Six films version fast-food (partie II)

Il y a quelques mois, je vous proposais cinq films via cet article. Je récidive aujourd’hui en vous en proposant six, ou plutôt cinq et demi.
Pour ceux qui auraient la flemme d’aller lire, quand je dis fast-food c’est que ça n’a rien à voir de près ou de loin avec la qualité, le fond ou la forme du film, juste que je vais parler succinctement d’œuvres, donc mes propos seront courts, histoire de vous proposer des objets cinématographiques de façon simple, claire et concise.
Vous pourrez donc faire votre choix entre ces six films. A l’inverse de ceux proposés l’année dernière, je n’ai pas mis que des films inconnus, j’ai tenté de varier les plaisirs avec des sorties (inter)nationales, pour que ce soit plus accessible et, je dois l’avouer, par facilité.
Garanti sans spoiler.

ABSENTIA

Ce film de Mike Flanagan a raflé de nombreux prix dans des festivals américains en 2011, malgré son petit budget (financé notamment par du crowdfunding).

Tricia n’a plus de nouvelles de son mari depuis 7 ans. A partir de cette date, les autorités peuvent considérer la personne comme morte. Pour l’aider à traverser cette épreuve et reconstruire sa vie, sa sœur, Callie emménage chez elle. Cette dernière fait quelques recherches et découvre que de nombreuses personnes dans les environs ont été portées disparues et que le mari de Tricia n’est peut-être pas mort mais prisonnier dans un véritable enfer.

Bien étrange film que voilà. Bon ok, je vous le dis tout de suite, je commence à vous mentir : ce film n’est pas un film d’horreur. Techniquement si, il est classé dans ce genre, mais il est plus mystérieux qu’il ne fait peur. En fait, l’horreur est davantage évacuée au profit d’une angoisse ou d’un certain malaise véhiculés par l’atmosphère pesante et très prenante, et ce, dès le début du film. Malgré une histoire de disparition qui a l’air sans équivoque, on aborde des thèmes comme le deuil mais aussi le surnaturel, le tout de façon très spontanée, ou du moins, fluide. C’est d’ailleurs assez surprenant pour une œuvre sans grande prétention ni ambition, d’arriver à se hisser à un tel niveau de réussite. A côté de ça, on a de gros défauts niveau musique, qui est sympa mais qui se répète inlassablement, ce qui saoule très vite, mais aussi niveau interprétation, qui bat de l’aile pour à peu près tous les acteurs (sauf chez l’interprète de Callie). L’histoire, qui part d’une situation réelle, explicable et raisonnée glisse au fur et à mesure vers l’incroyable, voire le surprenant, augmentant le côté mystérieux et prolongeant cette ambiance de malaise. Malheureusement, les deux gros défauts du film en font une œuvre plutôt bancale, se rapprochant d’un film de série B…
En clair, j’ai trouvé ça sympa mais sans plus. Cependant, on aurait pu s’en sortir avec bien pire, mais j’avoue que malgré le malaise, j’ai souvent regardé l’heure.

DEATHGASM

Une comédie horrifique néo-zélandaise de 2015.

Brodie, un metalleux, emménage chez son oncle, sa tante et son cousin, trois personnes très pieuses. Dans cette nouvelle vi(ll)e, il va faire la rencontre de Zakk et deux nerds avec qui il va former un groupe. Un jour, ils vont jouer une partition mystérieuse, qui va déchaîner les démons et les faire s’abattre sur leur petite ville.

Qu’on se le dise clairement : ce film n’apporte rien de nouveau au genre, donc aucune révolution n’est à prévoir du côté de la comédie horrifique avec Deathgasm. Cependant, on peut admettre un côté rafraîchissant, notamment grâce aux personnages qu’il met en scène : des metalleux. Ne connaissant guère le milieu, je ne peux pas vous certifier la présence de clichés sur ces personnes, donc je les suppose juste. Comme on peut le penser, la bande originale est composée de metal, ce qui est clairement sympa, mais… vite saoulant pour ma part (comprenez que je ne suis pas trop fan, tout simplement). A côté de ça, on a un film très drôle, avec des répliques et situations qui vont avec (se battre avec des sextoys, c’est toujours marrant, non ?), on rajoute aussi du gore, beaucoup de gore qui déverse des hectolitres de sang et des boyaux qui dégueulent de partout, augmentant là aussi le côté comique. Clairement, c’est quasiment jouissif. Pas au point d’avoir un orgasme comme suggéré par le titre du film, bien entendu, mais on passe un bon moment devant ce film, qui, ne fait pas vraiment peur, vous vous en doutez bien.
Donc, une œuvre peu originale mais qui parvient quand même à se démarquer des autres par les personnages qu’elle présente. La Nouvelle-Zélande nous donne vraiment de jolies pépites dans le genre (cf What We Do In The Shadows).

HIDDEN

Film de 2015, de Matt et Ross Duffer.

Après avoir échappé à une épidémie, une famille se cache dans un abri antiatomique.

Un film bien sympathique que voilà. Je tiens toutefois à préciser que vous ne ressentirez pas de grand effroi, pas de grande peur avec Hidden. En réalité, ce n’est pas vraiment un film d’horreur (dans le sens où en tout cas, moi, je n’ai pas eu peur, les autres se démerdent). Est-ce qu’il est dénué d’intérêt pour autant ? Définitivement non. L’ambiance est vraiment très prenante, le film est à la croisée de La route pour ses décors et situations, de 30 jours de nuit pour l’obscurité et l’interdiction formelle de sortir et d’autres films que je ne peux pas citer afin d’éviter le moindre spoiler. A côté de ça, la fin est vraiment réussie, grâce à une bonne mise en scène, peu surprenante certes, mais réussie quand même à mon goût. L’interprétation est très bonne, la même pour les personnages qui sont bien travaillés, malgré la gamine qui tape un peu sur le système nerveux de toute personne normalement constituée au bout de plusieurs minutes.
A voir, c’est vraiment un bon petit film.

THE FINAL GIRLS

Comédie horrifique de 2015, réalisée par Todd Strauss-Schulson.

Une jeune fille qui vient tout juste de faire le deuil de sa mère, une célèbre actrice des années 80, se retrouve projetée, avec ses amis, dans l’un de ses films : un film d’horreur. Ils vont tous tenter de combattre le meurtrier qui y sévit.

Déjà, le film commence super bien vu que dès les premières minutes, passe une chanson que j’aime d’amour (Bette Davis Eyes de Kim Carnes), alors j’ai pris un panard d’enfer, d’autant plus qu’on entend une deuxième fois la chanson dans le film. Deux orgasmes en moins d’1h30, je deviens nymphomane. Bon à côté de ça, le film est un trip décomplexé (à la Last action hero, mais pas vraiment quand même), une sorte de rêve éveillé, presque un hommage aux slashers des 80’s (le film s’inspire directement de Vendredi 13). Les acteurs sont terribles, leurs personnages tout autant. La musique de cette même décennie (et pas que Kim Carnes) rend bien avec le tout. Les situations et répliques sont tordantes pour la plupart… Si vous voulez passer un super moment, voyez-le.
Vous l’aurez compris, une très bonne surprise pour moi.

THE VISIT

Dernier né de M. Night Shyamalan, sorti en 2015.

Un frère et une sœur partent une semaine chez leurs grands-parents maternels qu’ils n’avaient jamais vus. Après avoir découvert deux personnalités très bizarres, ils se rendent compte que les deux vieux sont peut-être dangereux et qu’ils ne pourront peut-être pas rentrer vivants chez eux.

Wahou. Bordel, quel film. Shyamalan n’étant plus trop une valeur sûre ces dernières années à cause de ses dernières réalisations, alors je me suis penchée sur ce film avec beaucoup d’appréhension et le résultat est surprenant : cette œuvre est un petit bijou qui envoie pendant un peu plus d’1h30. Véritable conte d’horreur où deux enfants partent en vacances chez les grands méchants loups (ou les croques mitaines, voyez ce que vous voulez), ce film n’a guère de défaut. A part peut-être la caméra subjective que je ne trouve pas vraiment justifiée pour la plupart des scènes. Mais du côté des qualités, je peux citer les enfants qui sont, Dieu soit loué, supportables, que dis-je, excellents ! Les vieux cons (qu’on devrait tous tuer à la naissance, comme chacun le sait) sont charismatiques, dans leur genre… Les décors et la mise en scène sont bons. Pour ce qui est de l’horreur, et bien, elle est bel et bien présente, palpable et y’a même des jolis jumpscares à prévoir, et pas forcément là où vous vous y attendez. A côté de ça, le film arrive à se reposer en nous offrant des petites touches d’humour carrément savoureuses, grâce au personnage de Tyler (le gamin), qui a su me faire rire. Quant à la caméra, même si subjective comme dit précédemment, ne file pas la gerbe ni l’envie d’abréger les 1h30 de bonheur qui se déroulent sous nos yeux. Donc voilà : horreur, comédie, moments de stress (l’appel à la mère vers les 60 mins du film, putain !), bonne interprétation, décors, bonne utilisation du found footage… C’est ça, The Visit.
Allez-y gaiement ! J’vous garantis que vous ne le regretterez pas.

GALLOWS

Le fameux sixième film de cet article. Que je ne vous conseille pas. Ne le voyez pas. Jamais.
C’est de la merde.

J’espère que ça vous a plu !
J’ai classé les films par ordre de préférence, en commençant par celui que j’ai le moins aimé, exception faite pour Gallows.

La Isla Mínima

Qui a dit que les espagnols ne savaient faire que des drames et des films d’horreur ? Parce que là, on a un joli thriller et il n’a rien à envier à ses pairs plus célèbres. Beaucoup parlent d’une certaine ressemblance avec Fargo ou True Detective. Pour le deuxième, je n’en sais rien, je n’ai jamais vu, mais pour le premier, je peux effectivement dire que les deux films sont semblables sur plusieurs points. Quant à moi, je rajoute une autre similitude, avec le thriller sud-coréen Memories of Murder. Je vous expliquerai cela plus bas.

Dans les années 80, deux policiers que tout oppose sont envoyés dans la campagne andalouse afin d’enquêter sur les meurtres de deux adolescentes. Ils vont découvrir leurs passés troubles et les habitudes d’une petite ville restée dans l’époque franquiste.
C’est le pitch de ce film d’Alberto Rodríguez , qui a raflé plusieurs Prix Goya (ainsi que d’autres récompenses dans de nombreux festivals) et qui a pour acteurs principaux Javier Gutiérrez et Raúl Arévalo.

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Pour une énième fois, on a rien de bien original avec le synopsis, mais le traitement de l’histoire est bien géré, ce qui fait que le tout est cohérent et intriguant. Dès le début, on est plongés dans l’ambiance, les présentations sont rapides avec les deux flics, et on arrive direct dans le fin fond de la province andalouse, à côté des Marais du Guadalquivir. Là on rencontre des magnifiques paysages, bien que désolés, qui contre-balancent avec la population locale, murée dans le silence et pleine de retenue, encore bien ancrée dans l’époque franquiste. J’insiste sur ce point, mais les paysages et les décors alimentent cette ambiance particulière qui ne nous lâche plus et qui nous intrigue tout au long du film. C’est là que vient la similitude avec Fargo. L’œuvre des frères Coen a été très présente dans mon esprit, à de nombreuses reprises, lors du visionnage de La Isla Mínima, avec ces décors notamment, car même si le premier film nous montre des paysages enneigés éloignés de n‘importe quelle grande ville, il arrive à créer une ambiance désertique mais magnifique, tout comme le film espagnol. Visuellement, ça vaut le détour. Idem pour les personnages qui présentent des particularités, des secrets et dont les actes sont tout autant condamnables dans les deux œuvres, donnant dans le glauque à souhait, histoire de bien appuyer sur le versant maussade déjà bien défini. Il en va de même pour Memories of Murder qui dessine à peu près les mêmes paysages et personnages que dans le film espagnol. L’œuvre sud-coréenne permet d’établir davantage de ressemblances avec les personnages principaux, puisque l’on retrouve deux flics aux méthodes et pensées très différentes l’un de l’autre. Malgré tout, on est très éloignés d’un buddy movie, où les deux ne pourraient pas se piffrer au départ, pour devenir copains comme cochons à la fin. Non ici, on n’est pas là pour montrer ce genre de lien, mais plutôt pour découvrir un film à l’atmosphère prenante et surprenante, même si on a un chouette panel de personnages, qui sont joués à la perfection, des rôles principaux à ceux n’apparaissant que quelques minutes.

Le film est très bien rythmé. Je vous l’ai dit, dès le début, on est mis dans le bain, et on ne nous lâche plus pendant ces 1h40 de visionnage. On ne retombe jamais, rien ne s’essouffle tellement tout est bien ficelé. Chaque scène apporte son quelque chose et fait avancer l’enquête, de plus, cela permet d’en apprendre un peu plus sur les précédents des deux flics. Même si cela n’apporte rien à l’histoire, dans le sens où tout est intéressant, mais on est tellement dans l’envie de voir l’enquête se résoudre que les faits et gestes antérieurs de nos deux personnages atypiques ne nous importent peu… jusqu’à la fin. Cette dernière est d’une incroyable efficacité, et pas besoin de nous balancer un nouveau twist final qui ne ferait que nous décevoir, non, on découvre juste et on finit avec ça. Sans m’être pris une bonne claque dans la gueule, je dois avouer que j’ai été un peu secouée. Et je trouve ça encore plus malin quand on sait que cela ne change rien à l’histoire, disons que c’est un petit bonus, qu’on aurait aimé ne pas découvrir, mais qui n’affecte pas vraiment la fin des événements que l’on venait de voir.

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L’histoire est passionnante, pas d’action, pas de gunfight, pas d’effets spéciaux à en vomir, on nous amène juste à suivre un récit qui préfère faire fonctionner ses événements, ses personnages, ses éléments nouveaux, ses pistes et donc à suivre son avancée dans une enquête, sans pour autant donner dans le « trop ». Et à vrai dire, on ne va pas blâmer le choix du réalisateur puisque tout marche impeccablement, et que s’encombrer de ce genre d’inutilités casserait les propos d’un tel film. Ici, pas d’artifices, d’ailleurs, le dénouement de l’enquête nous montre avec réalisme une série de meurtres qui n’a pas besoin d’être expliquée par des profileurs, c’est « banal », dans le sens où rien n’est exagéré et que l’horreur de tels crimes se suffit à elle-même.

En conclusion, un très bon thriller, haletant, avec pas mal de suspense et de petites surprises. Le tout avec une interprétation incroyable.

Cinq films version fast-food

Avant toute chose, ce que je nomme la version fast-food dans le titre, ce n’est pas en rapport avec la qualité, la fond ou la forme du film : c’est juste que je vais aborder cinq films dans cet article et que mes propos seront donc assez écourtés et sans grande préparation préalable (oui genre je fais des pompes avant de commencer un article).

Pourquoi cinq films ?
Parce que ça me fait chier de faire un truc complet pour chacun de ces films. Mais aussi parce que je vais tenter une approche assez semblable pour chacun d’eux, étant donné que ces cinq films entrent dans le thème épouvante-horreur et surtout que ces films sont peu connus. Je vais donc tenter de mettre les projecteurs sur ces cinq petits films qui sont tous sympathiques, avec un budget limité mais qui ont pour réel point commun de n’être guère médiatisés, et ce, pour des raisons plus ou moins obscures.
Et puis cinq films ça permet de faire votre choix de nouveauté pour le soir d’Halloween (ça arrivera plus ou moins vite !) : je vous présente cinq films pour le prix d’un, c’est merveilleux, non ?

SESSION 9

Sorti en direct-to-video en 2006, le film a été réalisé en 2001 et présenté au Festival de Deauville en 2001 et au Festival de Gérardmer en 2004.

Ce film raconte l’histoire de quatre ouvriers en bâtiment qui rénovent un ancien asile désaffecté. Alors que certains font des découvertes étranges dans ce lieu, d’autres sombrent peu à peu dans la folie…

J’dois dire merci à la personne qui m’a conseillé ce film.
Ce film ne paye pas de mine : l’histoire et le lieu de l’action sont déjà vus, l’affiche n’est pas excellente et on a du mal à rentrer dans le film. Pour cause, il ne se passe rien pendant tout le début… Il y en a beaucoup qui ont été agacés par cet aspect peu reluisant et ont laissé tomber. A tort puisque cela permet de faire monter la tension crescendo. On nous montre de la normalité à foison, on attend, on trépigne et on se demande ce qui va bien pouvoir arriver à nos pauvres bonhommes.
Malgré quelques défauts notables (c’est fouillis, lent et le scénario est parfois wtfesque), je trouve l’ensemble assez bon, pas excellent, mais assez bon. Tout est basé sur le psychologique, il n’y a pas d’horreur, pas de monstre, pas de vilains zombies… Cependant, je suis sûre que vous allez être à un moment dans le même état que devant [REC] lorsque le prêtre commence sa tirade par « Je vais devoir sceller cette chambre… ». Ceci n’est pas un spoiler : j’vous jure que Tristana Medeiros n’est pas présente dans Session 9 ! Je veux juste dire que vous allez être bien tendus et ce sans avoir eu le jump scare du siècle.

Session 9 est basé donc sur l’aspect psychologique, la folie et la psychopathie. Mais pour les yeux, on a de chouettes décors qui nous sont servis. En effet, l’hôpital psychiatrique où a été tourné le film a une allure inquiétante et puissante, l’intérieur n’est pas décevant puisque c’est lugubre, abandonné et vide… Cela dit, certains restes du temps passé surgissent, c’est ainsi qu’on nous parle lobotomie et autres techniques arriérées pour nous. Puis on visite quand même de sacrées pièces : la morgue, les chambres où les murs ont gardé leurs photos d’anciens patients, les souterrains et les longs couloirs…


Foutu dilemme…

L’atmosphère est oppressante, presque étouffante. On se met facilement à la place de ces quatre « messieurs-tout-le-monde » et on essaye de se sortir tant bien que mal de cette situation étrange et aucunement rationnelle.
Comme je vous l’ai dit, on part de « rien » pour arriver au summum. J’entends par là que notre point de départ sont nos quatre personnages crédibles, normaux et donc tellement humains puis on sombre petit à petit dans le fantastique sans s’en rendre compte, la transition, parfaite, est celle des écoutes des séances entre une patiente et son médecin sur des vieilles bandes magnétiques. A l’instar du reste du film, le contenu de ces bandes monte en puissance et angoisse petit à petit. Car même si on sent la grosse merde arriver pour nos protagonistes, on ne peut s’empêcher de vouloir explorer le lieu et de comprendre ce qui se passe.

Bonus : voir David Caruso sans ses lunettes de soleil est possible grâce à ce film.

THE INNKEEPERS

Sorti également en direct-to-video, ce film a été réalisé en 2011, j’ai dû le regarder plusieurs fois pour m’en faire une idée…

Deux jeunes employés d’un hôtel voué à la fermeture définitive profitent de la presque absence de clients pour sortir leur matos de chasseurs de fantômes et explorer leur lieu de travail qui serait l’un des lieux les plus hantés du pays.

Je réponds maintenant à la question que vous vous posez sûrement (vous êtes si prévisibles) : j’ai dû voir et revoir ce film car je n’arrivais pas à savoir si je l’aimais ou non. C’est étrange, mais l’un des rares autres longs métrages ayant eu ce traitement de faveur de ma part est Irréversible (sauf que lui je n’ai pas osé le revoir). The Innkeepers m’a posé problème parce qu’il m’était impossible d’avoir un avis clair à propos du film : je ne savais pas si je l’aimais ou si je le détestais ni même si j’étais neutre. Le pourquoi du comment qui explique cette confusion c’est que le film est basé sur la psychologie lui aussi. Mais pas à l’instar deSession 9 puisque ici, tout est beaucoup plus complexe, on nous parle de chasseurs de fantômes avant de nous parler de fantômes. On sait donc qu’il y a quelque chose mais rien n’apparaît sous nos yeux. On nous martèle d’anciennes histoires, de légendes urbaines, certains clients sont étranges (flippants ?) mais pas de fantôme ni d’apparition d’outre-tombe. Et quand ça arrive, c’est tout d’un coup, brutal et affolant.

Il faut dire que ce qui accroît la confusion c’est qu’on nous présente une comédie de prime abord. La relation entre les deux jeunes employés est fendarde, leurs comportements nous tirent des sourires et les répliques sont appréciables. Cela renforce le côté « chasseurs de fantômes sans fantôme », qui donne ici un « film d’horreur sans horreur », on a peine à croire que The Innkeepersest de ce registre. Et pourtant, quand ça arrive, ça arrive…
Sinon, la performance des acteurs est juste, mention spéciale à Sara Paxton, notre asthmatique de service qui joue aussi bien qu’elle est jolie.
Au final, j’apprécie ce film pour son originalité, son mélange des genres et son traitement du thème des chasseurs de fantômes en inactivité qui n’avait jusqu’ici été que très peu exploité.

TRICK ‘R TREAT

Réalisé en 2007, sorti en 2009. J’vous le donne en mille… en direct-to-video !

Le film nous présente plusieurs personnages qui ne se connaissent pas dans une même ville le soir d’Halloween. Certains mettent du cœur à l’ouvrage pour réussir cette fête. Et pour eux, Halloween est sacré, quant à ceux qui ne suivront pas la coutume…

Trick ‘r Treat n’est pas un film d’horreur mais par le traitement de son thème, on peut dire qu’il rend hommage à Halloween. On y voit notamment des créatures associées à cette fête : loup-garou, croque-mitaine, zombie, meurtrier sadique… Et ces individus font donc tout pour que la collecte des bonbons éclairée par des Jack-o’-lantern, y compris tuer ceux qui ne voudront pas respecter la tradition. L’ambiance du film est glauque, sombre et inquiétante, mais le film surfe surtout sur l’humour noir malgré des scènes assez gores.
Les décors quant à eux sont sublimes : gothique et noir, on sent que c’est Halloween, les costumes des fêtards sont parfois magnifiques et les maisons décorées sont juste terriblement chouettes.

Le film se découpe en quatre parties. Quatre segments où des personnages vont aborder Halloween chacun à leur manière : ne rien faire, rite initiatique, visite d’un lieu flippant ou profiter avec son enfant… Ces récits ont le défaut d’être logiquement courts et donc pas assez développés : on en voudrait encore mais on doit se contenter de ce que l’on a. Les personnages se développent au fur et à mesure et se révèlent être férocement terrifiants… Car maintenant, on connaît le visage angélique d’un loup-garou.

Cependant Trick ‘r Treat est juste un bijou que l’on a envie de voir encore et encore tant il est plaisant de voir nos doux monstres évoluer et faire leurs crimes de leur côté sans une once de remord. C’est juste impeccable mais le film souffre de sa courte durée malgré une efficacité époustouflante, tout en jonglant sur les mythes et les légendes urbaines avec originalité et point de vue personnel.

GRAVE ENCOUNTERS

Inédit en France, malgré sa présentation à Gérardmer en 2012.

Lance et ses acolytes s’enferment dans un hôpital psychiatrique abandonné pour tourner un documentaire sur la chasse aux fantômes. Se moquant des peurs des locaux envers le lieu, l’équipe de tournage va se rendre compte que le bâtiment est hanté et qu’il ne les laissera pas sortir.

Le found-footage ça me fait chier, sauf dans de rares cas, comme dans [REC] ou dans Grave encounters. Ici je trouve l’utilisation logique (il y a une justification à cette présence de caméra subjective) et assez réussie, l’image n’est pas dégueulasse et on ne tourne pas la caméra tel un fifou dès qu’il y a le moindre bruit. Globalement, on nous présente des choses effrayantes avec le minimum de moyens, ce qui est assez réussi puisque nos protagonistes sont plus ou moins aguerris. En effet, l’équipe est habituée à filmer de la supercherie, mais là, ils vont être confrontés à du vrai, du lourd, du terrifiant.

Comme pour les punir d’être là et d’avoir vécu dans le faux auparavant, ils se retrouvent dans un véritable labyrinthe où ils croisent des personnages horribles. Mais avant, histoire de bien faire monter la pression, il est d’usage de nous montrer des événements bizarres sans apparition morbide : bruits suspects, mouvements d’objets, pour se rapprocher doucement des protagonistes et commencer par leur soulever les cheveux.

Par contre, ce qui me gonfle fortement, c’est cette volonté de tout conclure par un truc inexpliqué. Comme pour dire « bah en fait, on savait pas trop comment ça allait finir, alors on va jouer sur le fait que le spectateur va vouloir interpréter à sa sauce »… Oui mais non, moi j’en ai marre de tout vouloir expliquer, je désire débrancher mon cerveau et qu’on me fasse tout. C’est pour cela que la fin, les toutes dernières minutes sont carrément lamentables. Elles nous font voir des choses qui n’avaient absolument rien à voir avec le reste du film, façon ni vu ni connu j’t’embrouille mixées à je vais rajouter ça sur le feu, que tu partes pas sans rien. On sent bien que les réalisateurs n’avaient aucune idée ni aucune inspiration pour cette fin mais je trouve ça dommage de conclure aussi mal une histoire qui avait été assez bien maîtrisée pendant tout le film.

Malgré tout, le film reste assez bon, pas époustouflant mais il a le mérite d’être bien interprété, joué et mis en scène. Quant au fait de vouloir survivre envers et contre tout, malgré la sortie introuvable/inexistante, c’est assez impressionnant. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que je me serais suicidée au moins dix fois à la place des personnages. Alors certes, ils n’ont pas tous l’esprit sain après plusieurs heures enfermés et ils sombrent dans une folie assez extrême, mais diantre, ils sont foutrement téméraires.

TRIANGLE

Direct-to-video lui aussi. Sorti en 2011 mais réalisé en 2009. Je voulais un film à la con pour débrancher mon cerveau et fantasmer sur un bateau fantôme, j’ai fait chou blanc.

Jess et ses amis se rendent sur un voilier pour une excursion. Malheureusement, la météo se dégrade brutalement et renverse le bateau. Les survivants s’accrochent à l’épave en attendant des secours et aperçoivent un paquebot qui s’approche silencieusement. A bord, les jeunes gens visitent le bâtiment mais constatent qu’il a l’air abandonné et que les passagers ont disparu. Jess sent que des événements étranges se passent… Puis une personne masquée fait son apparition et tire sur tout le monde.

Plus que le voyage dans l’espace supposé par un bateau, le film nous emmène dans un voyage dans le temps. Alors que les premières minutes du film semblaient sans encombre, en plus des événements qui commencent à s’embrouiller (une personne masquée qui essaye de tuer tout le monde et qui se ferait passer pour Jess…), la narration elle-même s’embrouille. En effet, on a affaire dans ce film à un schéma narratif peu encouru, puisque l’on est pris dans une spirale infernale… Les événements se répètent et tournent à l’infini. Seule Jess comprend ce qui se passe et tente de sauver ses amis et sa peau tant bien que mal. Au final, on aura le droit aux mêmes scènes trois fois (comme pour fermer les trois segments d’un triangle). Cependant, ces scènes seront changeables dans le sens où Jess arrive à changer certains événements mais se retrouve démunie à la fin, puisqu’elle échoue à chaque fois à sauver ses compagnons d’infortune.

Il était difficile d’imaginer un film avec des scènes qui se répètent sans penser à l’ennui et à la redondance. On se plantait bien puisque le réalisateur a tout prévu et nous donne des éléments de compréhension à chaque tour, tout en poussant plus loin la résolution du problème, sans jamais l’atteindre cependant. Car ici, la bateau est certes vide, mais absolument pas hanté ni maléfique… Seule Jess projette sur ce lieu et son entourage ses problèmes et troubles puisque la jeune femme est atteinte de problèmes psychiatriques. La personne masquée qui poursuit Jess et ses amis en voulant leur mort n’est autre que notre héroïne elle-même. Dans l’incompréhension totale, on tâtonne en même temps que Jess sur les éléments qui se dessinent peu à peu et veulent bien se montrer. Pourquoi vouloir tuer ses amis et elle-même ? Voyant donc les quelques indices donnés avec parcimonie et rassemblant le tout, pour nous aussi, l’évidence (celle que Jess veut appliquer en tout cas) est que la mort est la seule issue à ce cauchemar. Cependant, quand tout semble réglé, Jess est ramenée malgré elle au point de départ et oublie tout pour recommencer à l’infini.

Rien à voir avec Un jour sans fin (où le personnage est interprété par l’excellent Bill Murray). En effet, ici les événements sont tragiques et le destin de notre personnage est triste. A la fin du film, on s’en veut de partir pour la laisser coincée là, seule.
Cela dit, la seule ressemblance avec le film de Harold Ramis, c’est qu’il est impossible et inutile de vouloir expliquer et de comprendre ce qui se passe. Triangle révèle des problèmes et nous donne des pistes d’interprétations : maladie mentale, œuvre mystique… Mais ne nous donne jamais la solution tant attendue.

La nuit du chasseur (1955)

La nuit du chasseur est le seul film réalisé par l’acteur Charles LaughtonRobert MitchumLillian Gish ou encore le jeune Billy Chapin y tiennent les rôles principaux.

La nuit du chasseur met en scène le révérend Harry Powell, un homme avide d’argent et tueur de femmes. Alors qu’il séjourne en prison pour un simple vol de voiture, son compagnon de cellule avoue dans son sommeil qu’il a caché les 10 000 dollars qu’il a dérobé et que seuls ses deux enfants en connaissent la cachette. En effet, avant d’être arrêté, Ben Harper fait promettre à ses enfants John et Pearl de garder le secret sur l’endroit où repose le butin, en double promesse, il somme son fils de prendre soin de sa petite sœur. Dès la mise à mort de BenHarry va se mettre à la recherche des enfants, une fois trouvés, il va user de son charme pour tromper leur mère, leur entourage et leur faire avouer la cachette.




J’étais au courant de la dimension horrible et cruelle du personnage du révérend, je m’en étais fait tout un flan, pensant que La nuit du chasseur était un film d’horreur des plus classiques, adulé de tous… Que nenni, la vérité est bien loin. Ce film, c’est un film noir, c’est un conte cauchemardesque sur l’enfance. Vous êtes en quête de réalisme ? Malgré la volonté naturaliste donnée par Laughton, sachez que ce film n’est pas une réalité, il est situé à la limite du fantastique (sans jamais pour autant la franchir), du cauchemar et de la fable. Cependant, si vous aviez entendu parler de ce film en de bons termes concernant son antagoniste, soyez rassurés, c’est bien réel et justifié cette fois-ci. Car Harry Powell est un personnage d’anthologie, il est tout à la fois : complexe, charismatique, impitoyable et tellement pervers (dans le sens sexuel du terme, aussi bien que dans son sens plus large).

La nuit du chasseur c’est avant tout un tas de dichotomies : le bien contre le mal, les enfants contre les adultes, l’amour contre la haine ou tout simple, le jour contre la nuit. Et ici, les enfants seraient le bien, l’amour et le jour, le révérend le mal, la haine et la nuit. Ces oppositions sont en quelque sorte la charpente du film. Et elles sont portées par Harry Powell lui-même, qui a ses doigts tatoués des mots «LOVE » et « HATE » : l’amour pour la main droite, celle qui sauve, la haine pour la main gauche, celle qui tue. Le révérend représenterait à lui seul le combat entre le bien et le mal, non pas parce qu’il est ambivalent, mais parce qu’il représente toute cette différence, il est là pour nous rappeler physiquement que ce conte, ce cauchemar, c’est avant tout la lutte du bien contre le mal. Bien entendu, lui, il incarne le mal (et a également des accès totalement ridicules, car il lui arrive d’être pathétique par moments) : il vole, tue, envoûte les personnes pour mieux se servir d’elles, menace. Les enfants, ainsi que leur sauveuse, Rachel représentent quant à eux le bien. Ils se combattent tout au long du film.



Mais dire que La nuit du chasseur n’est que le bien contre le mal serait plutôt réducteur. Car le conte qu’on nous présente est avant tout un moyen de montrer à quel point les enfants sont innocents et que le monde des adultes peut être effrayant et dégueulasse. Alors oui, les enfants sont certes innocents, mais ils arrivent cependant à résister, à montrer davantage de défense qu’un adulte, ils ont des capacités d’endurance et de réparation supérieures à celles des adultes, c’est d’ailleurs Rachel qui nous l’explique à la fin du film. Évidemment, même si les deux ne disent pas un mot sur la cachette du magot à leur nouveau « père », Pearl est à de nombreuses reprises au point de craquer, tellement subjuguée par le charisme de Powell, et elle est à chaque fois retenue par son grand-frère John qui montre une capacité assez hors norme à résister à toutes les misères du beau-père, c’est un enfant très fort et absolument résistant. Car John et Pearl, les orphelins ont pas mal morflé : leur père se fait arrêter sous leurs yeux, leur mère fait entrer le loup dans la bergerie et quand ce loup se montre horrible envers les enfants, celle-ci se montre faible et laisse faire son nouveau mari, totalement subjuguée par son charisme. La mère est en effet un personnage très fragile qui croit facilement aux mensonges du révérend, qui se fait humilier lorsque celui-ci l’élève au simple rang de pute perverse pendant leur lune de miel, qui prêche elle aussi la parole de Powell en se trouvant des péchés là où ils n’ont pas lieu d’être. Elle finit d’ailleurs par mourir sans résistance, les yeux levés au ciel, attendant sagement son sort pathétique. Heureusement, les deux enfants trouvent leur salvation mais aussi et surtout, une figure maternelle et protectrice, en la personne de Rachel qui, de prime abord se montre assez rustre, mais qui se révèle être une personne au grand cœur qui défend les enfants envers et contre tout, et surtout qui n’hésite pas à dégainer une arme et tirer sur le révérend, ni à user de sa parole pour tenir tête au révérend et le faire taire. Assez surprenant quand on sait que ce rôle parolier est tenu par une actrice star des films muets : Lillian Gish.

Parlons aussi du côté sexuel omniprésent dans ce conte pour enfants qui ne saute pas forcément aux yeux au premier abord : les femmes sont de sales perverses qui ne pensent qu’au sexe, elles sont des Eveen puissance, et le révérend lors de sa lune de miel repoussera les avances de sa nouvelle femme, lui montrant à quel point elle est laide, pernicieuse et tellement nuisible. Powell serait d’ailleurs sûrement impuissant, son absence de pouvoir sexuel étant d’ailleurs la raison pour laquelle il s’en prend aux femmes. Son sexe étant symboliquement remplacé par son couteau, lors d’un effeuillage par une femme, celui-ci met sa main dans sa poche et ne pouvant retenir son émotion, sort son couteau à cran qui transperce son pantalon sous le coup de la surprise et de l’imprévu. Ses pulsions sont incontrôlables, meurtrières, à défaut d’être sexuelles.
Les références bibliques sont également très présentes : le personnage du révérend tout d’abord est révélateur, celui-ci s’adresse souvent à Dieu, car il se dit guidé par cette entité. Tous ses actes sont commandés par cet être supérieur et divin. Puis, on nous compte l’histoire de Moïse, qui ne serait autre que John et Pearl dans le film, puisqu’ils sont recueillis par leur protectrice après un voyage sur le fleuve, emportés par le simple courant. On nous compte également le récit d’Hérode et de la naissance de Jésus : Hérode serait ici Powell et évidemment, le Christ est encore une fois John et Pearl. Et c’est sans compter les prêches, les chants bibliques interprétés par plusieurs personnages.



Je voudrais évoquer un point presque crucial quant au déroulement du film, à la démonstration du temps qui passe et de la personnalité des personnages, c’est les jeux de lumières. La nuit du chasseur est un film en noir et blanc, et c’est volontaire, car à l’époque, l’émergence des films en couleurs bat son plein, mais Laughton a voulu traiter son film avec du noir et du blanc. Tour à tour, les lumières montrent certes le jour, donc une certaine paix (ou plutôt une pause dans la fuite des enfants) mais peuvent être également révélatrices de l’apparition du mal (comprendre : du révérend), car c’est souvent sa silhouette avec son chapeau que l’on aperçoit dans l’ombre. Quant à la nuit, donc le noir, cela annonce la quête de Powell qui ne s’arrêtera que lorsque les enfants seront retrouvés et certainement tués. Malgré tout, la nuit peut aussi montrer une certaine beauté et une sécurité, puisque les enfants s’endorment sous la nuit étoilée, ce qui en fait une atmosphère rassurante et sécurisante pour eux.

Pour finir, il faut savoir que La nuit du chasseur n’a pas été reconnu à sa juste valeur à sa sortie : le public comme les professionnels du cinéma l’ont boudé et vivement critiqué. C’est d’ailleurs pour cette raison que Laughton n’a fait qu’un seul film, celui-ci a été découragé. Ce n’est qu’avec le temps que ce film s’est élevé au rang de film culte, et ce grâce à la seule présence de Mitchum dans le rôle d’un psychopathe.
Et, il est évident que ce film est tellement complexes et bourré de significations que je n’ai pas pu tout récolter car je reste persuadée qu’au-delà de ma volonté de synthétiser, il reste des choses que j’ai oubliées car je n’en ai tout simplement pas eu l’idée, car interpréter un tel film à notre époque est forcément éventré d’une interprétation contextuelle. J’ai vraiment essayé de vous faire part de tout ce que j’ai pu relever en étant la plus claire et concise possible, tout en développant un maximum ma pensée.

La dernière maison sur la gauche (2009)

Note de haut de page : Je n’ai pas vu le premier film, celui de Wes Craven, donc impossible de faire la comparaison.
Note de haut de page 2 : Contient des spoilers.

Cette fois-ci le réalisateur est Denis Iliadis (inconnu au bataillon pour ma part). On trouve comme acteur Sara Paxton, Tony Goldwyn, Monica Potter ou encore Garret Dillahunt.

Les Collingwood possèdent une maison isolée, sur les berges d’un lac. Leur fille, Mari, et sa copine Paige se font enlever par Krug et ses proches, des psychopathes. Laissée pour morte, elle va rejoindre la demeure familiale et être sauvée par ses parents qui vont la venger à leur manière.

Rob Zombie ?

Échange de rôles : on ressent de l’empathie pour les méchants, on a du mal à comprendre les gentils ; violences en cascade : agression, viol insoutenable, meurtres… La dernière maison sur la gauche peut nous faire penser aux films de Rob Zombie. Et plus particulièrement à The Devil’s rejects.
Ce film est totalement sombre, malsain et violent. Il nous montre la plus mauvaise partie de nous-mêmes, ce que nous sommes réellement, à savoir des bêtes cachées sous des visages humains.
Tout va très vite en ce début de film : l’évasion de Krug, l’arrivée des Collingwood, l’enlèvement des filles, le meurtre de Paige, le viol de Mari, son évasion…
Barbarie, cruauté, violence gratuite, vengeance… Tant de mots pour définir ce film. Mais la clé est surtout la vengeance : Mari se fait violer et est laissée pour morte ? Qu’à cela ne tienne, ses parents prennent simplement soin de leur fille et décident de se faire justice eux-mêmes. On relativise, on se met à leur place.
En fait, ce film est un gros « Et si c’était vous ? ». Comme beaucoup, vous me direz, mais là, la frontière avec la réalité est tellement fine que l’on ne peut que se demander ce que l’on ferait à la place de ces chers Collingwood, au préalable présentés comme une famille aimante, unie malgré la perte d’un fils et d’un frère. Bref, tout est fait pour faciliter la corrélation nous/eux.

Réalisme et justesse

C’est donc maintenant que je veux en venir à cette volonté de réalisme prêchée par le réalisateur. On se prend une grosse claque quand Monsieur et Madame Tout Le Monde décident de martyriser trois personnes responsables des atrocités commises sur leur fille et sa copine.
On peut donc remercier non seulement la mise en scène mais aussi le jeu d’acteurs. Pas d’acteur connu, mais une très bonne interprétation qui nous offre une immense crédibilité. Tout passe crème, si je puis dire. On ne se pose pas de question, on vit le film comme si nous étions à la place des Collingwood.

Quelques faiblesses à noter

Tout d’abord, je tiens à dire que la scène finale est (rayez rien) : inutile, bête et laisse un mauvais goût au film. Cette scène est l’ultime vengeance du père où il fait exploser la tête de Krug dans un micro-ondes. Si cette scène n’avait pas été là, vraiment, la scène précédente aurait suffit à conclure le film, pas forcément en beauté, mais au moins, sans en faire trop. Là c’est du tape-à-l’œil, du « ça va plaire au public à sensation ». Bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé cette fin et son absence ne m’aurait vraiment pas dérangée.
Ensuite, bien que réussie, la deuxième partie du film peut sembler pour certains, décroissante par rapport à la première partie. En effet, cette première partie est très réussie et nous met dans la bain tout de suite : tout s’enchaîne rapidement, on est ébahis devant le spectacle qu’on nous offre. Alors que pour la deuxième partie (que je situerai au moment où les Collingwood recueille Krug et sa famille), c’est un peu plus lent, du coup, l’habitude que l’on avait prise depuis le début s’éteint. On n’est pas déçus, mais un autre rythme s’offre à nous, et c’est déroutant.

En bref

J’ai beaucoup aimé ce film, ça ne fait pas de détail, ça parle de vengeance, c’est gratuit mais intelligent, tout est maîtrisé. Bref, je vous le conseille.

Le téléphone sonne toujours deux fois

Il s’agit du film des Inconnus, Le téléphone sonne toujours deux fois. Bien que Les Inconnus n’ont que leur nom pour prouver qu’ils sont méconnaissables, ce film reste très très peu connu. A l’inverse de leurs autres films (Les trois frères, Le Pari…).

Réalisé par Jean-Pierre Vergne que je ne connais ni officiellement ni officieusement, ce film est sorti en 1985 dans les salles obscures françaises. A cette époque, Les Inconnus étaient Les Cinq et étaient formés par Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus, Smaïn et Seymour Brussel.
C’est donc leur premier film et il a largement inspiré Les Nuls pour La cité de la peur, tellement c’est con !

Mais tout d’abord, parlons de l’histoire

Un tueur en série sévit dans Paris en assassinant étrangement des femmes en les assommant avec le combiné d’un téléphone et en leur plantant sur le front le cadran du téléphone. Pour retrouver ce malotru, un détective mène l’enquête, il s’agit de Marc Elbichon (ou plutôt Marcel Bichon), mais la tâche se révèle plus dure que prévue. Il se fait donc aidé de son adjoint/homme de ménage, Momo, de ses deux amis d’enfance, Franck et Blacky. Ils seront rejoints par un reporter-photographe, Ugo, qui mène également l’enquête.

Maintenant, le pourquoi du comment je l’aime

Les atouts du film reposent essentiellement sur les conneries qui ont, comme dit plus haut, inspiré Les Nuls : imaginez donc le niveau !
Les personnages sont comiques : entre le détective en quête de notoriété qui n’est pas capable d’enquêter seul et qui a des idées plutôt loufoques pour coincer le tueur (à savoir casser toutes les cabines téléphoniques de Paris), son adjoint qui fait office d’homme de ménage très maladroit, Blacky un animateur radio qui à ses heures de grande écoute réunit 3 auditeurs, Franck qui cherche désespérément à retrouver son ennemi d’enfance… Seul Ugo est un peu moins con que les autres ! Même si y’a du level…

On a également droit à des scènes cultes, comme celle du sabotage des cabines téléphoniques ou celle du calcul de Bernstein que vous pouvez voir ici, ou encore la scène dans la boîte gay ici.

Des répliques tout aussi cultes comme « Hey chef, vous avez qu’à lui demander si sa grand-mère fait du vélo ! » ou encore, la chanson du serment des trois amis d’enfance que vous pouvez écouter ici.

Des caméos magiques comme Jean Yanne, Clémentine Célarié, Michel Galabru, Patrick Sébastien…).

J’espère vous avoir donné envie de voir ou revoir ce film.

Scream 4

4ème du nom de la saga, Scream 4 apparaît 10 ans après le troisième opus.

Comme dans la réalité, l’histoire se passe 10 ans après les derniers meurtres perpétrés par Ghostface. Wes Craven est encore une fois aux commandes, nous retrouvons Neve Campbell, David Arquette ou encore Courteney Cox. Bien que présents, ces trois personnages ne sont plus les seuls au centre de l’histoire, cette fois-ci, c’est la cousine de Sidney, Jill (Emma Roberts, la nièce de Julia) et ses amis qui sont les cibles du meurtrier.

Tu n’as jamais vu un film de la saga Scream ? Lis l’article en entier.
Tu as vu les trois films ? Passe directement au 2/.

1/ Résumé de la saga
La saga la plus horrifique des adolescents t’est passée sous le nez ? Ne t’inquiète pas, je t’en fais un bref résumé.
Scream : L’action se passe à Woodsboro, l’héroïne s’appelle Sidney, elle est au lycée et sa mère a été assassinée par un homme il y a un an. Seulement voilà, un tueur tient à massacrer les camarades de lycée de Sidney et elle-même. En parallèle, Dewey, un adjoint du shérif de la ville pas très doué, mène l’enquête. Une journaliste très connue, Gale tient elle aussi à découvrir l’assassin et fait son reportage sur le sujet.
Bilan : beaucoup de morts, pas un mais deux tueurs très proches de Sidney qui seront tués par elle-même. Le premier de la saga est accrocheur, Sidney est niaise mais le film est plutôt bon.
Scream 2 : Sidney est maintenant à la fac et tente de se reconstruire après la vague de meurtres qu’elle a vécue. Mais Ghostface réapparaît. Même schéma que le premier, les mêmes sont agressés (Sidney et ses amis), les mêmes mènent l’enquête et fricottent ensemble (Dewey et Gale).
Bilan : un peu moins de morts (mais l’un des meilleurs personnages est tué), une histoire moins bonne, encore une fois, deux tueurs au lieu d’un avec des raisons de tuer largement plus bêtes que celles du premier. Mais le film reste bon à mon goût.
Scream 3 : maintenant, l’histoire se passe à Hollywood, Sidney s’est retirée de la société et personne ne sait où elle est. Ghostface réapparaît (sans blague ?) et cherche Sidney. Comme l’histoire se passe à Hollywood, l’histoire et les meurtres se font sous les projecteurs, on nous en met plein la vue.
Bilan : un fiasco, l’histoire est bâtie sur on ne sait quoi, aucune crédibilité (je veux dire : encore moins que les deux précédents) et ici, il n’y a qu’un seul tueur. Le moins bon de la trilogie selon moi.

Cette saga est donc inégale. Les suites n’échappent pas aux « on-dit » : elles sont moins bonnes et ne viennent pas égaler le premier film. On retrouve notre trio charismatique (Sidney, Gale et Dewey) sur lequel tout repose, mais cela ne suffit pas…

2/ Le quatrième du nom, sorti en 2011 (Ce passage contient quelques spoilers)
Sincèrement, ayant vu et revu les trois films, je ne voulais pas voir ce quatrième opus. J’avais peur de voir un énième bain de sang gratuit bâti sur une histoire écrite dans un métro en heure de pointe. De plus, comme je l’ai dit, les suites sont (trop) souvent mauvaises, quelques exceptions surviennent, mais je ne pensais pas que Scream 4 relèverait la saga, quatrième du nom, je voyais le film chiant venir. Seulement voilà, Scream 4 fait partie de ces exceptions.

Bien entendu, on retrouve le même schéma : une jolie fille avec une bande d’amis, un ex bizarre, des spécialistes en cinéma (ici, ils sont trois dont une fille), une police incompétente, une journaliste qui veut revenir au devant de la scène et tout ce petit monde est pourchassé par Ghostface.
Si vous comptez sur Scream 4 pour échapper à ces clichés, autant casser votre rêve tout de suite : Scream 4 a la même charpente que ses prédécesseurs.

Alors en quoi Scream 4 est différent ?
Parce que ce film renouvelle la saga à lui tout seul ! Le début du film lui-même nous met dans le bain : Wes Craven nous livre une charmante parodie de ces précédents films, ça étonne, ça fait sourire, ça fait du bien. Le film lui-même est une mise en abyme : les experts en cinéma du film expliquent en effet les règles que le tueur établit.
Scream 4 devient Scream premier du nom. Je m’explique, ce quatrième opus devient le premier opus car il nous présente de nouveaux personnages, nous montre de nouvelles règles en chamboulant les premières et surtout, tout est permis dans ce film, et surtout, il offre une bonne retranscription de la société actuelle.

Tout change : le tueur est ici plus sadique, plus joueur, les meurtres sont plus brutaux.
Sidney est moins vulnérable et apparaît comme une véritable héroïne forte et assumée.
Les deux personnages comiques (Charlie et Robie) sont deux fans de cinéma qui sont certes losers, mais très intéressants : ce sont eux qui dévoilent les futures actions de Ghostface.
Les filles sont moins niaises : Jill, la cousine de Sidney semble moins sympathique et moins naïve que l’a été Sidney. Sa copine, Kirby est elle aussi experte en cinéma et plus officieusement, ironique et dotée d’un bon sens de la répartie.
Ces personnages sont, comme je l’ai dit, proches de notre génération : ironiques, drôles et plutôt acides.
Les acteurs sont assez talentueux, malgré leur manque d’expérience (pour les jeunes) et donc l’interprétation est plutôt réussie.

Je disais plus haut que le tueur est plus sadique et j’approfondis ce point. Effectivement, ici, Ghostface s’évertue à filmer ses meurtres et à les retransmettre directement sur Internet. Le but : les futures victimes doivent voir leurs proches mourir et donc voir ce qui les attend. Les meurtres sont donc brutaux dans le sens où ils sont visibles.
On voit là encore le reflet de l’actualité : tout se passe sur Internet et ce média devient l’objet principal de la transmission de l’information.
L’objectif du tueur, pour tuer ses victimes, c’est peut-être le point noir du film, car cette raison est un peu brouillonne. Cet objectif est une sorte de morale, la morale encore une fois, de notre société actuelle et de l’un de ses nombreux défauts, à savoir la célébrité facile. En effet, en passant ses meurtres sur Internet, le tueur cherche une reconnaissance et tient à se faire passer pour une victime, à la manière de Sidney, sa quête est d’être célèbre. Cette célébrité nous rappelle les effets de la téléréalité ou la facilité à se faire un nom grâce à la télévision ou à Internet et ce sans véritable talent. Mais cette morale n’est pas assez travaillée, elle reste assez superficielle et n’explore pas assez ce thème.

Un autre défaut serait peut-être dans la fin, encore une fois : le film étant assez noir et novateur dans la saga, j’imaginais plus de pessimisme, il aurait été tout à fait normal et légitime de voir la mort des personnages principaux, mais non, tout se passe comme prévu : les méchants meurent, les gentils vivent.

La musique est assez intéressante un exemple ici.

Les répliques sont elles aussi notables. Que ce soit les conversations entre les victimes et Ghostface, les prévisions des apprentis experts en cinéma du film ou même des conversations simples.

Une chute qui nous retourne. Je ne m’y attendais pas du tout (contrairement aux trois précédents où les tueurs des trois films étaient calculés dès le départ). J’ai donc été agréablement surprise et ai poussé un gros « NAN SÉRIEUX ????? » au cinéma.

3/ Petite conclusion
Pour moi, la meilleure suite de la franchise. Quelques défauts à déplorer (problèmes de crédibilité, morale assez brouillonne…) mais je ne regrette pas d’avoir été le voir et fait partie des meilleurs films que j’ai vu lors de l’année 2011.