Voyage au centre de l’enfer

Dans ma recherche constante de films qui font flipper, je suis tombée sur une liste de films assez vantarde, puisqu’elle se réclame porteuse de titres inconnus et terrifiants pour Halloween.
Étant quelque peu sceptique vu les titres montrés (j’en ai vu quelques-uns), il y en a un qui a attisé ma curiosité. Il s’agit de The Vanishing, soit Spoorloos dans sa version originale et L’homme qui voulait savoir dans sa version française.



L’ayant vu dans la version originale, à savoir la franco-néerlandaise, je pense que vous ne m’en voudrez pas trop si j’utilise les deux derniers titres dans cet article pour désigner ce film.
Tout d’abord, sachez que Spoorloos n’est PAS un film d’horreur. Donc inutile d’approcher vos mains de vos yeux apeurés : vous ne verrez pas de giclette de sang, pas de jump scare… En revanche, ce que vous allez voir, c’est l’humain dans ses pires profondeurs, dans sa noirceur la plus totale. 
Soyez dégoûtés, le pire va venir.

Rex et Saskia veulent passer des vacances en France. Ce jeune couple néerlandais s’arrête sur une aire d’autoroute très fréquentée. Un moment, Saskia s’éloigne pour acheter des boissons avant de repartir. Elle ne reviendra jamais.
Rex la cherche en vain. Trois ans après, toujours déterminé à retrouver la jeune femme, il reçoit une carte d’un homme prétendant connaître le fin mot de l’histoire.



Bon déjà, en sachant le titre français du film et en voyant l’affiche, on pense à un film français à la con. Monumentale erreur (prononcé à la Danny Madigan qui n’a rien à foutre ici) !
Et même si le début du film ne nous éloigne pas de cette pensée, et ce pendant un sacré bon moment, tout change radicalement vers la moitié du film. Alors non, le début n’est pas ennuyeux, c’est juste qu’on s’attend à ce que le drame arrive, ce qui fait augmenter la tension et limite de l’angoisse.
D’ailleurs, dès le début on voit le méchant de l’histoire, Bernard-Pierre Donnadieu qui est foutrement excellent dans son rôle et qui a du charisme à revendre : malsain et si humain. Celui-ci échafaude son plan devant nous, attirer Saskia avec son bras faussement plâtré. Dès lors, on ne verra plus jamais Saskia mais uniquement Rex, obnubilé par sa recherche, même 3 ans après la disparition de son amie etRaymond Lemorne, le sociopathe de l’histoire.
Alors que le premier ne vit plus, ou du moins, pas en dehors de cette recherche de Saskia, au grand dam de sa nouvelle amie, le second vit sa vie normalement entouré par sa famille aimante, sa femme et ses deux filles avec qui il a une grande complicité. Et c’est là où L’homme qui voulait savoir est assez étrange et original, puisqu’on bascule dans la vie de Raymond, où le suit à regrets dans son quotidien, tout en ayant de la sympathie pour lui et devenant presque complices de ses agissements. Autant qu’il fascine, il inquiète : qui peut pousser un bon père de famille, un homme intégré dans la société à commettre l’irréparable ? Raymond est sociopathe, mais cela ne va-t-il pas à l’encontre de son comportement à l’égard de ses proches ?

De son côté, Rex est contacté par Raymond qui a l’air de tout connaître de lui, alors que lui ignore l’existence même de son ennemi. Raymond va jouer avec les nerfs de Rex et va construire un plan en jouant sur sa détermination, sa volonté de retrouver Saskia : il va tout lui révéler. De A à Z. Comment ses pensées ont pu le contraindre à enlever Saskia, comment il s’est préparé, mais surtout, le plus important pour Rex, qu’est devenue Saskia ? L’a-t-il tuée ou celle-ci est-elle retenue quelque part ? Se dresse alors un plan machiavélique et macabre, un piège se refermant tout doucement sur Rex. Ce dernier sera le personnage de Raymond dans sa mise en scène morbide, il vivra exactement ce qu’a vécu Saskia, c’est la seule possibilité pour Rex de savoir tout ce qui s’est passé.
A nouveau, on va plonger dans le quotidien de Raymond, son chemin vers le kidnapping, ainsi que ses multiples ratés avant sa rencontre avec Saskia. Mais cette fois-ci, on va vraiment connaître les abîmes du personnage et sombrer en même temps que Rex dans cette pourriture humaine. Même si comme avec Saskia, on n’est sûrs de rien et que cela ne présage rien de bon, les choses finissent par arriver avec fatalité, jusqu’au dénouement final malsain et noir à l’ambiance glaçante.
Voulant justifier ses faits, comme n’importe quelle personne normale, Raymond illustre ses agissements envers l’innocent couple de morale, de destin et de contrôle de sa propre vie. Ici, pas de justification bancale, on croit le tueur dans la véracité de ses propos et tout ce qu’il dit ne peut être que vrai, parce qu’après tout, pourquoi mettre en place un jeu où l’on triche ?




En conclusion, Bernard-Pierre Donnadieu est excellent en homme au-dessus de tous soupçons, les autres comédiens sont bons également, mais de par son rôle inoubliable et peu commun, celui-ci efface quelque peu les performances des autres.
Voyez-le, mais pas quand vous avez le cafard s’il vous plaît.

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Hitler, la naissance du mal

En 2003, Christian Duguay réalise un film en deux parties pour la télévision, il s’appelle Hitler, la naissance du mal (Hitler: The Rise of Evil). Des acteurs de choix sont appelés pour incarner les personnages emblématiques de l’époque pré-1939 en Allemagne, celle de la montée d’Hitler, il s’agit de Robert CarlyleLiev ShreiberMatthew ModinePeter Stormare ou encore Julianna Margulies.
Comme je vous l’indique plus haut, ce film retrace la vie d’Hitler, de son enfance à son arrivée au poste de Chancelier/Führer de l’Allemagne. On y retrouve donc un enfant maltraité par son père, un pré-adulte torturé et refusé aux Beaux-Arts, un jeune adulte devenu caporal en 14-18, un membre du parti ouvrier allemand, le président de ce parti, et enfin, l’homme au pouvoir.
Ce film dure 3 heures mais a été raccourci de 50 minutes dans la version française par TF1. De nombreuses polémiques sont nées, suite à cette censure inexplicable et ridicule par la chaîne de télévision française.




La censure de TF1, qui a presque enlevé un tiers du film porte surtout sur l’enfance d’Hitler, ses années en tant que soldat de l’armée allemande pendant la première guerre mondiale mais aussi et surtout des discours antisémites (on trouve d’autres passages retirés, comme la présence seule des juifs du film). Et ces 50 minutes sont précieuses pour la compréhension du film : certaines scènes sont complètement dénaturées voire incompréhensibles, et donc, leur sens est erroné, si ce n’est inexistant évidemment. En effet, TF1 a semble-t-il voulu protéger les pauvres petits spectateurs français, les maintenir écartés de toute forme de violence verbale ou physique, faisant fi de la nature même d’Adolf Hitler. Les français sont donc préservés des scènes de violence physiques que le père d’Hitler a à l’encontre de son fils dès son plus jeune âge, mais aussi, son passage dans les tranchées où il tabasse notamment son chien (battre un animal, c’est impensable à la télévision !), et puis, on nous a retirés tous les discours anti-juifs prononcés par le futur Führer, comme si l’antisémitisme d’Hitler n’avait que peu ou pas existé. Par extension, les seuls juifs présents dans le film sont tout bonnement supprimés eux aussi, car vu qu’il n’y a pas de haine contre les juifs, autant virer complètement leur apparition, ils sont inutiles à la bonne marche du film. Bref, on aurait dit qu’une volonté de compassion pour le personnage se fait ressentir parmi les censeurs.
Dans cet esprit de protection, on peut relever l’absence de l’inceste, et ce même dans la version originale. Il est de notoriété publique qu’Hitler avait des relations incestueuses avec sa nièce Geli, mais cette partie a été éludée pour laisser place à une sorte de romance entre les deux personnages. Même si cette romance a ses limites, vu que la nièce est complètement étouffée par son oncle autoritaire et absolument rigide.

Cela dit, certains passages sont insuffisants car la portée de leurs conséquences est insuffisante. Effectivement, on voit un jeune Hitler livré à lui-même, suivant le discours d’un maire qui met sur le dos des juifs les malheurs sociaux, économiques et politiques de l’Allemagne… Et c’est tout. Ce qui aurait été intéressant, c’est de comprendre réellement ce qui s’est passé pour que son idéologie, son antisémitisme soient si extrêmes. Il manque donc des scènes révélatrices sur la nature de sa haine envers les juifs, des scènes qui montrent son formatage dans l’antisémitisme.
Cependant, on peut toutefois noter une volonté nette de donner dans l’authenticité. Car la plupart des scènes sont historiques et retracent parfaitement sa longue et sinueuse route vers le pouvoir : son premier passage en tant qu’intervenant au parti ouvrier allemand, son métier d’informateur après la guerre, la montée de son parti au pouvoir, etc… Ce qui est intéressant, c’est que l’on suit plusieurs personnages autour de la vie d’Hitler, et pas forcément les plus connus, comme sa principale aide financière, Ernst Hanfstaengl ainsi que sa femme ou encore celle du journaliste, Fritz Gerlich qui est l’un des premiers à voir le vrai visage d’Hitler, celui du fou, de l’imprévisible, du dangereux. Ces trois personnages, surtout les deux hommes, sont des proches d’Hitler de prime abord, mais sont vite rattrapés par la vérité et ne partagent aucunement son point de vue extrême sur les juifs, ni même sa façon de voir les choses en général. Au-delà de tout ceci, un véritable cheminement sur la personnalité d’Hitler est à relever et à apprécier, ça frôle parfois la diabolisation (l’enfant battu est forcément un futur adulte pourri ? l’homme refusé à ses études est forcément frustré ?), mais on note cette originalité, car peu d’œuvres auparavant ont pu réunir avec tant d’exactitudes la vie d’Hitler, son ascension au pouvoir. On a plutôt l’habitude de voir un Hitler pendant la guerre, sa suprématie, son déclin, ou tout simplement des œuvres en rapport avec la Shoah, mais guère son long chemin vers le pouvoir.



D’un point de vue cinématographique, le jeu d’acteurs est impressionnant. Personne ne surjoue, tout le monde est bien dans son rôle, authentique, là encore. Je pense notamment à Robert Carlyle et ses scènes où il monte au créneau (doux euphémisme), en éructant, son visage devenant colérique, ses yeux perçants… Bref, celle où il devient Hitler, l’orateur. Son visage donc, mais aussi sa gestuelle nous montrent à quel point il transcende son rôle de Führer empli de haine et de rage.
L’ambiance du film est glauque, à l’image d’Hitler. Effectivement, la photographie, les décors, les costumes… Ils retracent tous une volonté profonde de montrer l’horreur. Les images sont ternes, seul la couleur rouge (des communistes mais aussi de la croix gammée) ressort et devient hypnotique, rappelant la dangerosité d’Hitler face aux autres impuissants.
Ce qui conclut le film, ce sont des images accompagnés de courtes phrases sur le bilan de la guerre, et en général sur ce qu’a provoqué Hitler, à savoir une économie retombée à zéro, des morts, des camps, des essais médicaux, une société en flambeaux… Un lourd bilan, donc, que l’on reproche (à raison, bien entendu) à Hitler, et qu’on nous remet en pleine face afin que personne ne puisse oublier ce personnage et surtout les conséquences de ses actes haineux.

Hitler, la naissance du mal est pour moi un très bon (télé)film : on arrive à mieux percevoir comment un homme cruel, clairement intentionné et absolument haineux a pu arriver au pouvoir, grâce, ou plutôt à cause d’hommes inertes, mais aussi et surtout à cause d’une politique bancale, d’une Allemagne laissée pour morte par les pays vainqueurs et qui avait besoin de connaître des coupables et de se nourrir de fantasmes et d’une possible guérison. On dénote alors une facilité déconcertante, même si semée d’embuches, pour Hitler à accéder au pouvoir avec son idéologie. Il faut donc voir, pour tout saisir et tout comprendre, la version non-censurée et éviter avec hargne celle de TF1, qui en plus de nous prendre pour des imbéciles, est lourde d’incohérences. Ce film est assez original dans son traitement du personnage, car rares sont les fois où l’on nous a montré un Hitler avant la guerre et avant son titre suprême de Führer.

La nuit du chasseur (1955)

La nuit du chasseur est le seul film réalisé par l’acteur Charles LaughtonRobert MitchumLillian Gish ou encore le jeune Billy Chapin y tiennent les rôles principaux.

La nuit du chasseur met en scène le révérend Harry Powell, un homme avide d’argent et tueur de femmes. Alors qu’il séjourne en prison pour un simple vol de voiture, son compagnon de cellule avoue dans son sommeil qu’il a caché les 10 000 dollars qu’il a dérobé et que seuls ses deux enfants en connaissent la cachette. En effet, avant d’être arrêté, Ben Harper fait promettre à ses enfants John et Pearl de garder le secret sur l’endroit où repose le butin, en double promesse, il somme son fils de prendre soin de sa petite sœur. Dès la mise à mort de BenHarry va se mettre à la recherche des enfants, une fois trouvés, il va user de son charme pour tromper leur mère, leur entourage et leur faire avouer la cachette.




J’étais au courant de la dimension horrible et cruelle du personnage du révérend, je m’en étais fait tout un flan, pensant que La nuit du chasseur était un film d’horreur des plus classiques, adulé de tous… Que nenni, la vérité est bien loin. Ce film, c’est un film noir, c’est un conte cauchemardesque sur l’enfance. Vous êtes en quête de réalisme ? Malgré la volonté naturaliste donnée par Laughton, sachez que ce film n’est pas une réalité, il est situé à la limite du fantastique (sans jamais pour autant la franchir), du cauchemar et de la fable. Cependant, si vous aviez entendu parler de ce film en de bons termes concernant son antagoniste, soyez rassurés, c’est bien réel et justifié cette fois-ci. Car Harry Powell est un personnage d’anthologie, il est tout à la fois : complexe, charismatique, impitoyable et tellement pervers (dans le sens sexuel du terme, aussi bien que dans son sens plus large).

La nuit du chasseur c’est avant tout un tas de dichotomies : le bien contre le mal, les enfants contre les adultes, l’amour contre la haine ou tout simple, le jour contre la nuit. Et ici, les enfants seraient le bien, l’amour et le jour, le révérend le mal, la haine et la nuit. Ces oppositions sont en quelque sorte la charpente du film. Et elles sont portées par Harry Powell lui-même, qui a ses doigts tatoués des mots «LOVE » et « HATE » : l’amour pour la main droite, celle qui sauve, la haine pour la main gauche, celle qui tue. Le révérend représenterait à lui seul le combat entre le bien et le mal, non pas parce qu’il est ambivalent, mais parce qu’il représente toute cette différence, il est là pour nous rappeler physiquement que ce conte, ce cauchemar, c’est avant tout la lutte du bien contre le mal. Bien entendu, lui, il incarne le mal (et a également des accès totalement ridicules, car il lui arrive d’être pathétique par moments) : il vole, tue, envoûte les personnes pour mieux se servir d’elles, menace. Les enfants, ainsi que leur sauveuse, Rachel représentent quant à eux le bien. Ils se combattent tout au long du film.



Mais dire que La nuit du chasseur n’est que le bien contre le mal serait plutôt réducteur. Car le conte qu’on nous présente est avant tout un moyen de montrer à quel point les enfants sont innocents et que le monde des adultes peut être effrayant et dégueulasse. Alors oui, les enfants sont certes innocents, mais ils arrivent cependant à résister, à montrer davantage de défense qu’un adulte, ils ont des capacités d’endurance et de réparation supérieures à celles des adultes, c’est d’ailleurs Rachel qui nous l’explique à la fin du film. Évidemment, même si les deux ne disent pas un mot sur la cachette du magot à leur nouveau « père », Pearl est à de nombreuses reprises au point de craquer, tellement subjuguée par le charisme de Powell, et elle est à chaque fois retenue par son grand-frère John qui montre une capacité assez hors norme à résister à toutes les misères du beau-père, c’est un enfant très fort et absolument résistant. Car John et Pearl, les orphelins ont pas mal morflé : leur père se fait arrêter sous leurs yeux, leur mère fait entrer le loup dans la bergerie et quand ce loup se montre horrible envers les enfants, celle-ci se montre faible et laisse faire son nouveau mari, totalement subjuguée par son charisme. La mère est en effet un personnage très fragile qui croit facilement aux mensonges du révérend, qui se fait humilier lorsque celui-ci l’élève au simple rang de pute perverse pendant leur lune de miel, qui prêche elle aussi la parole de Powell en se trouvant des péchés là où ils n’ont pas lieu d’être. Elle finit d’ailleurs par mourir sans résistance, les yeux levés au ciel, attendant sagement son sort pathétique. Heureusement, les deux enfants trouvent leur salvation mais aussi et surtout, une figure maternelle et protectrice, en la personne de Rachel qui, de prime abord se montre assez rustre, mais qui se révèle être une personne au grand cœur qui défend les enfants envers et contre tout, et surtout qui n’hésite pas à dégainer une arme et tirer sur le révérend, ni à user de sa parole pour tenir tête au révérend et le faire taire. Assez surprenant quand on sait que ce rôle parolier est tenu par une actrice star des films muets : Lillian Gish.

Parlons aussi du côté sexuel omniprésent dans ce conte pour enfants qui ne saute pas forcément aux yeux au premier abord : les femmes sont de sales perverses qui ne pensent qu’au sexe, elles sont des Eveen puissance, et le révérend lors de sa lune de miel repoussera les avances de sa nouvelle femme, lui montrant à quel point elle est laide, pernicieuse et tellement nuisible. Powell serait d’ailleurs sûrement impuissant, son absence de pouvoir sexuel étant d’ailleurs la raison pour laquelle il s’en prend aux femmes. Son sexe étant symboliquement remplacé par son couteau, lors d’un effeuillage par une femme, celui-ci met sa main dans sa poche et ne pouvant retenir son émotion, sort son couteau à cran qui transperce son pantalon sous le coup de la surprise et de l’imprévu. Ses pulsions sont incontrôlables, meurtrières, à défaut d’être sexuelles.
Les références bibliques sont également très présentes : le personnage du révérend tout d’abord est révélateur, celui-ci s’adresse souvent à Dieu, car il se dit guidé par cette entité. Tous ses actes sont commandés par cet être supérieur et divin. Puis, on nous compte l’histoire de Moïse, qui ne serait autre que John et Pearl dans le film, puisqu’ils sont recueillis par leur protectrice après un voyage sur le fleuve, emportés par le simple courant. On nous compte également le récit d’Hérode et de la naissance de Jésus : Hérode serait ici Powell et évidemment, le Christ est encore une fois John et Pearl. Et c’est sans compter les prêches, les chants bibliques interprétés par plusieurs personnages.



Je voudrais évoquer un point presque crucial quant au déroulement du film, à la démonstration du temps qui passe et de la personnalité des personnages, c’est les jeux de lumières. La nuit du chasseur est un film en noir et blanc, et c’est volontaire, car à l’époque, l’émergence des films en couleurs bat son plein, mais Laughton a voulu traiter son film avec du noir et du blanc. Tour à tour, les lumières montrent certes le jour, donc une certaine paix (ou plutôt une pause dans la fuite des enfants) mais peuvent être également révélatrices de l’apparition du mal (comprendre : du révérend), car c’est souvent sa silhouette avec son chapeau que l’on aperçoit dans l’ombre. Quant à la nuit, donc le noir, cela annonce la quête de Powell qui ne s’arrêtera que lorsque les enfants seront retrouvés et certainement tués. Malgré tout, la nuit peut aussi montrer une certaine beauté et une sécurité, puisque les enfants s’endorment sous la nuit étoilée, ce qui en fait une atmosphère rassurante et sécurisante pour eux.

Pour finir, il faut savoir que La nuit du chasseur n’a pas été reconnu à sa juste valeur à sa sortie : le public comme les professionnels du cinéma l’ont boudé et vivement critiqué. C’est d’ailleurs pour cette raison que Laughton n’a fait qu’un seul film, celui-ci a été découragé. Ce n’est qu’avec le temps que ce film s’est élevé au rang de film culte, et ce grâce à la seule présence de Mitchum dans le rôle d’un psychopathe.
Et, il est évident que ce film est tellement complexes et bourré de significations que je n’ai pas pu tout récolter car je reste persuadée qu’au-delà de ma volonté de synthétiser, il reste des choses que j’ai oubliées car je n’en ai tout simplement pas eu l’idée, car interpréter un tel film à notre époque est forcément éventré d’une interprétation contextuelle. J’ai vraiment essayé de vous faire part de tout ce que j’ai pu relever en étant la plus claire et concise possible, tout en développant un maximum ma pensée.

La dernière maison sur la gauche (2009)

Note de haut de page : Je n’ai pas vu le premier film, celui de Wes Craven, donc impossible de faire la comparaison.
Note de haut de page 2 : Contient des spoilers.

Cette fois-ci le réalisateur est Denis Iliadis (inconnu au bataillon pour ma part). On trouve comme acteur Sara Paxton, Tony Goldwyn, Monica Potter ou encore Garret Dillahunt.

Les Collingwood possèdent une maison isolée, sur les berges d’un lac. Leur fille, Mari, et sa copine Paige se font enlever par Krug et ses proches, des psychopathes. Laissée pour morte, elle va rejoindre la demeure familiale et être sauvée par ses parents qui vont la venger à leur manière.

Rob Zombie ?

Échange de rôles : on ressent de l’empathie pour les méchants, on a du mal à comprendre les gentils ; violences en cascade : agression, viol insoutenable, meurtres… La dernière maison sur la gauche peut nous faire penser aux films de Rob Zombie. Et plus particulièrement à The Devil’s rejects.
Ce film est totalement sombre, malsain et violent. Il nous montre la plus mauvaise partie de nous-mêmes, ce que nous sommes réellement, à savoir des bêtes cachées sous des visages humains.
Tout va très vite en ce début de film : l’évasion de Krug, l’arrivée des Collingwood, l’enlèvement des filles, le meurtre de Paige, le viol de Mari, son évasion…
Barbarie, cruauté, violence gratuite, vengeance… Tant de mots pour définir ce film. Mais la clé est surtout la vengeance : Mari se fait violer et est laissée pour morte ? Qu’à cela ne tienne, ses parents prennent simplement soin de leur fille et décident de se faire justice eux-mêmes. On relativise, on se met à leur place.
En fait, ce film est un gros « Et si c’était vous ? ». Comme beaucoup, vous me direz, mais là, la frontière avec la réalité est tellement fine que l’on ne peut que se demander ce que l’on ferait à la place de ces chers Collingwood, au préalable présentés comme une famille aimante, unie malgré la perte d’un fils et d’un frère. Bref, tout est fait pour faciliter la corrélation nous/eux.

Réalisme et justesse

C’est donc maintenant que je veux en venir à cette volonté de réalisme prêchée par le réalisateur. On se prend une grosse claque quand Monsieur et Madame Tout Le Monde décident de martyriser trois personnes responsables des atrocités commises sur leur fille et sa copine.
On peut donc remercier non seulement la mise en scène mais aussi le jeu d’acteurs. Pas d’acteur connu, mais une très bonne interprétation qui nous offre une immense crédibilité. Tout passe crème, si je puis dire. On ne se pose pas de question, on vit le film comme si nous étions à la place des Collingwood.

Quelques faiblesses à noter

Tout d’abord, je tiens à dire que la scène finale est (rayez rien) : inutile, bête et laisse un mauvais goût au film. Cette scène est l’ultime vengeance du père où il fait exploser la tête de Krug dans un micro-ondes. Si cette scène n’avait pas été là, vraiment, la scène précédente aurait suffit à conclure le film, pas forcément en beauté, mais au moins, sans en faire trop. Là c’est du tape-à-l’œil, du « ça va plaire au public à sensation ». Bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé cette fin et son absence ne m’aurait vraiment pas dérangée.
Ensuite, bien que réussie, la deuxième partie du film peut sembler pour certains, décroissante par rapport à la première partie. En effet, cette première partie est très réussie et nous met dans la bain tout de suite : tout s’enchaîne rapidement, on est ébahis devant le spectacle qu’on nous offre. Alors que pour la deuxième partie (que je situerai au moment où les Collingwood recueille Krug et sa famille), c’est un peu plus lent, du coup, l’habitude que l’on avait prise depuis le début s’éteint. On n’est pas déçus, mais un autre rythme s’offre à nous, et c’est déroutant.

En bref

J’ai beaucoup aimé ce film, ça ne fait pas de détail, ça parle de vengeance, c’est gratuit mais intelligent, tout est maîtrisé. Bref, je vous le conseille.

Trilogie de la vengeance de Park Chan-wook (3/3)

Enfin, le troisième opus de ce triptyque vengeur.
Lady Vengeance
L’histoire : Geum-ja, une très belle jeune femme est en prison pendant 13 ans pour l’enlèvement et le meurtre d’un jeune garçon. Pendant ces 13 années de captivité, elle découvre la voie de la rédemption, aide ses camarades de prison, bref, elle devient un véritable ange. Mais tout ceci n’est qu’une façade, elle prépare sa vengeance envers celui qui devrait être à sa place : le vrai tueur.
Le générique annonce la « couleur » : ce film sera blanc, pur, et rouge, sanglant. Ce générique est beau, la musique est baroque et très belle.
Il est différent de ces prédécesseurs sur plusieurs points : entre le premier qui était coloré (éparpillé), le deuxième noir (malsain, summum de la vengeance), celui-ci est blanc et rouge, on a donc à faire à une véritable expiation, une sorte de rédemption, de véritable rachat de l’âme qui doit passer par la vengeance. De plus, le personnage principal est porté par une femme. Ce qui donne une dimension peut-être plus pure, innocente et belle.
Le début du film est basé sur les camarades de prison de Geum-ja. Celles-ci nous racontent tour à tour leur enfermement, et ce que Geum-ja leur a apporté (une aide psychologique, physique et même un don de rein). Un prêtre est même là pour accueillir Geum-ja à sa sortie de prison, et lui offre symboliquement du tofu blanc. Pas de doute : Geum-ja est un ange. Seulement, tout le monde le lui répète, depuis qu’elle a sorti, elle a changé. Elle est devenue silencieuse, froide, distante et se maquille les yeux en rouge (oui encore du rouge) pour ne plus paraître gentille. On comprend alors que toutes ses années de prison n’ont réussi qu’à alimenter sa préparation de vengeance et que ses camarades n’étaient que des pions qui lui serviront à se venger à sa sortie. Le désir de destruction prime.
On peut alors retrouver le côté ironique, humoristique de Park Chan-wook : l’héroïne est sarcastique, l’ironie de la vengeance qui finalement n’est absolument pas salutaire, est placée.
D’autre part, des scènes burlesques sont ici encore à noter, comme celle de la reconstitution du meurtre où Geum-ja, qui ne sait pas ce qu’elle doit faire (normal, ce n’est pas elle qui a tué l’enfant) est aidée par l’inspecteur de police en charge de l’enquête. Alors qu’elle s’acharne sur le mannequin censé représenter l’enfant, la tête de ce dernier tombe. Burlesque et trash.
On découvre également que Geum-ja a une fille et que cette dernière a été adoptée. Celle-ci se révèle être le catalyseur de rédemption de Geum-ja. Dès son arrivée dans la vie de Geum-ja, cette dernière, pourtant bien installée dans son désir de vengeance se retrouve dans un besoin d’expiation de son péché : sa vengeance, bien que légitime ne l’amène qu’à sa perte.
Une autre dimension du film apparaît alors : un côté humain du personnage pourtant si froid et d’une volonté sans faille. L’émotion du personnage prend alors la place de la vengeance qui a pourtant été réfléchie et scénarisée par Geum-ja pendant presque la moitié de sa vie.
Alors, dans la deuxième partie du film, la vengeance s’évapore pour mettre en valeur l’humanité, ce qui fait de Lady Vengeance une originalité comparé à Sympathy for Mr. Vengeance et Old boy.
Cette humanité dans la vengeance, on la retrouve également dans la vengeance en elle-même de Geum-ja. Effectivement, celle-ci se veut collective et donne un côté réellement « partageur ». Car Geuma-ja n’effectue pas seule sa vengeance, elle invite d’autres victimes à se joindre à elle. Sa vengeance est alors moins légitime et vraiment plus compréhensive, compatissante.
Lady Vengeance est donc double : vengeance et sensibilité. Et suit l’évolution de son personnage. Le final va également dans ce sens : on y retrouve la vengeance puis ensuite, l’émotion. On pourrait presque dire qu’il y a deux fins. L’une pour la vengeance accomplie, l’autre pour l’émotion  ressentie par Geum-ja. Cette deuxième fin est vraiment belle et extrêmement bien filmée : on retrouve le blanc, la pureté et l’image du tofu blanc.
En résumé : de la beauté, de l’humanité.
Ça fait bizarre de voir Choi Min-sik en méchant. On retrouve également beaucoup de caméos d’acteurs présents tout au long des trois films.
Le thème de Lady Vengeance, que j’aime beaucoup : ici.
Personnellement : beaucoup aimé.
Le plus pur et émotif.
Moi aussi je veux me maquiller les yeux en rouge.

Trilogie de la vengeance de Park Chan-wook (2/3)

Le deuxième film de cette trilogie.
Old boy
Old Boy est au départ un manga de huit volumes. Il a remporté un bon nombre de prix, notamment le Grand Prix du Festival de Cannes, le prix du meilleur film asiatique des Hong Kong Film Awards ou encore le prix du meilleur film étranger des British Indepedent Film Awards.
Passons donc au synopsis :
En 1988, Oh Dae-soo un père de famille est kidnappé et séquestré pendant 15ans sans aucune raison. A sa sortie, il va tenter de découvrir par qui mais surtout pourquoi il a été enfermé. Il va alors être contacté par celui qui l’a enfermé, Lee Woo-jin, celui-ci va lui proposer de découvrir les raisons de son enlèvement en seulement quelques jours en ne lui laissant pour seule piste cette phrase « Le caillou et le rocher coulent dans l’eau de la même façon ». Il va alors faire la rencontre de Mido.
Durant tout le film, le spectateur découvre tout en même temps qu’Oh Dae-soo, il cherche les explications en même temps que le personnage. Mais ces explications, surtout celles concernant le passé des personnages ou leur identité (surtout celle de Mido, débarquée dont on ne sait où, qui veut à tout prix venir en aide à Oh Dae-soo) ne seront expliquées qu’à la fin du film, et là, grand effet de surprise, on comprend donc tout à fait pourquoi on ne nous en a pas dit plus que ça avant : afin de ménager une fin totalement renversante. C’est là que le proverbe « Le caillou et le rocher coulent dans l’eau de la même façon » prend tout son sens.
Une piste sur la signification ? Oh Dae-soo n’est pas mieux que Lee Woo-jin.
Sachons-le, ce film est interdit aux moins de 16ans et il y a de quoi. Effectivement, nous avons parfois à faire à des scènes de sadisme assez dures, comme un arrachage de dents ou encore une scène de langue sectionnée. Cela donne une ambiance assez lourde, voire pesante au film.
Mais aussi, le spectateur est face à des scènes de combat très esthétiques, superbes, notamment le plan séquence où notre personnage va se battre dans un couloir contre une vingtaine d’hommes avec en fond de la musique classique.
Cette musique est composée par Jo Yeong-wook et est tout à fait magnifique. Il y a aussi « Hiver » de Vivaldi.
De plus, comme expliqué plus haut, Old Boy fait partie d’une trilogie de la vengeance et cela est expliqué dans le film par celui qui l’a enfermé, en effet, durant ces quinze années, ce qui a motivé le personnage principal dans sa démarche c’est avant tout la vengeance.
« Le désir de vengeance est finalement un excellent remède a la souffrance. Il est plus fort que le chagrin ! […] Femme, filles, prisons, ce sont des douleurs qui disparaissent quand l’esprit est submergé de haine.« 
Il ne pensait même plus à sa famille, il était obsédé par la vengeance, il voulait à tout prix sortir afin de tuer son « bourreau ». Il en devient une bête ne vivant que pour se venger et tuer celui qui l’a enfermé. Et cela nous est montré au début du film quand Oh Dae-soo est encore emprisonné, il s’entraîne à taper contre le mur de sa « cellule » en pensant :
« Qui que tu sois, attends-moi. Attends que je sorte de là. Personne ne retrouvera jamais ton corps de pourri, ni tes ongles, ni tes cheveux. Personne au monde ne pourra retrouver la moindre trace de toi. J’avalerai avec soin chaque morceau de ton cadavre.« 
Old Boy a donc bel et bien sa place dans cette trilogie sur le thème de la vengeance.
Les raisons elles-mêmes de l’incarcération d’Oh Dae-soo relèvent du châtiment, mais je n’en dirai pas plus pour ne pas sombrer dans le spoil’.
Néanmoins, ici cette vengeance est assez particulière, elle en devient même « anormale », monstrueuse, car elle engendre une violence assez exceptionnelle (voir la réplique d’au-dessus). Mais elle est tout à fait justifiée selon le point de vue d’Oh Dae-soo et de Lee Woo-jin.
De plus, hors ce thème récurrent, Old Boy relève certains tabous tels les pulsions sexuelles, les rumeurs et leurs conséquences…
A retenir d’Old Boy : un scénario mené avec perfection du début à la fin, un final surprenant voire déroutant, des scènes de violence assez monstrueuses, une musique somptueuse…
Quelques vidéos alléchantes :
A un niveau personnel : ce film est mon préféré des trois. J’ai vraiment aimé. J’ai dû le voir des centaines de fois et ne m’en lasse toujours pas.
Le plus noir et subtil.

Trilogie de la vengeance de Park Chan-wook (1/3)

(Cet article a été publié sur Parano.be en premier lieu, mais j’en reste l’auteure. Tous les articles que je publie, ici comme ailleurs, sont de moi et uniquement de moi, merci de ne pas les copier.)

Le premier film est Sympathy for Mr. Vengeance, sorti en 2002, aura pour acteurs principaux Song Kang-ho, Shin Ha-kyun et Bae Du-na.
Le deuxième est Old boy, sorti en 2003 et a comme acteurs principaux Choi Min-sik, Yoo Ji-tae ou encore Kang Hye-jeong.
Et enfin, le troisième est Lady Vengeance, datant de 2005 avec Lee Young-ae et Choi Min-sik.
Je vais donc vous présenter ces films par ordre chronologique.
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Sympathy for Mr. Vengeance
L’histoire : Ryu, un sourd et muet, est un ouvrier pauvre et sa sœur est malade (elle a besoin d’une greffe de rein). Alors qu’il est renvoyé de son travail, sa petite amie Yeong-mi a une idée : afin d’avoir l’argent requis pour payer l’opération de sa sœur, ils vont kidnapper la fille de l’ex-patron de Ryu, Dong-jin. Seulement, la séquestration de la petite va mal se passer. Et les conséquences vont être désastreuses, autant pour la famille de la victime que pour les kidnappeurs.
Je pense que l’on peut résumer les événements de ce film en une phrase : la vengeance appelle la vengeance.
En effet, cette phrase est peut-être réductrice, mais l’idée est là : Ryu veut se venger de la vie (qui ne l’a pas vraiment épargné) et de son ex-patron qui l’a viré. En voulant cette vengeance, il se retrouve encore plus malheureux qu’avant. Son ex-patron, Dong-jin tient lui aussi à se venger de la disparition de sa fille, en retrouvant les deux protagonistes responsables de l’enlèvement et en leur faisant payer. Et puis, Dong-jin se retrouvera dans la même position, encore plus malheureux.
Dans ce sens, on pourrait dire que ce film a plusieurs « héros » : on est d’abord du côté de Ryu et de sa petite amie qui après tout, commettent ce kidnapping pour une « bonne » raison. Mais voyant que les choses tournent mal, on serait tentés de les détester et d’être du côté de Dong-jin cette fois-ci. C’est peut-être ce qu’on cherche à nous faire ressentir : on ne vaut peut-être pas mieux que ces personnages en voulant qu’ils se vengent eux aussi, et ce, par des moyens peu recommandables.
Ce film est très réaliste, dans le sens où contrairement aux deux suivants, il est d’une part chronologique, et d’autre part, les personnages sont amener à réagir sans vraiment réfléchir : maladresse, remords… Ils sont pris dans l’action et n’ont que très peu de temps pour agir.
On est donc face à l’autodestruction, amenée par une vengeance ratée, vécue par tous les protagonistes du film.
Un autre côté de ce film est le burlesque. Lors de certaines scènes qui n’ont rien de drôle, certaines sont volontairement mises en scène pour paraître limite ridicules.
SPOIL notamment, lors de la scène où Ryu enterre sa sœur, un handicapé, ce qui n’est pas censé être drôle, tente d’enlever les pierres qui recouvrent la sœur avec la maladresse que sa situation de handicap lui fait vivre SPOIL FINI.
La frustration insufflée par les scènes de torture, de vengeance vécue par tantôt le vengé, tantôt le vengeur est assez mal vécue : on sombre dans l’abjection alors que le film est beau.
En effet, ce film est beau. Les couleurs, les personnages attachants, les scènes… Ce film est beau, malgré sa noirceur.
De plus, ce film laisse peu la place à la parole pour tout miser sur les actions (le personnage principal est sourd et muet), apportant du dramatique, du réalisme.
En résumé : une belle noirceur révélant un film réaliste et juste, les personnages sont bien joués, mais qui peut devenir frustrant, vis-à-vis des retournements de situation et de l’horreur.

Plus personnellement, c’est le film de la trilogie que j’ai le moins apprécié. Je me suis sentie vraiment désappointée.
Le plus coloré et le plus réaliste.
Par contre, je veux la même couleur de cheveux que Ryu.