Go Goa Gone (2013)

J’vous fais la plâtrée sur SensCritique ou vous en avez assez ? Parce que je veux bien repartir dans l’éloge de ce merveilleux site/Saint-Graal qui m’a fait découvrir des films sympas, dont celui qui est l’objet de cet article… Ça m’fait pas peur.

Go Goa Gone c’est un film indien. Je le précise, parce que j’en ai chié pour trouver ce film et ai dû tomber sur des sites vérolés qui m’ont sûrement filé des virus et autres conneries. Je reprends, après cette précision pas du tout importante pour la suite : des noms au casting ne me disent rien, mais sont apparemment un peu connus pour les rodés de Bollywood (Raj Nidimoru et Krishna D.K. sont à la réalisation, et nous avons Saif Ali Khan, Kunal Khemu, Vir Das et Puja Gupta comme acteurs principaux). Sinon, c’est une comédie horrifique avec des zombies.

Alors je ne sais pas pour vous, mais, personnellement, je suis assez hermétique aux films indiens, la faute à Bollywood et ses comédies musicales longuettes, je préfère me taper du bon gros blockbuster sauce américaine qui satisfait ma rétine et m’apporte ma dose de bien-être par mois, mais là n’est pas le sujet. Là où je veux en venir, c’est que, de prime abord, je ne suis pas tentée du tout par les films hindi et que le pitch à lui seul m’a convaincue. Alors le voilà :
Deux colocataires et potes d’herbe partagent leurs déboires : l’un a perdu son travail, l’autre a perdu sa petite amie. Alors pour se consoler, ils décident de se rendre à Goa avec leur colocataire (oui, ils sont trois), là-bas, l’un des trois rencontre une fille qui l’invite à une after-party organisée par la mafia russe. Lors de cette fête, circule une nouvelle drogue qui transforme ses consommateurs en morts-vivants. Ils vont devoir établir un plan pour sortir vivants de l’île…

Oui je sais, ça ne paye pas de mine (et encore, vous n’avez pas lu le synopsis d’Allociné), l’affiche sonne très série Z, et pourtant, les éloges que j’ai pu lire ont fini de me convaincre…
Première chose, les avertissements anti-tabac en préambule du film m’ont interloquée, et je me suis demandé où j’étais. Après renseignements, j’ai appris que l’Inde dans sa lutte contre le tabagisme, oblige les films où des acteurs consomment tabac, alcool et stupéfiants à introduire un avertissement contre ce genre de comportements. Rien de bien choquant, mais je préfère que vous soyez au courant que les trois premières minutes du film ont un message anti-tabac.

Le film a quelques grosses ficelles qui traduisent un manque de prise de risques, comme le fait que c’est une drogue qui a infecté tout le monde, raison plus ou moins valable qui aurait pu être travaillée ou complètement éludée au profit du mystère, puisque les raisons d’une telle transformation ne sont pas non plus indispensables au bon déroulement d’un film de ce genre. La morale, si on peut parler d’une morale, est dispensable puisqu’elle est évoquée sans réelle subtilité ; en bref, on a l’impression d’entendre « La drogue c’est mal ». Bien sûr, cette morale n’est pas très présente et ne trahit pas la qualité du film, mais elle a le malheur de tomber comme un cheveu sur la soupe.
Le début permet de connaître tout ce petit monde dans son train-train quotidien et nous montre alors des losers parfaits, dans tous leurs clichés : amours foireuses, situations professionnelles bancales, fumette, oisiveté et une certaine mauvaise perception de la réalité… Cependant, l’introduction paraît longue puisque la véritable histoire met beaucoup de temps à démarrer (une bonne trentaine de minutes) et gâche un peu les festivités, à savoir les apparitions de zombies.

Malgré tout, Go Goa Gone donne un petit coup de frais aux comédies horrifiques. Tout d’abord, de par son pays d’origine, mais aussi parce qu’il utilise de nouveaux outils pour mettre en scène ces zombies. D’habitude, quand on parle de ces joyeux personnages, on imagine l’obscurité, les routes désertiques, les pubs, bref, du produit anglophone m’voyez, et là, on se tape un soleil radieux, une île magnifique et une plage qui fait rêver, avouez que c’est déroutant. Evidemment, une comédie horrifique avec des zombies, même si son contexte est différent de ce qu’on a pu voir auparavant, a de grandes chances d’avoir des similitudes avec ses aînées, c’est ainsi que l’on a de sympathiques hommages à Shaun of the dead ou Zombieland avec la retenue de ne pas les citer afin d’éviter d’établir un lien trop forcé avec la comédie horrifique britannique et l’américaine. A côté de ça, les clichés subsistent et, ici, on arrive à les détourner de façon subtile et drôle, sans ironie ou sarcasme, démontrant un certain respect envers les œuvres mythiques du genre. Car, même si les situations sont trop évidentes, connues et banales, elles restent très drôles, notamment grâce aux répliques qui font mouche et au charisme des acteurs qui jouent tellement bien les abrutis, aussi maladroits qu’attachants.

Ainsi, les personnages de cette œuvre n’ont guère d’originalité vis-à-vis de leurs pairs dans d’autres films, mais j’ai envie de dire tant mieux, parce que c’est une recette qui fonctionne. On a donc une bande de copains, un peu gauches, pas mal allumés, mais profondément gentils, qui rentrent dans la peau de héros d’un jour pour sauver une demoiselle en détresse qui n’a pas vraiment besoin d’être surprotégée, le tout, conduit par un véritable tueur de zombies sachant manier les armes et ayant une ribambelle de flingues dans ses poches. Tout ce petit monde est marrant puisque souvent con, et ça permet de savourer un film de zombies sans personnages qui se prennent vraiment au sérieux. Même le mafieux-dealer-faux russe-zombie killer a des faiblesses et des petits penchants pour la bêtise. Ce qui explique surtout ce côté loufoque et drôle, c’est la fumette, puisque les deux personnages principaux sont de gros consommateurs, et leurs réactions s’en ressentent. Nous ne sommes pas dans un stoner comedy, et les personnages ne sont pas ravagés non plus, mais ce petit penchant leur offre un petit quelque chose d’amusant. Dans cette comédie horrifique, l’accent est donc davantage mis sur le côté comédie qu’horrifique. Le bad ass du film est une sorte de Tallahassee indien, avec le même entrain à dézinguer des zombies, les autres le suivent et se servent des armes tant bien que mal : les gentils losers deviennent des héros qui poutrent de l’infecté, permettant d’avoir notre petite ration de coups de feu entraînant d’importantes giclettes de sang, il en va de même pour les armes plus inusitées qui nous amènent leur lot de morts dégueulasses, parce qu’il faut bien se défendre, et que tout peut servir d’arme si on parvient à l’utiliser. Les personnages sont donc arrachés à leur vie monotone pour combattre des zombies et réagir face à cette situation extrême, et ils s’en sortent plutôt bien. A côté de ça, l’interprétation est chouette, on sent que les acteurs ont pris du plaisir à jouer ces rôles et ils sont tous dans la peau de leur personnage.

En somme, il n’y a rien de très surprenant ni de novateur dans Go Goa Gone. Pourtant, il tire son épingle du jeu, notamment en nous offrant un bon jeu d’acteurs et des répliques sympas. Le film n’est pas crédible, mais il est suffisamment audacieux et divertissant et je pense que ça suffit amplement pour le voir, d’autant qu’on sent que tous ceux qui ont participé au projet ont mis du cœur à l’ouvrage. Ce n’est donc pas indispensable, mais ça n’a pas l’ambition d’égaler Shaun of the dead, ce qui fait que l’œuvre est honnête et savoureuse. Vous ne le regretterez pas.

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3 réflexions au sujet de « Go Goa Gone (2013) »

  1. Ca me donne bien envie, je vais me regarder ça ce soir. J’ai découvert The Hostel (2005) et c’était pas mal du tout malgré quelques facilités.

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