Twin Peaks / Fire walk with me

Diane, I’ve just entered the town of Twin Peaks…




La série Twin Peaks
Twin Peaks est à une série composée de 30 épisodes et réalisée en 1990 par David Lynch et Mark Frost

Cette série s’ouvre sur la découverte d’un corps, celui de Laura Palmer, une jeune fille très populaire et aimée. Ce personnage, bien qu’absent reste le personnage central de la série car celle-ci est articulée autour de Laura et de son meurtre.
Ce meurtre est donc l’intrigue principale de la série et permet au spectateur comme aux habitants de Twin Peaks de découvrir un agent du FBI, Dale Cooper. Un personnage fort sympathique, compréhensif et charismatique. Il participera avec les autorités locales à découvrir les circonstances de la mort de Laura et surtout, de découvrir son meurtrier. Mais Cooper ne sera pas au bout de ses surprises quand il découvrira que tous les habitants de la ville ont des secrets, que des mystères planent autour des habitants comme autour du meurtre.

Certes, le personnage principal est ce charmant agent du FBI, mais la série permet à des acteurs secondaires d’avoir une place très importante, chacun ayant son petit secret ou son lien (même indirect) avecLaura. Le charme de la série Twin Peaks est notamment dû à l’importance accordée aux personnages, qu’ils soient récurrents (DaleHarry Truman (le shérif), Donna (la meilleure amie de Laura)…) ou moins présents (La Femme à la BûcheMaddy…) : chacun a son petit quelque chose, sa petite histoire, son mystère et donc son intérêt. Ils forment un tout, ils sont Twin Peaks.
Des caméos sympathiques sont aussi à découvrir : David Duchovny en agent du FBI travesti, David Lynch lui-même en supérieur de Dale, complètement sourd.

Comme dit plus haut, Dale va découvrir les mystères de Twin Peaks les plus insoupçonnés et va donc découvrir que Laura était loin d’être celle que l’on croyait…
Certaines fois, le spectateur sera tour à tour amusé, effrayé et émerveillé.
Le générique lui-même est inquiétant : la musique (que tout le monde connaît) est sobre et sinistre (ne pas prendre ce terme péjorativement), les noms du casting défilent en lettres vert flashy (à la manière d’un film de fiction) sous des images du paysage de Twin Peaks.
La tension est omniprésente : les cliffhangers de chaque épisode, la découverte de nouveaux personnages à chaque épisode (ou presque), ou encore les plans de nuit sur de simples feux rouges, la forêt et l’hôtel de la ville : tout est fait pour alimenter le mystère et le malaise.

La réalisation est brillante, outre les personnages : 
– Les fils conducteurs sont nombreux, certes le principal est le meurtre de Laura mais il en vient d’autres tout aussi intéressants : le trafic de drogue dans la ville, les magouilles entre personnages pour des terrains, les guerres entre famille, les amours cachées, les relations ambigües… On pourrait croire que Twin Peaks tombe dans la niaiserie, à tort. Et c’est là que la série fait fort et montre une grande habileté : elle abrite elle-même une série (mise en abyme) nommée Invitation à l’amour, un genre de feuilleton à la manière des Feux de l’amour.
– Les lieux sont eux aussi notables : on ressent une certaine familiarité à retrouver nos personnages au Double R Diner, du sérieux à les retrouver au commissariat, de la tristesse chez les Palmer ou encore, une certaine retenue à se retrouver à l’Hôtel Grand Nord
– Les mythes sont intéressants et impressionnants : la Black Lodge, la White Lodge, la Chambre Rouge
– La musique est superbe.

Cette série mêle humour, drame, peur et surtout, de la fiction. Car malgré ses apparences de ville tout à fait réaliste, Twin Peaks est imprégnée de fiction. La série bascule donc lentement de réel à fiction, sans vraiment que l’on s’en aperçoive. Twin Peaks est au cœur de la différence du bien et du mal.


Je dois vous l’avouer, c’est l’une de mes séries préférées : Twin Peaks mélange les genres, m’a fait découvrir des personnages très intéressants et m’a passionnée. 
Je confesse également avoir senti de la tension et de la peur en regardant cette série qui peut donner froid dans le dos.
Twin Peaks a été arrêté à cause du manque d’audience lors de la deuxième saison. En effet, le meurtre de Laura ayant été résolu, les spectateurs se sont désintéressés, à tort de cette série. Car cette dernière a continué au-delà de Laura et a laissé place tout doucement à la fiction. Dale tombé amoureux de la ville tient à y rester et tisse des liens encore plus forts avec les habitants qui, pour certains sont devenus des amis… Voire plus.



Le film Twin Peaks
Feu marche avec moi

Malgré l’arrêt de la série, une préquelle a été réalisée en 1992 toujours par David Lynch et porte pour nom Twin Peaks : Fire walk with me.

Ce film est quant à lui réservé à Laura Palmer puisqu’il présente ses sept derniers jours. Elle est donc le personnage principal de cette œuvre, contrairement à la série où elle était absente, bien que l’histoire fût centrée sur elle.
On retrouve beaucoup de personnages de la série avec des agents du FBI en plus (dont Chris IsaakKiefer Sutherland ou encore David Bowie).



Ici, on comprend mieux les secrets de Laura, ses mystères, bref sa vie. On la voit tantôt accro à la drogue, tantôt sexuelle, puis torturée, mélancolique… Elle devient attachante malgré son comportement très dérangeant : c’est une personne qui a besoin d’aide et qui ne peut se tourner vers personne puisque personne ne peut l’aider.

Nous sommes donc plongés dans un univers assez triste et dramatique : on sait que la seule issue pour Laura sera la mort. Ce film est donc sombre et l’on reconnaît parfaitement le style de Lynch.


Le film est intéressant, mais je l’ai trouvé un peu trop éloigné de la série… Et surtout, j’aurais préféré une suite car la série s’est achevée sur un des plus grands cliffhangers de la télévision (autoproclamé par moi-même).

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La Moustache (2005)

Notes de haut de page : Pas lu le livre. Contient des spoilers.

« Qu’est-ce que tu dirais si je me rasais la moustache ? » demande Marc à Agnès. « Je ne sais pas. Je t’aime avec mais je t’ai jamais connu sans. » C’est sur cette question tout à fait anodine entre un couple que démarre ce film.

Car de l’anodin, c’est d’abord ce qu’on nous présente : entre le titre quelconque du film et le début d’histoire d’un couple de bobos parisiens qui vit dans un grand appartement, une invitation à un dîner chez des amis, une vie professionnelle réussie… Une vie normale en bref.
Au début, Marc se cache, Agnès va-t-elle remarquer la surprise qui lui a faite ? Il est amusé, mais déchante un peu quand elle ne voit pas. Ses amis ne remarquent rien non plus. Ses collègues encore moins. Il s’énerve, s’engueule avec Agnès.
« Tu n’as jamais eu de moustache ». Tout bascule.

L’enfer c’est les autres

La Moustache nous montre avant tout l’importance de vivre à travers les autres. Quand ceux-ci ne nous remarquent pas, on est plus rien, on ne vit plus. Quand Marc n’est pas remarqué auprès de sa femme, son couple et sa vie ne sont plus. Pourquoi ne remarque-t-elle pas ? Lui joue-t-elle un tour ? Ou est-ce que c’est lui qui devient malade ? Bref, le problème de l’indifférence se pose. Le simple détail futile de se raser la moustache est indifférent à tout son entourage.
Là, une certaine ressemblance avec un film de David Lynch apparaît : folie, schizophrénie, descente aux enfers, trou spatio-temporel, paranoïa… ? Toutes les questions sont permises. Mais c’est bien à de la paranoïa à laquelle on est confrontés (selon mon interprétation). On est brouillés entre rêve et réalité. Qui dit vrai ? Quelle est la vérité ? Il y en a-t-il au moins une ? On s’inquiète. On est frustrés.
Le cauchemar et l’angoisse se confrontent violemment à la tranquillité d’un couple. C’en est dérangeant et troublant.

Une interprétation parfaite

Vincent Lindon est Marc. Il joue au début, s’amuse avec sa femme, puis vient la déception, son regard de chien battu arrive. Puis il est perdu.
Emmanuelle Devos est exquise. Je n’avais jamais vu de film avec cette personne, et à vrai dire, elle me rebutait un peu, mais son rôle, tantôt de femme ne remarquant pas son mari, tantôt de (presque) manipulatrice si je puis dire, est complexe et incroyable. Elle se révèle être d’une importance capitale, puisque c’est elle qui dit ou non si Marc a tort ou raison. Et ici, il a plutôt tort…
Leurs dialogues, souvent ponctués par des silences et de la musique classique nous mènent vers l’incompréhension. Ils essayent de se réparer, de panser leurs blessures, mais tout dégringole après un autre événement ravageur dans la vie de Marc et de sa fameuse moustache.

Un film en demi-teinte

Malheureusement, la dernière partie, là où Marc s’enfuit à Hong-Kong tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et conclut mal cette histoire. On aurait pu continuer cette dernière à Paris, je trouve vraiment inutile d’avoir mené cette fin de film à l’autre bout du monde.
Vous l’aurez compris, on s’ennuie un peu durant cette partie à Hong-Kong.
Incompréhensible pour beaucoup et sans réelle clé pour se faire (sauf l’imagination et des hypothèses), La Moustache est pour certains un film d’intellectuels, laissant pour compte les autres, les ignorants. Le réalisateur et auteur du livre, Emmanuel Carrère ne sait même pas où va son film, où cette folie s’arrête. Troublant.
La fin n’en est donc pas une, pas d’explication, pas de remède sorti de nulle part pour nous dire où se trouve la vérité. C’est peut-être mieux comme cela, même si frustrant de prime abord, une vraie fin nous aurait peut-être déçus. Bref, on est à nouveau dans cette spirale infernale. Que Marc accepte finalement, et sans savoir où ça va le mener…