Detention (2012)

Quand les années 2010 rencontrent les années 90, il y a forcément un ours, un voyage spatio-temporel, des OVNI, un tueur en série, des lycéens trop cool et un canadien pas sympa, non ?
Ok, je conçois, dit comme ça, ça donne pas envie et ça ressemble à Kung Fury version ado pour le moins déplaisante. Et pourtant ! Detention est un merveilleux melting-pot qui n’a aucune limite, si ce n’est de faire un bon film avec des bases piochées dans plusieurs genres. En fait, le film pioche tant au niveau de l’épouvante-horreur (et surtout du slasher), que dans la comédie, la science-fiction ou le teen-movie, sans être forcément un hommage aux films de chaque genre. Bien sûr, il s’en inspire à de nombreuses reprises, mais il fait son petit bonhomme de chemin et crée son univers bien à lui.
C’est pour ça que je m’attendais à voir, au mieux, un film divertissant, au pire, un navet immonde, incompréhensible surfant sur la vague des comédies horrifiques pour ados en manque d’Edgar Wright et de John Hughes (j’aime ces deux réalisateurs, ok ?). Ce que j’ai vu dépasse tout ce que j’ai pu imaginer : j’ai découvert une putain de pépite et j’ai eu un énorme coup de cœur pour ce film.

Synopsis : Riley est une lycéenne loseuse. Sa meilleure amie qu’elle ne reconnaît plus sort avec Clapton, l’amour secret de Riley. Et comme si ça ne suffisait pas, un tueur en série sorti tout droit d’un slasher movie sévit dans le lycée, tous sont suspectés.

Detention nous offre donc une histoire avec une machine à remonter le temps, des voyages spatio-temporels et un tueur qui s’en prend à des lycéens qui ont un sens de la répartie extraordinaire. Ça pourrait se compliquer plus d’une fois, être totalement incompréhensible même, mais le film fait tout pour nous éviter de nous prendre la tête et ça s’avère payant puisque le tout est assez clair : on nous explique de façon concise ce qui se passe sans rentrer dans les détails, et tant mieux. Ce qu’on veut c’est se marrer un bon coup, non ? Ainsi, si vous souhaitez une histoire qui n’implique aucune des données que j’ai évoquées plus haut et quelque chose de bien réfléchi, je vous recommande de passer votre tour. L’œuvre est totalement décomplexée, elle arrive vraiment bien à composer avec éléments qu’elle pioche assez intelligemment dans les divers genres et sous-genres : on sent que le réalisateur a voulu s’amuser avec des codes bien définis pour mieux les faire s’affronter, ou du moins, les faire fonctionner ensemble pour voir les combinaisons possibles. Et on peut dire que c’est réussi puisque le film commence par une sorte de tutoriel de la vie d’une reine des abeilles d’un lycée et finit par un affrontement final entre un tueur en série et deux adolescents, en passant par un voyage dans les années 90 et un vis ma vie de loseuse. C’est un univers déjanté, qu’on nous présente et totalement assumé j’vous dis ! Le pire ? C’est qu’on se laisse facilement prendre au jeu et qu’à aucun moment, on se demande ce qu’on fout là. Allez, au pire on se demande à quelle drogue tourne l’équipe de tournage, mais sans plus. Sincèrement, on passe un bon moment wtfesque à regarder Detention, tout en rigolant comme des loutres la plupart du temps.

Les personnages sont très bien écrits et sont chacun un cliché : la loseuse dont j’ai déjà parlé qui est notre personnage principal, son ennemie-amie cheerleader qui a échangé sa place avec sa mère, le tant convoité cancre hyper mignon par toutes les minettes du lycée, le gars fou amoureux de la loseuse qui s’en fout de lui et qui donc, est lui aussi un loser (je crois que je vais vous perdre là), un principal de lycée ravagé, un canadien qui est le personnage wtf du film… Bref, on pourrait s’arrêter sur chaque personnage pour en écrire des tonnes, car certes, ils représentent tous un cliché, mais ils arrivent à aller au-delà et dépasser leurs stéréotypes pour nous offrir des performances d’une part justes, et d’autre part, jouissives. Parce qu’aucun d’eux, à l’instar du film, ne se prend au sérieux, ce qui fait qu’entre l’écriture de leurs personnages et le script, ceux-ci nous offrent des bonnes punchlines et réussissent à nous faire rire, parfois en ne disant qu’un mot (voire aucun). Les situations dans lesquelles se retrouvent les personnages sont souvent déjantées et loufoques, ils se cassent la gueule un bon nombre de fois, ont une répartie de dingue (oui j’l’ai déjà dit, je sais) et peuvent se retrouver dans des situations en en faisant des tonnes, sans que ça paraisse trop gros non plus.
A côté de ça, les décors sont plutôt cool et arrivent à nous plonger dans l’univers voulu, aidés par la bande originale qui est complètement énorme (une bande son qui réunit Jump around de House of Pain et MMMBop des Hanson, c’est forcément bien, non ?), tout comme les costumes qui révèlent les clichés de la mode des années « old school ». Même son générique de début est magnifique.

En somme, c’est un bon gros délire qu’est ce melting-pot (bordel pour ses ennemis ?), qui vous fera passer un excellent moment.
Bon puis, y’a quand même Josh Hutcherson qui a fait fondre mon petit cœur de beurre.
(Y’a Shanley Caswell pour la gente masculine, on s’calme.)

Six films version fast-food (partie II)

Il y a quelques mois, je vous proposais cinq films via cet article. Je récidive aujourd’hui en vous en proposant six, ou plutôt cinq et demi.
Pour ceux qui auraient la flemme d’aller lire, quand je dis fast-food c’est que ça n’a rien à voir de près ou de loin avec la qualité, le fond ou la forme du film, juste que je vais parler succinctement d’œuvres, donc mes propos seront courts, histoire de vous proposer des objets cinématographiques de façon simple, claire et concise.
Vous pourrez donc faire votre choix entre ces six films. A l’inverse de ceux proposés l’année dernière, je n’ai pas mis que des films inconnus, j’ai tenté de varier les plaisirs avec des sorties (inter)nationales, pour que ce soit plus accessible et, je dois l’avouer, par facilité.
Garanti sans spoiler.

ABSENTIA

Ce film de Mike Flanagan a raflé de nombreux prix dans des festivals américains en 2011, malgré son petit budget (financé notamment par du crowdfunding).

Tricia n’a plus de nouvelles de son mari depuis 7 ans. A partir de cette date, les autorités peuvent considérer la personne comme morte. Pour l’aider à traverser cette épreuve et reconstruire sa vie, sa sœur, Callie emménage chez elle. Cette dernière fait quelques recherches et découvre que de nombreuses personnes dans les environs ont été portées disparues et que le mari de Tricia n’est peut-être pas mort mais prisonnier dans un véritable enfer.

Bien étrange film que voilà. Bon ok, je vous le dis tout de suite, je commence à vous mentir : ce film n’est pas un film d’horreur. Techniquement si, il est classé dans ce genre, mais il est plus mystérieux qu’il ne fait peur. En fait, l’horreur est davantage évacuée au profit d’une angoisse ou d’un certain malaise véhiculés par l’atmosphère pesante et très prenante, et ce, dès le début du film. Malgré une histoire de disparition qui a l’air sans équivoque, on aborde des thèmes comme le deuil mais aussi le surnaturel, le tout de façon très spontanée, ou du moins, fluide. C’est d’ailleurs assez surprenant pour une œuvre sans grande prétention ni ambition, d’arriver à se hisser à un tel niveau de réussite. A côté de ça, on a de gros défauts niveau musique, qui est sympa mais qui se répète inlassablement, ce qui saoule très vite, mais aussi niveau interprétation, qui bat de l’aile pour à peu près tous les acteurs (sauf chez l’interprète de Callie). L’histoire, qui part d’une situation réelle, explicable et raisonnée glisse au fur et à mesure vers l’incroyable, voire le surprenant, augmentant le côté mystérieux et prolongeant cette ambiance de malaise. Malheureusement, les deux gros défauts du film en font une œuvre plutôt bancale, se rapprochant d’un film de série B…
En clair, j’ai trouvé ça sympa mais sans plus. Cependant, on aurait pu s’en sortir avec bien pire, mais j’avoue que malgré le malaise, j’ai souvent regardé l’heure.

DEATHGASM

Une comédie horrifique néo-zélandaise de 2015.

Brodie, un metalleux, emménage chez son oncle, sa tante et son cousin, trois personnes très pieuses. Dans cette nouvelle vi(ll)e, il va faire la rencontre de Zakk et deux nerds avec qui il va former un groupe. Un jour, ils vont jouer une partition mystérieuse, qui va déchaîner les démons et les faire s’abattre sur leur petite ville.

Qu’on se le dise clairement : ce film n’apporte rien de nouveau au genre, donc aucune révolution n’est à prévoir du côté de la comédie horrifique avec Deathgasm. Cependant, on peut admettre un côté rafraîchissant, notamment grâce aux personnages qu’il met en scène : des metalleux. Ne connaissant guère le milieu, je ne peux pas vous certifier la présence de clichés sur ces personnes, donc je les suppose juste. Comme on peut le penser, la bande originale est composée de metal, ce qui est clairement sympa, mais… vite saoulant pour ma part (comprenez que je ne suis pas trop fan, tout simplement). A côté de ça, on a un film très drôle, avec des répliques et situations qui vont avec (se battre avec des sextoys, c’est toujours marrant, non ?), on rajoute aussi du gore, beaucoup de gore qui déverse des hectolitres de sang et des boyaux qui dégueulent de partout, augmentant là aussi le côté comique. Clairement, c’est quasiment jouissif. Pas au point d’avoir un orgasme comme suggéré par le titre du film, bien entendu, mais on passe un bon moment devant ce film, qui, ne fait pas vraiment peur, vous vous en doutez bien.
Donc, une œuvre peu originale mais qui parvient quand même à se démarquer des autres par les personnages qu’elle présente. La Nouvelle-Zélande nous donne vraiment de jolies pépites dans le genre (cf What We Do In The Shadows).

HIDDEN

Film de 2015, de Matt et Ross Duffer.

Après avoir échappé à une épidémie, une famille se cache dans un abri antiatomique.

Un film bien sympathique que voilà. Je tiens toutefois à préciser que vous ne ressentirez pas de grand effroi, pas de grande peur avec Hidden. En réalité, ce n’est pas vraiment un film d’horreur (dans le sens où en tout cas, moi, je n’ai pas eu peur, les autres se démerdent). Est-ce qu’il est dénué d’intérêt pour autant ? Définitivement non. L’ambiance est vraiment très prenante, le film est à la croisée de La route pour ses décors et situations, de 30 jours de nuit pour l’obscurité et l’interdiction formelle de sortir et d’autres films que je ne peux pas citer afin d’éviter le moindre spoiler. A côté de ça, la fin est vraiment réussie, grâce à une bonne mise en scène, peu surprenante certes, mais réussie quand même à mon goût. L’interprétation est très bonne, la même pour les personnages qui sont bien travaillés, malgré la gamine qui tape un peu sur le système nerveux de toute personne normalement constituée au bout de plusieurs minutes.
A voir, c’est vraiment un bon petit film.

THE FINAL GIRLS

Comédie horrifique de 2015, réalisée par Todd Strauss-Schulson.

Une jeune fille qui vient tout juste de faire le deuil de sa mère, une célèbre actrice des années 80, se retrouve projetée, avec ses amis, dans l’un de ses films : un film d’horreur. Ils vont tous tenter de combattre le meurtrier qui y sévit.

Déjà, le film commence super bien vu que dès les premières minutes, passe une chanson que j’aime d’amour (Bette Davis Eyes de Kim Carnes), alors j’ai pris un panard d’enfer, d’autant plus qu’on entend une deuxième fois la chanson dans le film. Deux orgasmes en moins d’1h30, je deviens nymphomane. Bon à côté de ça, le film est un trip décomplexé (à la Last action hero, mais pas vraiment quand même), une sorte de rêve éveillé, presque un hommage aux slashers des 80’s (le film s’inspire directement de Vendredi 13). Les acteurs sont terribles, leurs personnages tout autant. La musique de cette même décennie (et pas que Kim Carnes) rend bien avec le tout. Les situations et répliques sont tordantes pour la plupart… Si vous voulez passer un super moment, voyez-le.
Vous l’aurez compris, une très bonne surprise pour moi.

THE VISIT

Dernier né de M. Night Shyamalan, sorti en 2015.

Un frère et une sœur partent une semaine chez leurs grands-parents maternels qu’ils n’avaient jamais vus. Après avoir découvert deux personnalités très bizarres, ils se rendent compte que les deux vieux sont peut-être dangereux et qu’ils ne pourront peut-être pas rentrer vivants chez eux.

Wahou. Bordel, quel film. Shyamalan n’étant plus trop une valeur sûre ces dernières années à cause de ses dernières réalisations, alors je me suis penchée sur ce film avec beaucoup d’appréhension et le résultat est surprenant : cette œuvre est un petit bijou qui envoie pendant un peu plus d’1h30. Véritable conte d’horreur où deux enfants partent en vacances chez les grands méchants loups (ou les croques mitaines, voyez ce que vous voulez), ce film n’a guère de défaut. A part peut-être la caméra subjective que je ne trouve pas vraiment justifiée pour la plupart des scènes. Mais du côté des qualités, je peux citer les enfants qui sont, Dieu soit loué, supportables, que dis-je, excellents ! Les vieux cons (qu’on devrait tous tuer à la naissance, comme chacun le sait) sont charismatiques, dans leur genre… Les décors et la mise en scène sont bons. Pour ce qui est de l’horreur, et bien, elle est bel et bien présente, palpable et y’a même des jolis jumpscares à prévoir, et pas forcément là où vous vous y attendez. A côté de ça, le film arrive à se reposer en nous offrant des petites touches d’humour carrément savoureuses, grâce au personnage de Tyler (le gamin), qui a su me faire rire. Quant à la caméra, même si subjective comme dit précédemment, ne file pas la gerbe ni l’envie d’abréger les 1h30 de bonheur qui se déroulent sous nos yeux. Donc voilà : horreur, comédie, moments de stress (l’appel à la mère vers les 60 mins du film, putain !), bonne interprétation, décors, bonne utilisation du found footage… C’est ça, The Visit.
Allez-y gaiement ! J’vous garantis que vous ne le regretterez pas.

GALLOWS

Le fameux sixième film de cet article. Que je ne vous conseille pas. Ne le voyez pas. Jamais.
C’est de la merde.

J’espère que ça vous a plu !
J’ai classé les films par ordre de préférence, en commençant par celui que j’ai le moins aimé, exception faite pour Gallows.

Lost Themes (2015)

John Carpenter, rien qu’en prononçant ce mot, vous vous imaginez The Thing, L’Antre de la folie ou encore Halloween. En clair, vous imaginez un réalisateur aussi connu que talentueux tourné vers l’horreur. Il avait déjà composé la musique de certains de ses films (Big Trouble in Little China, Christine…), mais n’avait jamais fait de VRAI album studio, du moins, pas apparenté à une bande originale. Ce temps est révolu désormais, puisque depuis février 2015 est sorti l’album Lost Themes qui est un voyage à travers l’hommage à l’horreur, le tout en musique électronique, son premier «first standalone record ».

Rassurez-vous musique électronique n’est pas synonyme ici de David Guetta, notre bon vieux Carpenter n’a pas (encore) vendu son âme au diable.
Ici, il a notamment été assisté de son fils à la composition de cet album et a affirmé que cette expérience était quelque chose de forcément nouveau. En effet, il a pu réaliser les morceaux qu’il avait envie, avec les moyens qu’il avait envie, sans être dérangé par une quelconque pression ni des éléments extérieurs (comme une boîte de production, des acteurs…).
Étant donné que c’est le premier album de Carpenter qui n’est pas une bande originale, on peut facilement mettre nos propres images d’horreur sur ces musiques qui sont aussi angoissantes que si nous avions des images prédéfinies devant nos yeux. En ce sens, l’exercice est assez chouette puisqu’on a tous nos propres cauchemars, nos films d’horreur personnels et autres phobies, et ici, on peut les mettre en scène dans notre tête, en se faisant un véritable film d’horreur, aussi personnel que complètement barré.

Cette expérience mise de côté, je vais vous parler des 9 morceaux de l’album. D’une longueur de 4 minutes 30 en moyenne, ils se suivent, se ressemblent un peu, mais sont facilement dissociables les uns des autres. Vu que je ne m’y connais guère en musique, c’est un peu mon angoisse à chaque nouvel album que j’écoute : ne pas reconnaître le début et la fin d’une chanson tellement le tout forme un rendu aseptisé et linéaire. Ici, on a vraiment à faire à des morceaux bien distincts qui ont des particularités bien distinctes eux aussi. Pour plonger dans l’ambiance, la première chanson, qui n’est pourtant pas une introduction, est incroyable. Au bout de 50 secondes, je savais que j’allais aimer l’album. Non pas parce que je suis un brave mouton (quoique…), mais parce que les morceaux sont tous intéressants et que le premier a été un véritable coup de cœur. Bref, on aime, autant qu’on ressent de l’angoisse et qu’on est imprégnés par ce penchant horreur-vintage qui forme le style musical de Carpenter. Evidemment, certaines musiques sont à assimiler à ce qu’on a déjà entendu, (notamment à Tubular Bells entendue dans L’Exorciste et même un côté Gremlins), et c’est peu inspiré mais le tout est assez bon, simple sans être simpliste et parfois même, on arrive à rapprocher Lost themes de certains morceaux de la musique électro actuelle (genre les Daft Punk, je ne parle toujours pas de David Guetta), donnant à l’album un côté rétro sombre, le genre qu’on aime forcément bien. M’voyez ?

Conclusion, entre hommage aux films d’horreur (pas que les siens), angoisse et originalité, l’album Lost Themes se place maintenant au beau milieu de mon petit cœur, et pas que pour mes soirées d’Halloween.
Je ne peux que vous conseiller de vous procurer cet album et d’écouter mes deux musiques préférées : Vortex et Obsidian.

Source.

You’re Next (2013)

Avant-propos : Il y a du spoiler uniquement lorsque c’est indiqué, vous pouvez donc vous aventurer dans la lecture de cet article sans problème.

Vous n’avez sans doute pas entendu parler de You’re Next, et en tant que combattante des injustices avertie, je viens réparer cette erreur.

Ce film a été mon tout premier coup de cœur de l’année 2015, comme quoi, ça sert de faire des listes SensCritique (prochain challenge : écrire un article sans parler de SC). C’est donc un film que je porte dans mon cœur et qui m’a laissé un bon souvenir. Cependant, je tiens à vous informer que ce n’est pas LE film qu’il faut absolument voir, celui dont vous vous souviendrez dans dix ans, ni celui qui révolutionnera votre perception sur le cinéma et la vie en général.
Non, You’re Next n’a pas cette ambition. Il est simple sans être simpliste, percutant sans être inoubliable, honnête sans forcément donner dans l’intellectuel. Il n’est pas original, pas merveilleux, mais il n’en reste pas moins intéressant, divertissant et plaisant.

Le pitch est simple : la famille Davison se réunit dans leur maison de campagne pour fêter l’anniversaire de mariage des parents. Pendant le dîner, alors que les enfants et leurs conjoints respectifs s’échangent des paroles plus ou moins cordiales, une bande de psychopathes portant des masques d’animaux les attaquent…
V’voyez ce que je vous disais vis-à-vis de l’originalité ? Maintenant, vous ne pouvez pas vous sentir trompés et vous pouvez regarder ce film en toute connaissance de cause, parce qu’il vaut vraiment le coup d’œil. Et si ça peut vous aider, sachez que le film a reçu quelques chouettes récompenses, comme le Prix du jury Syfy au Festival international du film fantastique de Gérardmer ou le Prix TSR du public au Festival international du film fantastique de Neuchâtel, et quelques autres encore. Et si ça permet de faire pencher un peu plus la balance, sachez que le réalisateur est Adam Wingard, à savoir le géniteur de V/H/S et de sa suite. Bon personnellement, j’ai pas aimé du tout, mais apparemment, ces films ont été encensés, alors si c’est votre trip, tapez dans le fond…

Au lieu de vous tenir encore des heures sur « pourquoi voir You’re Next avec des arguments bancals et peu approfondis », je préfère vous allonger la marchandise dès maintenant et vous dire POURQUOI j’ai ADORÉ.

Le film se présente comme un slasher home invasion, sous-genre d’un sous-genre donc, impliquant une multitude d’idées résumées et remixées dans un seul et même film. Le pari est risqué, encore plus quand on veut faire un film d’horreur (même si ici, on est plus dans le thriller qu’autre chose), mais je trouve réellement que You’re Next s’en sort avec les honneurs. Dans votre tête résonne sûrement « American Nightmare », d’autant que les affiches des deux œuvres se ressemblent, n’ayant pas vu celui-ci, je ne peux pas m’essayer à la comparaison. Je tiens juste à dire que You’re Next dégage une ambiance particulière, une atmosphère qui nous prend aux tripes dès le début. La petite introduction nous laisse présager à un foutu merdier pour les personnages qui suivent, mais surtout à un massacre au hasard, ce qui n’a pas l’air d’être le cas… Plus loin, une fois que les brèves présentations sont faites, on rentre dans le vif du sujet, et les assaillants arrivent vite sur le tapis (sens propre comme figuré) pour dézinguer à tout-va les membres de cette sympathique famille d’apparence normale. A l’instar des victimes, on a du mal à comprendre réellement ce qui se passe dans cette maison devenue un véritable champ de bataille : mékikison, koikiveul, kanteskonariv ? Ce n’est qu’en même temps que les survivants qu’on aperçoit quelques éléments de réponse, qui étaient quand même captés d’avance (j’vous refais le laïus sur l’originalité ou c’est bon ?), et donc qu’on arrive à comprendre les enjeux de ces tueurs.

Pourtant, même si le film balance dans le convenu en ce sens, il arrive à sortir des sentiers battus sans réelle peine. Il nous évite donc le très connu « c’est pas moi, c’est lui », qui aurait pu être transformé dans le contexte familial, avec un truc du genre « Papa et Maman t’ont toujours tout laissé faire » ou que sais-je. Bref, on remercie le réalisateur qui nous sort de ce pétrin et qui passe donc à côté de la case gerbe, tout en faisant de ses personnages des combattants qui veulent survivre avec hargne. Le point fort du film, c’est le personnage principal. C’est la nouvelle copine d’un des fils de la famille, réservée, timide, sage, elle est la pièce rapportée insignifiante aux yeux des autres membres de la tablée, et pourtant, elle se révèle être la personne qui sauvera (enfin tentera de le faire) les autres occupants de la maison. Elle interprète un personnage singulier qui se défend tant bien que mal contre ces enfoirés de psychopathes. Et là où je trouve le film assez fort, c’est qu’il ne nous met pas en scène une guerrière, ancienne championne de krav-maga ou fille cachée de Chuck Norris, non non, elle est simplement une fille normale [SPOILER] qui a été élevée par son père dans une communauté de survivalistes. Alors oui, forcément, ça a moins de la gueule, et les survivalistes représentent maintenant les p’tits foufous de l’humanité, mais j’ai trouvé ça brillant et honnête de nous présenter ce genre de personnage, plutôt qu’un autre qui aurait eu le don de nous prendre pour des billes. [/SPOILER] La nana en question n’est donc pas infaillible, pas immortelle, elle en prend plein sa race quand on la frappe, mais à côté de ça, elle sait rendre les coups et a des ovaires en acier. Elle défend les membres de sa belle-famille, ce qu’il en reste en fait, en élaborant quelques pièges qui en font la sœur spirituelle de Kevin McCallister. La scream queen n’en est plus une, puisqu’ici, elle se transforme en adversaire redoutable du trio de tueurs aux masques d’animaux, et ça permet de souffler par rapport aux autres œuvres qui présentent ce genre de caractéristiques pour des rôles uniquement masculins. Après le petit tour des autres personnages qui sont caricaturaux, elle reste bien entendu la seule à montrer de l’intérêt et à laquelle on s’attache, elle est charismatique, ce que les autres ne sont pas, en tout cas, c’est difficilement concevable avec une présentation torchée en 30 secondes. De là à en vouloir au réalisateur, non, puisque l’importance des autres est reléguée à celle de crever, alors on va dire que c’est un mal pour un bien, même si l’émotion que l’on voudrait susciter à chaque mort ne nous atteint pas plus que ça, puisque les seules secondes où l’on a connu ces personnages, ceux-ci nous ont paru soit antipathiques, soit plus inutiles que les autres…

A côté de ça, le manque d’originalité fait son œuvre dans certaines scènes, notamment la toute dernière qui nous plonge dans un énième twist final qui n’apporte rien et ne sert qu’à alimenter le film d’une part de mystère qui s’est fait cramer depuis de longues minutes. Un peu trop inspiré de la saga Scream sur certains aspects (surtout pour l’identité de l’instigateur du massacre notamment), You’re Next arrive à composer avec des touches d’humour noir, comme c’est le cas entre la confrontation frère-frère au sous-sol, et explose le quota d’hémoglobine et de violences sur certaines scènes. Certaines morts sont surprenantes, effroyables, mais toujours terribles. C’est peut-être là le problème : cette volonté d’en donner trop, de chercher à chaque meurtre une façon hyper calculée de faire mourir le personnage, ça lasse un peu, on a vraiment l’impression d’être dans le trop. Certaines scènes sont inutiles, par contre, dans ces dernières, beaucoup parlent de la scène d’introduction, je la trouve juste magnifiquement horrible, c’est grâce à elle qu’on est dans le ton et qu’on perçoit le reste du film comme il (n’)est (pas). Puis la musique qui accompagne cette scène est captivante, limite hypnotique, alors quand on l’entend de nouveau, on ne peut pas s’empêcher d’avoir froid dans le dos, tout en ayant l’envie morbide de regarder la suite des événements. J’ai trouvé une certaine similitude avec La colline a des yeux, dans le sens où la plupart des personnages sont décimés en peu de temps et dès le début. Là encore ça nous met dans le bain très vite, mais ça se révèle efficace puisque on nous montre que You’re Next ne fait pas dans le détail et se montre violent dans la mort de ses personnages, tant sur le fond que sur la forme. En ce sens, le film est parfaitement bien rythmé, même si la deuxième moitié s’essouffle peu à peu, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a plus trop de monde à tuer… Sauf dans le camp d’en face, qui va naturellement subir quelques pertes avec toujours autant de violence, mais je trouve, avec moins de saveur.

Le film est, dans sa quasi-totalité en huis-clos, ce qui permet de se servir au maximum de la grande maison comme décor, qui d’une part, présente autant de ressources que l’héroïne, et qui d’autre part, est au fur et à mesure à l’image des morts de l’habitation : les murs, les sols, les plafonds, tout est recouvert de sang, de cadavres et d’autres blessures difficilement effaçables. Je n’irai pas jusqu’à dire que la maison est ultra-importante, mais je trouve que son utilisation a été fort bien faite. Elle nous garde à l’intérieur, aussi coupés du monde extérieur que les personnages, et donc éloignés de toute potentielle solution ou aide quelconque : on ne sait pas ce qui se passe dehors, mais on n’en sait pas plus à l’intérieur… C’est pourquoi chaque scène à l’extérieur se révèle importante (l’introduction, la petite sortie maladroite pour nous faire voir que les voisins sont ceux qui ont été sauvagement butés et la fin) et qu’à chaque fois qu’un membre de la famille essaye de sortir, ses efforts sont vains, la scène sur la sœur qui court est juste terrible, même si l’effet de ralenti gâche un peu la surprise, mais permet de composer entre une certaine douceur et violence.

En somme, je dirai qu’il ne faut pas voir You’re Next dans l’espoir d’y voir une œuvre parfaite, mais au contraire, d’accepter ses défauts qui en font une œuvre singulière. C’est un savoureux mélange entre horreur et second degré, sans jamais nous définir de véritable cadre auquel s’accrocher. Certes, c’est absurde malgré quelques volontés de réalisme, c’est pas original, c’est quelquefois maladroit, mais le film n’essaye jamais de nous prendre pour des cons et réussit toujours à nous divertir, à ne jamais nous lâcher grâce à son rythme, tout en nous apportant une héroïne combattante qui n’est pas dénuée d’humanité et qui sait ressentir la douleur, comme toute personne normalement constituée.

Et voici la chanson qui est utilisée pour la scène d’introduction.

Vorace (1999)

J’me dis qu’un jour, je ferai une ode à SensCritique qui dans sa globalité m’offre la possibilité de découvrir de véritables pépites. C’est ainsi que j’ai vu Vorace, qui ne me tentait pas de base, mais la note très positive globale sur l’œuvre a eu raison de moi, et je n’ai absolument pas regretté.

Vorace ou Ravenous en VO, possède un casting sympathique : Guy Pearce, Robert Carlyle, Jeffrey Jones… Le tout orchestré par Antonia Bird.
Pour le pitch, nous suivons John Boyd, capitaine dans l’armée américaine lors du conflit américano-mexicain. Par un quiproquo, cet homme pleutre se retrouve héros d’un acte de bravoure. Ne laissant pas ses supérieurs dupes, il se voit muté en Californie dans un fort isolé et dont la garnison compte une poignée d’hommes. Peu après son arrivée, le fort accueille un étrange personnage terrifié, Colqhoun, qui relate les faits de cannibalisme dont il a réchappé et qui a décimé ses anciens compagnons alors qu’ils étaient bloqués dans une grotte. Le colonel du fort organise alors une expédition pour sauver les potentiels survivants et retrouver le responsable de ces actes violents et extrêmes, qui serait un militaire que la faim aurait rendu fou…

J’ai essayé de ne pas faire de SPOILER, mais révéler une infime partie du film sans tout dévoiler s’est avéré délicat. Alors à vos risques et périls.

Avec ce synopsis, je suis bien consciente que ça passe ou ça casse, vu que ça annonce quelque chose d’assez cru (quel jeu de mot mes enfants), violent et terrible. L’affiche très « knacki » sonne série Z et ne donne pas forcément envie non plus, mais croyez-moi, outrepassez vos appréhensions, parce que ce film est une pépite.
Alors je le reconnais, ce film est violent, d’une part parce qu’il décrit des personnages psychopathes sans rien dissimuler, et d’autre part parce que ces mêmes personnages sont anthropophages, et que la notion même de cannibalisme est immorale et forcément taboue dans la plupart des cultures, passées comme existantes.
Je comprends totalement le fait de classer Vorace dans le genre épouvante-horreur, néanmoins, il n’y a aucun jumpscare, ni aucun réel retournement de situation, ni de tueur fou près à dézinguer n’importe qui. Ce film est plus intelligent que ça, et n’a aucun besoin de mettre en scène des aspects téléphonés, puisque les situations présentées suffisent largement à nous mettre mal à l’aise et à nous filer les miquettes.

L’ambiance de l’œuvre y est pour quelque chose. Dès le début, on décèle de l’éprouvant sans pour autant sentir du palpable, et c’est ça qui est très fort, puisqu’on est plongés dans l’univers du film dès le début, sans prendre le temps de s’échauffer, sans avoir une introduction rallongée qui prendrait le temps de nous ménager. Non, Vorace nous attaque directement, sans préavis, sans attendre une quelconque autorisation de notre part. Cela s’explique surtout par la durée du film, qui est d’à peine plus d’1h30. Dès les premières minutes s’enchaînent donc les scènes d’horreur, les morts et des faits et paroles violentes. On pourrait croire que le film se contenterait de nous exposer le tout, mais il va encore plus loin et nous pose dans le tiraillement entre le bien et le mal, à savoir la morale et l’interdit, soit le cannibalisme (qui représente ici la vie) ou l’humanité (qui serait donc la mort). Le personnage de Guy Pearce joue donc à merveille ce lâche qui est le seul humain auquel on a envie de s’identifier, augmentant davantage ce sentiment de malaise, puisque tout nous mène à penser que la faiblesse serait le refus de dépasser la morale et de sombrer dans l’interdit. En effet, bien que les antagonistes principaux, soit les anthropophages, sont dégoûtants et représentant à eux seuls le tabou ultime, ils sont présentés comme des demi-dieux, ou au moins, des personnages ayant la raison avec eux.

A l’inverse du personnage de Pearce, on trouve l’excellent Carlyle qui est impressionnant dans son rôle d’humain-animal, psychopathe puissance 10, et qui représente à lui seul le malaise que l’on ressent pendant tout le film. Ce personnage est dérangeant, vous vous en doutez, tant par ses préférences culinaires que par la remise en question, si j’ose dire, qu’il nous fait ressentir à propos du cannibalisme et plus généralement, du mal qui peut envahir n’importe qui. On se retrouve donc brillamment tiraillés entre ces deux personnages qui illustrent avec intelligence la lutte du mal contre le bien, qui ne trouve jamais de vainqueur ni de réelle finalité. J’entends par là que chaque partie a ses raisons, et que celles-ci, une fois évoquées peuvent être recevables et acceptables. Puisque qui peut dire en toute connaissance de cause que l’on pourrait ou non, dans des cas extrêmes, se transformer en animal pour garantir sa survie ? Vorace nous pose donc entre ces deux points de vue, sans pour autant nous balader, mais sans nous donner une véritable idée de quoi penser.
Bien entendu, le film n’œuvre pas pour la promotion du cannibalisme, en aucun cas. La nuance est qu’il nous pousse dans nos retranchements et nous amène à réfléchir sur le bien et le mal dans sa globalité, avec un exemple peu commun et d’un avis d’apparence tranché.
Pour illustrer ce changement de position et ce sentiment d’être perdu, le film navigue lui-même dans plusieurs thèmes : western, humour (noir, je précise) et horreur, forcément. On passe du tout au tout là encore, sans transition, mais sans nous donner le sentiment d’être baladé là encore. La musique est magnifique, mais aussi annonciatrice de ces revirements de genres. Elle compose chaque scène, chaque moment avec efficacité et passe là encore, du tout au tout en quelques secondes. La musique permet donc d’apporter une certaine tension quand il faut, nous apaiser quelques instants pour nous emmener de nouveau dans une scène plus terrible.
Les décors sont magnifiques et composent là encore les faits relatés par le film. Effectivement, ils permettent de nous montrer une nature sauvage, simple, parfois terrifiante, parfois apaisante.
La plupart des scènes sont magnifiques, notamment celle du saut dans le vide par lâcheté extrême, et surtout celle de la grotte, où il se passe autant de choses dedans que dehors…

A côté de ça, Vorace est une savoureuse critique des Etats-Unis, puisqu’elle montre que les civilisations se forment par les guerres, la violence et l’horreur. Cette démonstration est, vous l’aurez compris, mise en scène avec les joyeux anthropophages qui trouvent des justifications à leurs gestes immoraux. Ici, l’enfer est pavé de bonnes intentions, et à l’image de Pearce, on lutte tant bien que mal contre l’homme plus charismatique que le Diable lui-même (Carlyle himself, si vous suivez pas) qui nous rallierait presque à sa cause, c’est pour cela qu’à l’image du ridicule protagoniste, on flanche souvent, et on en sort changés, voire traumatisés pour les plus prudes.

Pour conclure, Vorace est une œuvre efficace car maîtrisée de bout en bout, elle amène à réfléchir, tout en reflétant d’autres problèmes moins décelables de prime abord. L’atmosphère, autant que les personnages, fait froid dans le dos, tout en étant dénuée d’artifices nous faisant tressauter pour nous garder alertes.
On a donc devant nous un film second degré, terrible et inquiétant, qui a le don de nous foutre une grosse claque.

Quelques musiques présentes dans le film :
Le thème de Boyd
La musique utilisée lors de la fameuse scène de la grotte

Cinq films version fast-food

Avant toute chose, ce que je nomme la version fast-food dans le titre, ce n’est pas en rapport avec la qualité, la fond ou la forme du film : c’est juste que je vais aborder cinq films dans cet article et que mes propos seront donc assez écourtés et sans grande préparation préalable (oui genre je fais des pompes avant de commencer un article).

Pourquoi cinq films ?
Parce que ça me fait chier de faire un truc complet pour chacun de ces films. Mais aussi parce que je vais tenter une approche assez semblable pour chacun d’eux, étant donné que ces cinq films entrent dans le thème épouvante-horreur et surtout que ces films sont peu connus. Je vais donc tenter de mettre les projecteurs sur ces cinq petits films qui sont tous sympathiques, avec un budget limité mais qui ont pour réel point commun de n’être guère médiatisés, et ce, pour des raisons plus ou moins obscures.
Et puis cinq films ça permet de faire votre choix de nouveauté pour le soir d’Halloween (ça arrivera plus ou moins vite !) : je vous présente cinq films pour le prix d’un, c’est merveilleux, non ?

SESSION 9

Sorti en direct-to-video en 2006, le film a été réalisé en 2001 et présenté au Festival de Deauville en 2001 et au Festival de Gérardmer en 2004.

Ce film raconte l’histoire de quatre ouvriers en bâtiment qui rénovent un ancien asile désaffecté. Alors que certains font des découvertes étranges dans ce lieu, d’autres sombrent peu à peu dans la folie…

J’dois dire merci à la personne qui m’a conseillé ce film.
Ce film ne paye pas de mine : l’histoire et le lieu de l’action sont déjà vus, l’affiche n’est pas excellente et on a du mal à rentrer dans le film. Pour cause, il ne se passe rien pendant tout le début… Il y en a beaucoup qui ont été agacés par cet aspect peu reluisant et ont laissé tomber. A tort puisque cela permet de faire monter la tension crescendo. On nous montre de la normalité à foison, on attend, on trépigne et on se demande ce qui va bien pouvoir arriver à nos pauvres bonhommes.
Malgré quelques défauts notables (c’est fouillis, lent et le scénario est parfois wtfesque), je trouve l’ensemble assez bon, pas excellent, mais assez bon. Tout est basé sur le psychologique, il n’y a pas d’horreur, pas de monstre, pas de vilains zombies… Cependant, je suis sûre que vous allez être à un moment dans le même état que devant [REC] lorsque le prêtre commence sa tirade par « Je vais devoir sceller cette chambre… ». Ceci n’est pas un spoiler : j’vous jure que Tristana Medeiros n’est pas présente dans Session 9 ! Je veux juste dire que vous allez être bien tendus et ce sans avoir eu le jump scare du siècle.

Session 9 est basé donc sur l’aspect psychologique, la folie et la psychopathie. Mais pour les yeux, on a de chouettes décors qui nous sont servis. En effet, l’hôpital psychiatrique où a été tourné le film a une allure inquiétante et puissante, l’intérieur n’est pas décevant puisque c’est lugubre, abandonné et vide… Cela dit, certains restes du temps passé surgissent, c’est ainsi qu’on nous parle lobotomie et autres techniques arriérées pour nous. Puis on visite quand même de sacrées pièces : la morgue, les chambres où les murs ont gardé leurs photos d’anciens patients, les souterrains et les longs couloirs…


Foutu dilemme…

L’atmosphère est oppressante, presque étouffante. On se met facilement à la place de ces quatre « messieurs-tout-le-monde » et on essaye de se sortir tant bien que mal de cette situation étrange et aucunement rationnelle.
Comme je vous l’ai dit, on part de « rien » pour arriver au summum. J’entends par là que notre point de départ sont nos quatre personnages crédibles, normaux et donc tellement humains puis on sombre petit à petit dans le fantastique sans s’en rendre compte, la transition, parfaite, est celle des écoutes des séances entre une patiente et son médecin sur des vieilles bandes magnétiques. A l’instar du reste du film, le contenu de ces bandes monte en puissance et angoisse petit à petit. Car même si on sent la grosse merde arriver pour nos protagonistes, on ne peut s’empêcher de vouloir explorer le lieu et de comprendre ce qui se passe.

Bonus : voir David Caruso sans ses lunettes de soleil est possible grâce à ce film.

THE INNKEEPERS

Sorti également en direct-to-video, ce film a été réalisé en 2011, j’ai dû le regarder plusieurs fois pour m’en faire une idée…

Deux jeunes employés d’un hôtel voué à la fermeture définitive profitent de la presque absence de clients pour sortir leur matos de chasseurs de fantômes et explorer leur lieu de travail qui serait l’un des lieux les plus hantés du pays.

Je réponds maintenant à la question que vous vous posez sûrement (vous êtes si prévisibles) : j’ai dû voir et revoir ce film car je n’arrivais pas à savoir si je l’aimais ou non. C’est étrange, mais l’un des rares autres longs métrages ayant eu ce traitement de faveur de ma part est Irréversible (sauf que lui je n’ai pas osé le revoir). The Innkeepers m’a posé problème parce qu’il m’était impossible d’avoir un avis clair à propos du film : je ne savais pas si je l’aimais ou si je le détestais ni même si j’étais neutre. Le pourquoi du comment qui explique cette confusion c’est que le film est basé sur la psychologie lui aussi. Mais pas à l’instar deSession 9 puisque ici, tout est beaucoup plus complexe, on nous parle de chasseurs de fantômes avant de nous parler de fantômes. On sait donc qu’il y a quelque chose mais rien n’apparaît sous nos yeux. On nous martèle d’anciennes histoires, de légendes urbaines, certains clients sont étranges (flippants ?) mais pas de fantôme ni d’apparition d’outre-tombe. Et quand ça arrive, c’est tout d’un coup, brutal et affolant.

Il faut dire que ce qui accroît la confusion c’est qu’on nous présente une comédie de prime abord. La relation entre les deux jeunes employés est fendarde, leurs comportements nous tirent des sourires et les répliques sont appréciables. Cela renforce le côté « chasseurs de fantômes sans fantôme », qui donne ici un « film d’horreur sans horreur », on a peine à croire que The Innkeepersest de ce registre. Et pourtant, quand ça arrive, ça arrive…
Sinon, la performance des acteurs est juste, mention spéciale à Sara Paxton, notre asthmatique de service qui joue aussi bien qu’elle est jolie.
Au final, j’apprécie ce film pour son originalité, son mélange des genres et son traitement du thème des chasseurs de fantômes en inactivité qui n’avait jusqu’ici été que très peu exploité.

TRICK ‘R TREAT

Réalisé en 2007, sorti en 2009. J’vous le donne en mille… en direct-to-video !

Le film nous présente plusieurs personnages qui ne se connaissent pas dans une même ville le soir d’Halloween. Certains mettent du cœur à l’ouvrage pour réussir cette fête. Et pour eux, Halloween est sacré, quant à ceux qui ne suivront pas la coutume…

Trick ‘r Treat n’est pas un film d’horreur mais par le traitement de son thème, on peut dire qu’il rend hommage à Halloween. On y voit notamment des créatures associées à cette fête : loup-garou, croque-mitaine, zombie, meurtrier sadique… Et ces individus font donc tout pour que la collecte des bonbons éclairée par des Jack-o’-lantern, y compris tuer ceux qui ne voudront pas respecter la tradition. L’ambiance du film est glauque, sombre et inquiétante, mais le film surfe surtout sur l’humour noir malgré des scènes assez gores.
Les décors quant à eux sont sublimes : gothique et noir, on sent que c’est Halloween, les costumes des fêtards sont parfois magnifiques et les maisons décorées sont juste terriblement chouettes.

Le film se découpe en quatre parties. Quatre segments où des personnages vont aborder Halloween chacun à leur manière : ne rien faire, rite initiatique, visite d’un lieu flippant ou profiter avec son enfant… Ces récits ont le défaut d’être logiquement courts et donc pas assez développés : on en voudrait encore mais on doit se contenter de ce que l’on a. Les personnages se développent au fur et à mesure et se révèlent être férocement terrifiants… Car maintenant, on connaît le visage angélique d’un loup-garou.

Cependant Trick ‘r Treat est juste un bijou que l’on a envie de voir encore et encore tant il est plaisant de voir nos doux monstres évoluer et faire leurs crimes de leur côté sans une once de remord. C’est juste impeccable mais le film souffre de sa courte durée malgré une efficacité époustouflante, tout en jonglant sur les mythes et les légendes urbaines avec originalité et point de vue personnel.

GRAVE ENCOUNTERS

Inédit en France, malgré sa présentation à Gérardmer en 2012.

Lance et ses acolytes s’enferment dans un hôpital psychiatrique abandonné pour tourner un documentaire sur la chasse aux fantômes. Se moquant des peurs des locaux envers le lieu, l’équipe de tournage va se rendre compte que le bâtiment est hanté et qu’il ne les laissera pas sortir.

Le found-footage ça me fait chier, sauf dans de rares cas, comme dans [REC] ou dans Grave encounters. Ici je trouve l’utilisation logique (il y a une justification à cette présence de caméra subjective) et assez réussie, l’image n’est pas dégueulasse et on ne tourne pas la caméra tel un fifou dès qu’il y a le moindre bruit. Globalement, on nous présente des choses effrayantes avec le minimum de moyens, ce qui est assez réussi puisque nos protagonistes sont plus ou moins aguerris. En effet, l’équipe est habituée à filmer de la supercherie, mais là, ils vont être confrontés à du vrai, du lourd, du terrifiant.

Comme pour les punir d’être là et d’avoir vécu dans le faux auparavant, ils se retrouvent dans un véritable labyrinthe où ils croisent des personnages horribles. Mais avant, histoire de bien faire monter la pression, il est d’usage de nous montrer des événements bizarres sans apparition morbide : bruits suspects, mouvements d’objets, pour se rapprocher doucement des protagonistes et commencer par leur soulever les cheveux.

Par contre, ce qui me gonfle fortement, c’est cette volonté de tout conclure par un truc inexpliqué. Comme pour dire « bah en fait, on savait pas trop comment ça allait finir, alors on va jouer sur le fait que le spectateur va vouloir interpréter à sa sauce »… Oui mais non, moi j’en ai marre de tout vouloir expliquer, je désire débrancher mon cerveau et qu’on me fasse tout. C’est pour cela que la fin, les toutes dernières minutes sont carrément lamentables. Elles nous font voir des choses qui n’avaient absolument rien à voir avec le reste du film, façon ni vu ni connu j’t’embrouille mixées à je vais rajouter ça sur le feu, que tu partes pas sans rien. On sent bien que les réalisateurs n’avaient aucune idée ni aucune inspiration pour cette fin mais je trouve ça dommage de conclure aussi mal une histoire qui avait été assez bien maîtrisée pendant tout le film.

Malgré tout, le film reste assez bon, pas époustouflant mais il a le mérite d’être bien interprété, joué et mis en scène. Quant au fait de vouloir survivre envers et contre tout, malgré la sortie introuvable/inexistante, c’est assez impressionnant. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que je me serais suicidée au moins dix fois à la place des personnages. Alors certes, ils n’ont pas tous l’esprit sain après plusieurs heures enfermés et ils sombrent dans une folie assez extrême, mais diantre, ils sont foutrement téméraires.

TRIANGLE

Direct-to-video lui aussi. Sorti en 2011 mais réalisé en 2009. Je voulais un film à la con pour débrancher mon cerveau et fantasmer sur un bateau fantôme, j’ai fait chou blanc.

Jess et ses amis se rendent sur un voilier pour une excursion. Malheureusement, la météo se dégrade brutalement et renverse le bateau. Les survivants s’accrochent à l’épave en attendant des secours et aperçoivent un paquebot qui s’approche silencieusement. A bord, les jeunes gens visitent le bâtiment mais constatent qu’il a l’air abandonné et que les passagers ont disparu. Jess sent que des événements étranges se passent… Puis une personne masquée fait son apparition et tire sur tout le monde.

Plus que le voyage dans l’espace supposé par un bateau, le film nous emmène dans un voyage dans le temps. Alors que les premières minutes du film semblaient sans encombre, en plus des événements qui commencent à s’embrouiller (une personne masquée qui essaye de tuer tout le monde et qui se ferait passer pour Jess…), la narration elle-même s’embrouille. En effet, on a affaire dans ce film à un schéma narratif peu encouru, puisque l’on est pris dans une spirale infernale… Les événements se répètent et tournent à l’infini. Seule Jess comprend ce qui se passe et tente de sauver ses amis et sa peau tant bien que mal. Au final, on aura le droit aux mêmes scènes trois fois (comme pour fermer les trois segments d’un triangle). Cependant, ces scènes seront changeables dans le sens où Jess arrive à changer certains événements mais se retrouve démunie à la fin, puisqu’elle échoue à chaque fois à sauver ses compagnons d’infortune.

Il était difficile d’imaginer un film avec des scènes qui se répètent sans penser à l’ennui et à la redondance. On se plantait bien puisque le réalisateur a tout prévu et nous donne des éléments de compréhension à chaque tour, tout en poussant plus loin la résolution du problème, sans jamais l’atteindre cependant. Car ici, la bateau est certes vide, mais absolument pas hanté ni maléfique… Seule Jess projette sur ce lieu et son entourage ses problèmes et troubles puisque la jeune femme est atteinte de problèmes psychiatriques. La personne masquée qui poursuit Jess et ses amis en voulant leur mort n’est autre que notre héroïne elle-même. Dans l’incompréhension totale, on tâtonne en même temps que Jess sur les éléments qui se dessinent peu à peu et veulent bien se montrer. Pourquoi vouloir tuer ses amis et elle-même ? Voyant donc les quelques indices donnés avec parcimonie et rassemblant le tout, pour nous aussi, l’évidence (celle que Jess veut appliquer en tout cas) est que la mort est la seule issue à ce cauchemar. Cependant, quand tout semble réglé, Jess est ramenée malgré elle au point de départ et oublie tout pour recommencer à l’infini.

Rien à voir avec Un jour sans fin (où le personnage est interprété par l’excellent Bill Murray). En effet, ici les événements sont tragiques et le destin de notre personnage est triste. A la fin du film, on s’en veut de partir pour la laisser coincée là, seule.
Cela dit, la seule ressemblance avec le film de Harold Ramis, c’est qu’il est impossible et inutile de vouloir expliquer et de comprendre ce qui se passe. Triangle révèle des problèmes et nous donne des pistes d’interprétations : maladie mentale, œuvre mystique… Mais ne nous donne jamais la solution tant attendue.

Pire amide (2015)

Merci de m’applaudir pour ce jeu de mots des plus drôles.

Je voudrais vous parler de Pyramide de Grégory Levasseur. Le type c’est un grand pote d’Alexandre Aja, il a été scénariste et producteur de quelques-uns de ces films. Puis bon, Aja, on l’aime ou on l’aime pas, mais il s’est quand même fait un nom dans le cinéma d’épouvante-horreur, alors on peut s’aventurer avec confiance dans l’aventure égyptienne du petit Levasseur (je voulais dire « du petit Grégory », mais c’était de mauvais goût).


Strass et paillettes

C’est donc là que l’on fait une terrible erreur. Honnêtement, je ne suis pas du genre à prôner le téléchargement illégal, et c’est interdit sur le complexe Alpha, mais pour le cas de Pyramide, je demande l’exception. De toute façon, le film est disponible sur plusieurs sites illégaux, et ce, depuis au moins une semaine avant la sortie en salles. Je vous recommanderai donc de ne pas aller au cinéma et d’économiser vos précieux 9€ pour en faire ce que vous voulez, accordez-vous un petit cadeau, une jolie récompense pour la peine. Mais même si vous comptez le voir, vous perdrez 1h30 de votre vie. En plus du temps et de l’argent, vous perdrez votre foi pour les films d’horreur.
Sérieusement, ne le regardez pas.
J’attends la sortie du film depuis un bon moment. Vous connaissez peut-être mon engouement pour les films d’horreur, alors quand l’un d’entre eux bénéficie d’une sortie en salles digne de ce nom, c’est un peu la fiesta dans mon corps et mon esprit. C’est donc tout naturellement que j’attendais Pyramide comme le Messie. Mes anciens espoirs dans le genre ([REC] 4, Annabelle…) m’ont laissé un goût amer, j’étais prête à recevoir toute l’affection qu’il me manquait, je ne me suis même pas méfiée, je n’ai même pas pensé une seconde à une potentielle déception. Cette éventualité n’existait pas. Et j’ai été déçue et dégoûtée. Voici pourquoi…

Pyramide, c’est l’histoire de deux archéologues, la fille et son papa, qui découvrent une nouvelle pyramide très particulière, puisque elle n’a que trois faces. Dans la volonté de percer les mystères et les secrets de cette découverte, ils vont vouloir se rendre dans ladite pyramide, en faisant fi des interdictions de leurs supérieurs et des locaux, à cause d’un accident survenu sur le site (un ouvrier atteint d’aspergillose à l’ouverture de la pyramide) et de la tension socio-politique actuelle du pays. Ils sont donc cinq à entrer dans les lieux : les deux archéologues, un ingénieur en robotique et deux journalistes qui font un documentaire sur la découverte. Et forcément, il va y avoir des problèmes pour la petite bande…


On est des acteurs hyper naturels.

L’un des points positifs du film (le seul ?) est que l’utilisation du found-footage est limitée. Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, j’en ai marre que l’on nous sorte des caméras subjectives à tout bout-de-champ, et pire, de nous donner de vieilles justifications comme prétexte pour le faire. Ici, certes, on a la fameuse équipe de tournage qui emporte son matériel de tournage, mais on a quelques scènes filmées « normalement », et diantre, heureusement.
Mais voilà, faire un film d’horreur en ce moment, c’est essayer de reprendre les idées d’autres films, de les mixer ensemble et de faire quelque chose d’original. C’est donc un savant mélange de [REC], de The Descent, de Catacombes (qui était déjà bien médiocre) et un peu d’Indiana Jones aussi. Contexte géographique oblige, on nous emmène dans une histoire totalement pourrie sur une légende égyptienne. Mais, surtout, ne vous attendez pas à entendre parler ou à voir de la mythologie avec véracité, ne vous attendez pas à voir une momie, ne vous attendez pas à sentir une malédiction qui vous fait déféquer de façon incontrôlable… Pour ça, je pense que La Momie de Stephen Sommers comblera davantage vos attentes, et par la même occasion, vous fera plus peur, c’est dire… Non, ici, on essaye vraiment de bien faire, de reprendre les codes des autres, d’adopter la recette parfaite ; le résultat, c’est qu’on n’est pas dans un hommage ou quoi que ce soit de positif, c’est plus de l’imitation. On a du Nicolas Canteloup alors qu’on voulait du Thierry Le Luron. C’est pourquoi, à un moment, lors de la scène où le sol commence à s’effondrer, ça essaye de nous faire la deuxième épreuve de l’accès au Graal dans Indiana Jones et la Dernière Croisade, celle avec les pas de Dieu, sauf que j’ai assimilé ça à l’épreuve finale de Fort Boyard, ce qui est tout de suite plus risible.

Question risible, les personnages ont du pathétique à revendre. Aucunement crédibles, les personnages sont fades, on attend juste qu’ils crèvent le plus vite possible, ils sont tous autant insupportables les uns que les autres. Les acteurs eux-mêmes n’ont pas l’air convaincus par ce qu’ils jouent, peut-être ont-ils découvert le scénario du film en même temps que nous… Que sais-je, les archéologues ne sont tellement pas sûrs de ce qu’ils racontent, on a l’impression de voir leur désespoir flotter au-dessus d’eux. Même des collégiens dans leur pièce de théâtre de fin d’année ont plus de conviction. Pourtant, ils auraient pu être davantage convaincants, parce que chacun des personnages a son petit cliché : la blonde intelligente, mais conne quand même, le père modéré qui a de l’expérience, le geek, la journaliste qui pense à son film en dépit de la santé des autres, le cameraman flippé qui s’urine dessus à chaque pas… Mais non, même là, demander de la crédibilité, c’est un peu demander des excuses de toute l’équipe du film dans le générique de fin : impossible. On assiste donc au naufrage du film dans tous ces points : interprétation, scénario, inspiration, mise en scène… La seule personne qui veut que le film soit réussi, qui y croit dur comme fer, c’est le spectateur. Sauf que comme toute personne normalement constituée, au bout du vingtième foutage de gueule en trente minutes, le spectateur voit sa patience s’envoler. Ainsi, chaque cliché repris et déjà vu devient une insulte au cinéma : le passage dans le micro-tunnel voulant faire penser à la claustrophobie vécue dans The Descent, c’est une des nombreuses cerises qui font déborder le vase. C’est tellement mal joué qu’on ne peut pas y croire.

Qu’en est-il de la peur ? Parce que bon Pyramide c’est un peu un film d’horreur, m’voyez. Bah même combat, on change pas une équipe qui perd : c’est d’la merde. La mise en scène ratée ne nous offre même pas un seul jumpscare, tout est tellement convenu, qu’on sait à l’avance quand sursauter. C’est peut-être ça le truc : sursauter d’avance pour faire plaisir au réalisateur ? Le coup du labyrinthe, des personnages perdus, des monstres bizarres (ici ce sont des chats maigres qui mordillent nos malheureux protagonistes, sans parler du monstre de fin auquel je réserve le prochain paragraphe), de l’obscurité… Ça ne prend pas. Tout est tellement fade et mal réalisé qu’aucune ambiance ne ressort. Vous serez davantage intéressés par la découpe de trois tranches de saucisson et plus divertis dans une file d’attente à la caisse de votre supermarché qu’avec ce film. Quant aux personnages, ils sont tellement chiants que leurs peurs deviennent injustifiées, ils se retournent les uns contre les autres et se plaignent régulièrement, mais ils le font de manière si peu naturelle que cela fait d’eux des protagonistes chouineurs qui ont peur de tout, et deviennent donc encore plus ridicules.

SPOILER [ON]
Le monstre de fin, à savoir Anubis, ressemble à un mix entre Tristana Medeiros dans la scène de fin de [REC] pour le physique et, pour le côté ridicule, au monstre dans Brocéliande, la production française tellement pourrie que j’ai honte de mentionner, mais là, c’est mérité. Et maintenant que j’écris ça, je pense à Arkonowi dans Biouman par Les Inconnus. Enfin, vous voyez où je veux en venir, Anubis est mal foutu, les effets spéciaux sont mal exécutés… Sans parler de la légende sur Anubis et le poids des âmes qui sont en fait ce sur quoi repose toute l’histoire, c’est de l’arnaque, du vol pur et simple. (Et je sais pas si vous êtes un peu au courant, mais dans la mythologie, j’veux dire la vraie, Anubis est une divinité rarement antagoniste.) Quand on veut faire un bon film d’horreur, le méchant doit avoir de la gueule, l’histoire du méchant, le « prétexte » du film doit tenir la route, là, j’ai eu l’impression de voir un film de série B (j’ose dire Z ?).
SPOILER [OFF]


La bête de Brocéliande, encore moins charismatique que ses pairs.

Je ne comprends pas comment un film comme celui-ci peut bénéficier d’une sortie massive en salles et que, à côté de ça, de petites réalisations moins ambitieuses et tellement mieux réussies se tapent du DTV…
Franchement, écoutez-moi et ne le regardez pas. Vous me remercierez plus tard.