The Nice Guys (2016)

On en a fait beaucoup avant la sortie de The Nice Guys. Rien que sur SensCritique, on recensait les meilleures punchlines du film avant sa sortie et on offrait même un badge à ceux qui l’avaient rajouté dans leurs envies (sérieusement les mecs… ?). Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on attendait le nouveau Shane Black de pied ferme. Piqûre de rappel : Last action hero, Kiss kiss bang bang et la franchise L’Arme fatale, voici trois titres auxquels le réalisateur a participé, mais je parlerai seulement de Kiss kiss bang bang, parce que Black n’a pas été « seulement » scénariste ici, il l’a réalisé, tout comme le film dont il est question ici. Et au pitch, on voyait de grosses ressemblances entre les deux. La question était donc de savoir si TNG était un vulgaire copié-collé de KKBB. La réponse est non.

Donc oui, l’histoire est assez similaire, puisque encore une fois, Shane Black s’attèle à réaliser un film sur Hollywood, en prenant pour trame une histoire de meurtres de stars et autres grands noms du cinéma, le tout sur fond de complots et pour démêler le vrai du faux, des détectives privés plus ou moins aguerris. Là où le film de 2005 (putain 11 ans !) s’inscrivait dans notre époque, le film sorti en 2016 prend place dans les 70’s, nous apportant son lot de vintageries remarquables : décors, fringues et pensées bien différents de ce que nous connaissons actuellement. C’est l’un des premiers points forts du film : l’immersion est totale et complètement réussie. En tout cas, moi, j’avais l’impression soit d’être dans cette décennie l’espace de deux heures, soit de voir un film qui avait été tourné pendant ces années, mais avec les techniques actuelles. Côté maîtrise, Shane Black n’est absolument pas un amateur et sa mise en scène est bien foutue, le côté histoires parallèles formant l’introduction m’a mise dans le bain dès les premières minutes, même si, je dois bien l’avouer, j’étais un peu perdue avec tous ces noms dans les premiers temps…

Dans « tous ces noms », on a notre trio principal, trois personnages qui se complètent et forment une équipe soudée malgré ses différences et ses méthodes diverses : Jackson Healy (Russell Crowe), Holland March (Ryan Gosling) et sa fille, Holly (la jeune et prometteuse Angourie Rice). Bien écrits et bien joués, le casting et les personnages, sont un autre point fort de The Nice Guys. A côté d’eux, même les rôles secondaires envoient du lourd : la jeune actrice porno rebelle qui voit en chaque personne un fasciste en puissance, les méchants implacables, et même un gamin que l’on croise sur son vélo qui est prêt à montrer sa queue pour 20 dollars… On prend du plaisir à voir évoluer chacun d’entre eux, les voir parler et mener l’enquête, le spectateur y prend part d’ailleurs, parce que le tout fonctionne tellement bien qu’on est obligés de vouloir participer à ces péripéties. Le rythme aide bien, tout est fluide et il se passe toujours quelque chose dans chaque scène. Sérieusement, pendant toute la durée du film, je ne me suis pas ennuyée un seul instant, les personnages charismatiques commencent d’abord par nous charmer et l’écriture du scénario fait le reste, je n’ai pas vu le temps passer.

Il faut dire que les scènes et situations rocambolesques s’enchaînent, sans pour autant que l’on trouve ça lourd, ni que ça en devienne répétitif. L’une de mes scènes préférées est celle de la villa, parce qu’il se passe vraiment tout ce que qui est possible : découverte d’un cadavre, open bar bien chargé, visionnage d’un film porno (et c’est encore mieux quand on a treize ans), interrogatoire de sirènes dans une piscine, fusillade, course-poursuite, sans oublier les répliques qui fusent et font mouche. D’ailleurs, l’ayant vu en VF (parce que là où j’habite, les seuls films qui passent en VOSTFR sont les films estampillés art et essai), j’ai trouvé le doublage assez sympa. Certes, certaines blagues sont un peu tombées à plat parfois, mais ça fonctionnait très bien dans l’ensemble, surtout que la voix de Ryan Gosling a été conservée pour ses hurlements très aigus, et ça, c’était parfait. Ça faisait longtemps que je n’avais pas ri comme ça devant un film, au cinéma qui plus est.

Je reviens un peu sur l’immersion dans les seventies pour aborder le sujet de la bande-son. Cette dernière nous convie elle aussi à la fameuse décennie en nous apportant son lot de Bee Gees, de Kool and the Gang, de Kiss ou encore de Temptations. En un mot ? Génial. Que l’on soit fan ou pas de cette décennie musicalement parlant, on se laisse facilement porter par sa bande originale qui illustre très bien les différents passages où elle passe. Les chansons ont été bien choisies et collent parfaitement aux scènes auxquelles elles correspondent. Je ne dirai pas qu’elles ont été écrites pour The Nice Guys, mais elles parent très bien les diverses séquences.

Pour répondre à ma question sur le lien entre KKBB et TNG, même s’il subsiste un rapport dans les grandes lignes, The Nice Guys a sa véritable identité, à la rigueur, on pourrait parler de remake, mais de manière très libre… Parce que même si la toile de fond est quasi identique, son traitement est différent, mais on retrouve les qualités qui ont fait de Kiss kiss bang bang un très bon film. Là où ce dernier était plus « sombre », et un brin plus complexe (pas casse-tête non plus), The Nice Guys est à la cool (poseyyy ?) même si très énergique à la fois, et assez abordable. Pour cela, je leur mets la même note, même si je trouve que c’est assez peu pour le bonheur que chacun de ces métrages m’a apporté.
Un excellent buddy movie en somme, qui allie action, humour et enquête, grâce à d’excellents personnages et une bonne mise en scène.
(Bon et, première séance dans ma ville, une salle gigantesque pour 5 personnes (dont mon chéri, ma copine et moi-même), comment ne pas mieux en profiter ?)

Le téléphone sonne toujours deux fois

Il s’agit du film des Inconnus, Le téléphone sonne toujours deux fois. Bien que Les Inconnus n’ont que leur nom pour prouver qu’ils sont méconnaissables, ce film reste très très peu connu. A l’inverse de leurs autres films (Les trois frères, Le Pari…).

Réalisé par Jean-Pierre Vergne que je ne connais ni officiellement ni officieusement, ce film est sorti en 1985 dans les salles obscures françaises. A cette époque, Les Inconnus étaient Les Cinq et étaient formés par Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus, Smaïn et Seymour Brussel.
C’est donc leur premier film et il a largement inspiré Les Nuls pour La cité de la peur, tellement c’est con !

Mais tout d’abord, parlons de l’histoire

Un tueur en série sévit dans Paris en assassinant étrangement des femmes en les assommant avec le combiné d’un téléphone et en leur plantant sur le front le cadran du téléphone. Pour retrouver ce malotru, un détective mène l’enquête, il s’agit de Marc Elbichon (ou plutôt Marcel Bichon), mais la tâche se révèle plus dure que prévue. Il se fait donc aidé de son adjoint/homme de ménage, Momo, de ses deux amis d’enfance, Franck et Blacky. Ils seront rejoints par un reporter-photographe, Ugo, qui mène également l’enquête.

Maintenant, le pourquoi du comment je l’aime

Les atouts du film reposent essentiellement sur les conneries qui ont, comme dit plus haut, inspiré Les Nuls : imaginez donc le niveau !
Les personnages sont comiques : entre le détective en quête de notoriété qui n’est pas capable d’enquêter seul et qui a des idées plutôt loufoques pour coincer le tueur (à savoir casser toutes les cabines téléphoniques de Paris), son adjoint qui fait office d’homme de ménage très maladroit, Blacky un animateur radio qui à ses heures de grande écoute réunit 3 auditeurs, Franck qui cherche désespérément à retrouver son ennemi d’enfance… Seul Ugo est un peu moins con que les autres ! Même si y’a du level…

On a également droit à des scènes cultes, comme celle du sabotage des cabines téléphoniques ou celle du calcul de Bernstein que vous pouvez voir ici, ou encore la scène dans la boîte gay ici.

Des répliques tout aussi cultes comme « Hey chef, vous avez qu’à lui demander si sa grand-mère fait du vélo ! » ou encore, la chanson du serment des trois amis d’enfance que vous pouvez écouter ici.

Des caméos magiques comme Jean Yanne, Clémentine Célarié, Michel Galabru, Patrick Sébastien…).

J’espère vous avoir donné envie de voir ou revoir ce film.