Only the Bananawé

Only the strong alias La loi du plus fort en VF est sorti sur nos grands écrans en 1993. Il a été réalisé par Sheldon Lettich, celui qui a enfanté Double Impact ou qui a collaboré sur Rambo 3. Sa filmographie nous montre uniquement des films dans cette lignée. Il déconne pas : il fait jouer des gros durs qui aiment bien se fighter, Jean-Claude Van Damme et Sylvester Stallone. Sauf que dans Only the strong, il fait jouer un mec un peu moins connu et tout aussi féru de coups de poings dans le bide à grands renforts d’arts martiaux, j’ai nommé le très charismatique Mark Dacascos.



Only the strong, c’est quoi ? Notre petit Sheldon ne s’est pas pété la cheville en imaginant la petite histoire. Il a sûrement eu vent d’un art martial encore peu démocratisé à l’époque, la capoeira, du coup, il s’est dit « tiens, on va trouver un truc sur la capoeira ». C’est donc tout naturellement que le film met en scène un militaire des forces spéciales américaines (un béret vert exactement) qui a appris lors de ses campagnes la fameuse capoeira. De retour au pays, il passe par son ancien lycée et trouve que les jeunes sont perdus. Il pense pouvoir leur redonner de l’espoir en leur apprenant cet art qu’est la capoeira et ce, en montrant ses talents contre un vilain dealer pendant la récréation. Bref : il devient prof, sauf qu’il va se trouver des ennemis en la personne du parrain de la ville, Silverio, un sosie de Steven Seagal.
Sheldon avec la capoeira, c’est un petit peu comme une poule qui trouve un couteau : il ne sait pas DU TOUT quoi en faire.


Sosie de Steven Seagal

On retrouve dans Esprits rebelles plusieurs points de Only the strong : le prof ancien marine qui enseigne le combat à ses élèves, les élèves d’abord réfractaires à fond les ballons qui deviennent sages et respectueux, la confrontation avec le corps enseignant, la mort d’un étudiant (parce que la vie n’est pas rose, hein) mais une jolie fin, faut pas déconner. Sauf que là où Esprits rebelles tient plutôt la route, Only the strong s’étale, d’autant que c’est absolument prétentieux : Sheldon Lettich a découvert la capoiera et s’en empare. Autant vous dire que la déception est d’autant plus grande. Cela dit, pour être déçu, il faut un espoir en amont et on ne l’avait pas vraiment en fait. De là à dire que Only the strong a été le papa d’Esprits rebelles, c’est peut-être un peu poussé, car ce dernier a le mérite de pas trop se vautrer ni de vouloir en faire trop.

En fait, ce qui fait la force de Only the strong c’est qu’il est devenu au fil du temps un film carrément culte, mais pas dans le côté encenseur, non non, on se délecte de regarder Only the strong car il est hautement nanardesque. C’est un véritable bijou de perte et fracas. Une sorte de chef-d’œuvre du film nul. Et c’est tellement visible sur toutes les coutures qu’on se demande si ce n’est pas revendiqué. Déjà l’histoire bancale… Mais il n’y a pas que ça, oh que non ! Parce que les acteurs sont délicieusement horribles, ils massacrent leur rôle avec application. En tête de file, on a Mark Dacascos qui a des réactions bizarres et qui subit une transformation vêtementesque. En effet, au début, il est habillé tout en blanc, car il est pacifiste, il veut enseigner aux jeunes, les sortir de la mouise, pour avoir bonne conscience et pour se prouver que l’ancien délinquant qu’il était s’en est sorti. Mais quand vient l’ultime combat avec le gros vilain du film, il revêt son habit de marine, parce que merde, faut pas le faire chier, et puis c’est La loi du plus fort. Les autres ne sont pas en reste : y’a le sosie de Steven Seagal qui a des mimiques et expressions faciales des plus mémorables (vas-y que je te fronce les sourcils parce que je suis un méchant), le cousin du méchant qui est l’un des élèves dont a la charge le fameux prof qui ne sait pas vraiment où il habite et qui bouffe un peu à tous les râteliers selon le vent qui tourne, le prof désemparé qui n’a plus espoir en rien et la seule figure féminine du film, ancienne camarade de classe de Mark qui le défend corps et âme et qui finira par se faire embrasser. Parce qu’on ne baise pas dans Only the strong. On ne déconne pas dans Only the strong, c’est du sérieux, alors les pouffes en mal d’amour qui veulent de la baise, elles passent leur chemin. Ici on parle combat. Puis, on peut dire que le film jouit d’une incohérence des plus exquises. Notamment avec le cousin qui est totalement réfractaire à la capoeira (les mecs qui dansent comme des tapettes, c’est pas pour lui) mais son cousin pratique ce sport et veut qu’il apprenne cet art martial. Ah. Ok. Yépakompri. La fin où Mark va au casse-pipe vêtu de son plus beau treillis est révélateur de cette cohérence marquée, puisqu’il se fait défoncer mais n’a prévenu personne, heureusement, il est chanceux et ses élèves viennent le défendre (tous vêtus en blanc !). Pour finir, si vous voulez voir ce film, je ne peux QUE vous le conseiller en VF pour y ajouter un côté pas du tout crédible. Déjà, quand on sait que Mark Dacascos est doublé par Pascal Légitimus ça casse le côté film de gros durs pour les gros durs. Mais en plus, il nous sort des phrases avec des tons assez improbables. C’est difficile à expliquer à l’écrit, mais il faut le voir (l’entendre) pour le croire.




Je vous quitte sur cette chanson qui est l’hymne du film dans sa version remasterisée par le petit génie de la musique du film (celui qui meurt).
JE SAIS, C’EST PAS BANANAWÉ.

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