Turbo Kid (2015)

Y’a des films comme ça, sans prévenir, sans penser à voir quelque chose de grandiose, ils nous explosent à la gueule par leur génie. On pensait passer le temps, se divertir, et ça aurait été en soi, déjà un exploit, mais ce qu’on se ramasse, c’est mieux qu’un bonus, c’est une bénédiction.

J’me souviens d’avoir entendu parler de Turbo Kid en début d’année et avoir eu envie de le voir, sans pour autant taper du pied avec impatience ni sautiller à sa sortie. Bon déjà, techniquement, je ne pouvais pas pour la dernière, vu que ce film n’est tout simplement pas sorti dans les salles obscures, du moins, pas dans nos contrées franco-belges (je me trompe ?). Alors récupérer la bête a dû relever d’un goût du risque Hadopien et d’une pointe d’illégalité. Certes, je n’en suis pas fière, d’autant que le film m’a plu, mais se procurer ce genre de film peut paraître plutôt délicat, vu qu’il n’est pas couvert médiatiquement, donc, introuvable. Bref, j’vous raconte un peu ma vie, mais j’aime ces petites introductions merdiques qui font que je vous donne un contexte totalement inutile mais qui me confère le pouvoir de blablater en toute impunité. Alors maintenant, on peut passer au vif du sujet : ce que j’ai pensé de Turbo Kid.

Initialement tiré d’un court métrage, Turbo Kid raconte l’histoire d’un jeune homme qui vit de la vente de bricoles et autres camelotes dans un contexte post-apocalyptique. En effet, les événements relatés se passent en 1997 à la suite d’une explosion (semblable à celle que les dinosaures ont connue) qui a décimé la majeure partie de la population, le reste se trouvant en guerre pour trouver de l’eau potable. Le film a initialement été présenté au festival du film Sundance début 2015. L’univers tire vers celui de Mad Max, tant par ses grandes lignes que par ses personnages qui ressemblent physiquement aux méchants de la franchise avec Rockatansky. Ça y ressemble sur beaucoup de points, sauf qu’ici, on a troqué les voitures et les motos par des BMX. Un côté ridicule ? Peut-être. Un côté enfantin ? Sûrement, mais pas que ! En fait, la force de Turbo Kid réside dans le fait qu’il arrive à naviguer sur plein de genres à la fois, sans donner la désagréable impression de bouffer à tous les râteliers, à l’inverse, il trouve sa véritable identité car le tout est assez intelligent pour emprunter ses bases à quelques œuvres, tout en allant plus loin et en s’offrant le luxe de sortir des sentiers battus (sa fin le prouve), sans toutefois prendre d’énormes risques.
Ainsi, l’œuvre nous balance des hommages à divers objets culturels bien connus : la musique des années 80, le walkman, le ghetto-blaster, les tenues fluo, les films comme Mad Max déjà cité, les jeux vidéo, les comics, et arrive à surfer sur tout à la fois avec une facilité presque déconcertante et en assumant son côté loufoque qui frise parfois le risible.

Le film est héroïque, car il est construit comme un film de super-héros, où le protagoniste principal est simplement Turbo Kid, dérivé de sa BD préférée, Turbo Rider, qui doit sauver sa belle qui ici, ne s’appelle pas Peach comme dans Super Mario mais Apple. Le film emprunte également quelques doses de western, de gore, de science-fiction et forcément, de post-apo. Mais ne nous méprenons pas, l’œuvre est avant tout humoristique et envoie vraiment de ce point de vue-là : les situations sont parfois très drôles, tout comme certaines répliques, ou encore les personnages, notamment le personnage principal, mais aussi son ami cowboy presque indestructible, avec des couilles en acier et un calme incroyable, et surtout Apple, dont l’optimisme est infini, tendant presque sur la folie. Je vous l’ai dit, Turbo Kid rend quelques hommages à certaines œuvres comme Zombieland (le gamin énonce ses règles de survie à sa petite amie qui les respecte scrupuleusement, ou encore le fait que le personnage de cowboy est dans la même veine que Tallahassee, physiquement tout comme dans son comportement), Shaun of the dead, puisque ce jeune qui n’a pas de prédispositions à se battre ou à sauver tout le monde se retrouve dans l’obligation de se vêtir d’une panoplie de super-héros pour retrouver sa belle. Vous l’aurez compris, les personnages sont détonnants et ont tous un petit quelque chose de plaisant, même le méchant joué par Michael Ironside (qui grossit mais ne vieillit jamais ?) se révèle charismatique, tout comme son bras droit que l’on entendra jamais mais qui fout les jetons par sa ressemblance avec un certain Immortan Joe. Par toutes ces caractéristiques, cette multitude d’univers représentés, Turbo Kid est une sorte de melting pot, à l’instar de Kung Fury, davantage enfantin et peut-être moins « fouillis » et embrouillé que l’œuvre de Sandberg.

Toujours dans le parallèle avec d’autres œuvres cinématographiques, pour son environnement, on retrouve un peu du film La route puisque les paysages sont assez semblables, sans pour autant être aussi désolés, et sans pour autant que Turbo Kid prenne la tension dramatique qui se dégage de l’adaptation de Cormac McCarthy. Au contraire, notre œuvre arriver à composer ce côté terne et gris, en un mot : post-apocalyptique avec un univers pop, coloré et presque enfantin, notamment avec la présence d’Apple habillée comme une Barbie et de son vélo licorne, et de celle de Turbo Kid de son accoutrement lui aussi, très vif, et de sa collection d’objets désormais inutile mais visuellement pigmentée, éclatante, bref vivante. Le personnage d’Apple arrive à donner au film cette dimension légère, avec comme dit précédemment, son optimisme, mais aussi son côté envahissant, son comportement, ses réactions, sa façon de penser, son sourire, ou aussi ses jeux de chat avec son nouvel ami. En fait, Turbo Kid a ce côté puéril assumé qui ne dépasse jamais la connerie crasse, c’est bon enfant et ça complète les quelques scènes et situations gores qu’on nous donne, rendant le tout à la fois réaliste et désopilant.
La bande originale du film permet elle aussi de composer avec cet univers triste, puisque l’ouverture est couverte par Stan Bush et son fameux Thunder in your heart, et le reste sonne très musique électronique des 80’s/90’s. D’ailleurs, si quelqu’un réussit un jour à obtenir la bande originale, j’en veux une part.

Pour conclure, j’ai envie de dire que Turbo Kid est une sorte de madeleine de Proust que je n’avais jamais eu l’occasion de goûter auparavant. Ses emprunts à divers genres et autres hommages feront certainement passer l’œuvre comme opportuniste, mais je trouve que ce défaut est en fait une qualité, comme vous l’aurez compris. J’ai vraiment adoré. Je vous conseille vivement de regarder ce film.

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Edge of tomorrow (2014)

Ce film, ça fait genre des semaines qu’on m’en parle. Ça fait genre des semaines que je veux le voir et donc des semaines que je refuse de lire n’importe quel avis afin d’éviter le moindre spoiler. Cependant, des éléments ont filtré, portant sur une fin maladroite ou sur du copié-collé, sans pour autant entacher ma volonté de voir Edge of Tomorrow.

A vrai dire, je cernais à peu près ce que j’allais voir : un blockbuster avec des chouettes effets spéciaux, des personnages assez bad ass et je savais très bien que je n’allais pas activer mon cerveau toutes les minutes. C’est parfaitement ce que je voulais pour cet après-midi : ne pas réfléchir à mort, regarder un film divertissant et avoir de l’action.

Je n’ai absolument pas été déçue car ça correspondait absolument à mes attentes de spectatrice moyenne de jour férié sous sa couette.
Je me suis donc retrouvée face à un Bill Murray mais dans un contexte beaucoup plus violent, forcément. J’apprécie ces films de boucle temporelle, encore faut-il que ce soit bien utilisé, adroit et que ça tienne sur un peu moins de deux heures. Et Edge of Tomorrow a gagné (à l’instar d’Un jour sans fin) : ça se répète mais ça ne bourre pas le crâne des mêmes faits, gestes, paroles. On a alors le scientologue le plus célèbre dans la peau d’un planqué accompagné d’une jeune actrice, toujours juste, qui endosse le rôle d’une bad ass. Guère de psychologie ou de travail sur les personnages : on ne sait pas qui ils sont, ce qu’ils ont fait auparavant et on ne s’en porte pas plus mal. De toute façon, on n’a pas le temps d’avoir toutes ces informations ET ce n’est surtout pas le sujet. Ça alourdirait même le film de savoir tout cela. De plus, on ne nous sert pas de romance à la con et c’est une véritable bénédiction.

Pour ce qui est de la fin, vu les commentaires de certains, je m’attendais à un truc énormément nul, alors forcément, j’ai avalé la fin servie sans trop de difficulté. Certes, elle n’est pas géniale ni très cohérente, mais honnêtement, je pense qu’on aurait pu avoir encore pire. Mais vraiment pire.

Tout ça pour dire que j’ai vu ce film dans un contexte de bonne humeur couplée d’un enthousiasme plus que respectable (pour une personne habituellement pessimiste) et
que j’ai été ravie du résultat. Je ne dis pas que j’aurais apprécié si j’avais eu une journée de merde, ça c’est évident.
Conclusion : j’ai vraiment apprécié et j’ai même eu un joli coup de cœur, il m’a mis la patate.

Starship Troopers (1997)

En voyant le titre de cet article, soit vous pensez que je vais faire un troll, soit vous pensez que je n’ai vraiment que des goûts de merde. La première option étant impossible de mon point de vue pour ce film, je vais donc opter pour la deuxième option, montrant que mes goûts de merde dans le cas présent, ne sont pas forcément horribles.
Cette petite introduction tient à rappeler que Starship Troopers est l’un des films les plus sous-estimés et incompris de tous les temps (avec Sucker Punch ? :D). Voulant remettre l’église au milieu des points sur les i, je vais me porter partie civile pour le procès de ce film si cher à mes yeux.



Starship Troopers est un film de science-fiction où l’on nous présente une guerre intergalactique avec les humains d’un côté et les parasites de l’autre. Ces parasites sont des formes extra-terrestres qui tentent d’envahir l’univers tout entier et qui sont plus que virulents, si bien que l’ensemble des humains a du mal à l’éradiquer et même à résister à cet ennemi. Pour prendre part à cette guerre, nous suivons Johnny Rico, de son quotidien d’étudiant à sa vie de soldat plus qu’efficace dans l’infanterie, le corps le plus mal vu de l’armée.

Présenté comme un film de propagande vantant les mérites de la guerre, recrutant les soldats dès le plus jeune âge et d’offrir aux étudiants une éducation déjà très orientée, Starship Troopers utilise l’humour et l’ironie pour mieux présenter ce système défaillant et ridicule d’enrôlement, de recrutement et de fonctionnement politique et sociétal. Et c’est en prenant ce chemin apparemment sans embûche que l’œuvre s’est faite cracher dessus. En effet, la plupart des spectateurs n’ont absolument pas compris que le film donnait pendant toute sa durée dans le second degré, ils ont donc tout pris au pied de la lettre, le trouvant tour à tour immoral, encensant la guerre ou encore fade. C’est pourtant assez clair que Starship Troopers utilise dans tous ses procédés l’humour afin de mieux dénoncer la dangerosité de l’omniprésence des forces armées dans la politique et sa place dans la société. Effectivement, entre les messages de propagandes plus que rentre-dedans, les publicités pour les corps d’armée (comme pour de vulgaires produits ménagers) et surtout le fait qu’il faille faire son service militaire pour être « citoyen », tout est limpide et tend à montrer que le film se veut acerbe.

Dans le film, la société est régie par les « citoyens », des personnes qui votent, prennent les décisions et plus globalement, détiennent le pouvoir. Une autre classe sociale existe, ce sont les « civils », qui, vous l’aurez compris, n’ont aucun privilège. Alors que cette facette de la société est a priori importante dans le livre, elle n’est que survolée au début du film, sans pour autant être expédiée. On apprend donc que pour être « citoyen », il faut avoir fait son service militaire, et que les citoyens ont la possibilité de rentrer dans plusieurs corps de métiers à l’inverse des civils et qu’ils ont un pouvoir sur les autres, en d’autres termes, une forme de violence dangereuse que les autres n’ont pas. Dans cette société, un peu comme dans Gattaca, le racisme, la misogynie et la différence sont éludés au profit de cette simple citoyenneté. Ainsi, les citoyens sont des êtres bons et qui ont des droits et des devoirs, les civils n’ont absolument rien. La différence réside seulement dans ce statut social. Promis à être de bons citoyens, on retrouve donc Rico et ses camarades, tous présentés comme des jeunes riches dans un lycée, nous faisant penser à la Californie, pourtant, on est à Buenos Aires. Ce détail anodin ne l’est en fait pas, puisque l’on nous présente des personnages tout droit sortis du rêve américain, transportés dans une ville aux antipodes de ce qu’ils sont : pauvre, cauchemardesque et sans une once de pouvoir de décision. En réalité, cette transposition sert davantage le côté décalé du film, puisque l’on imagine mal nos petits lycéens dans une école actuelle de Buenos Aires…



Malgré la supposée avancée de la société dans laquelle évolue nos personnages, on se rend bien compte que cela n’est que foutaise, les châtiments corporels et les punitions en place publique étant notamment de rigueur. En extrapolant, on arrive à voir que malgré les progrès faits (conquête de l’espace, union des pays au profit d’une guerre intergalactique…), des problèmes résident et/ou pointent le bout de leur nez : la manipulation de masse avec des vidéos de propagande et d’enrôlement, la pérennité d’un fossé entre les différentes classes sociales existantes… Montrant et pointant les défauts d’une société de rêve, on arrive toujours à voir qu’un système se base sur des inégalités et injustices plus que choquantes. Nous apercevons même quelques clins d’œil à des régimes totalitaires ayant existés, avec la propagande certes, mais aussi avec les uniformes des officiers de l’armée ressemblant très fortement aux manteaux des nazis. Cependant, aucune rébellion n’est aperçue, les personnages, leurs amis, leurs parents sont ancrés dans cette société, ils respectent ses procédés et même : la prônent. Ainsi, ces problèmes invisibles pour les personnages, ces derniers vaquent à leurs occupations qui elles, sont assez bien connues de tous : se trouver une place dans la société, avoir une reconnaissance sociale et professionnelle, se faire des amis, et pour Rico, reconquérir le cœur de sa bien-aimée qui a préféré sa carrière.

Parce que Starship Troopers dénonce certes les dérives d’une société moderne, mais il décrit aussi des histoires entre plusieurs personnages qui se lient d’amitié, qui se détestent, qui s’aiment… Ces histoires s’ancrent très facilement dans le film et ne sont absolument pas gnan-gnan ni de trop. Et à côté de ça, il y a la vraie guerre, celle qui oppose les humains aux parasites, celle qui fait perdre à nos personnages des êtres chers. Ici, un autre défaut pointé par les spectateurs apparaît, celui du côté kitsch du film. Sans pour autant le nier, je tiens à le minimiser. En effet, le film n’est pas tout jeune, mais n’est pas centenaire non plus. Cependant, j’ai vuStarship Troopers quand j’étais enfant, et il fait partie pour moi de ces films inscrits à vie dans les années 1990. Bien entendu, plus jeune, je ne percevais pas toute la critique et prenais le film au premier degré, mais c’est en le revoyant à notre époque que je m’aperçois de tout le côté revendicateur du film. Ainsi, j’ai presque envie de dire que le kitsch du film est totalement assumé et décomplexé : ça a mal vieilli, les effets spéciaux sont plus ou moins mauvais, les images sont très médiocres… Et pourtant, je trouve que tout le charme du film réside ici, que ce soit lors de sa sortie ou à notre époque, vingt ans après. Je ne vous décris pas du tout un plaisir coupable, mais plus une sorte de film aimé tant pour ses qualités que pour ses nombreux défauts. En effet, si on apprécie l’œuvre, c’est aussi pour son côté tellement vieillot (j’oserai presque dire « vintage ») et donc, profondément 90’s. Le casting lui aussi est d’époque et un peu kitsch : Denise Richard et Dina Meyer du côté des dames (et pour les spectateurs hommes qui ont dû baver plus que de raison sur l’une ou l’autre), Casper Van Dien et Neil Patrick Harris du côté des hommes.

Avant de conclure, que serait un film situé dans l’espace sans une petite pensée pour Star Wars ? En effet, la musique épique nous rappelle étrangement les thèmes de la saga où là encore, une guerre fait rage.
Starship Troopers est pour moi une pépite des années 1990 que j’aime regarder encore aujourd’hui, et même si je ne vous ai pas convaincus à son sujet, il restera toujours un film appréciable pour toutes ses qualités et tous ses défauts, que je continuerai à regarder sans avoir la moindre honte. Et que je continuerai à défendre malgré les principaux reproches faits : navet et promotion du fascisme.

Only the Bananawé

Only the strong alias La loi du plus fort en VF est sorti sur nos grands écrans en 1993. Il a été réalisé par Sheldon Lettich, celui qui a enfanté Double Impact ou qui a collaboré sur Rambo 3. Sa filmographie nous montre uniquement des films dans cette lignée. Il déconne pas : il fait jouer des gros durs qui aiment bien se fighter, Jean-Claude Van Damme et Sylvester Stallone. Sauf que dans Only the strong, il fait jouer un mec un peu moins connu et tout aussi féru de coups de poings dans le bide à grands renforts d’arts martiaux, j’ai nommé le très charismatique Mark Dacascos.



Only the strong, c’est quoi ? Notre petit Sheldon ne s’est pas pété la cheville en imaginant la petite histoire. Il a sûrement eu vent d’un art martial encore peu démocratisé à l’époque, la capoeira, du coup, il s’est dit « tiens, on va trouver un truc sur la capoeira ». C’est donc tout naturellement que le film met en scène un militaire des forces spéciales américaines (un béret vert exactement) qui a appris lors de ses campagnes la fameuse capoeira. De retour au pays, il passe par son ancien lycée et trouve que les jeunes sont perdus. Il pense pouvoir leur redonner de l’espoir en leur apprenant cet art qu’est la capoeira et ce, en montrant ses talents contre un vilain dealer pendant la récréation. Bref : il devient prof, sauf qu’il va se trouver des ennemis en la personne du parrain de la ville, Silverio, un sosie de Steven Seagal.
Sheldon avec la capoeira, c’est un petit peu comme une poule qui trouve un couteau : il ne sait pas DU TOUT quoi en faire.


Sosie de Steven Seagal

On retrouve dans Esprits rebelles plusieurs points de Only the strong : le prof ancien marine qui enseigne le combat à ses élèves, les élèves d’abord réfractaires à fond les ballons qui deviennent sages et respectueux, la confrontation avec le corps enseignant, la mort d’un étudiant (parce que la vie n’est pas rose, hein) mais une jolie fin, faut pas déconner. Sauf que là où Esprits rebelles tient plutôt la route, Only the strong s’étale, d’autant que c’est absolument prétentieux : Sheldon Lettich a découvert la capoiera et s’en empare. Autant vous dire que la déception est d’autant plus grande. Cela dit, pour être déçu, il faut un espoir en amont et on ne l’avait pas vraiment en fait. De là à dire que Only the strong a été le papa d’Esprits rebelles, c’est peut-être un peu poussé, car ce dernier a le mérite de pas trop se vautrer ni de vouloir en faire trop.

En fait, ce qui fait la force de Only the strong c’est qu’il est devenu au fil du temps un film carrément culte, mais pas dans le côté encenseur, non non, on se délecte de regarder Only the strong car il est hautement nanardesque. C’est un véritable bijou de perte et fracas. Une sorte de chef-d’œuvre du film nul. Et c’est tellement visible sur toutes les coutures qu’on se demande si ce n’est pas revendiqué. Déjà l’histoire bancale… Mais il n’y a pas que ça, oh que non ! Parce que les acteurs sont délicieusement horribles, ils massacrent leur rôle avec application. En tête de file, on a Mark Dacascos qui a des réactions bizarres et qui subit une transformation vêtementesque. En effet, au début, il est habillé tout en blanc, car il est pacifiste, il veut enseigner aux jeunes, les sortir de la mouise, pour avoir bonne conscience et pour se prouver que l’ancien délinquant qu’il était s’en est sorti. Mais quand vient l’ultime combat avec le gros vilain du film, il revêt son habit de marine, parce que merde, faut pas le faire chier, et puis c’est La loi du plus fort. Les autres ne sont pas en reste : y’a le sosie de Steven Seagal qui a des mimiques et expressions faciales des plus mémorables (vas-y que je te fronce les sourcils parce que je suis un méchant), le cousin du méchant qui est l’un des élèves dont a la charge le fameux prof qui ne sait pas vraiment où il habite et qui bouffe un peu à tous les râteliers selon le vent qui tourne, le prof désemparé qui n’a plus espoir en rien et la seule figure féminine du film, ancienne camarade de classe de Mark qui le défend corps et âme et qui finira par se faire embrasser. Parce qu’on ne baise pas dans Only the strong. On ne déconne pas dans Only the strong, c’est du sérieux, alors les pouffes en mal d’amour qui veulent de la baise, elles passent leur chemin. Ici on parle combat. Puis, on peut dire que le film jouit d’une incohérence des plus exquises. Notamment avec le cousin qui est totalement réfractaire à la capoeira (les mecs qui dansent comme des tapettes, c’est pas pour lui) mais son cousin pratique ce sport et veut qu’il apprenne cet art martial. Ah. Ok. Yépakompri. La fin où Mark va au casse-pipe vêtu de son plus beau treillis est révélateur de cette cohérence marquée, puisqu’il se fait défoncer mais n’a prévenu personne, heureusement, il est chanceux et ses élèves viennent le défendre (tous vêtus en blanc !). Pour finir, si vous voulez voir ce film, je ne peux QUE vous le conseiller en VF pour y ajouter un côté pas du tout crédible. Déjà, quand on sait que Mark Dacascos est doublé par Pascal Légitimus ça casse le côté film de gros durs pour les gros durs. Mais en plus, il nous sort des phrases avec des tons assez improbables. C’est difficile à expliquer à l’écrit, mais il faut le voir (l’entendre) pour le croire.




Je vous quitte sur cette chanson qui est l’hymne du film dans sa version remasterisée par le petit génie de la musique du film (celui qui meurt).
JE SAIS, C’EST PAS BANANAWÉ.

TROLL (gentil) : Battle cheap

Battleship, c’est pas un film de Michael Bay. Et pourtant, on en a tous les ingrédients : effets spéciaux, histoire un peu bancale, personnages héroïques ridicules et des méchants pas beaux. Je vois déjà votre déception « Quoi ? Du spectaculaire nul sans Bay ?! Mais comment qu’on va faire ? », non sans panique. Et bien ne soyez pas inquiets, car Peter Berg, il sait tout aussi bien réussir à faire des choses nulles alors qu’il voulait taper dans l’héroïque et le grandiose.
Et pour ça, il a un casting de fou : Taylor Kitsch (oui, au bout d’un moment, même la réalité nous rattrape), Alexander SkarsgårdLiam Neeson (là j’ai pas compris) et puis, pour lancer sa carrière d’actrice qui sera sans aucun doute brillante, la star internationale, la talentueuse Rihanna.

Pour le pitch, c’est pas bien compliqué puisque dans la scène d’introduction, Alex et son frère Stone sont dans un bar, le premier c’est le genre trou du cul qui ne fait rien, le deuxième il incarne la réussite sociale puisqu’il est officier dans la marine. Sauf que voilà, Alex voit Sam et est subjugué par sa beauté et transcendé par son charisme digne d’un pneu crevé. Il fait tout pour la séduire, comme cambrioler un magasin, se faire taser et arrêter par les flics. Son grand-frère furieux l’oblige à prendre ses responsabilités. Quoi de mieux pour cela que de rentrer dans l’armée ? On retrouve donc quelques années plus tardAlex et Sam (qui n’est autre que la fille de l’Amiral, le supérieur des deux frères) ensemble, accompagnés par Stone à l’occasion du RIMPAC 2012. Les deux jeunes hommes participent à l’exercice mondial au large d’Hawaï. Sauf que rien ne va se passer comme prévu puisque des envahisseurs débarquent (et là David Vincent ne voit rien) et ces salauds veulent mettre une bonne déculottée au monde entier (comprendre : les États-Unis et leurs sous-fifres). Mais qui va sauver l’humanité ? Bah Alex.




Battleship c’est un petit peu Independance day sur la flotte. La comparaison est facile, et pourtant, je préfère quand même son grand-frère Emmerichien pour une seule raison : j’ai apprécié certains acteurs, et je n’ai pas peur de le dire ! Parce que bon, Battleship a beau sortir l’artillerie lourde : des gros navires, des porte-avions et autres satellites hyper développés à l’instar de son aîné, on peut pas dire que les acteurs brillent par leur performance. Le héros bien cliché du mec qui a tout raté, qui est imbu de lui-même, mais qui, dans toute cette merde, est pris d’une illumination divine, devient humble et laisse sa place à son pire ennemi (un japonais, du jamais vu sur vos écrans !) plutôt que de mener ses compatriotes, et par extension toute l’humanité à une mort certaine. On pourrait aussi voir ça comme une forme de lâcheté style « tiens, plante-toi à ma place le bouffeur de sushis », mais on n’a visiblement pas envie d’y croire. Un héros, c’est un mec qui sait quoi faire quand vient le moment, et il est prêt à se remettre en question, même quand tout s’écroule autour de lui. Après, on a son grand-frère, le mec amoureux de sa patrie, droit et avec toutes les qualités d’un bon soldat, sauf que ce gland arrive à mourir, après tout, il fallait donner au héros le moyen d’exister et de pleurer quelqu’un. L’Amiral, interprété par Liam Neeson, c’est le mec que j’ai envie de défendre, parce que j’apprécie l’acteur, même s’il n’a pas eu une carrière tout à fait stable et exemplaire… Mais je n’y arrive pas, il s’enferme dans son rôle du papa protecteur de sa fille qui met des bâtons dans les roues du héros, sans parler de son énorme capacité à être lisse tout au long du film. Et puis, je vous ai gardé le meilleur pour la fin, Rihanna qui joue ici une tête brûlée qui n’a peur de rien, qui est prête à dézinguer tous les extraterrestres qui se trouvent sur son chemin. Elle se montre particulièrement vide, puisqu’elle interprète un personnage plat, inutile avec un regard bovin et une performance assez extraordinaire à passer pour une conne. Ce rôle, le premier de sa vie, lui vaudra d’ailleurs un Razzie Award.


Oups, j’ai oublié mon Umbrella

Passons maintenant à l’histoire. Pendant la première demi-heure environ (j’ai pas compté), c’est un magasin de meubles qu’on visite, vu qu’on est confrontés à la mise en place des personnages, à la présentation des bô bateaux de l’armée américaine (m’as-tu vu, reste du monde ?), aux petits remerciements des anciens combattants, parce que faut pas les oublier ceux-là, sinon ils gueulent, et on peut bien leur faire une petite fleur avant leur mise en bière. Bref, cette partie ne sert qu’à passer le temps, parce qu’une heure quarante minutes de film, c’était trop court. Bon après, on a le débarquement des méchants avec leur supériorité en nombre et en armes. D’ailleurs, ils envoient des espèces de roues mécaniques un peu partout, c’est assez déstabilisant, moi je m’attendais à des tirs de missiles verts. Innovation, parce que ici les extraterrestres sont très résistants physiquement, mais ils ont une grosse faiblesse : ils ne supportent pas la lumière du soleil… Alors débarquer à Hawaï, c’est un peu con pour eux. Dès la capture de l’un d’entre eux par les gentils, je me dis que c’est le moment opportun pour nous faire savoir qui sont-ils, que veulent-ils, d’où viennent-ils et qu’est-ce qu’on mange ce soir. Sauf que Battleship n’a pas envie de répondre à nos questions. Battleship préfère nous montrer des batailles de Touché-Coulé grandeur nature, des défilés de leurs navires (rappelez-vous bien que les USA sont supérieurs au reste du monde)… Alors là où Peter Berg aurait pu donner un semblant d’intérêt à son film, il préfère se murer dans ce qu’il pense savoir faire le mieux, c’est-à-dire filmer à grands coups d’effets spéciaux l’avenir du monde entier qui se joue sur l’eau. Puis après tout, un vaisseau-grenouille (car les vaisseaux ennemis sautent sur l’eau, oui), c’est quand même mieux que des explications pseudo-scientifiques.

Je vous parlais d’innovation plus haut, mais Peter Berg a un petit relent de nostalgie, il aime bien nous montrer que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, alors au diable le lourd armement américain, les technologies, les bateaux suréquipés et tellement inefficaces contre l’invasion ennemie. Il faut dire bonjour au vieux USS Missouri qui a plus de bouteille qu’autre chose et ses vétérans (qui semblent squatter le navire tels des SDF). Car ce qui va sauver l’humanité, c’est certes Alex (et un peu le japonais, mais on n’en parle pas trop), mais le jeune officier va se faire aider par ses ancêtres, ces papys à qui rien ne fait peur, ni les extraterrestres, ni de passer pour des glands dans ce film. Mais vu que c’est le genre de public qui aime ce genre de film, Peter Berg prend pas trop de risque en les rameutant pour son film. Puis merde, ils servent (les vétérans comme Berg) la même cause : celle qui te dit que l’Amérique te bouffera tout cru si tu oses l’attaquer. Car oui, si vous ne l’auriez pas deviné, Battleship, en plus d’être un film grossièrement exécuté pour montrer que la catastrophe ne passera pas sur le territoire américain, montre un patriotisme des plus acharnés. On nous prêche la bonne parole : l’éternelle qui dit que les USA sont les mieux, savent tout faire et mieux que tout le monde. Puis tiens, on rajoute un petit côté après-guerre, montrant à quel point les USA peuvent être bons et cléments, puisqu’ils s’unissent avec leur pire ennemi, le Japon, lors de la bataille pour dézinguer de l’extraterrestre venu foutre sa merde. Bref, Battleship c’est la démonstration de la superpuissance américaine, de sa beauté patriotique et de son côté tellement universel (le reste du monde s’allie aux USA). Ah, et puis merde, si on rend hommage aux vieux, on va passer faire un petit coucou aux blessés de la guerre irakienne, notamment avec encore une fois, un personnage sorti tout droit de la réalité : un unijambiste grincheux qui va de son côté sauver la copine du héros et empêcher l’arrivée d’autres extraterrestres. Résultat, le blessé de guerre montre par sa présence, que lui aussi, il a sauvé l’humanité dans son combat contre les méchants. Pour finir dans l’hommage, on va passer des musiques de hard rock anglophone (AC/DC notamment), après tout, pourquoi on irait illustrer Battleship avec des chansons du monde, j’vous l’demande ?


B4 les gars ! B4 !

Je voudrais finir sur un point. En général, les films (américains ou pas, entendons-nous bien) ont la volonté d’inscrire dans les annales certaines répliques bien senties, des dialogues chouettes voire des monologues sur la réalité des choses… Ici, on donne sa chance à Rihanna, non elle ne chantera pas, mais c’est elle qui a le droit de donner LA réplique du film, LE monologue cuisant, celui qui nous rappelle à quel point le personnage est lucide et à quel point on doit avoir les jetons. Une sorte de dialogue sur la nécessité du bien et du mal (ou une autre connerie dans le genre). Parce que même si on ne la laisse pas vraiment parler (par peur sans doute), c’est quand même elle a qui on donne le droit de passer pour une personne brillante. Bref, c’est elle qui a l’opportunité de le faire, et elle va se vautrer tellement ses paroles seront ridicules et dites dans un élan si fort, si pur, si sérieux et si inquiétant, que ça renforce le risible de la chose. Alors certes, y’a que six phrases, mais c’est dit dans cette volonté de frapper fort qu’on a l’impression que ça dure trois plombes :
« My dad said they’d come. He said it his whole life. He said we ain’t alone. He said one day, either we’d find them, or they’d find us. Know what else he said? He said, « I hope I ain’t around when that day comes. » »
Impressionnant hein ?


Bref, vous pouvez voir ce film sous certaines conditions : vous êtes américains, OU vous voulez du divertissement sans utiliser votre cerveau, OU vous voulez regarder un film nul (avec des potes).
Pour la prochaine adaptation de jeu, on table sur quoi ? Puissance 4 ? Monopoly ? Scrabble ?

Be a real hero (part IV)

KICK-ASS 2

Kick-Ass 2 est sorti en 2013 grâce à Jeff Wadlow, il met en scène les mêmes acteurs que le précédent, sauf que Jim Carrey prend la place de Nicolas Cage.
La vie continue pour Dave et Mindy, celle-ci a maintenant quinze ans et dézingue toujours des méchants, elle va même devenir le coach de Dave afin que celui-ci devienne plus fort. Seulement, face à sa promesse envers son tuteur, Marcus, l’ancien collègue de feu son père, Mindy arrête toute activité et essaye de se construire une vie avec des filles de son âge. Dave est alors contraint de trouver des acolytes dans sa volonté d’œuvrer contre le mal. Et il dégote des apprentis super-héros qui ont tous suivi son exemple, dont notamment le Colonel Stars and Stripes, un sanguinaire qui a maintenant la foi.




La vie n’a pas changé pour nos héros, Mindy a toujours envie de rendre service à la ville en se servant de ses talents, Dave aime toujours se mettre dans la peau de Kick Ass. Cependant, leur passage dans tous les journaux télévisés du pays a démocratisé les super-héros : maintenant, en devenir un, c’est donné à tout le monde, car chacun a bien sa petite justice à faire (enfant tué, sœur violée…). Grâce à Kick Ass, les super-héros (ou plutôt les apprentis) ont émergé massivement et forment un groupe de justiciers œuvrant ensemble pour rendre les rues de la ville plus sûres. De là à dire que nos protagonistes n’ont pas changé, c’est faux, ils ont grandi et mûri, même leur costume ont évolué : celui de Hit Girl notamment est plus chevaleresque, moins enfantin. Mais si des hordes de super-héros émergent, une armée de super-vilains est en train d’être formée par Red Mist, renommé pour l’occasion en Mother Fucker, qui, à grands coups de billets verts, achète ses disciples et s’entoure de personnages peu recommandables mais du coup, beaucoup plus puissants que Kick Ass et ses acolytes. Alors quand la guerre se déclare entre les deux camps, il n’y aura qu’une seule personne pour les sauver… Et évidemment, cette personne, c’estHit Girl. Mais avant cela, la demoiselle à d’autres culs à botter, notamment ceux des pouffiasses de son école qui l’ont ridiculisée et humiliée sur un terrain qu’elle ne maîtrise pas : le monde des filles. Mais la connaissant bien, on savait qu’une fin heureuse (ou plutôt vengeresse) pour elle allait arriver, et c’est grâce aux gadgets de son papa qu’elle arrive à ses fins : un appareil à vomi/diarrhée.



Vu que le premier Kick-Ass du nom a bien fonctionné, pourquoi ne pas reprendre intelligemment sa recette ? C’est ainsi que la scène d’ouverture, c’est Mindy qui tire sur Dave peu rassuré, même si affublé d’un gilet par balles. Pour l’occasion, les thèmes musicaux du premier opus sont repris ici, mais dans un genre plus rock, montrant la volonté de donner davantage dans le trash et la violence. Car la violence était présente dans le premier, mais elle est omniprésente dans ce second volet, que ce soit par le biais du Mother Fucker et ses grossièretés verbales, l’habileté imaginative du bras droit de celui-ci, Mother Russiaqui tue avec plaisir en torturant. Cela dit, le méchant n’acceptera pas de tuer le chien du Colonel Stars and Stripes : on ne touche pas aux animaux ! Le Mother Fuckerest un enfoiré de cruauté qui pense pouvoir acheter tout et tout le monde, ne serait-ce que par la mise en scène de la mort du père de Dave, dont la pendaison est envoyée par MMS à son fils. Malgré tout, il reste un méchant ridicule. Là où son père, Frank était fort, déterminé et débrouillard, lui passe juste pour un abruti complet qui ne sait se dépatouiller sans son tuteur. D’ailleurs, son costume en dira long sur lui : il a repris les costumes SM de sa mère pour se fabriquer sa nouvelle peau, bref, il n’a pas compris grand-chose à la vie. Ces bras droits sont heureusement là pour le faire passer pour quelqu’un dont on doit avoir peur.



Cela dit, Kick-Ass 2 ne s’élève malheureusement pas au rang de son prédécesseur, il ne déçoit pas, mais il n’est pas forcément utile (tout comme le comics). Certaines scènes sont sympas, notamment celle deMindy devant le clip d’Union J où elle se fait traiter de cochonne, l’entraînement de Dave par Mindy… Mais c’est pas non plus aussi surprenant, étonnant et plaisant que les scènes du premier film. On ne va cependant pas lui reprocher sa fin : l’avenir incertain de Mindy qui s’enfuit de la ville avant d’être rattrapée par la police (dont son tuteur), mais surtout, Kick-Ass 2 nous montre avec une certaine aisance qu’il est tout à fait possible pour Monsieur-tout-le-monde de devenir un héros au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce qu’en poursuivant les voleurs qui viennent de commettre un vol à l’arrachée sur une pauvre mamie sans défense. Bon par contre, merci d’oublier la scène post-générique, qui ne fait que de nous apprendre qu’un troisième opus aura lieu, mais dont on peut se passer sans problème. Puis l’humour noir du premier est troqué par du simple pipi-caca alterné par des insultes à presque toutes les scènes où l’on voit le méchant. Lassant. Toutefois, celles balancées par Mindy sont savoureuses, surtout quand elle s’adresse à ses pétasses de copines.

Pour finir, j’ai presque envie de dire que si vous cherchez un film sur des héros en devenir, n’explorez pas Kick-Ass 2 sans avertissement. Car certes, on a encore une fois des apprentis super-héros, mais la quête identitaire et la vengeance voulue sont peu accommodantes dans ce second opus. La conclusion se suffirait à elle-même malheureusement, mais ils n’allaient pas faire la suite de Kick-Ass en vingt minutes… Bon, et puis je crache pas totalement dans la soupe : le premier tiers du film est délectable, vu qu’on y voit l’entraînement de Dave (qui devient un peu trop musclé pour un amateur). Bref : avant et après oui, mais pas pendant ! Sinon, la musique est pas mal, en plus des thèmes repris, on a des nouvelles chansons assez bonnes.



Conclusion : J’espère que je vous ai suffisamment documenté sur le sujet des apprentis super-héros, parce que nom d’une pipe, y’a pas que SpidermanBatman et compagnie dans la vie !

Be a real hero (part III)

KICK-ASS

Kick-Ass a été réalisé en 2010 par Matthew Vaughn, c’est une célèbre adaptation des comics éponymes de Mark Millar et John Romita Jr mettant en scène Aaron Taylor-JohnsonChloë Grace Moretzou encore Nicolas Cage.

Kick-Ass, c’est avant tout l’histoire d’un lycéen, Dave, qui a une vie un peu trop commune à son goût. Il a des amis, il aime une fille, il se paluche sur des sites pornos, il lit des comics… Et son amour pour ces derniers va le pousser à devenir un super-héros, à l’instar de ses idoles, Superman ou bien Batman. Il va vouloir devenir un super-héros pour donner du piment à sa vie et se sentir responsable de quelque chose. Cependant, il va vraiment se rendre compte de gravité de ses actes irréversibles quand il va se frotter à de vrais méchants (mené par Frank d’Amico) et lorsqu’il va rencontrer d’autres super-héros qui ne jouent définitivement pas dans la même cour.




Kick-Ass c’est donc la transformation de Dave de prime abord. On le voit d’abord dans sa vie normale, sa vie rangée de lycéen banal dont la plupart se contente. Il se fait racketter, il est faible, ça en est triste. Puis il s’achète un costume ridicule vert et jaune (de plongée qui plus est) et commence à vouloir se faire respecter par les deux qui l’ont racketté quelques semaines plus tôt, il se prend vite un coup de couteau et finit à l’hôpital car renversé par un chauffard. Il revient avec la version 2.0 de son personnage, qu’il a appelé tout bonnement Kick Ass : maintenant, qu’il a été refait de partout, il a moins de sensations quand on le frappe. Alors, il commence à patrouiller la nuit et cherche Mr Bitey, un chat et tombe littéralement nez-à-nez avec des malfrats qui poursuivent un homme, une aubaine pour lui, il peut enfin défendre cet homme. Son acte est médiatisé car des passants l’ont filmé et ont mis la vidéo sur Youtube. Une véritable réussite pour lui, il peut donc s’en prendre à plus gros : un drogué et ses potes dans un appartement, armé d’un taser, il blesse légèrement le méchant, se croyant foutu, il est sauvé par un duo de super-héros qui sont beaucoup plus professionnels et déterminés que lui : un père et sa fille. De fil en aiguille, il sera propulsé au rang de star nationale grâce à MySpace, ce qui va attirer les foudres du parrain de la ville. Il va donc se retrouver piégé, morflant comme jamais, en étant encore une fois sauvé par la gamine qui est largement plus douée que lui… C’est à partir de là qu’il prend conscience de ce qu’il fait, qu’il est maintenant une personnalité regardée, admirée et que ses faux-pas se révèlent destructeurs pour lui-même. Il prend véritablement conscience de cela lors de la scène où il se retrouve devant le miroir, complètement en sang.

Cette fameuse scène, je la trouve carrément terrible : non seulement le morceau intitulé Marshmallows est vraiment beau, mais en plus, on a successivement la prise de conscience de Kick Ass qui se rend compte que se prendre pour un super-héros n’est pas donné à tout le monde, et surtout, qu’il faut assumer. Cette maturité, Hit Girl l’a déjà acquise : pendant que Dave se rince dans la salle de bain, elle prépare la vengeance de son père, ne pouvant pas encore faire son deuil. Je trouve que Kick-Ass est un film certes, pour un public ciblé (geek/jeune) mais qui véhicule de bons concepts : la responsabilité (mais en mieux formulé que dans Spiderman), l’assomption et l’acquisition de la maturité. Et cette dernière est soit forcée (Hit Girl), soit délibérément choisie (Kick Ass). Effectivement, les deux sont jeunes,Mindy (le vrai prénom de Hit Girl) a 12 ans mais a déjà la tête sur les épaules, les pieds sur terre et une définition bien nette du bien et du mal. Elle n’a plus aucune innocence, malgré son jeune âge, c’est une adulte qui a été formatée par son père. Ce dernier lui vouait un amour inconditionnel, mais il l’a utilisée dans sa revanche contre Frank d’Amico et les criminels en général. Pour ce qui est de Dave, c’est autre chose, il a voulu plonger dans le monde des grands sans vraiment savoir ce qui l’attendait, ne pouvant plus faire marche arrière, il convient d’accepter son sort et d’assumer ses choix. Au-delà du fantasme,Dave a dû reprendre contact avec la réalité, et la scène devant le miroir est le fameux déclic. « Quand on n’a pas de pouvoir, on n’a pas de responsabilité ? » Pas sûr…



Au-delà de la morale et de la volonté de faire passer des messages, on doit quand même retenir que Kick-Ass, c’est du fun à l’état pur : on nous colle des scènes de combat carrément pitoyables (la première de Dave qui se solde par un séjour à l’hôpital) et d’autres incroyables et vraiment appréciables, celle avec Big Daddy (avec en prime, le remix du thème de 28 jours plus tard) ou celle où Hit Girl devient Robinet tente tant bien que mal de sauver Kick Ass et son père d’une mort certaine. Mention spéciale pour cette scène, celle du FPS avec en prime, la musique de Sunshine retravaillée pour l’occasion. C’est acrobatique, y’a des armes, des sauts périlleux, des cascades, youhou ! C’est violent, y’a des effluves de sang, on transperce des gens de part en part, on charcute… Kick-Ass est un film qui montre que les super-héros peuvent tuer et se faire tuer. C’est hyper rythmé, bien sûr, on n’a pas que du combat, et quand ceux-ci cessent, on ne retombe pas dans le plat, puisque l’on suit tour à tour Dave ou Mindy et son père dans leur vie quotidienne mais avec des préoccupations bien différentes.

A la limite de nous virer le héros, Hit Girl est élevée au rang de super gamine, adulée de tous. Mignonnette dans la vie de tous les jours, habillée en rose, avec des couettes et recevant pour son anniversaire des couteaux papillons, elle se transforme en véritable guerrière lorsqu’il le faut et n’hésite pas à démonter du méchant avec une violence extrême, avec une absence hallucinante de remords. On pourrait notamment croire que Mindy n’est qu’un instrument, un robot dont s’est servi son père pour mener à bien sa quête, mais elle nous prouve à de nombreuses reprises qu’elle a un cœur, notamment grâce à son amour pour son père, mais aussi avec sa compassion à la fin envers Dave, même si elle est quasiment imperceptible.
Dave n’en perd pas néanmoins tout son charme, mais la force exemplaire et le courage de la gamine est peut-être trop importante pour que l’on puisse élever le personnage principal au rang de héros. Big Daddyest lui, un papounet tout mignon, qu’on a du mal à détester malgré ce qu’il a fait de sa fille. Quant aux méchants, c’est des vrais méchants bien dégueulasses, sans foi ni loi.



En plus d’être violent et plein de sens, Kick-Ass arrive à dédramatiser toutes les situations grâce à l’humour (souvent noir) dont il fait preuve. Notamment grâce au personnage principal, Dave que l’on entend en voix-off qui se lance dans des répliques assez drôles « Comme chaque tueur en série le sait, il y a un moment où l’heure n’est plus au fantasme », tombe malgré lui dans des situations comiques (celle où les deux petites frappes se foutent de sa gueule en voyant son costume), sans oublier son entraînement fait par lui-même où il tente de sauter d’immeuble en immeuble, mais se ravise au tout dernier moment… Il arrive également à rendre hommage à des films et autres médias de la pop culture notamment, grâce à des références assez chouettes : musique d’Ennio Morricone, mentions de Scott PilgrimSpiderman,Sin CityLost et surtout, Batman avec le costume très ressemblant de Big Daddy, une réplique assez savoureuse de Hit Girl (le fameux signal dans le ciel de la bite géante donné par le maire) et une discussion entre Dave et l’un de ses amis : Batman ou Le Joker ? Mais attention, Kick-Ass n’est pas seulement qu’un film de geek, c’est plus profond que ça, et je vous l’ai montré plus haut.

Pour la petite comparaison avec le comics, Kick-Ass garde le fil conducteur, mais prend quelques libertés : une histoire d’amour (bah oui, on est au cinéma, fallait bien du cul), et même si le film est assez sombre, le comics l’est encore plus de par son univers, ses couleurs… Car en effet, dans le film, les personnages évoluent dans un monde de couleurs (lycée, magasin de comics, même le chocolat chaud deMindy et de son père a des marshmallows…) et le ton est davantage comique, même s’il garde sa violence, sa volonté de frapper, de se distinguer par l’abrupt.
Hors comics, pour relever la sauce, on a le droit à une savoureuse bande originale (The ProdigyThe Pretty Reckless…) et des thèmes qui ne sont pas si éloignés des thèmes héroïques que l’on a pu trouver dans la franchise Batman de Christopher Nolan.


Pour finir, j’élève Kick-Ass au rang de film à voir au moins une fois dans sa vie, car il donne une sorte de renouveau au genre, sans pour autant être prétentieux et prendre son public pour des cons. Il arrive à jongler sur plusieurs terrains en même temps, et c’est assez rare et admirable.