The Nice Guys (2016)

On en a fait beaucoup avant la sortie de The Nice Guys. Rien que sur SensCritique, on recensait les meilleures punchlines du film avant sa sortie et on offrait même un badge à ceux qui l’avaient rajouté dans leurs envies (sérieusement les mecs… ?). Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on attendait le nouveau Shane Black de pied ferme. Piqûre de rappel : Last action hero, Kiss kiss bang bang et la franchise L’Arme fatale, voici trois titres auxquels le réalisateur a participé, mais je parlerai seulement de Kiss kiss bang bang, parce que Black n’a pas été « seulement » scénariste ici, il l’a réalisé, tout comme le film dont il est question ici. Et au pitch, on voyait de grosses ressemblances entre les deux. La question était donc de savoir si TNG était un vulgaire copié-collé de KKBB. La réponse est non.

Donc oui, l’histoire est assez similaire, puisque encore une fois, Shane Black s’attèle à réaliser un film sur Hollywood, en prenant pour trame une histoire de meurtres de stars et autres grands noms du cinéma, le tout sur fond de complots et pour démêler le vrai du faux, des détectives privés plus ou moins aguerris. Là où le film de 2005 (putain 11 ans !) s’inscrivait dans notre époque, le film sorti en 2016 prend place dans les 70’s, nous apportant son lot de vintageries remarquables : décors, fringues et pensées bien différents de ce que nous connaissons actuellement. C’est l’un des premiers points forts du film : l’immersion est totale et complètement réussie. En tout cas, moi, j’avais l’impression soit d’être dans cette décennie l’espace de deux heures, soit de voir un film qui avait été tourné pendant ces années, mais avec les techniques actuelles. Côté maîtrise, Shane Black n’est absolument pas un amateur et sa mise en scène est bien foutue, le côté histoires parallèles formant l’introduction m’a mise dans le bain dès les premières minutes, même si, je dois bien l’avouer, j’étais un peu perdue avec tous ces noms dans les premiers temps…

Dans « tous ces noms », on a notre trio principal, trois personnages qui se complètent et forment une équipe soudée malgré ses différences et ses méthodes diverses : Jackson Healy (Russell Crowe), Holland March (Ryan Gosling) et sa fille, Holly (la jeune et prometteuse Angourie Rice). Bien écrits et bien joués, le casting et les personnages, sont un autre point fort de The Nice Guys. A côté d’eux, même les rôles secondaires envoient du lourd : la jeune actrice porno rebelle qui voit en chaque personne un fasciste en puissance, les méchants implacables, et même un gamin que l’on croise sur son vélo qui est prêt à montrer sa queue pour 20 dollars… On prend du plaisir à voir évoluer chacun d’entre eux, les voir parler et mener l’enquête, le spectateur y prend part d’ailleurs, parce que le tout fonctionne tellement bien qu’on est obligés de vouloir participer à ces péripéties. Le rythme aide bien, tout est fluide et il se passe toujours quelque chose dans chaque scène. Sérieusement, pendant toute la durée du film, je ne me suis pas ennuyée un seul instant, les personnages charismatiques commencent d’abord par nous charmer et l’écriture du scénario fait le reste, je n’ai pas vu le temps passer.

Il faut dire que les scènes et situations rocambolesques s’enchaînent, sans pour autant que l’on trouve ça lourd, ni que ça en devienne répétitif. L’une de mes scènes préférées est celle de la villa, parce qu’il se passe vraiment tout ce que qui est possible : découverte d’un cadavre, open bar bien chargé, visionnage d’un film porno (et c’est encore mieux quand on a treize ans), interrogatoire de sirènes dans une piscine, fusillade, course-poursuite, sans oublier les répliques qui fusent et font mouche. D’ailleurs, l’ayant vu en VF (parce que là où j’habite, les seuls films qui passent en VOSTFR sont les films estampillés art et essai), j’ai trouvé le doublage assez sympa. Certes, certaines blagues sont un peu tombées à plat parfois, mais ça fonctionnait très bien dans l’ensemble, surtout que la voix de Ryan Gosling a été conservée pour ses hurlements très aigus, et ça, c’était parfait. Ça faisait longtemps que je n’avais pas ri comme ça devant un film, au cinéma qui plus est.

Je reviens un peu sur l’immersion dans les seventies pour aborder le sujet de la bande-son. Cette dernière nous convie elle aussi à la fameuse décennie en nous apportant son lot de Bee Gees, de Kool and the Gang, de Kiss ou encore de Temptations. En un mot ? Génial. Que l’on soit fan ou pas de cette décennie musicalement parlant, on se laisse facilement porter par sa bande originale qui illustre très bien les différents passages où elle passe. Les chansons ont été bien choisies et collent parfaitement aux scènes auxquelles elles correspondent. Je ne dirai pas qu’elles ont été écrites pour The Nice Guys, mais elles parent très bien les diverses séquences.

Pour répondre à ma question sur le lien entre KKBB et TNG, même s’il subsiste un rapport dans les grandes lignes, The Nice Guys a sa véritable identité, à la rigueur, on pourrait parler de remake, mais de manière très libre… Parce que même si la toile de fond est quasi identique, son traitement est différent, mais on retrouve les qualités qui ont fait de Kiss kiss bang bang un très bon film. Là où ce dernier était plus « sombre », et un brin plus complexe (pas casse-tête non plus), The Nice Guys est à la cool (poseyyy ?) même si très énergique à la fois, et assez abordable. Pour cela, je leur mets la même note, même si je trouve que c’est assez peu pour le bonheur que chacun de ces métrages m’a apporté.
Un excellent buddy movie en somme, qui allie action, humour et enquête, grâce à d’excellents personnages et une bonne mise en scène.
(Bon et, première séance dans ma ville, une salle gigantesque pour 5 personnes (dont mon chéri, ma copine et moi-même), comment ne pas mieux en profiter ?)

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Detention (2012)

Quand les années 2010 rencontrent les années 90, il y a forcément un ours, un voyage spatio-temporel, des OVNI, un tueur en série, des lycéens trop cool et un canadien pas sympa, non ?
Ok, je conçois, dit comme ça, ça donne pas envie et ça ressemble à Kung Fury version ado pour le moins déplaisante. Et pourtant ! Detention est un merveilleux melting-pot qui n’a aucune limite, si ce n’est de faire un bon film avec des bases piochées dans plusieurs genres. En fait, le film pioche tant au niveau de l’épouvante-horreur (et surtout du slasher), que dans la comédie, la science-fiction ou le teen-movie, sans être forcément un hommage aux films de chaque genre. Bien sûr, il s’en inspire à de nombreuses reprises, mais il fait son petit bonhomme de chemin et crée son univers bien à lui.
C’est pour ça que je m’attendais à voir, au mieux, un film divertissant, au pire, un navet immonde, incompréhensible surfant sur la vague des comédies horrifiques pour ados en manque d’Edgar Wright et de John Hughes (j’aime ces deux réalisateurs, ok ?). Ce que j’ai vu dépasse tout ce que j’ai pu imaginer : j’ai découvert une putain de pépite et j’ai eu un énorme coup de cœur pour ce film.

Synopsis : Riley est une lycéenne loseuse. Sa meilleure amie qu’elle ne reconnaît plus sort avec Clapton, l’amour secret de Riley. Et comme si ça ne suffisait pas, un tueur en série sorti tout droit d’un slasher movie sévit dans le lycée, tous sont suspectés.

Detention nous offre donc une histoire avec une machine à remonter le temps, des voyages spatio-temporels et un tueur qui s’en prend à des lycéens qui ont un sens de la répartie extraordinaire. Ça pourrait se compliquer plus d’une fois, être totalement incompréhensible même, mais le film fait tout pour nous éviter de nous prendre la tête et ça s’avère payant puisque le tout est assez clair : on nous explique de façon concise ce qui se passe sans rentrer dans les détails, et tant mieux. Ce qu’on veut c’est se marrer un bon coup, non ? Ainsi, si vous souhaitez une histoire qui n’implique aucune des données que j’ai évoquées plus haut et quelque chose de bien réfléchi, je vous recommande de passer votre tour. L’œuvre est totalement décomplexée, elle arrive vraiment bien à composer avec éléments qu’elle pioche assez intelligemment dans les divers genres et sous-genres : on sent que le réalisateur a voulu s’amuser avec des codes bien définis pour mieux les faire s’affronter, ou du moins, les faire fonctionner ensemble pour voir les combinaisons possibles. Et on peut dire que c’est réussi puisque le film commence par une sorte de tutoriel de la vie d’une reine des abeilles d’un lycée et finit par un affrontement final entre un tueur en série et deux adolescents, en passant par un voyage dans les années 90 et un vis ma vie de loseuse. C’est un univers déjanté, qu’on nous présente et totalement assumé j’vous dis ! Le pire ? C’est qu’on se laisse facilement prendre au jeu et qu’à aucun moment, on se demande ce qu’on fout là. Allez, au pire on se demande à quelle drogue tourne l’équipe de tournage, mais sans plus. Sincèrement, on passe un bon moment wtfesque à regarder Detention, tout en rigolant comme des loutres la plupart du temps.

Les personnages sont très bien écrits et sont chacun un cliché : la loseuse dont j’ai déjà parlé qui est notre personnage principal, son ennemie-amie cheerleader qui a échangé sa place avec sa mère, le tant convoité cancre hyper mignon par toutes les minettes du lycée, le gars fou amoureux de la loseuse qui s’en fout de lui et qui donc, est lui aussi un loser (je crois que je vais vous perdre là), un principal de lycée ravagé, un canadien qui est le personnage wtf du film… Bref, on pourrait s’arrêter sur chaque personnage pour en écrire des tonnes, car certes, ils représentent tous un cliché, mais ils arrivent à aller au-delà et dépasser leurs stéréotypes pour nous offrir des performances d’une part justes, et d’autre part, jouissives. Parce qu’aucun d’eux, à l’instar du film, ne se prend au sérieux, ce qui fait qu’entre l’écriture de leurs personnages et le script, ceux-ci nous offrent des bonnes punchlines et réussissent à nous faire rire, parfois en ne disant qu’un mot (voire aucun). Les situations dans lesquelles se retrouvent les personnages sont souvent déjantées et loufoques, ils se cassent la gueule un bon nombre de fois, ont une répartie de dingue (oui j’l’ai déjà dit, je sais) et peuvent se retrouver dans des situations en en faisant des tonnes, sans que ça paraisse trop gros non plus.
A côté de ça, les décors sont plutôt cool et arrivent à nous plonger dans l’univers voulu, aidés par la bande originale qui est complètement énorme (une bande son qui réunit Jump around de House of Pain et MMMBop des Hanson, c’est forcément bien, non ?), tout comme les costumes qui révèlent les clichés de la mode des années « old school ». Même son générique de début est magnifique.

En somme, c’est un bon gros délire qu’est ce melting-pot (bordel pour ses ennemis ?), qui vous fera passer un excellent moment.
Bon puis, y’a quand même Josh Hutcherson qui a fait fondre mon petit cœur de beurre.
(Y’a Shanley Caswell pour la gente masculine, on s’calme.)

Starship Troopers (1997)

En voyant le titre de cet article, soit vous pensez que je vais faire un troll, soit vous pensez que je n’ai vraiment que des goûts de merde. La première option étant impossible de mon point de vue pour ce film, je vais donc opter pour la deuxième option, montrant que mes goûts de merde dans le cas présent, ne sont pas forcément horribles.
Cette petite introduction tient à rappeler que Starship Troopers est l’un des films les plus sous-estimés et incompris de tous les temps (avec Sucker Punch ? :D). Voulant remettre l’église au milieu des points sur les i, je vais me porter partie civile pour le procès de ce film si cher à mes yeux.



Starship Troopers est un film de science-fiction où l’on nous présente une guerre intergalactique avec les humains d’un côté et les parasites de l’autre. Ces parasites sont des formes extra-terrestres qui tentent d’envahir l’univers tout entier et qui sont plus que virulents, si bien que l’ensemble des humains a du mal à l’éradiquer et même à résister à cet ennemi. Pour prendre part à cette guerre, nous suivons Johnny Rico, de son quotidien d’étudiant à sa vie de soldat plus qu’efficace dans l’infanterie, le corps le plus mal vu de l’armée.

Présenté comme un film de propagande vantant les mérites de la guerre, recrutant les soldats dès le plus jeune âge et d’offrir aux étudiants une éducation déjà très orientée, Starship Troopers utilise l’humour et l’ironie pour mieux présenter ce système défaillant et ridicule d’enrôlement, de recrutement et de fonctionnement politique et sociétal. Et c’est en prenant ce chemin apparemment sans embûche que l’œuvre s’est faite cracher dessus. En effet, la plupart des spectateurs n’ont absolument pas compris que le film donnait pendant toute sa durée dans le second degré, ils ont donc tout pris au pied de la lettre, le trouvant tour à tour immoral, encensant la guerre ou encore fade. C’est pourtant assez clair que Starship Troopers utilise dans tous ses procédés l’humour afin de mieux dénoncer la dangerosité de l’omniprésence des forces armées dans la politique et sa place dans la société. Effectivement, entre les messages de propagandes plus que rentre-dedans, les publicités pour les corps d’armée (comme pour de vulgaires produits ménagers) et surtout le fait qu’il faille faire son service militaire pour être « citoyen », tout est limpide et tend à montrer que le film se veut acerbe.

Dans le film, la société est régie par les « citoyens », des personnes qui votent, prennent les décisions et plus globalement, détiennent le pouvoir. Une autre classe sociale existe, ce sont les « civils », qui, vous l’aurez compris, n’ont aucun privilège. Alors que cette facette de la société est a priori importante dans le livre, elle n’est que survolée au début du film, sans pour autant être expédiée. On apprend donc que pour être « citoyen », il faut avoir fait son service militaire, et que les citoyens ont la possibilité de rentrer dans plusieurs corps de métiers à l’inverse des civils et qu’ils ont un pouvoir sur les autres, en d’autres termes, une forme de violence dangereuse que les autres n’ont pas. Dans cette société, un peu comme dans Gattaca, le racisme, la misogynie et la différence sont éludés au profit de cette simple citoyenneté. Ainsi, les citoyens sont des êtres bons et qui ont des droits et des devoirs, les civils n’ont absolument rien. La différence réside seulement dans ce statut social. Promis à être de bons citoyens, on retrouve donc Rico et ses camarades, tous présentés comme des jeunes riches dans un lycée, nous faisant penser à la Californie, pourtant, on est à Buenos Aires. Ce détail anodin ne l’est en fait pas, puisque l’on nous présente des personnages tout droit sortis du rêve américain, transportés dans une ville aux antipodes de ce qu’ils sont : pauvre, cauchemardesque et sans une once de pouvoir de décision. En réalité, cette transposition sert davantage le côté décalé du film, puisque l’on imagine mal nos petits lycéens dans une école actuelle de Buenos Aires…



Malgré la supposée avancée de la société dans laquelle évolue nos personnages, on se rend bien compte que cela n’est que foutaise, les châtiments corporels et les punitions en place publique étant notamment de rigueur. En extrapolant, on arrive à voir que malgré les progrès faits (conquête de l’espace, union des pays au profit d’une guerre intergalactique…), des problèmes résident et/ou pointent le bout de leur nez : la manipulation de masse avec des vidéos de propagande et d’enrôlement, la pérennité d’un fossé entre les différentes classes sociales existantes… Montrant et pointant les défauts d’une société de rêve, on arrive toujours à voir qu’un système se base sur des inégalités et injustices plus que choquantes. Nous apercevons même quelques clins d’œil à des régimes totalitaires ayant existés, avec la propagande certes, mais aussi avec les uniformes des officiers de l’armée ressemblant très fortement aux manteaux des nazis. Cependant, aucune rébellion n’est aperçue, les personnages, leurs amis, leurs parents sont ancrés dans cette société, ils respectent ses procédés et même : la prônent. Ainsi, ces problèmes invisibles pour les personnages, ces derniers vaquent à leurs occupations qui elles, sont assez bien connues de tous : se trouver une place dans la société, avoir une reconnaissance sociale et professionnelle, se faire des amis, et pour Rico, reconquérir le cœur de sa bien-aimée qui a préféré sa carrière.

Parce que Starship Troopers dénonce certes les dérives d’une société moderne, mais il décrit aussi des histoires entre plusieurs personnages qui se lient d’amitié, qui se détestent, qui s’aiment… Ces histoires s’ancrent très facilement dans le film et ne sont absolument pas gnan-gnan ni de trop. Et à côté de ça, il y a la vraie guerre, celle qui oppose les humains aux parasites, celle qui fait perdre à nos personnages des êtres chers. Ici, un autre défaut pointé par les spectateurs apparaît, celui du côté kitsch du film. Sans pour autant le nier, je tiens à le minimiser. En effet, le film n’est pas tout jeune, mais n’est pas centenaire non plus. Cependant, j’ai vuStarship Troopers quand j’étais enfant, et il fait partie pour moi de ces films inscrits à vie dans les années 1990. Bien entendu, plus jeune, je ne percevais pas toute la critique et prenais le film au premier degré, mais c’est en le revoyant à notre époque que je m’aperçois de tout le côté revendicateur du film. Ainsi, j’ai presque envie de dire que le kitsch du film est totalement assumé et décomplexé : ça a mal vieilli, les effets spéciaux sont plus ou moins mauvais, les images sont très médiocres… Et pourtant, je trouve que tout le charme du film réside ici, que ce soit lors de sa sortie ou à notre époque, vingt ans après. Je ne vous décris pas du tout un plaisir coupable, mais plus une sorte de film aimé tant pour ses qualités que pour ses nombreux défauts. En effet, si on apprécie l’œuvre, c’est aussi pour son côté tellement vieillot (j’oserai presque dire « vintage ») et donc, profondément 90’s. Le casting lui aussi est d’époque et un peu kitsch : Denise Richard et Dina Meyer du côté des dames (et pour les spectateurs hommes qui ont dû baver plus que de raison sur l’une ou l’autre), Casper Van Dien et Neil Patrick Harris du côté des hommes.

Avant de conclure, que serait un film situé dans l’espace sans une petite pensée pour Star Wars ? En effet, la musique épique nous rappelle étrangement les thèmes de la saga où là encore, une guerre fait rage.
Starship Troopers est pour moi une pépite des années 1990 que j’aime regarder encore aujourd’hui, et même si je ne vous ai pas convaincus à son sujet, il restera toujours un film appréciable pour toutes ses qualités et tous ses défauts, que je continuerai à regarder sans avoir la moindre honte. Et que je continuerai à défendre malgré les principaux reproches faits : navet et promotion du fascisme.

Spaced

Spaced ou Les allumés en VF, c’est une série réalisée par Edgar Wright et écrite par Simon Pegg et Jessica Stevenson qui en sont les deux acteurs principaux. Cette série a vécu deux saisons, ce qui lui fait un total de 14 épisodes, de 1999 à 2001.

Le pilote de Spaced met les choses en place : on voit Tim d’une part, dessinateur de comics qui vient de se faire larguer par sa copine et qui se retrouve à la rue. D’autre part, Daisy tout aussi paumée que lui cherche également un logement. Ils auraient pu passer le reste de leur existence à ne pas se côtoyer, mais le hasard en a fait autrement, c’est ainsi qu’ils se retrouvent chaque jour à la même table du même café pour chercher un appartement. Puis vient une brillante idée : ils vont se faire passer pour un couple auprès d’une logeuse, Marsha pour que celle-ci leur cède un des appartements de sa grande maison. Tim et Daisy vont donc devoir apprendre à vivre ensemble et à traîner malgré eux avec les amis de l’autre : Mike, le meilleur ami de Tim, un boulet fan d’armes, de guerre et toujours habillé en militaire, et Twist, la meilleure amie de Daisy, pimbêche et absolument détestable. En plus de ces deux-là, vont se greffer la logeuse, Marsha une femme très affectueuse qui ne se sépare jamais de son verre de vin et de sa cigarette, et Brian un de leur voisin qui est un artiste torturé et conceptuel. Ce petit monde va donc vivre au fil des épisodes des événements assez surréalistes, drôles et singuliers.



Car c’est ainsi que l’on peut résumer un épisode de Spaced : singulier, car les épisodes, ne suivent aucun fil rouge et il est donc tout à fait possible de louper un épisode et de voir le suivant, le spectateur ne sera pas perdu ; surréaliste, car il n’y a pas forcément une logique narrative mais on peut totalement passer du rêve à la réalité en passant par les pensées, avec beaucoup de facilités ; et surtout drôle, car l’essence même de la série, c’est l’humour. Spaced ne se prend jamais au sérieux, et si on a l’impression que l’on va aborder quelque chose de sérieux (comme la séparation, la trahison des deux personnages principaux vis-à-vis de leur logeuse ou encore la difficulté à trouver un travail), on nous remet vite dans le registre de l’humour. Et ce, soit avec le comique de situation, notamment avec les nombreux quiproquos que comprend la série, avec le comique de mots, car les personnages ne manquent pas de piquant ni d’une certaine autodérision (parfois malgré eux) ou le comique de gestes, vu notamment avec les combats feintés par Tim ou Mike, en référence à leur jeu vidéo adoré : Tekken. L’humour est donc omniprésent dans Spaced. Les personnages hauts en couleur ne manquent pas de nous faire rire chacun à leur façon et ce sentiment est décuplé lorsqu’ils sont réunis. Car tous les personnages sont importants, même les seconds rôles : ils forment un tout irréductible. On peut même y voir l’avènement de ces acteurs et du réalisateur dans le Made in Britain, car on les retrouve quelques années plus tard dans les réalisations d’Edgar Wright qui s’inscrivent dans la continuité de la série : humour, parodie, références culturelles sont notamment les mots d’ordre de ces films (Scott Pilgrim ou la Blood and Ice cream trilogy).

Comme dit plus haut, Spaced accorde une place très importante, si ce n’est essentielle, à l’humour. La série se veut parodique car elle rend hommage aux nombreux chefs-d’œuvre de la culture populaire : Star WarsMatrix, mais aussi les comics, les jeux vidéo… On pourrait presque dire que Spaced est un pionnier de la culture geek qui a engendré un bon nombre d’œuvres dans le genre (les réalisations de Wright mais aussi le méconnu The IT Crowd) ou qui a inspiré des d’œuvres dans un autre registre mais qui nous fait directement penser à notre série (Friends et autres HIMYM). Spaced nous surprend même en parodiant Les feux de l’amour avec leur musique d’ascenseur ou en rendant hommage à Shining avec ce passage absolument énorme.
Avec ces références geek et nos personnages particuliers, il est tout à fait possible voire probable de s’identifier à un ou plusieurs personnages : ils sont drôles, ont des problèmes, sont paumés et relativement jeunes (une vingtaine d’années pour les Tim et Daisy) : pathétiques mais terriblement attachants. Rajoutons à cela leur propension à sombrer dans l’excentricité et le délire, Spaced a des personnages qui nous ressemblent.



Seulement deux saisons de sept épisodes chacune, c’est court, mais cela renforce le côté « légende » autour de Spaced : ce petit nombre d’épisodes qui sont tous des pépites, chacun ayant une histoire à raconter qui a sa particularité. Évidemment, la fin n’en est pas vraiment une, car on pourrait s’attendre à du concret entre Tim et Daisy, mais il n’en est rien, et cela casserait tout que de les voir ensemble. En réalité, la série n’a nullement besoin d’un dénouement, car le dernier épisode se suffit à lui-même : on ne sait pas ce qui va se passer pour nos personnages, mais après tout, n’est-ce pas ça la vie ?
Sur cette magnifique conclusion, je vous invite à voir cette série trop méconnue et à rectifier le tir.

Dies iræ (part III)

LIVRE VI

Le Livre VI de Kaamelott met en scène la genèse de la série, on y voit l’évolution d’Arthur ou plutôt du romain Arturus, un simple milicien de Rome. Il est anonyme et son destin va pourtant changer grâce à la volonté du Sénat et des dieux. Il va alors gravir les échelons (de simple soldat à roi, en passant par les grades de centurion et de chef de guerre) et s’élever dans la haute société romaine qui va l’instruire. Il va donc être forcé d’avoir de l’ambition, d’accepter son rôle de personnage légendaire, lui qui n’avait guère de volonté. Il va sortir de l’anonymat, tomber amoureux d’une femme plus vieille que lui et accepter sa destinée royale. Pour les nostalgiques de la pluie et des pécores, l’histoire alterne entre les passages à Rome et les petits voyages en Bretagne où l’on va voir les chefs de clans prêts à défoncer la piètre défense romaine, mais aussi Merlin qui rassemble d’illustres bretons dans le but d’en faire des chevaliers au service du futur roi.
L’ultime épisode du livre (et par extension, de la série) est quant à lui, un retour dans le présent, où l’on voit Arthur à Tintagel où l’on a annoncé sa mort.




Là où le Livre V développait tous ses personnages en laissant Arthur de côté (même s’il se montrait plus faible, plus déprimé), ici, on nous montre un jeune Arturus plein de bons sentiments et sous un nouveau jour : c’est un grand sentimental qui a déjà des prédispositions à sauver la veuve et l’orphelin, il a des amis, dont Manilius, lui aussi soldat de la milice urbaine romaine ou encore Caïus, mais il n’est pas animé par une quête divine. Ici on trouve beaucoup de personnages romains (logique) : les soldats, les sénateurs, les habitants, la haute société ou encore l’empereur lui-même. On y voit aussi les « jeunes » MerlinPère Blaise ou encore le Maître d’armes.
Pour ce qui est des romains, je voudrais notamment parler de deux personnages très importants : Aconia, la préceptrice d’Arturus dont il tombe amoureux au fil du livre. Malgré leur engagement marital respectif (lui va devoir épouser une fille de clan dans un but politique, elle est mariée à un homme absent), elle accepte le mariage secret (et chrétien) avec Arturus. Elle lui fait d’ailleurs tenir une promesse : il ne touchera jamais sa femme (Guenièvre), il pourra avoir autant de maîtresses qu’il veut, mais il ne devra en aucun cas coucher avec sa femme. J’y reviendrai. On a également la présence d’un personnage, qui malgré sa petite présence, se révèlera très important, c’est celui de César (incarné par feu Pierre Mondy). Très enfantin, à la limite de la sénilité, l’empereur donne pourtant à Arturus des conseils précieux sur son futur rôle de roi de Bretagne, mais lui fait également un cadeau pour qu’il croit à la magie. César étant symboliquement le père d’Arturus, ils se respectent, se font confiance. Seulement, l’empereur va trouver la mort, les veines tranchées avec l’aide d’un certain Méléagant qui l’a poussé au suicide, lui rapportant que la journée préférée de l’empereur peut être vécue des centaines de fois par celui-ci, mais qu’il n’y a qu’une seule solution pour cela : mourir. Méléagant trouve donc encore bon de foutre la merde dans un empire déjà bancal.



Avec le Livre VI, on assiste au passage de série télévisée à œuvre de cinéma. Parce que oui, ce livre est bien la transition entre la série Kaamelott et les futurs films que l’on verra sur grand écran. Tout d’abord, le format, ici, un épisode dure aussi longtemps que la moitié d’un film. Le générique se veut plus en rapport avec le monde du cinéma que du paysage télévisuel et est plutôt sympathique, tant niveau musique, qu’au niveau de l’image. Les décors sont très travaillés, d’ailleurs, les scènes à Rome ont été tournées à la Cinecittà, qui est tout bonnement un complexe de studios de cinéma italien. Un autre point qui tend à nous montrer cette volonté d’entrer dans le monde du cinéma, c’est la présence quasi-constante d’acteurs de cinéma. Je ne dis pas qu’il n’y en avait pas dans les autres livres, mais en moindre mesure, puis ils étaient davantage sortis du théâtre. Non, ici, on a des personnes qui ont fait du cinéma : Tcheky KaryoValeria Cavalli ou encore Pierre Mondy. Et puis, parlons pour finir de la musique tarantinesque des dernières minutes du dernier épisode du Livre VI.

Déjà que le Livre V faisait le scandale chez les fans de la première heure, reprochant au livre de ne pas être comique, d’être long… Le Livre VI ne fait qu’accroître leur déception, pire leur colère. Combien de fois ne suis-je pas tombée sur des forums de « fans » de Kaamelott qui insultaient Alexandre Astier, qui l’accusaient de leur avoir volé Kaamelott ? Qu’est-ce qu’a donc fait Alexandre Astier pour s’attirer les foudres de son public qui l’avait élevé au rang de chéri de la France, de créateur de génie. Génie oui, mais que lorsqu’il va dans leur sens apparemment. Bref : le créateur de Kaamelott a juste construit et amené son œuvre là où il voulait qu’elle aille. Car les fans auront beau dire ce qu’ils veulent, si A. A veut transformer sa série, c’est encore lui qui décide. Et il y change non seulement le format (ici, on a neuf épisodes d’une quarantaine de minutes environ), le lieu (Rome) et les acteurs (au revoir les chevaliers de la Table ronde). Envolés, l’humour véritable, l’esprit de Kaamelott, le rythme adopté par des milliers de fans, A. A a trahi son public ! Scandale ! Sans vouloir faire la connasse, je trouve juste qu’Alexandre Astier n’a pas les fans qu’il mérite. Bien entendu, je ne généralise pas, on a le droit de ne pas aimer une œuvre, mais la critiquer juste par son manque d’humour, je trouve cela d’une injustice flagrante et d’un manque de respect envers le créateur de la série. Par le simple manque d’humour, ces admirateurs préfèrent décamper plutôt que d’essayer de voir ce qu’est Kaamelott sans ses répliques. Certes, ces répliques ont constitué un atout majeur pour la série, ils étaient limite son âme dans les premiers livres, mais Alexandre Astier nous montre qu’il peut prendre des angles plus graves et rester intéressant et captivant. Kaamelott n’est pas que des vannes, ni des répliques bien senties. Si on n’exploite cette série que par ses vannes, c’est ne donner aucune importance aux autres atouts du créateur qui nous montre à quel point son œuvre est rare et absolument délicieuse, quels que soient les angles qu’il prend.

La relation entre Arturus et Aconia mérite d’être approfondie. En effet, c’est à cause d’elle que la pauvre Guenièvre connaît bien des tourments quant à son mari qui ne la touche pas. Seulement, cette promesse mérite elle aussi d’être explorée plus en détail, car elle pose certes la réponse ultime du non-désir d’Arthur pour Guenièvre, mais nous donne en revanche une multitude de questions qui méritent d’être éclaircies. Pas de panique, je vous mâche le travail (ne prenez pas ce que je dis pour la parole divine non plus, ce n’est qu’une interprétation). La promesse faite à Aconia est la suivante : non, je ne toucherai pas ma femme. Qu’en est-il de l’épisode de Mevanwi alors ? Je pense que c’est seulement la VRAIE future reine qui est visée, ni voyez pas de dimension personnelle, puisque Guenièvre et Aconia ne se connaissent pas. Mais pour moi, il a le droit de coucher avec Mevanwi car elle n’est que la femme d’un autre et qu’elle est au début une simple maîtresse, en effet, la promesse s’adressait uniquement à la femme à laquelle Arthur pourrait potentiellement tomber amoureux. Seulement, pourquoi respecter la promesse faite à une femme qui s’enfuit avec son mari ? Tout simplement par amour. Je n’ai pas de meilleure explication que celle-ci. Aconia reste la seule femme qu’Arthur n’ait jamais aimé. Mais avec qui une vie heureuse est impossible, d’ailleurs la perte de l’alliance d’Arthur par Manilius est révélatrice de cet amour impossible. Mais plutôt que de trahir l’amour de sa vie, il préfère la respecter, même si celle-ci l’a justement trahi. Sans compter que par extension, c’est à cause d’elle que son meilleur ami est mort. En effet,Arthur insiste pour retourner à Rome avec Manilius pour chercher Aconia, celui-ci lui prédit leur mort certaine (les romains ne voulant plus entendre parler d’Arthur), alors que sa femme s’enfuit avec son mari, lui laissant une robe rouge en souvenir, Manilius est tué par la milice romaine alors qu’il allait chercher sa femme. En même temps qu’il perd son meilleur ami, Arthur voit César mort. Le retour romain d’Arthur se solde par un échec, une solitude amicale, paternelle et amoureuse, une profonde tristesse.



Qu’en est-il du dernier épisode ? C’est sûrement l’épisode le plus noir de la série Kaamelott. Plusieurs mois se sont écoulés après la tentative de suicide d’Arthur et celui-ci est encore très faible, sa mère dans sa légendaire délicatesse annonce même sa mort, c’est alors que ces anciens chevaliers et proches viennent le visiter sur son lit de mort. On y voit notamment Perceval, à qui Arthur raconte son rêve qui peut potentiellement lui plaire vu qu’il aborde le sujet de l’espace et d’un vieux (les fantasmes ultimes du chevalier). Ce vieux l’emmène jusqu’à Kaamelott, dans la salle de bain où il a voulu se suicider et lui explique que la baignoire est le Graal, que tous les suicidés sont le Christ. D’ailleurs, Arthur a l’apparence d’un véritable Jésus : vieille toge, cheveux longs, barbe…
Entre ses périodes de sommeil, il reçoit également Guenièvre qui lui en veut terriblement d’avoir tenté de se suicider dans le bain qu’elle avait préparée elle-même. Il lui répond qu’il avait fait surtout cela pour que personne ne ferme les yeux sur sa souffrance, sur son existence.
Enfin, il reçoit Lancelot à qui il lègue le pouvoir (qu’il venait de récupérer par Karadoc qui en a tout bonnement marre de régner)… Sauf que celui-ci se fait une fois de plus détourner par Méléagant qui l’incite à mettre à feu et à sang le royaume, pourchassant les chevaliers et brûlant symboliquement la Table ronde, réduisant à néant tout le travail d’Arthur.
C’est alors qu’Arthur reçoit Venec qui l’emmène et le sauve des griffes de Lancelot et de ses hommes, il l’emmène sur la plage et le conduit au dernier endroit où Lancelot irait le chercher : Rome. Il se réfugie alors dans la villa d’Aconia et se refait une santé et prépare son retour.
Venec était pas la première personne à laquelle j’aurais pensé pour endosser le rôle de sauveur d’Arthur, mais je trouve que faire passer ce personnage pour un réel gentil est assez agréable. Il est tout simplement beau dans cet épisode (physiquement comme symboliquement). Bien entendu, Venec a toujours montré du respect envers le roi, et même si c’était par intérêt, on sait que son acte à l’issue de cet épisode est complétement désintéressé et dénué de tout sens politique et économique.

Le dernier épisode, et surtout ses dernières minutes sont révélatrices du passage au cinéma d’une part et du renouveau d’Arthur, de sa volonté de revenir et de se battre. La présence de la robe rouge d’Aconia est symbolique : elle lui donne la force de se reprendre en main et c’est grâce à elle qu’il s’entraîne à l’épée dans le vide avec, comme musique de fond, le thème de Jo, dont la seule présence pourrait s’expliquer par l’hommage rendu à Louis de Funès, auquel Kaamelott entier est dédié. Mais ce thème est aussi un mélange de musique de films français d’antan et de western, on se croit vraiment dans un film de Tarantino, la musique est assez héroïque et donne un côté de renouveau à la série et au personnage d’Arthur.


Je voudrais finir par cette conclusion très personnelle qui va sûrement me faire passer pour une imbécile sentimentale, mais qu’à cela ne tienne, je fais ce que je veux, moi aussi ! En fait, je voulais surtout, comme je l’ai dit en avant-propos, faire un hommage à la meilleure série française selon moi, celle qui m’a fait rire, pleurer. Je ne me lasse pas de la revoir encore et encore. Mais je n’ai eu l’occasion (l’envie surtout) de regarder le Livre VI de Kaamelott que dernièrement, car je n’avais pas envie d’être déçue et j’en avais entendu parler par des termes plutôt négatifs, alors j’ai fait l’autruche. Et je me rends compte que j’ai été conne, vu que l’issue de la série me plaît. Seulement voilà, maintenant, je suis confrontée à un autre problème… Appelons-le le « syndrome de la série finie ». Je ne sais pas vous, mais je me sens super mal à l’aise à la fin d’une série que j’ai appréciée, je me sens comme abandonnée et résolument seule. Je crois que j’ai tellement accroché aux personnages, à l’histoire, que je ne peux plus m’en défaire, je ne peux décemment pas leur dire au revoir. Kaamelott m’accompagne depuis 2004 et je n’ai fini la série qu’en 2014. Dix ans d’admiration totale et d’amour, ça ne s’efface pas comme ça. Bien sûr, je peux toujours voir et revoir les épisodes, mais ça ne change rien quant au sentiment que je ressens actuellement. Là j’ai vraiment atteint la fin de la série, des épisodes inédits ne m’attendent plus. Et je suis triste. Bien sûr, j’attends avec impatience (comme beaucoup) le retour de Kaamelott au cinéma, mais j’ai l’impression que cela n’arrivera pas : cette arrivée dans nos salles obscures est sans cesse repoussée et actuellement bloquée pour des problèmes d’ayants-droit.
Après avoir fait ma drama queen, je voudrais passer aux remerciements. Remerciement logique à vous, lecteurs, qui m’avez lue jusqu’au bout. J’espère que ces trois articles vous auront plu et que j’ai traité la série avec tout le respect et l’hommage qui lui revient, que je lui dois.
Mais surtout, remerciement au créateur, merci Alexandre Astier de m’avoir fait rêver, merci d’avoir donné à la légende arthurienne un souffle inédit.


PS : J’ai nommé mes trois articles avec les titres des trois derniers épisodes de la série, car je trouve qu’ils correspondaient bien aux saisons : 
– Arturus Rex, c’est le Roi Arthur indiscutable des quatre premiers livres.
– Lacrimosa, c’est la tristesse engendrée par le Livre IV, sa noirceur et son issue.
– Dies iræ, c’est pour finir la colère d’Arthur, sa rébellion et sa volonté de revenir aux dernières minutes.
Oui je pars loin, mais zut ! 

Lacrimosa (part II)

LIVRE V

Ici, l’histoire est chronologique, donc plus de compréhension, plus de cohésion.
Même si d’apparence, le calme est revenu à Kaamelott, ce n’est qu’illusion, car même si Arthur a réparé son péché adultère, la situation est catastrophique au royaume. En effet, Lancelot est introuvable et supposé mort, des clans indépendants se forment, Arthur perd la confiance du peuple… Une seule solution est envisagée, celle-ci redonnerait au roi toute sa splendeur, son pouvoir, et sa popularité auprès de ses gens : il lui faut replanter l’épée Excalibur. Le but est qu’il la replante, laisse quelques jours se passer, permettant à tous les pécores et autres seigneurs d’essayer leur tour, puis de la retirer à nouveau, prouvant toute sa noblesse et sa légitimité à gouverner Kaamelott au monde entier. 
Parallèlement, on suit Lancelot, terré dans une grotte et souvent visité par l’homme en noir, Méléagant. Celui-ci le pousse dans ses retranchements : il en sait beaucoup trop sur lui, ce qui en fait un personnage tout à fait énigmatique.
Arthur, ayant complètement perdu la foi, se rend au rocher pour retirer l’épée, mais refuse de le faire au dernier moment. Le royaume de Kaamelott se retrouve donc sans roi à sa tête.
Par des concours de circonstances et grâce aux lois, le pouvoir tombe dans les mains de Guenièvre, de Léodagan et surtout de la terrible Mevanwi. Notre regretté roi n’a plus qu’une seule idée en tête, trouver ses potentiels enfants, qu’il aurait pu avoir avec ses maîtresses ou des filles des environs. Il parcourt donc le pays, avec Guenièvre au début, puis seul… Ne trouvant aucune progéniture, il décide de rentrer et trouve un guide en la personne de Méléagant, celui-ci va également tenter de le briser psychologiquement, mais surtout, il va le pousser au suicide. Il sera sauvé in extemis par Lancelot et sa magie blanche.




Là, on commence à entrer dans le vif du sujet. Le Livre V est très important pour Kaamelott, puisqu’il se passe plein de choses, explicites ou non. Je vais donc essayer de parler de toutes ces choses, sans en omettre aucune, même si l’exercice s’avère difficile.

Le Livre V, c’est avant tout une quête. Et on le voit bien dans les décors, puisque l’histoire ne stagne plus au château, Arthur évolue dans la nature, et au passage, on y voit des paysages sublimes : la forêt, la côte, les falaises… L’ancien roi sera davantage motivé à chercher sa potentielle progéniture qu’il ne l’a jamais été pour rechercher le GraalArthur rencontre à l’aller des personnages qu’il connaît bien, comme ses anciens chevaliers ou les paysans. Au retour, il côtoie, avec l’appui de Méléagant à nouveau des personnes inconnues qui sont pourtant révélatrices du passé d’Arthur : une amie d’enfance, son père adoptif… Son retour se solde non seulement par un échec (à l’aller, il n’a pas trouvé d’enfant), mais aussi et surtout, pas des rencontres qui lui en apprennent sur lui, son passé… Méléagant n’a qu’un seul but, voir Arthur souffrir et il réussit, puisqu’il arrive même à lui faire croire qu’il est infécond. La quête d’Arthur pour trouver un enfant est donc vaine, tout comme celle du Graal. Il voyait un moyen de se racheter, de donner un sens à sa vie, d’être pour une fois heureux et accompli… Il en revient perdu, déboussolé et profondément déprimé. La preuve, au dernier épisode, il tente de se suicider dans une baignoire préparée par sa femme.

Le développement des personnages est ici accru et c’en est plaisant. Davantage de psychologie, moins de surface, on arrive à mieux cerner les protagonistes. Leurs relations en subissent les conséquences pour notre plus grand bonheur pour certains. Tout d’abord, même s’ils passent toujours pour des glands, on s’aperçoit que Karadoc mais surtout Perceval sont d’une fidélité incroyable quant à Arthur. On s’en rend notamment compte lorsque Karadoc veut à tout prix retirer l’épée du rocher, il s’engueule avec Perceval qui lui interdit pour la simple et bonne raison qu’il n’y a qu’un seul roi, qu’un seul détenteur d’Excalibur et celui-ci se nomme ArthurKaradoc accepte donc pour son amitié envers Perceval de ne pas retirer Excalibur. Même si insignifiant aux yeux de beaucoup, j’ai trouvé ce fait tellement démonstratif de la dévotion que porte Perceval à Arthur. Je trouve que c’est la meilleure preuve de l’amitié que les deux personnages se portent, même si le chevalier tape sur les nerfs du roi. Malgré tout, lors des premiers livres, le roi invitait souvent Perceval à sa table, lui avouant même qu’il aimait passer du temps avec lui, alors qu’il regrettait systématiquement son choix. Ils auraient en fait, une relation de protecteur/protégé, et on peut le voir encore une fois dans les livres précédents, lorsque Arthur aide son chevalier à donner davantage de consistance à ses récits à la Table ronde.
Le personnage de Guenièvre est quant à lui moins con, moins maladroit et carrément plus mûr. Même si ce n’est pas réciproque, celle-ci est prête à tout pour Arthur, elle l’aide, le soutient, le défend. Et on y voit un certain respect de la part de ce dernier, car lui aussi, il la défend et l’apprécie. Guenièvre, là où elle était complétement débile dans les premiers livres se transforme en un véritable pilier pour son mari, il peut se reposer sur elle, se confier, et trouver une aide inconditionnelle auprès d’elle.
De plus, des relations père/fils se tissent : Arthur et son enfant fantasmé lors de ses rêves en est un très bon exemple. Il imagine cet enfant, il lui sourit, il le porte, s’amuse avec lui. Mais ce genre de relations est aussi vu lors de ses « retrouvailles » avec son père adoptif. Il sait à quel point il l’a blessé en ne lui donnant pas de nouvelle et s’excuse tant bien que mal auprès de lui. Puis parlons de ce passage plus ou moins énigmatique au phare, le repère du Pêcheur, le père des Jumelles. Plus révélateur qu’autre chose, le Pêcheur raconte qu’il attend son fils, parti à la pêche, il angoisse de ne plus le revoir, sauf que cela fait quinze ans qu’il est parti. Cependant, il l’attend toujours, avec la même angoisse qu’au premier jour, pensant qu’il va revenir d’une minute à l’autre, c’est un homme rongé par la folie. Lors du départ d’Arthur, il s’excuse de n’avoir parlé que de son fils. Celui-ci lui répond qu’il n’a pas parlé de lui souvent, et le Pêcheur confirme que si, il n’a parlé que de son fils disparu. Désappointant, mais tellement révélateur de ce que ressent Arthur avec son enfant qui n’est pas disparu, mais qu’il attend aussi depuis quinze ans. Les deux hommes ne sont plus que les ombres d’eux-mêmes et sont obnubilés par la pensée de cet enfant disparu/inexistant. A tous les deux, il leur manque quelque chose : leur fils.



Abordons le sujet de Méléagant, sûrement le personnage le plus sombre et complexe de Kaamelott. Sombre, car il montre une volonté de fer à voir s’écrouler autour de lui des personnes, il est censé leur montrer le chemin, mais ne fait que les enfoncer. Il pousse Lancelot à tuer Arthur, mais voyant que le premier est trop faible psychologiquement pour s’y atteler, il préfère prendre les choses en main lui-même et se présente à Arthur en tant que guide. Plutôt que de l’emmener à Kaamelott, il le guide vers son passé, le brisant à chaque rencontre. Coup de maître, il se sert de la Pytie pour lui croire qu’il ne peut pas avoir d’enfant. C’est donc un personnage voué au sabordage des gens, il n’a qu’une motivation, celle de semer le chaos autour de lui. Complexe, car on ne sait pas vraiment qui il est, même si on suppose qu’il est la Réponse des Dieux, évoqué par le livre Les Prophéties du Père Blaise. La réponse à son affront quant à l’histoire avec Mevanwi. Cette réponse, c’est la venue sur terre du Dieu des morts solitaire des frayeurs. Il a la capacité de voir l’avenir et surtout, il soumet Lancelot et surtout Arthur à sa volonté, volonté de les saborder, de tuer ce qu’ils ont de positif en eux. Et même s’il réussit son coup avec Arthur, puisqu’il le pousse au suicide, il n’y parvient pas avec Lancelot, vu que c’est lui qui sauve l’ancien roi, alors qu’il était initialement venu pour le tuer. Pire : pour le sauver, il utilise la magie blanche, l’instrument des dieux « de la vie », dont la messagère est la Dame du Lac.

Les personnages « anciens » de Kaamelott ne sont pas en reste. Puisque comme je le disais plus haut, leur psychologie a été développée et certes, Guenièvre a changé, mais Bohort devient courageux, on surprend Merlin à se racheter une sorte d’estime et de respect, parce que celui-ci passait davantage pour un abruti qu’autre chose, mais maintenant dans son élément (la nature, la vie extérieure), il peut vaquer à ses occupations de druide initial. Alors oui, le comique des personnages a carrément perdu de son poids, mais cela profite à leur personnalité carrément accrue, le Livre V, c’est le livre le plus sombre et le plus sérieux de Kaamelott, les personnages sont construits, creusés, et c’est tout bonnement plaisant. C’est les nouveaux qui prennent leur place en leur piquant l’humour, c’est le cas du personnage duDuc d’Aquitaine qui est véritablement soumis à sa femme, mais qui est aussi très intelligent.




Le Livre V a déçu les fans. Il les a déçus parce qu’il ne présente plus le même format, parce qu’il n’est plus drôle. Là où ce livre signe la déception, il sonne pour moi comme une sorte de révélation et d’admiration. Révélation puisque c’est grâce à lui que j’ai pu apprécier à sa juste valeur le travail de qualité d’Alexandre Astier qui n’hésite pas à déboussoler son public. C’est un petit peu comme le créateur de Kaamelott avait créé le monde des Bisounours pour pouvoir mieux y foutre le feu. A l’image de MéléagantAlexandre Astier « saborde » sa propre série pour lui donner un registre totalement différent, un ton plus grave, et une dimension complètement sérieuse. Il donne à ses personnages, à ses créations, une nouvelle force, une occasion de se racheter et de passer pour des gens biens et tellement humains. La narration a évolué, on ne se contente plus de petites histoires drôles, de gags, mais d’une réelle histoire travaillée. On prend plaisir à voir Alexandre Astier secouer tout ce petit monde (public et personnages de la série), à le voir s’élever au rang de créateur de série. Attention, je ne dis pas qu’il était nul avant. Mais grâce au Livre V, on prend vraiment conscience de tout son génie narratif qui peut aussi bien exercer dans un ton sérieux. Il utilise même les décors pour montrer à quel point il peut faire autre chose que des plans à l’intérieur, ici, la caméra bouge, elle se fond dans le décor, la nature est la meilleure alliée du créateur de Kaamelott, elle est variée et révélatrice du temps qui passe : on passe de l’hiver au printemps. Bref : il a osé, il a eu raison. 

Arturus Rex (part I)

Avant-propos : Vu que je ne sais pas débarquer quelque part sans mettre les pieds dans le plat, je préfère faire une légère introduction, qui vous indiquera mes réelles intentions, ce que je veux faire et ne pas faire. Mon objectif, plus que de faire une simple présentation technique, serait d’aller au-delà de ce qui est montré, savoir pourquoi, comment, etc. Sans pour autant dénaturaliser cette série. Faut plus voir ça comme un hommage, un foutu cadeau d’une fan à son idole (Astier himself), même s’il lira jamais. C’est très utopiste, mais c’est exactement ce que je veux. Alors autant vous le dire directement : non, vous ne verrez pas de fiche technique ni de présentation basique des personnages, vous avez assez de la page Wikipédia de Kaamelott pour cela. L’intérêt est donc non pas de rester à la surface, mais de vouloir creuser, d’établir des liens, de trouver des significations et de donner des interprétations (plus ou moins tirées par les cheveux). Ah, et, petite précision, je n’aborde pas le court-métrage Dies Irae.




LIVRE I

Le Livre I de Kaamelott, c’est avant tout une découverte de l’univers qu’a construit Alexandre Astier, plutôt que de prendre l’exemple sur des séries/films fantastiques et pour la plupart peu réussis, A. Apréfère donner une autre dimension à la légende arthurienne que celle attendue : moins d’héroïsme, plus de débilité. Parce qu’après tout, Kaamelott c’est ça, des chevaliers ridicules qui ont chacun une particularité (Bohort l’efféminé trouillard, Léodogan le caractériel, Lancelot le seul qui tient à peu près la route, Perceval l’idiot du village ou encore Karadoc similaire à Perceval mais carrément axé sur la bouffe) mais qui œuvrent inconsciemment dans le même but : certes trouver le Graal mais surtout passer pour des cons ! Parce que c’est un fait établi, Kaamelott met en scène des chevaliers peu dégourdis, avec un QI avoisinant celui d’une poule (Elle est où la poulette ?). Alors les épisodes sont très comiques et centrés tour à tour sur un ou plusieurs chevaliers, tentant vainement de servir Arthur mais qui se casse la gueule, parfois littéralement. On y voit souvent Arthur péter un câble d’ailleurs, ce qui rajoute une dimension comique, vu que ses colères sont absolument savoureuses : il engueule son personnel, ses chevaliers et sa femme. Parce que les chevaliers ne sont effectivement pas les seuls à porter le fardeau de la connerie, les femmes ne sont pas plus intelligentes, notamment Guenièvre qui en plus de ne pas avoir un physique avantageux, est souvent prise pour une conne par son époux, faut dire qu’elle ne broque pas grand-chose…

Situations comiques (avoir la chiasse en pleine bataille après avoir bouffé des champignons vénéneux, pour ne citer qu’un exemple), personnages débiles et répliques carrément hilarantes : ce sont les ingrédients que réunit Kaamelott. Car en effet, que serait cette série sans ses répliques ? Qui n’a jamais entendu un « C’est pas faux » ? « Le gras c’est la vie » ? Ou tout simplement repris le « Cuillère ! » du chef burgonde ? Peu de personnes je le crains.


LIVRE II

En globalité, le Livre II de Kaamelott a gardé la même recette que le premier : humour omniprésent, quêtes plus ou moins éventrées par maladresse, ras-le-bol d’Arthur.
Pas grand-chose à dire de plus sur ce livre, si ce n’est qu’on commence gentiment mais sûrement à apercevoir une certaine tension entre le roi et son fidèle Lancelot, révélatrice du début de la perte d’équilibre du royaume et de la légitimité qu’a Arthur à gouverner.

La particularité de ces deux premiers livres, c’est de n’avoir aucun fil conducteur : vous avez raté l’épisode de la veille ? Aucun souci, vous ne serez jamais perdus, puisque chaque épisode a son histoire.


LIVRE III

Dans le Livre III, on commence à avoir une chronologie des épisodes. Là encore, on est toujours face à l’humour, véritable signature des premiers livres de Kaamelott, seulement les choses se gâtent, puisque le roi voit son meilleur élément se détacher peu à peu de lui. Effectivement, Lancelot y exerce une double vie, à la fois chevalier servant à Kaamelott et chevalier errant dans la forêt, où il élit domicile la moitié du temps. Les engueulades sont de plus en plus fréquentes entre ces deux-là. Pour ne rien arranger, Arthur commence à avoir une liaison avec la femme de l’un de ses chevaliers (Karadoc) : dame Mevanwi. Tout d’abord secrète, elle est découverte à l’issue du dernier épisode, par Guenièvre qui y voit une trahison de son mari dans une moindre mesure (après tout, il a des maîtresses), mais surtout une trahison envers son ami, le seigneur Karadoc, qui selon la loi, va devoir être tué par le roi s’il veut prendre sa femme. La reine s’enfuit donc vers le seul homme qui l’aime, Lancelot.

Ce livre amorce des situations plus graves, et a, comme les précédents livres, même si je ne l’ai pas mentionné, des références et des indices quant à la légende Arthurienne mais aussi sur la suite qui va être donnée à la série.
Et ce, notamment, avec l’histoire raconté au neveu de Karadoc qu’Arthur est contraint de garder. La légende du roi est donc transposée ici pour être comprise par un enfant, les personnages deviennent des ours, faisan et autre cerf. C’est mignon, mais ça a une conclusion qui pour le moment est anodine, puisqu’elle parle de la dépression du petit ourson, qui n’est autre qu’Arthur.


LIVRE IV

Tout commence à foutre le camp à Kaamelott : Lancelot forme un clan séparatiste, Guenièvre est restée avec lui… Arthur ne voit pas le mal, mais pourtant, la Dame du Lac le met en garde contre la volonté des Dieux et l’avenir de Kaamelott. Plusieurs choses inévitables se passent : l’échange d’épouse Mevanwi/Guenièvre, la première devenant ainsi la reine du royaume, commence à être détestée de tous et toutes, puisqu’elle prend des initiatives, elle accède au pouvoir, veut diriger. Elle se présente donc comme une femme avide de pouvoir, ce qui la rend particulièrement désagréable. On lui préfère largement la candide Guenièvre, qui elle, déchante complètement dans sa nouvelle vie de pécore avec un Lancelot qui devient peu à peu taré, voyant un homme en noir partout… De plus, Arthur refusant d’écouter la Dame du Lac, celle-ci est reniée des Dieux et reléguée au rang de simple mortelle qui ne sait rien faire. Plus grave encore, le royaume de Kaamelott est en train de se déchirer, et chacun doit choisir son côté : soit rester fidèle à Arthur et à la table ronde, soit rejoindre le rebelle Lancelot. Pour tenter de rétablir l’ordre, Arthur quitte Mevanwi et attaque le camp de Lancelot pendant son absence, tout en récupérantGuenièvre, en lui proposant d’être de nouveau la reine. A son retour, Lancelot voit son camp pillé, ses hommes disparus et sa bien-aimée enfuie, c’est alors que l’on voit enfin l’homme en noir…



Sur ces quatre livres, je n’ai pas grand-chose à dire niveau interprétation, car tout est assez clair. Mais je reviendrai régulièrement sur ces livres lors de mes deux prochaines propas, c’est pourquoi il fallait absolument que je vous en parle, pour que les relations entre les livres ne soient pas incomprises.
Pour résumer, je dirai vraiment que ces quatre premiers livres sont souvent considérés comme les piliers de Kaamelott, effectivement, ce sont souvent les préférés du public, puisque ceux-ci n’acceptent pas (ou ne comprennent pas) le changement brutal dès le Livre V de traitement de l’histoire, de format et de registre. Personnellement, j’ai longtemps considéré que les deux derniers livres de Kaamelott n’avaient pas lieu d’être s’ils étaient ainsi. Un récent visionnage de l’intégrale m’a permis de comprendre certaines choses et d’avouer mon crime : je préfère Kaamelott et ses personnages dans un registre plus grave, et je vous expliquerai pourquoi prochainement.