Turbo Kid (2015)

Y’a des films comme ça, sans prévenir, sans penser à voir quelque chose de grandiose, ils nous explosent à la gueule par leur génie. On pensait passer le temps, se divertir, et ça aurait été en soi, déjà un exploit, mais ce qu’on se ramasse, c’est mieux qu’un bonus, c’est une bénédiction.

J’me souviens d’avoir entendu parler de Turbo Kid en début d’année et avoir eu envie de le voir, sans pour autant taper du pied avec impatience ni sautiller à sa sortie. Bon déjà, techniquement, je ne pouvais pas pour la dernière, vu que ce film n’est tout simplement pas sorti dans les salles obscures, du moins, pas dans nos contrées franco-belges (je me trompe ?). Alors récupérer la bête a dû relever d’un goût du risque Hadopien et d’une pointe d’illégalité. Certes, je n’en suis pas fière, d’autant que le film m’a plu, mais se procurer ce genre de film peut paraître plutôt délicat, vu qu’il n’est pas couvert médiatiquement, donc, introuvable. Bref, j’vous raconte un peu ma vie, mais j’aime ces petites introductions merdiques qui font que je vous donne un contexte totalement inutile mais qui me confère le pouvoir de blablater en toute impunité. Alors maintenant, on peut passer au vif du sujet : ce que j’ai pensé de Turbo Kid.

Initialement tiré d’un court métrage, Turbo Kid raconte l’histoire d’un jeune homme qui vit de la vente de bricoles et autres camelotes dans un contexte post-apocalyptique. En effet, les événements relatés se passent en 1997 à la suite d’une explosion (semblable à celle que les dinosaures ont connue) qui a décimé la majeure partie de la population, le reste se trouvant en guerre pour trouver de l’eau potable. Le film a initialement été présenté au festival du film Sundance début 2015. L’univers tire vers celui de Mad Max, tant par ses grandes lignes que par ses personnages qui ressemblent physiquement aux méchants de la franchise avec Rockatansky. Ça y ressemble sur beaucoup de points, sauf qu’ici, on a troqué les voitures et les motos par des BMX. Un côté ridicule ? Peut-être. Un côté enfantin ? Sûrement, mais pas que ! En fait, la force de Turbo Kid réside dans le fait qu’il arrive à naviguer sur plein de genres à la fois, sans donner la désagréable impression de bouffer à tous les râteliers, à l’inverse, il trouve sa véritable identité car le tout est assez intelligent pour emprunter ses bases à quelques œuvres, tout en allant plus loin et en s’offrant le luxe de sortir des sentiers battus (sa fin le prouve), sans toutefois prendre d’énormes risques.
Ainsi, l’œuvre nous balance des hommages à divers objets culturels bien connus : la musique des années 80, le walkman, le ghetto-blaster, les tenues fluo, les films comme Mad Max déjà cité, les jeux vidéo, les comics, et arrive à surfer sur tout à la fois avec une facilité presque déconcertante et en assumant son côté loufoque qui frise parfois le risible.

Le film est héroïque, car il est construit comme un film de super-héros, où le protagoniste principal est simplement Turbo Kid, dérivé de sa BD préférée, Turbo Rider, qui doit sauver sa belle qui ici, ne s’appelle pas Peach comme dans Super Mario mais Apple. Le film emprunte également quelques doses de western, de gore, de science-fiction et forcément, de post-apo. Mais ne nous méprenons pas, l’œuvre est avant tout humoristique et envoie vraiment de ce point de vue-là : les situations sont parfois très drôles, tout comme certaines répliques, ou encore les personnages, notamment le personnage principal, mais aussi son ami cowboy presque indestructible, avec des couilles en acier et un calme incroyable, et surtout Apple, dont l’optimisme est infini, tendant presque sur la folie. Je vous l’ai dit, Turbo Kid rend quelques hommages à certaines œuvres comme Zombieland (le gamin énonce ses règles de survie à sa petite amie qui les respecte scrupuleusement, ou encore le fait que le personnage de cowboy est dans la même veine que Tallahassee, physiquement tout comme dans son comportement), Shaun of the dead, puisque ce jeune qui n’a pas de prédispositions à se battre ou à sauver tout le monde se retrouve dans l’obligation de se vêtir d’une panoplie de super-héros pour retrouver sa belle. Vous l’aurez compris, les personnages sont détonnants et ont tous un petit quelque chose de plaisant, même le méchant joué par Michael Ironside (qui grossit mais ne vieillit jamais ?) se révèle charismatique, tout comme son bras droit que l’on entendra jamais mais qui fout les jetons par sa ressemblance avec un certain Immortan Joe. Par toutes ces caractéristiques, cette multitude d’univers représentés, Turbo Kid est une sorte de melting pot, à l’instar de Kung Fury, davantage enfantin et peut-être moins « fouillis » et embrouillé que l’œuvre de Sandberg.

Toujours dans le parallèle avec d’autres œuvres cinématographiques, pour son environnement, on retrouve un peu du film La route puisque les paysages sont assez semblables, sans pour autant être aussi désolés, et sans pour autant que Turbo Kid prenne la tension dramatique qui se dégage de l’adaptation de Cormac McCarthy. Au contraire, notre œuvre arriver à composer ce côté terne et gris, en un mot : post-apocalyptique avec un univers pop, coloré et presque enfantin, notamment avec la présence d’Apple habillée comme une Barbie et de son vélo licorne, et de celle de Turbo Kid de son accoutrement lui aussi, très vif, et de sa collection d’objets désormais inutile mais visuellement pigmentée, éclatante, bref vivante. Le personnage d’Apple arrive à donner au film cette dimension légère, avec comme dit précédemment, son optimisme, mais aussi son côté envahissant, son comportement, ses réactions, sa façon de penser, son sourire, ou aussi ses jeux de chat avec son nouvel ami. En fait, Turbo Kid a ce côté puéril assumé qui ne dépasse jamais la connerie crasse, c’est bon enfant et ça complète les quelques scènes et situations gores qu’on nous donne, rendant le tout à la fois réaliste et désopilant.
La bande originale du film permet elle aussi de composer avec cet univers triste, puisque l’ouverture est couverte par Stan Bush et son fameux Thunder in your heart, et le reste sonne très musique électronique des 80’s/90’s. D’ailleurs, si quelqu’un réussit un jour à obtenir la bande originale, j’en veux une part.

Pour conclure, j’ai envie de dire que Turbo Kid est une sorte de madeleine de Proust que je n’avais jamais eu l’occasion de goûter auparavant. Ses emprunts à divers genres et autres hommages feront certainement passer l’œuvre comme opportuniste, mais je trouve que ce défaut est en fait une qualité, comme vous l’aurez compris. J’ai vraiment adoré. Je vous conseille vivement de regarder ce film.

Be a real hero (part IV)

KICK-ASS 2

Kick-Ass 2 est sorti en 2013 grâce à Jeff Wadlow, il met en scène les mêmes acteurs que le précédent, sauf que Jim Carrey prend la place de Nicolas Cage.
La vie continue pour Dave et Mindy, celle-ci a maintenant quinze ans et dézingue toujours des méchants, elle va même devenir le coach de Dave afin que celui-ci devienne plus fort. Seulement, face à sa promesse envers son tuteur, Marcus, l’ancien collègue de feu son père, Mindy arrête toute activité et essaye de se construire une vie avec des filles de son âge. Dave est alors contraint de trouver des acolytes dans sa volonté d’œuvrer contre le mal. Et il dégote des apprentis super-héros qui ont tous suivi son exemple, dont notamment le Colonel Stars and Stripes, un sanguinaire qui a maintenant la foi.




La vie n’a pas changé pour nos héros, Mindy a toujours envie de rendre service à la ville en se servant de ses talents, Dave aime toujours se mettre dans la peau de Kick Ass. Cependant, leur passage dans tous les journaux télévisés du pays a démocratisé les super-héros : maintenant, en devenir un, c’est donné à tout le monde, car chacun a bien sa petite justice à faire (enfant tué, sœur violée…). Grâce à Kick Ass, les super-héros (ou plutôt les apprentis) ont émergé massivement et forment un groupe de justiciers œuvrant ensemble pour rendre les rues de la ville plus sûres. De là à dire que nos protagonistes n’ont pas changé, c’est faux, ils ont grandi et mûri, même leur costume ont évolué : celui de Hit Girl notamment est plus chevaleresque, moins enfantin. Mais si des hordes de super-héros émergent, une armée de super-vilains est en train d’être formée par Red Mist, renommé pour l’occasion en Mother Fucker, qui, à grands coups de billets verts, achète ses disciples et s’entoure de personnages peu recommandables mais du coup, beaucoup plus puissants que Kick Ass et ses acolytes. Alors quand la guerre se déclare entre les deux camps, il n’y aura qu’une seule personne pour les sauver… Et évidemment, cette personne, c’estHit Girl. Mais avant cela, la demoiselle à d’autres culs à botter, notamment ceux des pouffiasses de son école qui l’ont ridiculisée et humiliée sur un terrain qu’elle ne maîtrise pas : le monde des filles. Mais la connaissant bien, on savait qu’une fin heureuse (ou plutôt vengeresse) pour elle allait arriver, et c’est grâce aux gadgets de son papa qu’elle arrive à ses fins : un appareil à vomi/diarrhée.



Vu que le premier Kick-Ass du nom a bien fonctionné, pourquoi ne pas reprendre intelligemment sa recette ? C’est ainsi que la scène d’ouverture, c’est Mindy qui tire sur Dave peu rassuré, même si affublé d’un gilet par balles. Pour l’occasion, les thèmes musicaux du premier opus sont repris ici, mais dans un genre plus rock, montrant la volonté de donner davantage dans le trash et la violence. Car la violence était présente dans le premier, mais elle est omniprésente dans ce second volet, que ce soit par le biais du Mother Fucker et ses grossièretés verbales, l’habileté imaginative du bras droit de celui-ci, Mother Russiaqui tue avec plaisir en torturant. Cela dit, le méchant n’acceptera pas de tuer le chien du Colonel Stars and Stripes : on ne touche pas aux animaux ! Le Mother Fuckerest un enfoiré de cruauté qui pense pouvoir acheter tout et tout le monde, ne serait-ce que par la mise en scène de la mort du père de Dave, dont la pendaison est envoyée par MMS à son fils. Malgré tout, il reste un méchant ridicule. Là où son père, Frank était fort, déterminé et débrouillard, lui passe juste pour un abruti complet qui ne sait se dépatouiller sans son tuteur. D’ailleurs, son costume en dira long sur lui : il a repris les costumes SM de sa mère pour se fabriquer sa nouvelle peau, bref, il n’a pas compris grand-chose à la vie. Ces bras droits sont heureusement là pour le faire passer pour quelqu’un dont on doit avoir peur.



Cela dit, Kick-Ass 2 ne s’élève malheureusement pas au rang de son prédécesseur, il ne déçoit pas, mais il n’est pas forcément utile (tout comme le comics). Certaines scènes sont sympas, notamment celle deMindy devant le clip d’Union J où elle se fait traiter de cochonne, l’entraînement de Dave par Mindy… Mais c’est pas non plus aussi surprenant, étonnant et plaisant que les scènes du premier film. On ne va cependant pas lui reprocher sa fin : l’avenir incertain de Mindy qui s’enfuit de la ville avant d’être rattrapée par la police (dont son tuteur), mais surtout, Kick-Ass 2 nous montre avec une certaine aisance qu’il est tout à fait possible pour Monsieur-tout-le-monde de devenir un héros au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce qu’en poursuivant les voleurs qui viennent de commettre un vol à l’arrachée sur une pauvre mamie sans défense. Bon par contre, merci d’oublier la scène post-générique, qui ne fait que de nous apprendre qu’un troisième opus aura lieu, mais dont on peut se passer sans problème. Puis l’humour noir du premier est troqué par du simple pipi-caca alterné par des insultes à presque toutes les scènes où l’on voit le méchant. Lassant. Toutefois, celles balancées par Mindy sont savoureuses, surtout quand elle s’adresse à ses pétasses de copines.

Pour finir, j’ai presque envie de dire que si vous cherchez un film sur des héros en devenir, n’explorez pas Kick-Ass 2 sans avertissement. Car certes, on a encore une fois des apprentis super-héros, mais la quête identitaire et la vengeance voulue sont peu accommodantes dans ce second opus. La conclusion se suffirait à elle-même malheureusement, mais ils n’allaient pas faire la suite de Kick-Ass en vingt minutes… Bon, et puis je crache pas totalement dans la soupe : le premier tiers du film est délectable, vu qu’on y voit l’entraînement de Dave (qui devient un peu trop musclé pour un amateur). Bref : avant et après oui, mais pas pendant ! Sinon, la musique est pas mal, en plus des thèmes repris, on a des nouvelles chansons assez bonnes.



Conclusion : J’espère que je vous ai suffisamment documenté sur le sujet des apprentis super-héros, parce que nom d’une pipe, y’a pas que SpidermanBatman et compagnie dans la vie !

Be a real hero (part III)

KICK-ASS

Kick-Ass a été réalisé en 2010 par Matthew Vaughn, c’est une célèbre adaptation des comics éponymes de Mark Millar et John Romita Jr mettant en scène Aaron Taylor-JohnsonChloë Grace Moretzou encore Nicolas Cage.

Kick-Ass, c’est avant tout l’histoire d’un lycéen, Dave, qui a une vie un peu trop commune à son goût. Il a des amis, il aime une fille, il se paluche sur des sites pornos, il lit des comics… Et son amour pour ces derniers va le pousser à devenir un super-héros, à l’instar de ses idoles, Superman ou bien Batman. Il va vouloir devenir un super-héros pour donner du piment à sa vie et se sentir responsable de quelque chose. Cependant, il va vraiment se rendre compte de gravité de ses actes irréversibles quand il va se frotter à de vrais méchants (mené par Frank d’Amico) et lorsqu’il va rencontrer d’autres super-héros qui ne jouent définitivement pas dans la même cour.




Kick-Ass c’est donc la transformation de Dave de prime abord. On le voit d’abord dans sa vie normale, sa vie rangée de lycéen banal dont la plupart se contente. Il se fait racketter, il est faible, ça en est triste. Puis il s’achète un costume ridicule vert et jaune (de plongée qui plus est) et commence à vouloir se faire respecter par les deux qui l’ont racketté quelques semaines plus tôt, il se prend vite un coup de couteau et finit à l’hôpital car renversé par un chauffard. Il revient avec la version 2.0 de son personnage, qu’il a appelé tout bonnement Kick Ass : maintenant, qu’il a été refait de partout, il a moins de sensations quand on le frappe. Alors, il commence à patrouiller la nuit et cherche Mr Bitey, un chat et tombe littéralement nez-à-nez avec des malfrats qui poursuivent un homme, une aubaine pour lui, il peut enfin défendre cet homme. Son acte est médiatisé car des passants l’ont filmé et ont mis la vidéo sur Youtube. Une véritable réussite pour lui, il peut donc s’en prendre à plus gros : un drogué et ses potes dans un appartement, armé d’un taser, il blesse légèrement le méchant, se croyant foutu, il est sauvé par un duo de super-héros qui sont beaucoup plus professionnels et déterminés que lui : un père et sa fille. De fil en aiguille, il sera propulsé au rang de star nationale grâce à MySpace, ce qui va attirer les foudres du parrain de la ville. Il va donc se retrouver piégé, morflant comme jamais, en étant encore une fois sauvé par la gamine qui est largement plus douée que lui… C’est à partir de là qu’il prend conscience de ce qu’il fait, qu’il est maintenant une personnalité regardée, admirée et que ses faux-pas se révèlent destructeurs pour lui-même. Il prend véritablement conscience de cela lors de la scène où il se retrouve devant le miroir, complètement en sang.

Cette fameuse scène, je la trouve carrément terrible : non seulement le morceau intitulé Marshmallows est vraiment beau, mais en plus, on a successivement la prise de conscience de Kick Ass qui se rend compte que se prendre pour un super-héros n’est pas donné à tout le monde, et surtout, qu’il faut assumer. Cette maturité, Hit Girl l’a déjà acquise : pendant que Dave se rince dans la salle de bain, elle prépare la vengeance de son père, ne pouvant pas encore faire son deuil. Je trouve que Kick-Ass est un film certes, pour un public ciblé (geek/jeune) mais qui véhicule de bons concepts : la responsabilité (mais en mieux formulé que dans Spiderman), l’assomption et l’acquisition de la maturité. Et cette dernière est soit forcée (Hit Girl), soit délibérément choisie (Kick Ass). Effectivement, les deux sont jeunes,Mindy (le vrai prénom de Hit Girl) a 12 ans mais a déjà la tête sur les épaules, les pieds sur terre et une définition bien nette du bien et du mal. Elle n’a plus aucune innocence, malgré son jeune âge, c’est une adulte qui a été formatée par son père. Ce dernier lui vouait un amour inconditionnel, mais il l’a utilisée dans sa revanche contre Frank d’Amico et les criminels en général. Pour ce qui est de Dave, c’est autre chose, il a voulu plonger dans le monde des grands sans vraiment savoir ce qui l’attendait, ne pouvant plus faire marche arrière, il convient d’accepter son sort et d’assumer ses choix. Au-delà du fantasme,Dave a dû reprendre contact avec la réalité, et la scène devant le miroir est le fameux déclic. « Quand on n’a pas de pouvoir, on n’a pas de responsabilité ? » Pas sûr…



Au-delà de la morale et de la volonté de faire passer des messages, on doit quand même retenir que Kick-Ass, c’est du fun à l’état pur : on nous colle des scènes de combat carrément pitoyables (la première de Dave qui se solde par un séjour à l’hôpital) et d’autres incroyables et vraiment appréciables, celle avec Big Daddy (avec en prime, le remix du thème de 28 jours plus tard) ou celle où Hit Girl devient Robinet tente tant bien que mal de sauver Kick Ass et son père d’une mort certaine. Mention spéciale pour cette scène, celle du FPS avec en prime, la musique de Sunshine retravaillée pour l’occasion. C’est acrobatique, y’a des armes, des sauts périlleux, des cascades, youhou ! C’est violent, y’a des effluves de sang, on transperce des gens de part en part, on charcute… Kick-Ass est un film qui montre que les super-héros peuvent tuer et se faire tuer. C’est hyper rythmé, bien sûr, on n’a pas que du combat, et quand ceux-ci cessent, on ne retombe pas dans le plat, puisque l’on suit tour à tour Dave ou Mindy et son père dans leur vie quotidienne mais avec des préoccupations bien différentes.

A la limite de nous virer le héros, Hit Girl est élevée au rang de super gamine, adulée de tous. Mignonnette dans la vie de tous les jours, habillée en rose, avec des couettes et recevant pour son anniversaire des couteaux papillons, elle se transforme en véritable guerrière lorsqu’il le faut et n’hésite pas à démonter du méchant avec une violence extrême, avec une absence hallucinante de remords. On pourrait notamment croire que Mindy n’est qu’un instrument, un robot dont s’est servi son père pour mener à bien sa quête, mais elle nous prouve à de nombreuses reprises qu’elle a un cœur, notamment grâce à son amour pour son père, mais aussi avec sa compassion à la fin envers Dave, même si elle est quasiment imperceptible.
Dave n’en perd pas néanmoins tout son charme, mais la force exemplaire et le courage de la gamine est peut-être trop importante pour que l’on puisse élever le personnage principal au rang de héros. Big Daddyest lui, un papounet tout mignon, qu’on a du mal à détester malgré ce qu’il a fait de sa fille. Quant aux méchants, c’est des vrais méchants bien dégueulasses, sans foi ni loi.



En plus d’être violent et plein de sens, Kick-Ass arrive à dédramatiser toutes les situations grâce à l’humour (souvent noir) dont il fait preuve. Notamment grâce au personnage principal, Dave que l’on entend en voix-off qui se lance dans des répliques assez drôles « Comme chaque tueur en série le sait, il y a un moment où l’heure n’est plus au fantasme », tombe malgré lui dans des situations comiques (celle où les deux petites frappes se foutent de sa gueule en voyant son costume), sans oublier son entraînement fait par lui-même où il tente de sauter d’immeuble en immeuble, mais se ravise au tout dernier moment… Il arrive également à rendre hommage à des films et autres médias de la pop culture notamment, grâce à des références assez chouettes : musique d’Ennio Morricone, mentions de Scott PilgrimSpiderman,Sin CityLost et surtout, Batman avec le costume très ressemblant de Big Daddy, une réplique assez savoureuse de Hit Girl (le fameux signal dans le ciel de la bite géante donné par le maire) et une discussion entre Dave et l’un de ses amis : Batman ou Le Joker ? Mais attention, Kick-Ass n’est pas seulement qu’un film de geek, c’est plus profond que ça, et je vous l’ai montré plus haut.

Pour la petite comparaison avec le comics, Kick-Ass garde le fil conducteur, mais prend quelques libertés : une histoire d’amour (bah oui, on est au cinéma, fallait bien du cul), et même si le film est assez sombre, le comics l’est encore plus de par son univers, ses couleurs… Car en effet, dans le film, les personnages évoluent dans un monde de couleurs (lycée, magasin de comics, même le chocolat chaud deMindy et de son père a des marshmallows…) et le ton est davantage comique, même s’il garde sa violence, sa volonté de frapper, de se distinguer par l’abrupt.
Hors comics, pour relever la sauce, on a le droit à une savoureuse bande originale (The ProdigyThe Pretty Reckless…) et des thèmes qui ne sont pas si éloignés des thèmes héroïques que l’on a pu trouver dans la franchise Batman de Christopher Nolan.


Pour finir, j’élève Kick-Ass au rang de film à voir au moins une fois dans sa vie, car il donne une sorte de renouveau au genre, sans pour autant être prétentieux et prendre son public pour des cons. Il arrive à jongler sur plusieurs terrains en même temps, et c’est assez rare et admirable. 

Be a real hero (part II)

SUPER

Film de James Gunn réalisé en 2011, il a pour acteurs Rainn WilsonEllen PageLiv Tyler ou bien Kevin Bacon.
Super, c’est l’histoire de Frank, un pauvre gars qui décide de se venger du dealer qui lui a volé sa femme, elle-même junkie. Il devient alors Crimson Bolt, un super-héros bien loser, qui combat le crime. Dans sa croisade contre le mal, il va entraîner une jeune tarée psychopathe, Libby qui va quant à elle se faire appeler tout simplement Boltie.




Super, c’est la violence face à la violence. Là où Defendor donnait dans l’émotion, la justesse, Super rejoint le côté violent, pulsionnel et dérangeant du super-héros (si ce côté est censé exister !). Frank est certes un gros loser qui garde comme souvenir sa vieille délation sur un voleur auprès d’un flicard en pleine journée, un lâche, une flipette, mais lorsqu’il devient Crimson Bolt, il développe un côté absolument violent et démesuré. Politiquement incorrect ? Oui. Malsain à souhait ? Complètement. Crimson Bolt va donc combatte le crime avec son slogan « Shut up crime! », armé d’une clé à molette et dès qu’il verra la moindre injustice, l’once d’irrespect, le petit côté méchant des gens, il va donner tout ce qu’il a et fera abattre sur ses victimes de lourdes violences physiques et verbales. Un couple qui passe devant tout le monde dans une file ? C’est pour lui, et il va littéralement les défoncer.

Son côté vengeur, il l’a développé grâce (à cause ?) de sa femme et de son salopard de dealer. Cela dit, lorsqu’il faut se coller à Jacques (le dealeur) et ses hommes de main, là, c’est nettement plus compliqué que de se frotter à de pauvres citoyens qui n’ont rien demandé à personne. Frank est un pauvre mec, situation minable, vie minable, physique peu racoleur, sa seule raison de vivre, c’était Sarah, sa femme, qui préfère carrément un trafiquant de drogue plutôt que de rester avec son con de mari. Elle tombe dans la drogue, elle crève à petit feu. Frank doit inévitablement la sauver. Il crée donc son personnage,Crimson Bolt, une sorte de super-héros avec un costume rouge ridicule, s’inspirant de comics et adulé par sa comparse, la névrosée et nymphomane Libby, devenue elle Boltie, en costume tout aussi ridicule jaune et vert. Cependant, son côté obscur à elle, c’est plus les penchants sexuels, les pulsions, elle prend des poses volontairement sexy dans son costume devant Frank. Ce dernier est d’ailleurs plus un vengeur complètement déphasé qu’un véritable super-héros avec des principes. Héroïsme ? Zéro. Bienfaisance ? Néant. Tout se veut pathétique et dramatique dans Super, tant dans les personnages que dans les événements qui s’enchaînent. C’est immoral et on ne nous manque jamais de nous le rappeler.



A tort, et à l’instar de Defendor, on tient à ranger Super dans une case, à prouver qu’il y avait Kick-Ass avant lui (Supera été écrit antérieurement)… Mais aucune ressemblance là encore avec le plus que connu Kick-Ass. Alors évidemment, on retrouve une personne qui en a marre de se faire marcher sur les pieds, une personne normale voire un peu loser, qui, à grands renforts de comics se transforme en justicier plus ou moins réussi, mais la similarité cesse maintenant. Là où Kick-Ass s’adresse à une communauté jeune, Super convient à un public adulte, mûr et résolumment averti. Un peu comme Defendoralors ? Et bien, pas vraiment, vu que le traitement de l’histoire, la mise en scène et la psychologie des personnages ne sont absolument pas les mêmes ! Defendor est dramatique, tout comme Super, mais là où notre Defendor s’en prenait à ceux qui l’avaient vraiment mérité, Crimson Bolt répartit toute sa haine sur ses pairs, faisant ressortir un côté vraiment dégueulasse, haïssable du personnage. Le faisant passer pour le véritable connard qui se prend pour un Dieu car il a un super-héros. Tout est une histoire de prétexte dans Super. Le héros est un loser bien grinçant qui montre le côté le plus pernicieux de l’humain, sans jamais ressentir d’émotions, ni encore moins de remords. Bref, on s’en prend plein la gueule, et l’Amérique est en tête de file : nation suprême des super-héros, c’est aussi là que naît Crimson Bolt, le revendiqué super-héros qui ne sait pas ce qu’est la justice, qui ne sait pas tempérer et surtout, qui ne connaît pas le mot sacrifice.

Quoique… La fin me ferait peut-être oublier la dernière partie de ma phrase précédente. Là où on avait été habitués à du violent, du pathétique, de l’horrible, du malsain tout au long du film, le dénouement tragique (et en même temps heureux ?) est tellement révélateur du sacrifice que fait Frank pour l’amour de sa femme, Sarah. Même s’ils ne peuvent pas rester ensemble, qu’ils n’ont surtout rien à foutre ensemble, celui-ci veille sur elle et préfère son bonheur plutôt que de la garder et la retenir égoïstement. La fin est donc triste et tellement belle dans un autre sens qu’elle nous met le cul par terre. Frank ne révèle que véritablement son côté humain et altruiste pour Sarah, l’amour de sa vie. Alors oui, c’est carrément bancal et en désaccord avec cette volonté de nous montrer ce qu’il y a de plus pourri chez l’humain, mais c’est une sorte de fin salvatrice qui nous prouve que même si on est le pire des salauds, on peut toujours se racheter ? Utopique, je l’avoue. Mais c’est la seule explication que je puisse fournir.



Alors au-delà de faire passer Batman et ses acolytes pour des cons qui sont trop sages, Super a appuyé là où ça faisait mal : un héros, et surtout un super-héros, ça peut être aussi dévastateur qu’un criminel. Lui, il n’a aucune légitimité à se montrer sous une forme de justicier, et ça ne l’empêche pas pour autant de le faire. La preuve en est dans les faits et gestes de Crimson Bolt : celui-ci a un prétexte pour péter la gueule de n’importe qui, et limite, ses actions sont d’autant plus impardonnables et inacceptables que celles de Jacques, le « pauvre » dealeur qui a piqué la femme de Frank. C’est grâce aux performances d’acteurs de Rainn Wilson et Ellen Page que ce fiasco héroïque a pu se dérouler dans de bonnes conditions : ils campent des personnages haut en couleur, qui dans leur croisade et leur petite vengeance personnelle se montrent particulièrement pourris. Rainn Wilson est en effet bon dans son rôle de loser, puis sans vouloir être méchante, il a le physique de l’emploi, les mimiques pour interpréter ce loser. Quant à Ellen Page, elle nous montre une fois de plus que les personnages peu consensuels, marginaux lui vont comme un gant. Libby/Boltie est spécialement taillé pour elle. Quant aux acteurs secondaires, Kevin Bacon dans le rôle du dealer, on voit bien que ce n’est pas le rôle de sa vie, et pourtant, il s’éclate, il prend plaisir à jouer un gros con presque excusé par rapport aux agissements de ses ennemis, les « gentils ». Liv Tyler, elle qui m’énerve à chaque fois est plutôt pas mal. On la voit peu, même si c’est de sa faute si tout cela arrive. C’est peut-être pour cela que j’arrive à l’apprécier : parce qu’on la voit guère !

Pour résumer, Super est un bon film sur les apprentis super-héros losers qui sont animés par la vengeance et par le licencieux. Les combats glauques et ultra-violents sont ponctués par des onomatopées nous rappelant le côté cartoon des super-héros. La musique est assez cool, notamment celle de la scène d’introduction. Puis, franchement, ce genre de traitement absolument névrosé est assez savoureux. Mais ne sera certainement pas de tous les goûts.

Be a real hero (part I)

Avant-propos : Depuis plusieurs mois (voire années), je m’intéresse sérieusement au monde des super-héros. BatmanAvengersWatchmen en lice, j’ai voulu explorer la fange des super-héros : les gens ordinaires qui n’ont ni (super-)pouvoirs, ni de destin héroïque et encore moins d’argent pour pouvoir se payer les gadgets. Je vais donc décliner ce thema en quatre parties où je vais donc traiter quatre films d’apprentis « super-héros ». Bien sûr, j’ai dû exclure certains films, sinon le thema allait être trop important. J’ai donc dû choisir les films que j’ai préférés, que j’ai aimé voir et que j’aimerai faire découvrir au plus grand nombre, car certes, les deux derniers sont hyper connus, mais les deux autres sont largement moins populaires. Ce qui n’est pas forcément gage de nullité, bien au contraire.



DEFENDOR

C’est un film de Peter Stebbings avec Woody HarrelsonKat DenningsSandra Oh ou encore Michael Kelly.
Defendor (et surtout pas Defender), c’est le doux surnom que porte Arthur lorsqu’il revêt son costume de super-héros, une combinaison noire avec trois bandes de scotch formant un D sur le torse. Arthur, c’est un homme d’une quarantaine d’années, gentil, mais tellement pas en phase avec la réalité, il a « une case en moins ». Sa volonté est d’éradiquer Captain Industry, une baleine, c’est-à-dire, un gros trafiquant de drogues qui détient également un important réseau de proxénétisme.



Arthur est un homme qui souhaite se venger de son ennemi, le Captain Industry car celui-ci a tué sa mère, une prostituée. Pour l’aider dans sa quête, il va rencontrer Kat, une prostituée droguée qui travaille pour le capitaine. Ils se lient d’amitié, elle vit chez lui (un atelier). Arthur n’était pas seul avant l’arrivée de Kat pour autant, son ami (transformé en une sorte de grand-frère protecteur) qui est aussi son employeur essaye à de nombreuses reprises de l’aider, de trouver des solutions. Il sera à son chevet lorsque Arthur ou plutôt Defendor se retrouvera à l’hôpital après avoir été tabassé par les hommes de main du capitaine. Il sera également là pour être son tuteur légal lors de sa sortie de prison.


L’histoire nous est contée par des flash-backs. En effet, nous voyons ce que Arthur raconte à sa psychiatre avant d’être relâché dans la nature, c’est-à-dire avant sa sortie de prison. Elle essaye de le comprendre, se montre empathique, douce et elle le guide vers la raison, tentant plusieurs fois de savoir s’il croit avoir bien fait ou mal fait en tabassant le père de Kat (un pédophile) ou en voulant se faire justice soi-même.
Plus le temps avance dans le film, plus Defendor devient un véritable héros aux yeux de Kat (qui le prenait, avec raison, pour un simple taré de prime abord) mais également aux yeux de la population : on entend plusieurs fois des voix provenant d’une radio où des habitants témoignent leur respect et leur sympathie envers ce personnage. Bref : leur soutien.

Defendor n’est pas un film qui transcende, qui changera votre vie à tout jamais. Cependant, on peut relever des bons points majeurs quant à la performance des acteurs. Bien sûr Woody Harrelson est en tête de liste : sa faculté d’interpréter un personnage simplet qui reste complexe est touchante. Cet acteur est vraiment doué, pas seulement dans Defendor, mais c’est un registre dans lequel on ne l’avait pas encore vu, et même là, il s’en sort à merveille. La jeune Kat Dennings s’en sort pas mal dans son rôle de pute droguée qui va être littéralement sauvée par Defendor, sauvée de l’enfer de la drogue, de la prostitution mais d’elle-même, vu qu’elle va reprendre goût à la vie. Les autres acteurs ont beau avoir de petits rôles, ils n’en restent pas moins convaincants : son ami, sa psychiatre, le commissaire de police… Tous sont bien dans leur personnage.



Le film, facilement rangé dans la case « Drame » reste grave tout en mêlant humour et émotion. Effectivement, le personnage de Defendor n’est pas sans nous faire rire : ses armes sont peu communes (des guêpes, un lance-pierre, son kit d’espion acheté sur internet, des billes…), et malgré son immense courage, ses trébuchements donnent dans le pathétique. Arthur est un personnage très touchant qui arrive à nous faire passer un bon nombre d’émotions : de la tristesse, de la sympathie, de l’amitié… Car après tout, c’est juste un gamin dans un corps d’adulte, ses faits, gestes et dires en sont révélateurs. Une sorte de Forrest Gump pour la mentalité. Il est gentil, naïf et tellement déterminé à faire justice lui-même, qu’il ne peut que nous faire ressentir des sentiments positifs à son égard. Son imagination est débordante, d’ailleurs, il est fan de comics, et il a eu une mauvaise interprétation de ce que lui a raconté son grand-père au départ de sa mère : le Captain Industry n’existe pas, et il aura beau le tuer, celui-ci reviendra toujours sous les traits d’une autre personne peu recommandable.
Cependant, comme dit plus haut, Defendor n’en reste pas moins un drame, car on traite quand même de sujets peu légers (drogue, prostitution et violence) et l’issue sera forcément tragique pour notre héros. Le climat reste très sombre, à l’instar de BatmanDefendor ne sort que la nuit, il se fie à la lune, car c’est grâce à elle qui sait que sa maman est encore avec lui : c’est la seule chose commune qui leur restait quand ils étaient loin l’un de l’autre.

Et pourtant, il a fallu que je m’accroche avant de voir Defendor, car la présence seule de Woody Harrelson ne fait pas tout. Aucune sortie dans les salles obscures françaises, juste un passage direct en dvd. La faute à un budget réduit ? Peut-être. Mais surtout, Defendor a vite été télescopé par son petit frère : Kick-Ass, sortis tous les deux à peu près en même temps. La ressemblance pourrait être faite exprès, tellement l’histoire de base se ressemble (un homme ordinaire, voire un peu loser veut devenir un super-héros) mais dans le traitement de l’histoire, ça diffère complétement. La différence est trop grande pour parler de similitude. Là où Kick-Ass a un public geek, jeune, Defendor se veut plus adulte car tellement plus subtil, plus psychologique et résolument dramatique (même si Kick-Ass a également son lot de tristesse et d’émotions). Puis, parlons quand même du côté nanardesque qui nous plante le premier jugement que l’on peut se faire du film sans l’avoir vu : le titre, l’affiche et même le synopsis. Encore un mec qui se prend pour le nouveau super-héros ? Bof. Encore une histoire basée sur la propension énorme du héros à être un loser ? Déjà vu. Encore un film qui joue sur sa folie, son côté décérébré ? Sans moi. Et heureusement que l’on passe au-dessus de tout ça, car passer à côté de Defendor, c’est passer à côté d’un film qui nous montre ce qu’est la difficulté d’être un super-héros, ce qui peut nous formater, et surtout, qui nous fait voir à quel point nos interprétations d’enfants peuvent rester tellement ancrées en nous qu’il est difficile de s’en dépatouiller à l’âge adulte. Defendor reste simple : pas de super-scènes avec des effets spéciaux à couper le souffle, mais un développement absolument poussé du personnage principal.




Évidemment, dire que Defendor est un film excellent serait mentir. Car il souffre de faiblesses (notamment liées au budget), d’a priori peu engageants et de ressemblances plus que fortuites et involontaires.Defendor reste néanmoins juste, développé et qu’il faut voir au moins une fois. La bande son reste assez cool, notamment le thème principal, qui révèle une personne héroïque et qui nous fait penser à tous ces films où l’on doit se réveiller pour prendre en main son destin et sa vie. Écoutez à partir de la 50ème seconde ! Le générique lui, il appartient au groupe Metric qui livre un sympathique morceau de leur discographie : Help I’m alive

Watchmen

Je vous avais déjà présenté la BO il a quelques semaines avec des titres magnifiques comme du Leonard Cohen, Tears for Fears, Simon & Garfunkel ou encore My Chemical Romance

Mais la BO est loin d’être le seul point fort de ce film.

Mais avant tout, commençons par raconter le synopsis

En 1985, les États-Unis et l’Union Soviétique sont au bord de la guerre nucléaire. Des années plus tôt, aux États-Unis, des héros ont modifié l’histoire et ont fait parler d’eux… Assassinés les uns après les autres (ou déclarés mentalement incompétents), les derniers se cachent et vivent une vie normale. Mais la mort de l’un des leurs, Le Comédien mène Rorschach à enquêter sur son meurtre et surtout à vouloir réunir ses anciens coéquipiers pour sauver leur peau et le monde.

Voici le générique qui est l’un des meilleurs que j’ai vus de ma vie (merci Bob Dylan) : on clique là et on met en route la vidéo.

N’ayant pas lu la BD, j’avais peur d’être un peu perdue, mais ce générique a eu le don de tout résumer en quelques minutes, et ça c’est très fort.

L’histoire est narrée par Rorschach, sûrement le plus dangereux, le plus intéressant et le plus charismatique des Watchmen. En effet, l’histoire nous est contée par son journal.
Le film dure plus de 2h40 (pour ce qui est de la version courte) mais on ne les sent vraiment pas passer.

Visuellement, on a devant nous quelque chose de superbe, les couleurs sont magnifiques, la mise en scène est soignée et surtout, les costumes (un peu kitsch) des Watchmen sont géniaux.
Les scènes, parlons-en, elles sont toutes magiques : celle de l’ouverture/mort du Comédien, celle de la scène de baston en prison, la scène où Dan et Laurie font l’amour sur Hallelujah de Leonard Cohen… Esthétique. Esthétique mais noir. Car ce film baigne dans la noirceur et ça le rend davantage comestible.

Noirceur non seulement visuelle mais auditive. En effet, une réflexion est faite sur le monde, sur l’humanité qui est en train de se dégrader, on voit une Amérique réactionnaire, violente, dénuée d’humanité.
Toutefois complexe, le film sait nous coller au siège pendant ces minutes de visionnage sans avoir envie de fermer les yeux, et ce grâce à des personnages charismatiques, de véritables super-héros qui nous montrent ce qu’ils ont dans le ventre.

Bon visionnage !

The Amazing Spider-Man

The Amazing Spider-Man est le reboot de la saga Spider-Man réalisé par Marc Webb.
Le pari était risqué de faire un reboot de cette saga plutôt bonne (mais qui commençait à s’essouffler cependant) avec des acteurs différents et surtout une histoire repartie de zéro.

Alors, est-ce que ça vaut la peine d’aller voir The Amazing Spider-Man ? Moi je dis oui.

Le pitch : le jeune Peter Parker est emmené par ses parents chez son oncle Ben et sa tante May et disparaissent mystérieusement sans donner de nouvelles. Élevé par Ben et May, nous le retrouvons au lycée, en tant que skateur, photographe amateur et surtout, un peu tête de turc de ses gros bras de camarades. Voulant en savoir davantage sur ses parents et leur disparition, il se rend chez Oscorp, ancien lieu de travail de son père et y rencontre le docteur Curt Connors, ancien ami et collègue de son père. Ce fameux docteur travaille sur la régénération cellulaire, dans l’espoir de retrouver son bras (oui il s’avère que le bonhomme n’a plus que son bras gauche). Pressé par des gens de plus haute importante (à savoir ceux qui financent son laboratoire), il se voit dans l’obligation de tester le sérum encore en phase d’essai, et se transforme peu à peu en Lézard.
De son côté, Peter s’étant fait piquer par une étrange araignée, se découvre des dons, il se transforme physiquement et s’entraîne. Il devient peu à peu le justicier de la ville poursuivi par toute une horde de policiers mené par George Stacy, le père de Gwen Stacy, la fille dont Peter est amoureux.

Comme je vous le disais, faire un reboot de la saga était risqué, on abandonne le Peter Parker adulte pour un lycéen. Pas très enviant de prime abord… De prime abord, seulement.
En effet, de gros changements dans le scénario sont à noter, on voit un Peter Parker motivé par l’envie d’en savoir plus sur ses parents, ses relations avec son oncle et sa tante beaucoup plus développées et intéressantes, et surtout, sa transformation bien plus crédible que dans le Spider-Man de Sam Raimi.

Car oui, je trouve ce début de saga bien plus crédible par rapport à l’autre. On voit Peter Parker se heurter à sa double identité : les policiers remettant en doute sa volonté de vouloir faire la justice, on le voit également avoir des problèmes de lycéens : premiers amours, bagarres avec des brutes, moqueries en tout genre…
Et même lors de ses combats, celui-ci ne revient pas tout beau tout propre comme l’autre Spider-Man, oh que non : il se mange des mandales et a des beaux bleus et cocards.
Andrew Garfield, qui interprète notre homme araignée nous en ferait presque oublier ce bon vieux Tobey Maguire. J’ai envie de dire qu’Andrew est limite taillé pour ce rôle, il EST Peter Parker/Spider-Man.
Là où j’ai un avis plus tranché, c’est sur Emma Stone. Celle-ci envoie un coup de pied au cul à Kirsten Dunst et à sa Mary Jane Watson, les envoyant toutes les deux aux oubliettes. Fini la chochotte, potiche et jouvencelle constamment en détresse, place à la Gwen Stacy qui se bat et qui a des ovaires !
Quant aux oncle et tante de Peter, ceux-ci sont davantage préoccupés par Peter et ne sont pas constamment collés à lui en lui faisant des sermons ou en lui sortant des grandes phrases. Ici, Ben et May sont beaucoup plus présents et sympathiques.
Bref, question interprétation, ce reboot envoie pas mal.

L’humour est dans ce début de saga assez présent et c’est assez plaisant. Comparé à ses prédécesseurs, cet opus est drôle mais n’en fait pas des tonnes. Je me souviens d’un ancien Peter Parker qui n’en finissait pas avec ses blagues à la con en parlant à ses ennemis. Là on a quelques doses d’humour avec les méchants, mais c’est surtout lorsqu’il découvre ses pouvoirs et quand il se « venge » avec gentillesse de ses camarades que l’humour est présent. On ne rit pas à gorge déployée, mais on arrive à nous soutirer un sourire.
The Amazing Spider-Man est donc à mi-chemin entre la comédie teenage et du film de super-héros.

Car il ne faut pas l’oublier que l’on est dans un film de super-héros et là non plus, on n’est pas déçus. Effets spéciaux, scènes de castagnes, grimpettes sur les murs et tissages de toile sur des grues… On en prend plein les yeux et c’est un régal. Quant au super-héros, notre Spider-Man, on le voit en constante évolution comme je vous l’ai dit, il commence avec des débuts peu prometteurs pour finir par mettre la pâté au Lézard et à en mettre plein les mirettes aux policiers qui remettent en cause sa légitimité à faire la loi.
Et qui dit super-héros, dit grand méchant. Et là, je dois avouer que le Lézard est un bon méchant, coriace, bien dégueulasse, rongé constamment entre le bien et le mal (à la manière d’un Bouffon Vert).

En conclusion, un vrai scénario, des effets spéciaux de frappadingues, des acteurs vraiment très bons et convaincants, une crédibilité, un reboot très réussi…
Vivement le prochain et merci Marc Webb !