Edge of tomorrow (2014)

Ce film, ça fait genre des semaines qu’on m’en parle. Ça fait genre des semaines que je veux le voir et donc des semaines que je refuse de lire n’importe quel avis afin d’éviter le moindre spoiler. Cependant, des éléments ont filtré, portant sur une fin maladroite ou sur du copié-collé, sans pour autant entacher ma volonté de voir Edge of Tomorrow.

A vrai dire, je cernais à peu près ce que j’allais voir : un blockbuster avec des chouettes effets spéciaux, des personnages assez bad ass et je savais très bien que je n’allais pas activer mon cerveau toutes les minutes. C’est parfaitement ce que je voulais pour cet après-midi : ne pas réfléchir à mort, regarder un film divertissant et avoir de l’action.

Je n’ai absolument pas été déçue car ça correspondait absolument à mes attentes de spectatrice moyenne de jour férié sous sa couette.
Je me suis donc retrouvée face à un Bill Murray mais dans un contexte beaucoup plus violent, forcément. J’apprécie ces films de boucle temporelle, encore faut-il que ce soit bien utilisé, adroit et que ça tienne sur un peu moins de deux heures. Et Edge of Tomorrow a gagné (à l’instar d’Un jour sans fin) : ça se répète mais ça ne bourre pas le crâne des mêmes faits, gestes, paroles. On a alors le scientologue le plus célèbre dans la peau d’un planqué accompagné d’une jeune actrice, toujours juste, qui endosse le rôle d’une bad ass. Guère de psychologie ou de travail sur les personnages : on ne sait pas qui ils sont, ce qu’ils ont fait auparavant et on ne s’en porte pas plus mal. De toute façon, on n’a pas le temps d’avoir toutes ces informations ET ce n’est surtout pas le sujet. Ça alourdirait même le film de savoir tout cela. De plus, on ne nous sert pas de romance à la con et c’est une véritable bénédiction.

Pour ce qui est de la fin, vu les commentaires de certains, je m’attendais à un truc énormément nul, alors forcément, j’ai avalé la fin servie sans trop de difficulté. Certes, elle n’est pas géniale ni très cohérente, mais honnêtement, je pense qu’on aurait pu avoir encore pire. Mais vraiment pire.

Tout ça pour dire que j’ai vu ce film dans un contexte de bonne humeur couplée d’un enthousiasme plus que respectable (pour une personne habituellement pessimiste) et
que j’ai été ravie du résultat. Je ne dis pas que j’aurais apprécié si j’avais eu une journée de merde, ça c’est évident.
Conclusion : j’ai vraiment apprécié et j’ai même eu un joli coup de cœur, il m’a mis la patate.

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Grabbers (2011)

Dans la lignée des comédies d’horreur portées par la Blood & Ice Cream TrilogyGrabbers est un de ces films où les personnages aiment (un peu trop) la boisson. Même qu’elle est indispensable à leur survie…

Une petite île irlandaise peuplée de pêcheurs irlandais va être traversée par une tempête pour le week-end. Seulement, ce n’est pas le véritable problème de nos charmants rouquins puisque des créatures venant des mers débarquent et veulent bouffer tout le monde. Leur point faible ? Ils détestent l’alcool. Les habitants vont donc devoir se mettre la race de leur vie pour survivre.



Ce film est un bon gros délire où l’alcool est la meilleure défense possible, et aussi la meilleure arme contre les envahisseurs ennemis. Le pitch sonne comme un navet et pourtant, le rendu est tellement impeccable que même si l’histoire est ridicule, on se prend au jeu avec une facilité déconcertante. La faute à l’interprétation et à la mise en scène menées avec brio pendant toute la durée du film.
Grabbers est un film sans grande prétention, si ce n’est celle de divertir les troupes pendant une heure et demie, d’envoyer du fun et de tourner en dérision les films du genre.

Alors certes, les premières minutes sont chiantes, on pourrait vite assimiler ça à de la série Z qui nous ferait regretter le voyage. C’est un peu lent et le développement peine à arriver. Mais dès qu’on prend nos marques, c’est parti pour le délire. Pour le côté science-fiction, les monstres sont tout ce qu’il y a de plus monstrueux : moches et méchants. Ils me font d’ailleurs penser à ceux vus dans Edge of Tomorrow avec d’énormes tentacules. Pour le côté humour à la con, là aussi, pas de déception, ça fait souvent mouche puisque les blagues fusent et sont drôles, tout comme les situations et les personnages (voir des gens pétés, c’est souvent drôle, non ?) On se laisse donc prendre facilement au jeu, on rentre vite dans le délire, sans avoir réellement besoin d’être aussi bourrés que nos bonnes gens à l’écran, même si je ne vous le cache pas, il est tentant de se servir un petit verre, histoire de suivre le mouvement et surtout, de résister à la potentielle invasion de monstres tentaculés, on sait jamais.



Les personnages, bien que fort clichés sont attachants. Entre la policière fraîchement débarquée de la grande ville qui tente de faire sa loi, son collègue totalement porté sur la bouteille, mais aussi les villageois : le vieux bourru complètement défoncé, le prêtre en pleine guerre protestante-catholique, le scientifique un peu barré et admiratif et les tenanciers du bar qui font leur boulot tant bien que mal… Personne ne nous fait regretter ce moment. Les deux policiers notamment, qui sont les personnages principaux, n’échappent pas à la romance obligatoire mais sont drôles dans leur échange de rôles : elle se voit contrainte de boire alors que lui doit rester sobre pour veiller sur tout le monde, et je dois dire que la jeune femme se révèle fort drôle une fois décoincée. Le seul regret que je peux avoir, c’est que son collègue est trop « sage » une fois sobre. En fait, je dois dire que même si le film ne se prend pas au sérieux et que c’est un petit budget, l’interprétation est vraiment réussie, tant pour les premiers rôles que pour les autres.
A côté de ça, les décors sont très réussis, les paysages d’Irlande étant peu dégueulasses à voir, on ne pouvait pas vraiment espérer moins, les monstres comme dit plus haut sont assez bien réalisés, même si ce n’est pas la perfection absolue… Les scènes et situations, bien que faciles, ne sont jamais de trop et apportent leur petit plus à l’histoire. En réalité, le but est de divertir, d’amuser, de faire rire, tout ça avec une histoire de base totalement conne et assumée, donc drôle, et le développement se fait autour de cette simple volonté, sans tergiverser, sans passer à côté de quelque chose ni vouloir exécuter des pirouettes improbables pour amuser la galerie. Non là, on a déjà notre recette gagnante dès le synopsis, alors pourquoi faire autre chose ? Là où je veux en venir, c’est que l’œuvre ne s’embarrasse pas d’histoires parallèles, d’explications ou autres : on voulait voir de la connerie « responsable » sans se prendre la tête et en rigolant, c’est exactement ce qu’on a. On a vraiment l’occasion de voir ce qui se passe quand des gens doivent se bourrer la gueule pour rester en vie. 


Quelques jolies références sont à apercevoir, sans sombrer dans la caricature ignoble. En effet, on peut vraiment dire que Grabbers nous montre sa patte et tente de se détacher de ses compères, même si bien entendu, ça ne sera jamais du Edgar Wright, mais sieur Jon Wright est bien parti pour le talonner.
Donc j’insiste : si vous voulez voir quelque chose d’intelligent, de subtil et de compliqué, ne voyez pas Grabbers parce qu’ici, tout est facile.

Pour finir, c’est une excellente surprise et j’ai eu un petit coup de cœur pour ce film.

TROLL (gentil) : Battle cheap

Battleship, c’est pas un film de Michael Bay. Et pourtant, on en a tous les ingrédients : effets spéciaux, histoire un peu bancale, personnages héroïques ridicules et des méchants pas beaux. Je vois déjà votre déception « Quoi ? Du spectaculaire nul sans Bay ?! Mais comment qu’on va faire ? », non sans panique. Et bien ne soyez pas inquiets, car Peter Berg, il sait tout aussi bien réussir à faire des choses nulles alors qu’il voulait taper dans l’héroïque et le grandiose.
Et pour ça, il a un casting de fou : Taylor Kitsch (oui, au bout d’un moment, même la réalité nous rattrape), Alexander SkarsgårdLiam Neeson (là j’ai pas compris) et puis, pour lancer sa carrière d’actrice qui sera sans aucun doute brillante, la star internationale, la talentueuse Rihanna.

Pour le pitch, c’est pas bien compliqué puisque dans la scène d’introduction, Alex et son frère Stone sont dans un bar, le premier c’est le genre trou du cul qui ne fait rien, le deuxième il incarne la réussite sociale puisqu’il est officier dans la marine. Sauf que voilà, Alex voit Sam et est subjugué par sa beauté et transcendé par son charisme digne d’un pneu crevé. Il fait tout pour la séduire, comme cambrioler un magasin, se faire taser et arrêter par les flics. Son grand-frère furieux l’oblige à prendre ses responsabilités. Quoi de mieux pour cela que de rentrer dans l’armée ? On retrouve donc quelques années plus tardAlex et Sam (qui n’est autre que la fille de l’Amiral, le supérieur des deux frères) ensemble, accompagnés par Stone à l’occasion du RIMPAC 2012. Les deux jeunes hommes participent à l’exercice mondial au large d’Hawaï. Sauf que rien ne va se passer comme prévu puisque des envahisseurs débarquent (et là David Vincent ne voit rien) et ces salauds veulent mettre une bonne déculottée au monde entier (comprendre : les États-Unis et leurs sous-fifres). Mais qui va sauver l’humanité ? Bah Alex.




Battleship c’est un petit peu Independance day sur la flotte. La comparaison est facile, et pourtant, je préfère quand même son grand-frère Emmerichien pour une seule raison : j’ai apprécié certains acteurs, et je n’ai pas peur de le dire ! Parce que bon, Battleship a beau sortir l’artillerie lourde : des gros navires, des porte-avions et autres satellites hyper développés à l’instar de son aîné, on peut pas dire que les acteurs brillent par leur performance. Le héros bien cliché du mec qui a tout raté, qui est imbu de lui-même, mais qui, dans toute cette merde, est pris d’une illumination divine, devient humble et laisse sa place à son pire ennemi (un japonais, du jamais vu sur vos écrans !) plutôt que de mener ses compatriotes, et par extension toute l’humanité à une mort certaine. On pourrait aussi voir ça comme une forme de lâcheté style « tiens, plante-toi à ma place le bouffeur de sushis », mais on n’a visiblement pas envie d’y croire. Un héros, c’est un mec qui sait quoi faire quand vient le moment, et il est prêt à se remettre en question, même quand tout s’écroule autour de lui. Après, on a son grand-frère, le mec amoureux de sa patrie, droit et avec toutes les qualités d’un bon soldat, sauf que ce gland arrive à mourir, après tout, il fallait donner au héros le moyen d’exister et de pleurer quelqu’un. L’Amiral, interprété par Liam Neeson, c’est le mec que j’ai envie de défendre, parce que j’apprécie l’acteur, même s’il n’a pas eu une carrière tout à fait stable et exemplaire… Mais je n’y arrive pas, il s’enferme dans son rôle du papa protecteur de sa fille qui met des bâtons dans les roues du héros, sans parler de son énorme capacité à être lisse tout au long du film. Et puis, je vous ai gardé le meilleur pour la fin, Rihanna qui joue ici une tête brûlée qui n’a peur de rien, qui est prête à dézinguer tous les extraterrestres qui se trouvent sur son chemin. Elle se montre particulièrement vide, puisqu’elle interprète un personnage plat, inutile avec un regard bovin et une performance assez extraordinaire à passer pour une conne. Ce rôle, le premier de sa vie, lui vaudra d’ailleurs un Razzie Award.


Oups, j’ai oublié mon Umbrella

Passons maintenant à l’histoire. Pendant la première demi-heure environ (j’ai pas compté), c’est un magasin de meubles qu’on visite, vu qu’on est confrontés à la mise en place des personnages, à la présentation des bô bateaux de l’armée américaine (m’as-tu vu, reste du monde ?), aux petits remerciements des anciens combattants, parce que faut pas les oublier ceux-là, sinon ils gueulent, et on peut bien leur faire une petite fleur avant leur mise en bière. Bref, cette partie ne sert qu’à passer le temps, parce qu’une heure quarante minutes de film, c’était trop court. Bon après, on a le débarquement des méchants avec leur supériorité en nombre et en armes. D’ailleurs, ils envoient des espèces de roues mécaniques un peu partout, c’est assez déstabilisant, moi je m’attendais à des tirs de missiles verts. Innovation, parce que ici les extraterrestres sont très résistants physiquement, mais ils ont une grosse faiblesse : ils ne supportent pas la lumière du soleil… Alors débarquer à Hawaï, c’est un peu con pour eux. Dès la capture de l’un d’entre eux par les gentils, je me dis que c’est le moment opportun pour nous faire savoir qui sont-ils, que veulent-ils, d’où viennent-ils et qu’est-ce qu’on mange ce soir. Sauf que Battleship n’a pas envie de répondre à nos questions. Battleship préfère nous montrer des batailles de Touché-Coulé grandeur nature, des défilés de leurs navires (rappelez-vous bien que les USA sont supérieurs au reste du monde)… Alors là où Peter Berg aurait pu donner un semblant d’intérêt à son film, il préfère se murer dans ce qu’il pense savoir faire le mieux, c’est-à-dire filmer à grands coups d’effets spéciaux l’avenir du monde entier qui se joue sur l’eau. Puis après tout, un vaisseau-grenouille (car les vaisseaux ennemis sautent sur l’eau, oui), c’est quand même mieux que des explications pseudo-scientifiques.

Je vous parlais d’innovation plus haut, mais Peter Berg a un petit relent de nostalgie, il aime bien nous montrer que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, alors au diable le lourd armement américain, les technologies, les bateaux suréquipés et tellement inefficaces contre l’invasion ennemie. Il faut dire bonjour au vieux USS Missouri qui a plus de bouteille qu’autre chose et ses vétérans (qui semblent squatter le navire tels des SDF). Car ce qui va sauver l’humanité, c’est certes Alex (et un peu le japonais, mais on n’en parle pas trop), mais le jeune officier va se faire aider par ses ancêtres, ces papys à qui rien ne fait peur, ni les extraterrestres, ni de passer pour des glands dans ce film. Mais vu que c’est le genre de public qui aime ce genre de film, Peter Berg prend pas trop de risque en les rameutant pour son film. Puis merde, ils servent (les vétérans comme Berg) la même cause : celle qui te dit que l’Amérique te bouffera tout cru si tu oses l’attaquer. Car oui, si vous ne l’auriez pas deviné, Battleship, en plus d’être un film grossièrement exécuté pour montrer que la catastrophe ne passera pas sur le territoire américain, montre un patriotisme des plus acharnés. On nous prêche la bonne parole : l’éternelle qui dit que les USA sont les mieux, savent tout faire et mieux que tout le monde. Puis tiens, on rajoute un petit côté après-guerre, montrant à quel point les USA peuvent être bons et cléments, puisqu’ils s’unissent avec leur pire ennemi, le Japon, lors de la bataille pour dézinguer de l’extraterrestre venu foutre sa merde. Bref, Battleship c’est la démonstration de la superpuissance américaine, de sa beauté patriotique et de son côté tellement universel (le reste du monde s’allie aux USA). Ah, et puis merde, si on rend hommage aux vieux, on va passer faire un petit coucou aux blessés de la guerre irakienne, notamment avec encore une fois, un personnage sorti tout droit de la réalité : un unijambiste grincheux qui va de son côté sauver la copine du héros et empêcher l’arrivée d’autres extraterrestres. Résultat, le blessé de guerre montre par sa présence, que lui aussi, il a sauvé l’humanité dans son combat contre les méchants. Pour finir dans l’hommage, on va passer des musiques de hard rock anglophone (AC/DC notamment), après tout, pourquoi on irait illustrer Battleship avec des chansons du monde, j’vous l’demande ?


B4 les gars ! B4 !

Je voudrais finir sur un point. En général, les films (américains ou pas, entendons-nous bien) ont la volonté d’inscrire dans les annales certaines répliques bien senties, des dialogues chouettes voire des monologues sur la réalité des choses… Ici, on donne sa chance à Rihanna, non elle ne chantera pas, mais c’est elle qui a le droit de donner LA réplique du film, LE monologue cuisant, celui qui nous rappelle à quel point le personnage est lucide et à quel point on doit avoir les jetons. Une sorte de dialogue sur la nécessité du bien et du mal (ou une autre connerie dans le genre). Parce que même si on ne la laisse pas vraiment parler (par peur sans doute), c’est quand même elle a qui on donne le droit de passer pour une personne brillante. Bref, c’est elle qui a l’opportunité de le faire, et elle va se vautrer tellement ses paroles seront ridicules et dites dans un élan si fort, si pur, si sérieux et si inquiétant, que ça renforce le risible de la chose. Alors certes, y’a que six phrases, mais c’est dit dans cette volonté de frapper fort qu’on a l’impression que ça dure trois plombes :
« My dad said they’d come. He said it his whole life. He said we ain’t alone. He said one day, either we’d find them, or they’d find us. Know what else he said? He said, « I hope I ain’t around when that day comes. » »
Impressionnant hein ?


Bref, vous pouvez voir ce film sous certaines conditions : vous êtes américains, OU vous voulez du divertissement sans utiliser votre cerveau, OU vous voulez regarder un film nul (avec des potes).
Pour la prochaine adaptation de jeu, on table sur quoi ? Puissance 4 ? Monopoly ? Scrabble ?