La colline a des yeux (2006)

Note de haut de page : Pas vu l’original. Pas de comparaison.

Pour fêter leur anniversaire de mariage, Big Bob Carter et sa femme ont demandé à leur famille de partir avec eux en Californie pour resserrer les liens familiaux. Sur la route, ils vont vivre leur pire cauchemar…

Survivre

Ce film appartient à un genre, celui du survival. Et c’est exactement ce qu’on a ici : de la survie à l’état pur. Cette famille est au départ divisée, Big Bob Carter pensait réunir ces membres grâce à ce voyage. Dans un sens, il n’avait pas tout à fait tort. Car c’est dans la survie qu’ils vont se réunir, ces membres que tout oppose : un ado adorant ses chiens, vouant un culte à son père et aux armes à feu / un jeune père travaillant dans les télécommunications et détestant les armes à feu / une fille préférant les vacances à Cancun avec ses copines plutôt qu’avec sa famille.
Déchaînement de violences, tout se passe en quelques minutes. L’introduction nous avait avertis du danger, on a pourtant passé 30 bonnes minutes à regarder cette petite famille vivre, se chamailler, et puis tout à coup, déferlante de violence : le père crame, la fille cadette se fait violer, la fille aînée se fait tuer d’une balle dans la tête, la mère d’une dans le ventre… Cela dit, avec les multiples je meurs mais pas tout de suite de la mère et de la fille aînée, ça gonfle un peu. Mais ce que je veux dire, c’est que contrairement à un banal film d’horreur où les personnages meurent les uns après les autres, là, ils meurent successivement, dans un laps de temps très court.
Une autre différence avec un film d’horreur banal : ici on veut et on doit survivre, c’est une nécessité. Alors les esprits les plus violents se réveillent, et pas forcément chez ceux à qui l’on aurait pensé au premier abord.

Crade, vous avez dit crade ?

La faute à la gueule des mutants, la cause aux retombées radioactives des essais nucléaires. Au bain de sang dans lequel on nous fait plonger. Car pour une explosion d’hémoglobine, je vous jure qu’on est servis : coup de fusil à pompe dans la gueule des mutants, coup de revolver dans la tête, dans l’abdomen, enfermement dans un congélateur rempli de restes de cadavres humains, corps brûlé, chien déchiqueté… On a aussi à faire à un viol particulièrement éprouvant et insoutenable. Ici, le sang gicle sans ménagement, les maquillages des mutants sont tout à fait époustouflants et effrayants.

Effroi sans horreur

C’est là que réside tout le charme de La colline a des yeux : la tension est palpable, on est oppressés, mais jamais on a peur. Allez, on sursaute deux à trois fois par mégarde, mais c’est tout. Ce qui nous effraye, c’est vraiment le choc. En effet, on est plus choqués qu’apeurés.
Les scènes ou plutôt les gestes, comme le mutant qui braque un revolver sur la tête du bébé ou le simple fait de voir la main du mutant posée sur le doux visage de la fille aînée nous révolte.
On pourrait bien avoir de l’empathie pour ces créatures, plutôt que d’en ressentir une haine, mais rien n’est fait pour que l’on ressente un quelconque égard qui ne soit pas du dégoût envers eux. Et ce malgré la petite fille mutante qui protège Bobby ou encore le générique qui nous montre que tout cela est à cause des radioactivités.
Les décors, bien que paisibles, révèlent être atroces. Entre les paysages désertiques, le village fantôme et la zone où sont entreposés les caravanes, camping-cars et autres voitures, tout est signe de mort. Le générique nous fait grincer des dents, la musique se veut très 70’s (un hommage au premier film de Wes Craven ?) et inquiétante. Celle que l’on entend à demi-mot au début du film devient plus forte et angoissante au fur et à mesure.
Même si on aurait pu se passer de la scène de fin, car annonçant une suite totalement déplorable, celle-ci nous donne froid dans le dos.

En bref

J’ai été agréablement surprise, mais je ne vous recommande surtout pas la suite qui est pitoyable.

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La dernière maison sur la gauche (2009)

Note de haut de page : Je n’ai pas vu le premier film, celui de Wes Craven, donc impossible de faire la comparaison.
Note de haut de page 2 : Contient des spoilers.

Cette fois-ci le réalisateur est Denis Iliadis (inconnu au bataillon pour ma part). On trouve comme acteur Sara Paxton, Tony Goldwyn, Monica Potter ou encore Garret Dillahunt.

Les Collingwood possèdent une maison isolée, sur les berges d’un lac. Leur fille, Mari, et sa copine Paige se font enlever par Krug et ses proches, des psychopathes. Laissée pour morte, elle va rejoindre la demeure familiale et être sauvée par ses parents qui vont la venger à leur manière.

Rob Zombie ?

Échange de rôles : on ressent de l’empathie pour les méchants, on a du mal à comprendre les gentils ; violences en cascade : agression, viol insoutenable, meurtres… La dernière maison sur la gauche peut nous faire penser aux films de Rob Zombie. Et plus particulièrement à The Devil’s rejects.
Ce film est totalement sombre, malsain et violent. Il nous montre la plus mauvaise partie de nous-mêmes, ce que nous sommes réellement, à savoir des bêtes cachées sous des visages humains.
Tout va très vite en ce début de film : l’évasion de Krug, l’arrivée des Collingwood, l’enlèvement des filles, le meurtre de Paige, le viol de Mari, son évasion…
Barbarie, cruauté, violence gratuite, vengeance… Tant de mots pour définir ce film. Mais la clé est surtout la vengeance : Mari se fait violer et est laissée pour morte ? Qu’à cela ne tienne, ses parents prennent simplement soin de leur fille et décident de se faire justice eux-mêmes. On relativise, on se met à leur place.
En fait, ce film est un gros « Et si c’était vous ? ». Comme beaucoup, vous me direz, mais là, la frontière avec la réalité est tellement fine que l’on ne peut que se demander ce que l’on ferait à la place de ces chers Collingwood, au préalable présentés comme une famille aimante, unie malgré la perte d’un fils et d’un frère. Bref, tout est fait pour faciliter la corrélation nous/eux.

Réalisme et justesse

C’est donc maintenant que je veux en venir à cette volonté de réalisme prêchée par le réalisateur. On se prend une grosse claque quand Monsieur et Madame Tout Le Monde décident de martyriser trois personnes responsables des atrocités commises sur leur fille et sa copine.
On peut donc remercier non seulement la mise en scène mais aussi le jeu d’acteurs. Pas d’acteur connu, mais une très bonne interprétation qui nous offre une immense crédibilité. Tout passe crème, si je puis dire. On ne se pose pas de question, on vit le film comme si nous étions à la place des Collingwood.

Quelques faiblesses à noter

Tout d’abord, je tiens à dire que la scène finale est (rayez rien) : inutile, bête et laisse un mauvais goût au film. Cette scène est l’ultime vengeance du père où il fait exploser la tête de Krug dans un micro-ondes. Si cette scène n’avait pas été là, vraiment, la scène précédente aurait suffit à conclure le film, pas forcément en beauté, mais au moins, sans en faire trop. Là c’est du tape-à-l’œil, du « ça va plaire au public à sensation ». Bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé cette fin et son absence ne m’aurait vraiment pas dérangée.
Ensuite, bien que réussie, la deuxième partie du film peut sembler pour certains, décroissante par rapport à la première partie. En effet, cette première partie est très réussie et nous met dans la bain tout de suite : tout s’enchaîne rapidement, on est ébahis devant le spectacle qu’on nous offre. Alors que pour la deuxième partie (que je situerai au moment où les Collingwood recueille Krug et sa famille), c’est un peu plus lent, du coup, l’habitude que l’on avait prise depuis le début s’éteint. On n’est pas déçus, mais un autre rythme s’offre à nous, et c’est déroutant.

En bref

J’ai beaucoup aimé ce film, ça ne fait pas de détail, ça parle de vengeance, c’est gratuit mais intelligent, tout est maîtrisé. Bref, je vous le conseille.