Turbo Kid (2015)

Y’a des films comme ça, sans prévenir, sans penser à voir quelque chose de grandiose, ils nous explosent à la gueule par leur génie. On pensait passer le temps, se divertir, et ça aurait été en soi, déjà un exploit, mais ce qu’on se ramasse, c’est mieux qu’un bonus, c’est une bénédiction.

J’me souviens d’avoir entendu parler de Turbo Kid en début d’année et avoir eu envie de le voir, sans pour autant taper du pied avec impatience ni sautiller à sa sortie. Bon déjà, techniquement, je ne pouvais pas pour la dernière, vu que ce film n’est tout simplement pas sorti dans les salles obscures, du moins, pas dans nos contrées franco-belges (je me trompe ?). Alors récupérer la bête a dû relever d’un goût du risque Hadopien et d’une pointe d’illégalité. Certes, je n’en suis pas fière, d’autant que le film m’a plu, mais se procurer ce genre de film peut paraître plutôt délicat, vu qu’il n’est pas couvert médiatiquement, donc, introuvable. Bref, j’vous raconte un peu ma vie, mais j’aime ces petites introductions merdiques qui font que je vous donne un contexte totalement inutile mais qui me confère le pouvoir de blablater en toute impunité. Alors maintenant, on peut passer au vif du sujet : ce que j’ai pensé de Turbo Kid.

Initialement tiré d’un court métrage, Turbo Kid raconte l’histoire d’un jeune homme qui vit de la vente de bricoles et autres camelotes dans un contexte post-apocalyptique. En effet, les événements relatés se passent en 1997 à la suite d’une explosion (semblable à celle que les dinosaures ont connue) qui a décimé la majeure partie de la population, le reste se trouvant en guerre pour trouver de l’eau potable. Le film a initialement été présenté au festival du film Sundance début 2015. L’univers tire vers celui de Mad Max, tant par ses grandes lignes que par ses personnages qui ressemblent physiquement aux méchants de la franchise avec Rockatansky. Ça y ressemble sur beaucoup de points, sauf qu’ici, on a troqué les voitures et les motos par des BMX. Un côté ridicule ? Peut-être. Un côté enfantin ? Sûrement, mais pas que ! En fait, la force de Turbo Kid réside dans le fait qu’il arrive à naviguer sur plein de genres à la fois, sans donner la désagréable impression de bouffer à tous les râteliers, à l’inverse, il trouve sa véritable identité car le tout est assez intelligent pour emprunter ses bases à quelques œuvres, tout en allant plus loin et en s’offrant le luxe de sortir des sentiers battus (sa fin le prouve), sans toutefois prendre d’énormes risques.
Ainsi, l’œuvre nous balance des hommages à divers objets culturels bien connus : la musique des années 80, le walkman, le ghetto-blaster, les tenues fluo, les films comme Mad Max déjà cité, les jeux vidéo, les comics, et arrive à surfer sur tout à la fois avec une facilité presque déconcertante et en assumant son côté loufoque qui frise parfois le risible.

Le film est héroïque, car il est construit comme un film de super-héros, où le protagoniste principal est simplement Turbo Kid, dérivé de sa BD préférée, Turbo Rider, qui doit sauver sa belle qui ici, ne s’appelle pas Peach comme dans Super Mario mais Apple. Le film emprunte également quelques doses de western, de gore, de science-fiction et forcément, de post-apo. Mais ne nous méprenons pas, l’œuvre est avant tout humoristique et envoie vraiment de ce point de vue-là : les situations sont parfois très drôles, tout comme certaines répliques, ou encore les personnages, notamment le personnage principal, mais aussi son ami cowboy presque indestructible, avec des couilles en acier et un calme incroyable, et surtout Apple, dont l’optimisme est infini, tendant presque sur la folie. Je vous l’ai dit, Turbo Kid rend quelques hommages à certaines œuvres comme Zombieland (le gamin énonce ses règles de survie à sa petite amie qui les respecte scrupuleusement, ou encore le fait que le personnage de cowboy est dans la même veine que Tallahassee, physiquement tout comme dans son comportement), Shaun of the dead, puisque ce jeune qui n’a pas de prédispositions à se battre ou à sauver tout le monde se retrouve dans l’obligation de se vêtir d’une panoplie de super-héros pour retrouver sa belle. Vous l’aurez compris, les personnages sont détonnants et ont tous un petit quelque chose de plaisant, même le méchant joué par Michael Ironside (qui grossit mais ne vieillit jamais ?) se révèle charismatique, tout comme son bras droit que l’on entendra jamais mais qui fout les jetons par sa ressemblance avec un certain Immortan Joe. Par toutes ces caractéristiques, cette multitude d’univers représentés, Turbo Kid est une sorte de melting pot, à l’instar de Kung Fury, davantage enfantin et peut-être moins « fouillis » et embrouillé que l’œuvre de Sandberg.

Toujours dans le parallèle avec d’autres œuvres cinématographiques, pour son environnement, on retrouve un peu du film La route puisque les paysages sont assez semblables, sans pour autant être aussi désolés, et sans pour autant que Turbo Kid prenne la tension dramatique qui se dégage de l’adaptation de Cormac McCarthy. Au contraire, notre œuvre arriver à composer ce côté terne et gris, en un mot : post-apocalyptique avec un univers pop, coloré et presque enfantin, notamment avec la présence d’Apple habillée comme une Barbie et de son vélo licorne, et de celle de Turbo Kid de son accoutrement lui aussi, très vif, et de sa collection d’objets désormais inutile mais visuellement pigmentée, éclatante, bref vivante. Le personnage d’Apple arrive à donner au film cette dimension légère, avec comme dit précédemment, son optimisme, mais aussi son côté envahissant, son comportement, ses réactions, sa façon de penser, son sourire, ou aussi ses jeux de chat avec son nouvel ami. En fait, Turbo Kid a ce côté puéril assumé qui ne dépasse jamais la connerie crasse, c’est bon enfant et ça complète les quelques scènes et situations gores qu’on nous donne, rendant le tout à la fois réaliste et désopilant.
La bande originale du film permet elle aussi de composer avec cet univers triste, puisque l’ouverture est couverte par Stan Bush et son fameux Thunder in your heart, et le reste sonne très musique électronique des 80’s/90’s. D’ailleurs, si quelqu’un réussit un jour à obtenir la bande originale, j’en veux une part.

Pour conclure, j’ai envie de dire que Turbo Kid est une sorte de madeleine de Proust que je n’avais jamais eu l’occasion de goûter auparavant. Ses emprunts à divers genres et autres hommages feront certainement passer l’œuvre comme opportuniste, mais je trouve que ce défaut est en fait une qualité, comme vous l’aurez compris. J’ai vraiment adoré. Je vous conseille vivement de regarder ce film.

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Go Goa Gone (2013)

J’vous fais la plâtrée sur SensCritique ou vous en avez assez ? Parce que je veux bien repartir dans l’éloge de ce merveilleux site/Saint-Graal qui m’a fait découvrir des films sympas, dont celui qui est l’objet de cet article… Ça m’fait pas peur.

Go Goa Gone c’est un film indien. Je le précise, parce que j’en ai chié pour trouver ce film et ai dû tomber sur des sites vérolés qui m’ont sûrement filé des virus et autres conneries. Je reprends, après cette précision pas du tout importante pour la suite : des noms au casting ne me disent rien, mais sont apparemment un peu connus pour les rodés de Bollywood (Raj Nidimoru et Krishna D.K. sont à la réalisation, et nous avons Saif Ali Khan, Kunal Khemu, Vir Das et Puja Gupta comme acteurs principaux). Sinon, c’est une comédie horrifique avec des zombies.

Alors je ne sais pas pour vous, mais, personnellement, je suis assez hermétique aux films indiens, la faute à Bollywood et ses comédies musicales longuettes, je préfère me taper du bon gros blockbuster sauce américaine qui satisfait ma rétine et m’apporte ma dose de bien-être par mois, mais là n’est pas le sujet. Là où je veux en venir, c’est que, de prime abord, je ne suis pas tentée du tout par les films hindi et que le pitch à lui seul m’a convaincue. Alors le voilà :
Deux colocataires et potes d’herbe partagent leurs déboires : l’un a perdu son travail, l’autre a perdu sa petite amie. Alors pour se consoler, ils décident de se rendre à Goa avec leur colocataire (oui, ils sont trois), là-bas, l’un des trois rencontre une fille qui l’invite à une after-party organisée par la mafia russe. Lors de cette fête, circule une nouvelle drogue qui transforme ses consommateurs en morts-vivants. Ils vont devoir établir un plan pour sortir vivants de l’île…

Oui je sais, ça ne paye pas de mine (et encore, vous n’avez pas lu le synopsis d’Allociné), l’affiche sonne très série Z, et pourtant, les éloges que j’ai pu lire ont fini de me convaincre…
Première chose, les avertissements anti-tabac en préambule du film m’ont interloquée, et je me suis demandé où j’étais. Après renseignements, j’ai appris que l’Inde dans sa lutte contre le tabagisme, oblige les films où des acteurs consomment tabac, alcool et stupéfiants à introduire un avertissement contre ce genre de comportements. Rien de bien choquant, mais je préfère que vous soyez au courant que les trois premières minutes du film ont un message anti-tabac.

Le film a quelques grosses ficelles qui traduisent un manque de prise de risques, comme le fait que c’est une drogue qui a infecté tout le monde, raison plus ou moins valable qui aurait pu être travaillée ou complètement éludée au profit du mystère, puisque les raisons d’une telle transformation ne sont pas non plus indispensables au bon déroulement d’un film de ce genre. La morale, si on peut parler d’une morale, est dispensable puisqu’elle est évoquée sans réelle subtilité ; en bref, on a l’impression d’entendre « La drogue c’est mal ». Bien sûr, cette morale n’est pas très présente et ne trahit pas la qualité du film, mais elle a le malheur de tomber comme un cheveu sur la soupe.
Le début permet de connaître tout ce petit monde dans son train-train quotidien et nous montre alors des losers parfaits, dans tous leurs clichés : amours foireuses, situations professionnelles bancales, fumette, oisiveté et une certaine mauvaise perception de la réalité… Cependant, l’introduction paraît longue puisque la véritable histoire met beaucoup de temps à démarrer (une bonne trentaine de minutes) et gâche un peu les festivités, à savoir les apparitions de zombies.

Malgré tout, Go Goa Gone donne un petit coup de frais aux comédies horrifiques. Tout d’abord, de par son pays d’origine, mais aussi parce qu’il utilise de nouveaux outils pour mettre en scène ces zombies. D’habitude, quand on parle de ces joyeux personnages, on imagine l’obscurité, les routes désertiques, les pubs, bref, du produit anglophone m’voyez, et là, on se tape un soleil radieux, une île magnifique et une plage qui fait rêver, avouez que c’est déroutant. Evidemment, une comédie horrifique avec des zombies, même si son contexte est différent de ce qu’on a pu voir auparavant, a de grandes chances d’avoir des similitudes avec ses aînées, c’est ainsi que l’on a de sympathiques hommages à Shaun of the dead ou Zombieland avec la retenue de ne pas les citer afin d’éviter d’établir un lien trop forcé avec la comédie horrifique britannique et l’américaine. A côté de ça, les clichés subsistent et, ici, on arrive à les détourner de façon subtile et drôle, sans ironie ou sarcasme, démontrant un certain respect envers les œuvres mythiques du genre. Car, même si les situations sont trop évidentes, connues et banales, elles restent très drôles, notamment grâce aux répliques qui font mouche et au charisme des acteurs qui jouent tellement bien les abrutis, aussi maladroits qu’attachants.

Ainsi, les personnages de cette œuvre n’ont guère d’originalité vis-à-vis de leurs pairs dans d’autres films, mais j’ai envie de dire tant mieux, parce que c’est une recette qui fonctionne. On a donc une bande de copains, un peu gauches, pas mal allumés, mais profondément gentils, qui rentrent dans la peau de héros d’un jour pour sauver une demoiselle en détresse qui n’a pas vraiment besoin d’être surprotégée, le tout, conduit par un véritable tueur de zombies sachant manier les armes et ayant une ribambelle de flingues dans ses poches. Tout ce petit monde est marrant puisque souvent con, et ça permet de savourer un film de zombies sans personnages qui se prennent vraiment au sérieux. Même le mafieux-dealer-faux russe-zombie killer a des faiblesses et des petits penchants pour la bêtise. Ce qui explique surtout ce côté loufoque et drôle, c’est la fumette, puisque les deux personnages principaux sont de gros consommateurs, et leurs réactions s’en ressentent. Nous ne sommes pas dans un stoner comedy, et les personnages ne sont pas ravagés non plus, mais ce petit penchant leur offre un petit quelque chose d’amusant. Dans cette comédie horrifique, l’accent est donc davantage mis sur le côté comédie qu’horrifique. Le bad ass du film est une sorte de Tallahassee indien, avec le même entrain à dézinguer des zombies, les autres le suivent et se servent des armes tant bien que mal : les gentils losers deviennent des héros qui poutrent de l’infecté, permettant d’avoir notre petite ration de coups de feu entraînant d’importantes giclettes de sang, il en va de même pour les armes plus inusitées qui nous amènent leur lot de morts dégueulasses, parce qu’il faut bien se défendre, et que tout peut servir d’arme si on parvient à l’utiliser. Les personnages sont donc arrachés à leur vie monotone pour combattre des zombies et réagir face à cette situation extrême, et ils s’en sortent plutôt bien. A côté de ça, l’interprétation est chouette, on sent que les acteurs ont pris du plaisir à jouer ces rôles et ils sont tous dans la peau de leur personnage.

En somme, il n’y a rien de très surprenant ni de novateur dans Go Goa Gone. Pourtant, il tire son épingle du jeu, notamment en nous offrant un bon jeu d’acteurs et des répliques sympas. Le film n’est pas crédible, mais il est suffisamment audacieux et divertissant et je pense que ça suffit amplement pour le voir, d’autant qu’on sent que tous ceux qui ont participé au projet ont mis du cœur à l’ouvrage. Ce n’est donc pas indispensable, mais ça n’a pas l’ambition d’égaler Shaun of the dead, ce qui fait que l’œuvre est honnête et savoureuse. Vous ne le regretterez pas.

La colline a des yeux (2006)

Note de haut de page : Pas vu l’original. Pas de comparaison.

Pour fêter leur anniversaire de mariage, Big Bob Carter et sa femme ont demandé à leur famille de partir avec eux en Californie pour resserrer les liens familiaux. Sur la route, ils vont vivre leur pire cauchemar…

Survivre

Ce film appartient à un genre, celui du survival. Et c’est exactement ce qu’on a ici : de la survie à l’état pur. Cette famille est au départ divisée, Big Bob Carter pensait réunir ces membres grâce à ce voyage. Dans un sens, il n’avait pas tout à fait tort. Car c’est dans la survie qu’ils vont se réunir, ces membres que tout oppose : un ado adorant ses chiens, vouant un culte à son père et aux armes à feu / un jeune père travaillant dans les télécommunications et détestant les armes à feu / une fille préférant les vacances à Cancun avec ses copines plutôt qu’avec sa famille.
Déchaînement de violences, tout se passe en quelques minutes. L’introduction nous avait avertis du danger, on a pourtant passé 30 bonnes minutes à regarder cette petite famille vivre, se chamailler, et puis tout à coup, déferlante de violence : le père crame, la fille cadette se fait violer, la fille aînée se fait tuer d’une balle dans la tête, la mère d’une dans le ventre… Cela dit, avec les multiples je meurs mais pas tout de suite de la mère et de la fille aînée, ça gonfle un peu. Mais ce que je veux dire, c’est que contrairement à un banal film d’horreur où les personnages meurent les uns après les autres, là, ils meurent successivement, dans un laps de temps très court.
Une autre différence avec un film d’horreur banal : ici on veut et on doit survivre, c’est une nécessité. Alors les esprits les plus violents se réveillent, et pas forcément chez ceux à qui l’on aurait pensé au premier abord.

Crade, vous avez dit crade ?

La faute à la gueule des mutants, la cause aux retombées radioactives des essais nucléaires. Au bain de sang dans lequel on nous fait plonger. Car pour une explosion d’hémoglobine, je vous jure qu’on est servis : coup de fusil à pompe dans la gueule des mutants, coup de revolver dans la tête, dans l’abdomen, enfermement dans un congélateur rempli de restes de cadavres humains, corps brûlé, chien déchiqueté… On a aussi à faire à un viol particulièrement éprouvant et insoutenable. Ici, le sang gicle sans ménagement, les maquillages des mutants sont tout à fait époustouflants et effrayants.

Effroi sans horreur

C’est là que réside tout le charme de La colline a des yeux : la tension est palpable, on est oppressés, mais jamais on a peur. Allez, on sursaute deux à trois fois par mégarde, mais c’est tout. Ce qui nous effraye, c’est vraiment le choc. En effet, on est plus choqués qu’apeurés.
Les scènes ou plutôt les gestes, comme le mutant qui braque un revolver sur la tête du bébé ou le simple fait de voir la main du mutant posée sur le doux visage de la fille aînée nous révolte.
On pourrait bien avoir de l’empathie pour ces créatures, plutôt que d’en ressentir une haine, mais rien n’est fait pour que l’on ressente un quelconque égard qui ne soit pas du dégoût envers eux. Et ce malgré la petite fille mutante qui protège Bobby ou encore le générique qui nous montre que tout cela est à cause des radioactivités.
Les décors, bien que paisibles, révèlent être atroces. Entre les paysages désertiques, le village fantôme et la zone où sont entreposés les caravanes, camping-cars et autres voitures, tout est signe de mort. Le générique nous fait grincer des dents, la musique se veut très 70’s (un hommage au premier film de Wes Craven ?) et inquiétante. Celle que l’on entend à demi-mot au début du film devient plus forte et angoissante au fur et à mesure.
Même si on aurait pu se passer de la scène de fin, car annonçant une suite totalement déplorable, celle-ci nous donne froid dans le dos.

En bref

J’ai été agréablement surprise, mais je ne vous recommande surtout pas la suite qui est pitoyable.

Tucker & Dale fightent le mal (2010)

Tucker & Dale fightent le mal (dans sa version originale Tucker & Dale vs Evil) est un film d’Eli Craig avec Tyler Labine (Dale), Alan Tudyk (Tucker) ou encore Katrina Bowden (Allison).
Ce film se classe dans le genre de la comédie horrifique.
Il a été réalisé en 2010 mais est seulement sorti en 2012 sur les écrans français.

L’histoire

Tucker vient d’acheter une vieille maison de vacances à retaper près d’un lac et y part pour pêcher et s’amuser avec son ami de toujours, Dale. Sur la route, ces deux gentils péquenauds rencontrent une bande de jeunes étudiants venus dans le même coin pour faire la fête. Parmi ces jeunes se trouvent Allison (surnommée Allie) dont Dale tombe amoureux.
Alors que les jeunes se baignent dans le lac en pleine nuit, Tucker et Dale eux, pêchent de l’autre côté du lac en enchainant les cannettes de bières. Allie, se faisant mater par Tucker tombe dans l’eau inconsciente. Nos deux beaufs viennent à son secours, seulement ce qui passe pour un sauvetage devient, aux yeux des étudiants un enlèvement de leur amie. Dès lors, un énorme malentendu intervient : les jeunes pensent que Tucker et Dale sont des tueurs en série et ces deux derniers penseront que les jeunes font partie d’une secte et qu’ils sont venus pour faire un suicide collectif.
De quiproquos en quiproquos, tout va dégénérer et l’horreur et les fous rires vont se mélanger…

Parodie et hommages

Vous l’aurez compris, on nous livre ici une bonne parodie d’un film d’horreur, voire un film qui retourne le genre du slasher/survival.
En effet, les jeunes vont mourir accidentellement (et très violemment) pensant sauver leur amie des mains de ces deux psychopathes et ces scènes de « morts accidentelles » provoquent l’hilarité : entre le jeune qui s’empale sur une lance et celui qui fonce la tête la première dans une broyeuse, on en pleure de rire, sans jamais tomber dans l’humour facile et lourd. Quant aux deux bouseux qui, dans un film d’horreur normal devraient passer pour des tueurs sont des gentils un peu trop naïfs même, ce qui les rend particulièrement attachants.
Les jeunes deviennent de véritables enfoirés et les nigauds, même avec une tronçonneuse à la main, passent pour des anges.

Les situations et les répliques sont absurdes et c’est ce qui fait la force du film : on a l’impression d’avoir, dans la peau de Tucker et Dale, les Harry et Lloyd de Dumb and Dumber.
Entre leur rencontre plutôt terrifiante avec le shériff de la ville, la découverte de la maison d’un « passionné d’histoire » (qui en fait, était une maison appartenant à un psychopathe qui collectionnait les os dans sa maison) ou encore le « combat » de Tucker tenant une tronçonneuse contre tout un nid d’abeilles, la naïveté et la connerie atteignent leur summum et sont délicieuses.

Des détails de films d’horreur sont également repris dans Tucker & Dale fightent le mal et ces clins d’œil sont sympathiques et sont, comme des hommages.
On peut notamment citer la scène où Dale tente une approche avec Allie une faux à la main, celle où ce même personnage débarque dans une pièce à l’arrache avec une tronçonneuse tel Leatherface dans Massacre à la tronçonneuse ou bien celle où un jeune s’entraîne avec une machette comme dans Vendredi 13
Tucker & Dale fightent le mal nous fait penser à Shaun of the dead, tant par ses gags très cons que par son genre en lui-même : la parodie.

Malheureusement…

Dans la deuxième partie du film, le rythme qu’avait pris Tucker & Dale fightent le mal au début s’essouffle, la fin est prévisible et donc cette conclusion est un peu décevante par rapport au début du film où l’on nous avait montré plein d’atouts. Le film aurait été complet si sa fin avait continué dans sa lancée décalée, inattendue et poilante.

Finalement

Une bonne partie de franche rigolade pas lourde, un film à voir rien que pour le coup d’œil, qui certes, n’est pas le film de l’année et n’égale pas Shaun of the dead mais a le mérite d’être original dans sa maladresse. Même si la fin déçoit, Tucker & Dale fightent le mal vaut vraiment le détour.

Trilogie de la vengeance de Park Chan-wook (2/3)

Le deuxième film de cette trilogie.
Old boy
Old Boy est au départ un manga de huit volumes. Il a remporté un bon nombre de prix, notamment le Grand Prix du Festival de Cannes, le prix du meilleur film asiatique des Hong Kong Film Awards ou encore le prix du meilleur film étranger des British Indepedent Film Awards.
Passons donc au synopsis :
En 1988, Oh Dae-soo un père de famille est kidnappé et séquestré pendant 15ans sans aucune raison. A sa sortie, il va tenter de découvrir par qui mais surtout pourquoi il a été enfermé. Il va alors être contacté par celui qui l’a enfermé, Lee Woo-jin, celui-ci va lui proposer de découvrir les raisons de son enlèvement en seulement quelques jours en ne lui laissant pour seule piste cette phrase « Le caillou et le rocher coulent dans l’eau de la même façon ». Il va alors faire la rencontre de Mido.
Durant tout le film, le spectateur découvre tout en même temps qu’Oh Dae-soo, il cherche les explications en même temps que le personnage. Mais ces explications, surtout celles concernant le passé des personnages ou leur identité (surtout celle de Mido, débarquée dont on ne sait où, qui veut à tout prix venir en aide à Oh Dae-soo) ne seront expliquées qu’à la fin du film, et là, grand effet de surprise, on comprend donc tout à fait pourquoi on ne nous en a pas dit plus que ça avant : afin de ménager une fin totalement renversante. C’est là que le proverbe « Le caillou et le rocher coulent dans l’eau de la même façon » prend tout son sens.
Une piste sur la signification ? Oh Dae-soo n’est pas mieux que Lee Woo-jin.
Sachons-le, ce film est interdit aux moins de 16ans et il y a de quoi. Effectivement, nous avons parfois à faire à des scènes de sadisme assez dures, comme un arrachage de dents ou encore une scène de langue sectionnée. Cela donne une ambiance assez lourde, voire pesante au film.
Mais aussi, le spectateur est face à des scènes de combat très esthétiques, superbes, notamment le plan séquence où notre personnage va se battre dans un couloir contre une vingtaine d’hommes avec en fond de la musique classique.
Cette musique est composée par Jo Yeong-wook et est tout à fait magnifique. Il y a aussi « Hiver » de Vivaldi.
De plus, comme expliqué plus haut, Old Boy fait partie d’une trilogie de la vengeance et cela est expliqué dans le film par celui qui l’a enfermé, en effet, durant ces quinze années, ce qui a motivé le personnage principal dans sa démarche c’est avant tout la vengeance.
« Le désir de vengeance est finalement un excellent remède a la souffrance. Il est plus fort que le chagrin ! […] Femme, filles, prisons, ce sont des douleurs qui disparaissent quand l’esprit est submergé de haine.« 
Il ne pensait même plus à sa famille, il était obsédé par la vengeance, il voulait à tout prix sortir afin de tuer son « bourreau ». Il en devient une bête ne vivant que pour se venger et tuer celui qui l’a enfermé. Et cela nous est montré au début du film quand Oh Dae-soo est encore emprisonné, il s’entraîne à taper contre le mur de sa « cellule » en pensant :
« Qui que tu sois, attends-moi. Attends que je sorte de là. Personne ne retrouvera jamais ton corps de pourri, ni tes ongles, ni tes cheveux. Personne au monde ne pourra retrouver la moindre trace de toi. J’avalerai avec soin chaque morceau de ton cadavre.« 
Old Boy a donc bel et bien sa place dans cette trilogie sur le thème de la vengeance.
Les raisons elles-mêmes de l’incarcération d’Oh Dae-soo relèvent du châtiment, mais je n’en dirai pas plus pour ne pas sombrer dans le spoil’.
Néanmoins, ici cette vengeance est assez particulière, elle en devient même « anormale », monstrueuse, car elle engendre une violence assez exceptionnelle (voir la réplique d’au-dessus). Mais elle est tout à fait justifiée selon le point de vue d’Oh Dae-soo et de Lee Woo-jin.
De plus, hors ce thème récurrent, Old Boy relève certains tabous tels les pulsions sexuelles, les rumeurs et leurs conséquences…
A retenir d’Old Boy : un scénario mené avec perfection du début à la fin, un final surprenant voire déroutant, des scènes de violence assez monstrueuses, une musique somptueuse…
Quelques vidéos alléchantes :
A un niveau personnel : ce film est mon préféré des trois. J’ai vraiment aimé. J’ai dû le voir des centaines de fois et ne m’en lasse toujours pas.
Le plus noir et subtil.