The Nice Guys (2016)

On en a fait beaucoup avant la sortie de The Nice Guys. Rien que sur SensCritique, on recensait les meilleures punchlines du film avant sa sortie et on offrait même un badge à ceux qui l’avaient rajouté dans leurs envies (sérieusement les mecs… ?). Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on attendait le nouveau Shane Black de pied ferme. Piqûre de rappel : Last action hero, Kiss kiss bang bang et la franchise L’Arme fatale, voici trois titres auxquels le réalisateur a participé, mais je parlerai seulement de Kiss kiss bang bang, parce que Black n’a pas été « seulement » scénariste ici, il l’a réalisé, tout comme le film dont il est question ici. Et au pitch, on voyait de grosses ressemblances entre les deux. La question était donc de savoir si TNG était un vulgaire copié-collé de KKBB. La réponse est non.

Donc oui, l’histoire est assez similaire, puisque encore une fois, Shane Black s’attèle à réaliser un film sur Hollywood, en prenant pour trame une histoire de meurtres de stars et autres grands noms du cinéma, le tout sur fond de complots et pour démêler le vrai du faux, des détectives privés plus ou moins aguerris. Là où le film de 2005 (putain 11 ans !) s’inscrivait dans notre époque, le film sorti en 2016 prend place dans les 70’s, nous apportant son lot de vintageries remarquables : décors, fringues et pensées bien différents de ce que nous connaissons actuellement. C’est l’un des premiers points forts du film : l’immersion est totale et complètement réussie. En tout cas, moi, j’avais l’impression soit d’être dans cette décennie l’espace de deux heures, soit de voir un film qui avait été tourné pendant ces années, mais avec les techniques actuelles. Côté maîtrise, Shane Black n’est absolument pas un amateur et sa mise en scène est bien foutue, le côté histoires parallèles formant l’introduction m’a mise dans le bain dès les premières minutes, même si, je dois bien l’avouer, j’étais un peu perdue avec tous ces noms dans les premiers temps…

Dans « tous ces noms », on a notre trio principal, trois personnages qui se complètent et forment une équipe soudée malgré ses différences et ses méthodes diverses : Jackson Healy (Russell Crowe), Holland March (Ryan Gosling) et sa fille, Holly (la jeune et prometteuse Angourie Rice). Bien écrits et bien joués, le casting et les personnages, sont un autre point fort de The Nice Guys. A côté d’eux, même les rôles secondaires envoient du lourd : la jeune actrice porno rebelle qui voit en chaque personne un fasciste en puissance, les méchants implacables, et même un gamin que l’on croise sur son vélo qui est prêt à montrer sa queue pour 20 dollars… On prend du plaisir à voir évoluer chacun d’entre eux, les voir parler et mener l’enquête, le spectateur y prend part d’ailleurs, parce que le tout fonctionne tellement bien qu’on est obligés de vouloir participer à ces péripéties. Le rythme aide bien, tout est fluide et il se passe toujours quelque chose dans chaque scène. Sérieusement, pendant toute la durée du film, je ne me suis pas ennuyée un seul instant, les personnages charismatiques commencent d’abord par nous charmer et l’écriture du scénario fait le reste, je n’ai pas vu le temps passer.

Il faut dire que les scènes et situations rocambolesques s’enchaînent, sans pour autant que l’on trouve ça lourd, ni que ça en devienne répétitif. L’une de mes scènes préférées est celle de la villa, parce qu’il se passe vraiment tout ce que qui est possible : découverte d’un cadavre, open bar bien chargé, visionnage d’un film porno (et c’est encore mieux quand on a treize ans), interrogatoire de sirènes dans une piscine, fusillade, course-poursuite, sans oublier les répliques qui fusent et font mouche. D’ailleurs, l’ayant vu en VF (parce que là où j’habite, les seuls films qui passent en VOSTFR sont les films estampillés art et essai), j’ai trouvé le doublage assez sympa. Certes, certaines blagues sont un peu tombées à plat parfois, mais ça fonctionnait très bien dans l’ensemble, surtout que la voix de Ryan Gosling a été conservée pour ses hurlements très aigus, et ça, c’était parfait. Ça faisait longtemps que je n’avais pas ri comme ça devant un film, au cinéma qui plus est.

Je reviens un peu sur l’immersion dans les seventies pour aborder le sujet de la bande-son. Cette dernière nous convie elle aussi à la fameuse décennie en nous apportant son lot de Bee Gees, de Kool and the Gang, de Kiss ou encore de Temptations. En un mot ? Génial. Que l’on soit fan ou pas de cette décennie musicalement parlant, on se laisse facilement porter par sa bande originale qui illustre très bien les différents passages où elle passe. Les chansons ont été bien choisies et collent parfaitement aux scènes auxquelles elles correspondent. Je ne dirai pas qu’elles ont été écrites pour The Nice Guys, mais elles parent très bien les diverses séquences.

Pour répondre à ma question sur le lien entre KKBB et TNG, même s’il subsiste un rapport dans les grandes lignes, The Nice Guys a sa véritable identité, à la rigueur, on pourrait parler de remake, mais de manière très libre… Parce que même si la toile de fond est quasi identique, son traitement est différent, mais on retrouve les qualités qui ont fait de Kiss kiss bang bang un très bon film. Là où ce dernier était plus « sombre », et un brin plus complexe (pas casse-tête non plus), The Nice Guys est à la cool (poseyyy ?) même si très énergique à la fois, et assez abordable. Pour cela, je leur mets la même note, même si je trouve que c’est assez peu pour le bonheur que chacun de ces métrages m’a apporté.
Un excellent buddy movie en somme, qui allie action, humour et enquête, grâce à d’excellents personnages et une bonne mise en scène.
(Bon et, première séance dans ma ville, une salle gigantesque pour 5 personnes (dont mon chéri, ma copine et moi-même), comment ne pas mieux en profiter ?)

John Tucker doit mourir (2006)

Si mes souvenirs sont exacts, j’ai vu ce film 4 ans après sa sortie. Vu que je suis un peu coconne, je confondais avec Roméo doit mourir, et comme j’étais en croisade contre les films d’action (je sors doucement de cette guerre), je ne voulais pas en entendre parler. Alors quand mon ex m’a présenté le bousin en utilisant le mot clé teen movie, j’ai sauté dessus comme la misère sur le bon Dieu. Oui, vous vous dites « La meuf, elle préfère les teen movies débiles à de l’action ? Débile non ? », Coupable !

Et en parlant de coupable, John Tucker doit mourir (que j’abrégerai à partir de maintenant en JTDM) est un plaisir coupable à l’état pur. En clair, ce film est vraiment nul, inintéressant, dispensable, risible… pour le commun des mortels. Moi, j’adore revoir ce film de temps en temps, histoire de débrancher mon cerveau et de mater ma dose de girly/lobotomie mensuelle. Mais avant de passer aux explications poussées, laissez-moi vous conter le pitch de cette pépite…
Les trois reines des abeilles d’un lycée se rendent compte que John Tucker sort avec chacune d’entre elles. Leur plan va alors être de faire tomber John, et après de nombreuses tentatives infructueuses pour le mettre à terre, elles décident de lui briser le cœur avec l’aide de la petite nouvelle, Kate, qui va accepter de se retrouver au beau milieu de ce complot pour se faire des amies.

Vous l’aurez compris, il n’y a rien de novateur, d’original, d’incroyable ni même de réellement intéressant dans ce film. On pourrait même dire que tout est à jeter. Pourtant, de mon point de vue, cette œuvre sans grande ambition atteint son but : me divertir.
Bien entendu, je ne suis pas aveugle, ni sourde (putain je l’ai vu en VQ !), ni complètement atteinte. Je suis consciente des énormes défauts, ou du moins, du peu de qualités détenues par JTDM. On vient pour nous raconter une histoire bien conne afin d’amasser de la populace jeune, elle-même dépeinte dans le film, et on le fait : aucune fioriture, aucun procédé énorme pour plaire. Les personnages sont tous des clichés connus et que l’on retrouve facilement dans les autres œuvres du genre : la geek intelligente, la chef des pompom girls, la vegan coconne mais carrément active sexuellement, le beau gosse capitaine de l’équipe de basket, le frère qui fait pâle figure et enfin, la petite nouvelle, timide, naïve mais pas trop conne qui tient juste à se faire une place dans ce bas monde. Et comme on n’a plus de chances de ressembler à cette dernière, elle nous paraît sympathique et on l’apprécie. Le pire, c’est qu’on ne déteste pas les trois reines des abeilles. D’une part parce que si elle se serve de Kate(la nouvelle) pour atteindre leur but, elles ne le font jamais pour l’envoyer au casse-pipe : elle reste toujours leur alliée. Puis, on peut comprendre le pourquoi du comment de leurs agissements. A côté de ça, Lolita malgré moi (Mean Girls), que je porte très haut dans mon cœur, parvient à nous faire détester cette reine (l’excellent Rachel McAdams) qui elle, utilise le petit monde qui l’entoure pour parvenir à ses fins, elle est crainte et a du pouvoir… Non ici, les trois cocues, Heather, Beth et Carrie sont vraiment sympathiques. Même le beau gosse qui prend les filles pour des connes n’est pas détestable, et il a de quoi l’être en plus. En fait, là où je veux en venir, c’est que ce teen movie dépeint un plan machiavélique, mais le tout est amené de manière si innocente et gaie que ça passe crème. Evidemment, on n’échappe pas à la morale de ce genre de films, qui ici serait une sorte de « Reste toi-même », mais elle est vite éludée, du moins, on ne la sent pas très présente, puisque comme je vous l’ai dit, le film reste gentillet.

A côté de ça, les défauts s’enchaînent mais je fais abstraction sans problème de ceux-là. Je le redis : ce film est un divertissement, c’est volontairement insipide, destiné à un public jeune, n’a pas la prétention de nous amener à une réflexion poussée sur la vie adolescente ni sur la condition humaine. Ça ne vole jamais bien haut, je dirai même que ça ne décolle jamais réellement, c’est très peu réaliste… Mais ça a le don de me redonner du pep’s et de me faire sourire lorsque le temps dehors est maussade (je suis la fille de Baudelaire). Parce que oui, c’est drôle, con, mais drôle. Puis le tout est accompagné d’une musique pop qui ne nous pète pas trop les oreilles, ce qui reste appréciable (mais j’ai une certaine résistance et dévotion pour les chansons pop merdiques, alors ceci explique peut-être cela…).
Les personnages sont donc sympathiques, pas trop insupportables, même si Ashanti joue comme un pied. Sophia Bush est bonne dans ce rôle d’écervelée vegan qu’a du mal à biter quelque chose (elle a même reçu un award pour ce rôle lors des Teen Choice Awards), Brittany Snow, que je trouve toujours cool est parfois un peu chiante dans son rôle d’innocente, mais est bien dans ses pompes. On y trouve aussi Jesse Metcalfe et Penn Badgley qui m’ont fait vibrer telle une petite fille en émoi (et en chaleur, faut l’dire).
Certaines scènes valent le coup d’œil : je me souviens de m’être marrée comme une conne la première fois que j’ai vu la scène où tout le monde se prend des balles dans la gueule, lorsque les trois reines découvrent le pot aux roses. La fin, qui est assez surprenante pour un film de ce genre, est à voir aussi. D’autres situations mignonnettes et drôles sont à noter.

J’ai un peu de mal à en dire davantage sur ce film, puisque l’essentiel est déjà évoqué et qu’une description poussée est presque impossible, vu que l’œuvre n’a pas vocation à rentrer dans les annales. Je le redis : JTDM amène au divertissement et remplit son contrat ! Je ne lui en demande pas plus, puis de toute façon, il ne peut pas vraiment m’en apporter davantage…
En résumé, je vous le conseille, à moins que vous ne soyez complètement hermétiques à ce genre de films et que vous attendez plus qu’un divertissement concon et destiné à vous ramener à vos 16 ans. Vraiment, si tel est le cas, évitez-le de toute urgence.

What We Do in the Shadows (2014)

A l’instar de [REC] avec son émission Pendant que vous dormezWhat We Do in the Shadows présente un docu-réalité sur ce que font les vampires pendant la nuit.



On a beau avoir lu une multitude de Stoker ou de Rice, vu des MurnauFisher ou encore Coppola, et même, s’être aventuré dans la folie Twilight, on ne sait pas ce que fait réellement un vampire de ses nuits.
Pour tenter de satisfaire notre curiosité, une équipe de télévision néo-zélandaise, après s’être équipée d’eau bénite, de crucifix et de pieux, s’aventure dans une colocation partagée par quatre vampires, nous montrant au quotidien, la vie des vampires et leur place dans la société actuelle.
Nous côtoyons donc Viago, un vampire de 379 ans, sorte de dandy poli et très sympathique, Vladislav 862 années au compteur, un vieux de la vieille aux allures et réactions plutôt archaïques, Deacon le jeunot avec ses 183 ans seulement, qui est assez immature et enfin, l’aîné de tous, Petyr, 8000 ans qui dort dans sa cave et a des difficultés à communiquer.
Ces quatre colocataires tentent de mener leur vie paisiblement, mais entre leurs envies de sang frais et celle de rejoindre les soirées prisées de leur ville, ceux-ci ont bien du mal à nouer des relations avec les autres. Jusqu’à ce que Nick soit vampirisé et chamboule les habitudes de tous…

Les télé-réalités fleurissent et leur nombre ne cesse de s’accroître. What We Do in the Shadows nous présente ici une sorte de Confessions intimes où aucun fan indélicat de Johnny Hallyday n’intervient, mais où quatre sympathiques vampires s’illustrent. Ces derniers nous emmènent donc dans le monde de la nuit qui malgré leur statut de « créatures de la nuit » peinent à trouver leur place. Tour à tour, nos trois vampires (Petyr ne parle pas et reste enfermé dans sa cave tout le temps) vont se confier à la caméra et dire ce qu’ils pensent de leur vie et de leurs colocataires. A côté de ça, l’équipe de tournage les suit partout et tout le temps, révélant donc comment ils arrivent à trouver de la nourriture, comment leur colocation fonctionne, quels sont les liens qui les unissent et surtout qui sont ces vampires.

Le trio est charismatique, chacun correspondant à un cliché du vampire, ils ont tous une personnalité distincte et plaisante. Même s’ils représentent un cliché (le « poétique », le bad boy, celui à qui on ne la fait pas…), leur développement ne s’arrête pas là, puisque ce cliché est là pour alimenter les caractères de chacun sans les enfermer dans cette seule caractéristique. Sans compter que les trois vampires ont du charisme à revendre parce qu’ils sont brillamment interprétés. Même s’ils sont tous les trois très différents, ils se complètent et leurs relations et mécanismes font que tous leurs échanges sont fluides. Leurs qualités, défauts, mais aussi mimiques et façon d’être ont été intelligemment étudiés, permettant de donner de la crédibilité et d’interpréter des personnages hilarants qui sortent des sentiers battus. Effectivement, bien loin de vouloir bâcler le travail, les créateurs se permettent, grâce aux clichés plus que connus sur les vampires, d’aller plus loin en apportant un côté un peu gore auquel s’ajoute l’humour, que l’on a guère l’habitude de trouver dans un film sur ces créatures.

Comme dans toute télé-réalité, on rit. Parfois malgré les personnages, parfois non. Dans ce film, c’est un peu pareil : chaque situation, fait ou geste, nous permet de rire. Les habitudes des vampires sont toutes reprises pour en faire quelque chose d’absolument drôle. On voit notamment les vampires dans un savoureux face-à-face avec une bande de loups-garous, dans une soirée avec des morts vivants ou encore chez eux, en train de recruter des personnes pour qu’ils leur servent de nourriture. Tout comme dans les télé-réalités aussi, on a droit à des scènes de prises de têtes (la répartition des tâches ménagères est synonyme de pétages de câbles), des scènes mélodramatiques… Sauf que là encore, c’est délicieusement drôle. Les situations s’enchaînent sans pour autant donner l’impression d’être envoyées bout à bout et le résultat est juste terrible.



Comme dit plus haut, chaque vampire correspondant à un cliché bien connu, on retrouve aisément dans What We Do in the Shadows de nombreuses références, notamment cinématographiques. Pour la forme du film, on pense directement au Projet Blair Witch puisque l’équipe de télévision suit caméra au poing nos joyeuses créatures. Pour le fond, on a un peu l’impression d’être dans Entretien avec un vampire, le drame en moins, la comédie en plus. Et je ne peux pas m’empêcher de parler de Shaun of the dead puisque l’œuvre est directement inscrite chez les comédies horrifiques. Cependant, je tiens à dire que l’horreur est vraiment éludée. Certes, il y a du sang, mais il n’y a aucune violence. Ce film est avant tout une comédie, donc si vous cherchez du vampire pour alimenter vos envies d’épouvante-horreur, passez votre chemin, ce n’est pas pour vous.
On retrouve même l’ami des vampires, celui qui n’est que mortel mais que personne n’a envie de manger. Ici, cet ami c’est Stu, et il permet lui aussi, d’alimenter le côté comique du film. En effet, son comportement change tout au long du film et il est appréciable de voir comment sont les quatre vampires à son égard. Quant à Nick, le « nouveau », il exaspère la bande puisqu’il crie sur tous les toits qu’il est désormais immortel, ce qui va leur attirer pas mal d’ennuis, comme la rencontre avec un chasseur de vampires. Ce personnage entraîne encore plus d’engueulades, et c’est tout bonnement génial.


C’est donc une chouette parodie sur les vampires qui nous est offerte ici : des personnages bien travaillés et interprétés, de l’humour qui fait toujours mouche, des clichés repris et réutilisés… J’ajoute aussi que les décors et aussi les costumes sont superbes. Chaque vampire correspondant à une époque différente, leurs relations, mais aussi leurs vêtements s’en ressentent, augmentant le choc des cultures.

Evidemment, le film n’a pas (encore ?) bénéficié de sorties en salles, et donc cette œuvre est fort méconnue. En tout cas, pour moi ce fut une belle découverte et un joli coup de cœur.

Spaced

Spaced ou Les allumés en VF, c’est une série réalisée par Edgar Wright et écrite par Simon Pegg et Jessica Stevenson qui en sont les deux acteurs principaux. Cette série a vécu deux saisons, ce qui lui fait un total de 14 épisodes, de 1999 à 2001.

Le pilote de Spaced met les choses en place : on voit Tim d’une part, dessinateur de comics qui vient de se faire larguer par sa copine et qui se retrouve à la rue. D’autre part, Daisy tout aussi paumée que lui cherche également un logement. Ils auraient pu passer le reste de leur existence à ne pas se côtoyer, mais le hasard en a fait autrement, c’est ainsi qu’ils se retrouvent chaque jour à la même table du même café pour chercher un appartement. Puis vient une brillante idée : ils vont se faire passer pour un couple auprès d’une logeuse, Marsha pour que celle-ci leur cède un des appartements de sa grande maison. Tim et Daisy vont donc devoir apprendre à vivre ensemble et à traîner malgré eux avec les amis de l’autre : Mike, le meilleur ami de Tim, un boulet fan d’armes, de guerre et toujours habillé en militaire, et Twist, la meilleure amie de Daisy, pimbêche et absolument détestable. En plus de ces deux-là, vont se greffer la logeuse, Marsha une femme très affectueuse qui ne se sépare jamais de son verre de vin et de sa cigarette, et Brian un de leur voisin qui est un artiste torturé et conceptuel. Ce petit monde va donc vivre au fil des épisodes des événements assez surréalistes, drôles et singuliers.



Car c’est ainsi que l’on peut résumer un épisode de Spaced : singulier, car les épisodes, ne suivent aucun fil rouge et il est donc tout à fait possible de louper un épisode et de voir le suivant, le spectateur ne sera pas perdu ; surréaliste, car il n’y a pas forcément une logique narrative mais on peut totalement passer du rêve à la réalité en passant par les pensées, avec beaucoup de facilités ; et surtout drôle, car l’essence même de la série, c’est l’humour. Spaced ne se prend jamais au sérieux, et si on a l’impression que l’on va aborder quelque chose de sérieux (comme la séparation, la trahison des deux personnages principaux vis-à-vis de leur logeuse ou encore la difficulté à trouver un travail), on nous remet vite dans le registre de l’humour. Et ce, soit avec le comique de situation, notamment avec les nombreux quiproquos que comprend la série, avec le comique de mots, car les personnages ne manquent pas de piquant ni d’une certaine autodérision (parfois malgré eux) ou le comique de gestes, vu notamment avec les combats feintés par Tim ou Mike, en référence à leur jeu vidéo adoré : Tekken. L’humour est donc omniprésent dans Spaced. Les personnages hauts en couleur ne manquent pas de nous faire rire chacun à leur façon et ce sentiment est décuplé lorsqu’ils sont réunis. Car tous les personnages sont importants, même les seconds rôles : ils forment un tout irréductible. On peut même y voir l’avènement de ces acteurs et du réalisateur dans le Made in Britain, car on les retrouve quelques années plus tard dans les réalisations d’Edgar Wright qui s’inscrivent dans la continuité de la série : humour, parodie, références culturelles sont notamment les mots d’ordre de ces films (Scott Pilgrim ou la Blood and Ice cream trilogy).

Comme dit plus haut, Spaced accorde une place très importante, si ce n’est essentielle, à l’humour. La série se veut parodique car elle rend hommage aux nombreux chefs-d’œuvre de la culture populaire : Star WarsMatrix, mais aussi les comics, les jeux vidéo… On pourrait presque dire que Spaced est un pionnier de la culture geek qui a engendré un bon nombre d’œuvres dans le genre (les réalisations de Wright mais aussi le méconnu The IT Crowd) ou qui a inspiré des d’œuvres dans un autre registre mais qui nous fait directement penser à notre série (Friends et autres HIMYM). Spaced nous surprend même en parodiant Les feux de l’amour avec leur musique d’ascenseur ou en rendant hommage à Shining avec ce passage absolument énorme.
Avec ces références geek et nos personnages particuliers, il est tout à fait possible voire probable de s’identifier à un ou plusieurs personnages : ils sont drôles, ont des problèmes, sont paumés et relativement jeunes (une vingtaine d’années pour les Tim et Daisy) : pathétiques mais terriblement attachants. Rajoutons à cela leur propension à sombrer dans l’excentricité et le délire, Spaced a des personnages qui nous ressemblent.



Seulement deux saisons de sept épisodes chacune, c’est court, mais cela renforce le côté « légende » autour de Spaced : ce petit nombre d’épisodes qui sont tous des pépites, chacun ayant une histoire à raconter qui a sa particularité. Évidemment, la fin n’en est pas vraiment une, car on pourrait s’attendre à du concret entre Tim et Daisy, mais il n’en est rien, et cela casserait tout que de les voir ensemble. En réalité, la série n’a nullement besoin d’un dénouement, car le dernier épisode se suffit à lui-même : on ne sait pas ce qui va se passer pour nos personnages, mais après tout, n’est-ce pas ça la vie ?
Sur cette magnifique conclusion, je vous invite à voir cette série trop méconnue et à rectifier le tir.

Le téléphone sonne toujours deux fois

Il s’agit du film des Inconnus, Le téléphone sonne toujours deux fois. Bien que Les Inconnus n’ont que leur nom pour prouver qu’ils sont méconnaissables, ce film reste très très peu connu. A l’inverse de leurs autres films (Les trois frères, Le Pari…).

Réalisé par Jean-Pierre Vergne que je ne connais ni officiellement ni officieusement, ce film est sorti en 1985 dans les salles obscures françaises. A cette époque, Les Inconnus étaient Les Cinq et étaient formés par Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus, Smaïn et Seymour Brussel.
C’est donc leur premier film et il a largement inspiré Les Nuls pour La cité de la peur, tellement c’est con !

Mais tout d’abord, parlons de l’histoire

Un tueur en série sévit dans Paris en assassinant étrangement des femmes en les assommant avec le combiné d’un téléphone et en leur plantant sur le front le cadran du téléphone. Pour retrouver ce malotru, un détective mène l’enquête, il s’agit de Marc Elbichon (ou plutôt Marcel Bichon), mais la tâche se révèle plus dure que prévue. Il se fait donc aidé de son adjoint/homme de ménage, Momo, de ses deux amis d’enfance, Franck et Blacky. Ils seront rejoints par un reporter-photographe, Ugo, qui mène également l’enquête.

Maintenant, le pourquoi du comment je l’aime

Les atouts du film reposent essentiellement sur les conneries qui ont, comme dit plus haut, inspiré Les Nuls : imaginez donc le niveau !
Les personnages sont comiques : entre le détective en quête de notoriété qui n’est pas capable d’enquêter seul et qui a des idées plutôt loufoques pour coincer le tueur (à savoir casser toutes les cabines téléphoniques de Paris), son adjoint qui fait office d’homme de ménage très maladroit, Blacky un animateur radio qui à ses heures de grande écoute réunit 3 auditeurs, Franck qui cherche désespérément à retrouver son ennemi d’enfance… Seul Ugo est un peu moins con que les autres ! Même si y’a du level…

On a également droit à des scènes cultes, comme celle du sabotage des cabines téléphoniques ou celle du calcul de Bernstein que vous pouvez voir ici, ou encore la scène dans la boîte gay ici.

Des répliques tout aussi cultes comme « Hey chef, vous avez qu’à lui demander si sa grand-mère fait du vélo ! » ou encore, la chanson du serment des trois amis d’enfance que vous pouvez écouter ici.

Des caméos magiques comme Jean Yanne, Clémentine Célarié, Michel Galabru, Patrick Sébastien…).

J’espère vous avoir donné envie de voir ou revoir ce film.

Last action hero

Je tiens à vous présenter l’un de mes films préférés (comme presque à chaque fois en fait) et qui tient sa place dans mon cœur depuis que je suis toute petite : Last action hero.

Synopsis :
Danny Madigan, enfant de 11 ans, a l’habitude de sécher l’école pour aller au cinéma. Il est un grand fan de la série des Jack Slater, une saga montrant sorte d’inspecteur Harry, héros de films d’action. Le projectionniste du cinéma est un ami à lui et il lui propose de venir voir Jack Slater IV en avant-première. Pour cette avant-première spéciale, il lui remet un billet magique qui lui a été donné jadis par le grand magicien Harry Houdini. Danny, grâce à la magie du film rentre dans le film Jack Slater IV !

Boudé à sa sortie (échec cuisant), Last action hero a acquis, avec le temps le rang de film culte et toute sa notoriété.

Ce film est un mélange de comédie parodique et de film policier. En effet, ce film est une parodie des grands films policiers américains où le héros est limite surhumain et gagne à tous les coups. Arnold Schwarzenegger s’auto-parodie donc dans Last action hero et c’est très plaisant !
En effet, la mise en abyme de cette œuvre (puisqu’on est dans le film on est dans un film) permet une magnifique parodie de ce genre de films et en montre tous les clichés et toutes les facilités. La parodie montre alors une critique des films d’actions et des rôles vraiment hors-normes que Schwarzenegger a l’habitude de jouer. Cette mise en abyme permet donc de croiser la vie réelle avec le film.

Dans la première partie du film, celle où Danny entre dans le film, tout est stéréotypé, et Danny le rappelle un bon nombre de fois (« c’est pas un peu trop téléphoné là ? ») et essaye de faire comprendre à Jack à quel point son univers est cliché (que des belles filles dans les rues, les numéros de téléphone commencent tous pas 555, il fait toujours beau…). Mais ne vous inquiétez pas, c’est fait exprès.
On a donc droit (liste non exhaustive) à : un chef policier qui hurle à chaque fois qu’il parle, le flic pourri, l’éternel héros qui cite même « Je reviendrai »…
De même, Danny, vu qu’il est rentré dans le film est un personnage du film et s’en rend compte : il devient non seulement l’ami du héros, mais le clown du service, le personnage qui fait rire tout le monde par ses répliques et surtout, les situations dans lesquelles il se trouve. Il devient lui-même un cliché des films d’action : il est le personnage drôle, celui qui apporte l’humour à Jack Slater IV.

Dans la deuxième partie, c’est notre monde qui est mis en valeur. Car le héros, Slater va devoir rentrer dans la vie réelle (celle de Danny) pour poursuivre le méchant du film Benedict, qui a réussi, grâce au billet de Danny à s’échapper de la fiction. Sauf que là, le problème, c’est qu’il n’est plus du tout invincible et il se rend compte que sa vie n’a été que mensonge : tous les malheurs qui lui sont arrivés, ainsi que tous les bonheurs n’ont été faits que pour un film. Il se rend donc compte qu’il n’existe pas. Nous faisons donc face à une bonne description de notre monde : sombre, injuste, même le temps est pluvieux… Le méchant dit même « Il n’y a que dans un monde comme celui-ci où les méchants peuvent enfin gagner » et personne ne pourra le contredire…

Benedict, le méchant de l’histoire, tient, dans la vie réelle à sortir tous les méchants des films pour créer le véritable chaos (grâce au billet magique de Danny) : Dracula, King Kong, Freddy Kruger, Adolf Hitler et même Hannibal Lecter… Nous montrant une belle poignée de références cultes du cinéma.
Mais la référence que je préfère, dans Last action hero, c’est celle du Septième SceauLa Mort sort du film pour voir la vie réelle « par curiosité ».

Les plus : un joli défilé de caméos (Van Damme, Sharon Stone…), des références au cinéma superbes, une bande originale qui défonce (AC/DC, Aerosmith…), une parodie de Hamlet, des répliques complètement géniales…

D’ailleurs, quelques répliques bien sympathiques :
Danny : J’ai gerbé, désolé. J’ai cru que j’allais mourir…
Jack Slater : Navré de te décevoir, mais tu n’échapperas pas aux délices qui donnent à la vie toute sa saveur : l’acné, l’éjaculation précoce, le rasage, et ton premier divorce.

Danny : Tu te trouves drôle hein.
Jack Slater : Oui extrêmement, ne suis-je pas le célèbre comique Arnold Albertschweitzer ?
Danny : Shwarzennegger.
Jack Slater : A tes souhaits !

Jack Slater : Pourquoi est-ce que je perds mon temps à discuter avec un branquignole dans ton genre, alors que je pourrais faire des choses beaucoup plus risquées, comme ranger mes chaussettes par exemple…

En résumé : un film multi-facettes qui ne nous laisse aucun répit, une magnifique hallucination et un bonheur pour les yeux et les oreilles.