lourd. Elle souhaiterait passer des soirées en tête-à-tête avec Shaun.
David (Dylan Moran) et Dianne (Lucy Davis) sont les deux amis de Liz, le premier est amoureux secrètement de Liz alors qu’il sort lui-même avec Dianne. Cette dernière est comédienne (« ratée » dixit Shaun).

Sans compter que les Coldplay sont figurants dans ce film (véridique !).

Passons maintenant au synopsis :

Shaun mène une petite vie tranquille voire carrément ennuyeuse : il travaille et sort le soir avec sa copine et ses amis au Winchester. Quand sa petite amie lui demande de passer une soirée rien qu’avec lui, celui-ci décide de l’emmener au restaurant le lendemain soir… Malgré y avoir pensé toute la journée, il oublie de réserver une table et Liz rompt.
Le lendemain de cette rupture, il se passe des choses étranges : les habitants de Londres sont étrangement devenus des zombies après avoir été mordus par d’autres zombies. C’est alors que Shaun devient un super-héros, voulant reconquérir son ex petite amie en la sauvant elle, ses amis et sa mère.

En voyant ce synopsis voire même le titre, je m’étais dit « encore un énième film d’horreur inintéressant » ou « ça sent le gros navet ».
Le problème, c’est que Shaun of the dead est tout sauf un film d’horreur : c’est une parodie DE film d’horreur (le titre est en rapport avec Dawn of the dead de George A. Romero), et c’était pour ma part, une découverte surprenante.
Ce film est en effet plutôt absurde, tantôt gore, tantôt illogique, mais toujours drôle, avec une pointe d’humour noir.
Au début, il est vrai que l’on s’ennuie un peu, mais c’est certainement le but : on veut nous montrer que Shaun a une vie lassante dans laquelle il ne se passe RIEN, mais après, c’est complètement aberrant et drôle.

Effectivement, les scènes les plus hilarantes sont notamment quand Shaun et Ed décident de couper la tête aux zombies avec des disques vinyles, quand Shaun, Ed et Liz tuent un zombie en dansant sur Don’t stop me now de Queen, ou encore quand Shaun reçoit une fléchette en pleine tête…
Et ma préférée : quand Shaun et Ed sont en bas de l’escalier et que le premier appelle leur colocataire, (devenu zombie) avec une voix très efféminée !

Bref, tout cela pour dire que ça serait dommage de louper cette référence de l’humour anglais (parce que là vraiment, on est en plein dedans) et donc je vous invite tous à le voir au moins une fois si ce n’est pas déjà fait !