Birdman (2015)

Je commence par quoi : la mise en scène, l’interprétation, l’histoire, la critique de la célébrité dépeinte dans le film… ?
Aucune idée, alors ça va vous être déposé comme ça vient dans mon esprit.
Tout d’abord, il est difficile de passer à côté de Birdman, tant ces temps-ci à cause de la course aux récompenses (Oscars et consorts), et tant dans le fait que ce film est tellement encensé que même le plus reculé des troglodytes veut le voir. Le pitch ne nous promet rien de précis et encore moins quelque chose de véritablement incroyable : un acteur déchu tente de se refaire une place dans la célébrité en montant une pièce à Broadway. Qui aurait pu penser que sous ses airs bien lourds, ce synopsis allait nous faire décoller (tous sens du terme acceptés) ? Surtout pas moi. Birdman tape sans ménagement dans la machine à faire des stars : Hollywood. Sa critique est dure sans pour autant être dénuée d’humour, c’est donc délicieusement cynique. On voit donc le réel dessous des stars qui, entre l’absence d’humilité, la volonté d’être au-devant de la scène pour être aimé, la puissance des critiques (au regard plus que biaisé) et le côté artistique qui lie chaque personnage, n’ont plus trop de paillettes une fois la caméra éteinte. Telle une mise en abyme réussie, Birdman critique ses propres acteurs : notamment un Michael Kaeton dans un rôle sur mesure, ayant rayonné avec Bat/Birdman mais désormais sur le déclin, tentant de refaire surface avec un coup de maître (Birdman/la pièce), mais aussi la consommation presque inévitable de drogue dans le milieu (Emma Stone), l’artiste performeur (Edward Norton)…

La mise en scène, soit un unique plan séquence de 2h est intéressante bien que dérangeante dans les premières minutes. Là encore, ce plan s’inscrit dans la mise en abyme de Birdman, la caméra nous invite à assister à quelques moments de la vie de ces acteurs, à les survoler pour passer à autre chose, un peu comme si le spectateur était transformé en succès et que l’on s’arrêtait quelques minutes sur certains pour repartir vers d’autres. D’autres points assez dérangeants de prime abord, c’est de mêler à notre histoire de la fiction (Birdman himself) et de la folie (Keaton himself). Pensant que ce mix peu ragoûtant rajouté au réalisme du film ne peut donner quelque chose de bon, on se trompe. Les scènes valent de l’or, notamment la traversée de Broadway par Keaton dans son plus simple appareil, Norton et Stone sur le toit et le pétage de câble de Norton à l’avant-première de la pièce. Les dialogues cyniques, désespérés et tellement vrais des acteurs viennent confirmer leur don, tout comme celui du réalisateur qui a réussi à nous emporter ailleurs pour quelques heures. Pour finir, j’ai bien envie d’insister sur le jeu d’acteurs puissant et intéressant : Norton pète son câble à la manière d’un Durden survolté, Stone se fait camée, Keaton avec un égo surdimensionné… Watts et Galifianakis n’en restent pas moins mauvais.

 

Dépêchez-vous d’apprécier, avant que la critique ne vienne détruire ce bon moment et nous fasse passer à autre chose.

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