Arturus Rex (part I)

Avant-propos : Vu que je ne sais pas débarquer quelque part sans mettre les pieds dans le plat, je préfère faire une légère introduction, qui vous indiquera mes réelles intentions, ce que je veux faire et ne pas faire. Mon objectif, plus que de faire une simple présentation technique, serait d’aller au-delà de ce qui est montré, savoir pourquoi, comment, etc. Sans pour autant dénaturaliser cette série. Faut plus voir ça comme un hommage, un foutu cadeau d’une fan à son idole (Astier himself), même s’il lira jamais. C’est très utopiste, mais c’est exactement ce que je veux. Alors autant vous le dire directement : non, vous ne verrez pas de fiche technique ni de présentation basique des personnages, vous avez assez de la page Wikipédia de Kaamelott pour cela. L’intérêt est donc non pas de rester à la surface, mais de vouloir creuser, d’établir des liens, de trouver des significations et de donner des interprétations (plus ou moins tirées par les cheveux). Ah, et, petite précision, je n’aborde pas le court-métrage Dies Irae.




LIVRE I

Le Livre I de Kaamelott, c’est avant tout une découverte de l’univers qu’a construit Alexandre Astier, plutôt que de prendre l’exemple sur des séries/films fantastiques et pour la plupart peu réussis, A. Apréfère donner une autre dimension à la légende arthurienne que celle attendue : moins d’héroïsme, plus de débilité. Parce qu’après tout, Kaamelott c’est ça, des chevaliers ridicules qui ont chacun une particularité (Bohort l’efféminé trouillard, Léodogan le caractériel, Lancelot le seul qui tient à peu près la route, Perceval l’idiot du village ou encore Karadoc similaire à Perceval mais carrément axé sur la bouffe) mais qui œuvrent inconsciemment dans le même but : certes trouver le Graal mais surtout passer pour des cons ! Parce que c’est un fait établi, Kaamelott met en scène des chevaliers peu dégourdis, avec un QI avoisinant celui d’une poule (Elle est où la poulette ?). Alors les épisodes sont très comiques et centrés tour à tour sur un ou plusieurs chevaliers, tentant vainement de servir Arthur mais qui se casse la gueule, parfois littéralement. On y voit souvent Arthur péter un câble d’ailleurs, ce qui rajoute une dimension comique, vu que ses colères sont absolument savoureuses : il engueule son personnel, ses chevaliers et sa femme. Parce que les chevaliers ne sont effectivement pas les seuls à porter le fardeau de la connerie, les femmes ne sont pas plus intelligentes, notamment Guenièvre qui en plus de ne pas avoir un physique avantageux, est souvent prise pour une conne par son époux, faut dire qu’elle ne broque pas grand-chose…

Situations comiques (avoir la chiasse en pleine bataille après avoir bouffé des champignons vénéneux, pour ne citer qu’un exemple), personnages débiles et répliques carrément hilarantes : ce sont les ingrédients que réunit Kaamelott. Car en effet, que serait cette série sans ses répliques ? Qui n’a jamais entendu un « C’est pas faux » ? « Le gras c’est la vie » ? Ou tout simplement repris le « Cuillère ! » du chef burgonde ? Peu de personnes je le crains.


LIVRE II

En globalité, le Livre II de Kaamelott a gardé la même recette que le premier : humour omniprésent, quêtes plus ou moins éventrées par maladresse, ras-le-bol d’Arthur.
Pas grand-chose à dire de plus sur ce livre, si ce n’est qu’on commence gentiment mais sûrement à apercevoir une certaine tension entre le roi et son fidèle Lancelot, révélatrice du début de la perte d’équilibre du royaume et de la légitimité qu’a Arthur à gouverner.

La particularité de ces deux premiers livres, c’est de n’avoir aucun fil conducteur : vous avez raté l’épisode de la veille ? Aucun souci, vous ne serez jamais perdus, puisque chaque épisode a son histoire.


LIVRE III

Dans le Livre III, on commence à avoir une chronologie des épisodes. Là encore, on est toujours face à l’humour, véritable signature des premiers livres de Kaamelott, seulement les choses se gâtent, puisque le roi voit son meilleur élément se détacher peu à peu de lui. Effectivement, Lancelot y exerce une double vie, à la fois chevalier servant à Kaamelott et chevalier errant dans la forêt, où il élit domicile la moitié du temps. Les engueulades sont de plus en plus fréquentes entre ces deux-là. Pour ne rien arranger, Arthur commence à avoir une liaison avec la femme de l’un de ses chevaliers (Karadoc) : dame Mevanwi. Tout d’abord secrète, elle est découverte à l’issue du dernier épisode, par Guenièvre qui y voit une trahison de son mari dans une moindre mesure (après tout, il a des maîtresses), mais surtout une trahison envers son ami, le seigneur Karadoc, qui selon la loi, va devoir être tué par le roi s’il veut prendre sa femme. La reine s’enfuit donc vers le seul homme qui l’aime, Lancelot.

Ce livre amorce des situations plus graves, et a, comme les précédents livres, même si je ne l’ai pas mentionné, des références et des indices quant à la légende Arthurienne mais aussi sur la suite qui va être donnée à la série.
Et ce, notamment, avec l’histoire raconté au neveu de Karadoc qu’Arthur est contraint de garder. La légende du roi est donc transposée ici pour être comprise par un enfant, les personnages deviennent des ours, faisan et autre cerf. C’est mignon, mais ça a une conclusion qui pour le moment est anodine, puisqu’elle parle de la dépression du petit ourson, qui n’est autre qu’Arthur.


LIVRE IV

Tout commence à foutre le camp à Kaamelott : Lancelot forme un clan séparatiste, Guenièvre est restée avec lui… Arthur ne voit pas le mal, mais pourtant, la Dame du Lac le met en garde contre la volonté des Dieux et l’avenir de Kaamelott. Plusieurs choses inévitables se passent : l’échange d’épouse Mevanwi/Guenièvre, la première devenant ainsi la reine du royaume, commence à être détestée de tous et toutes, puisqu’elle prend des initiatives, elle accède au pouvoir, veut diriger. Elle se présente donc comme une femme avide de pouvoir, ce qui la rend particulièrement désagréable. On lui préfère largement la candide Guenièvre, qui elle, déchante complètement dans sa nouvelle vie de pécore avec un Lancelot qui devient peu à peu taré, voyant un homme en noir partout… De plus, Arthur refusant d’écouter la Dame du Lac, celle-ci est reniée des Dieux et reléguée au rang de simple mortelle qui ne sait rien faire. Plus grave encore, le royaume de Kaamelott est en train de se déchirer, et chacun doit choisir son côté : soit rester fidèle à Arthur et à la table ronde, soit rejoindre le rebelle Lancelot. Pour tenter de rétablir l’ordre, Arthur quitte Mevanwi et attaque le camp de Lancelot pendant son absence, tout en récupérantGuenièvre, en lui proposant d’être de nouveau la reine. A son retour, Lancelot voit son camp pillé, ses hommes disparus et sa bien-aimée enfuie, c’est alors que l’on voit enfin l’homme en noir…



Sur ces quatre livres, je n’ai pas grand-chose à dire niveau interprétation, car tout est assez clair. Mais je reviendrai régulièrement sur ces livres lors de mes deux prochaines propas, c’est pourquoi il fallait absolument que je vous en parle, pour que les relations entre les livres ne soient pas incomprises.
Pour résumer, je dirai vraiment que ces quatre premiers livres sont souvent considérés comme les piliers de Kaamelott, effectivement, ce sont souvent les préférés du public, puisque ceux-ci n’acceptent pas (ou ne comprennent pas) le changement brutal dès le Livre V de traitement de l’histoire, de format et de registre. Personnellement, j’ai longtemps considéré que les deux derniers livres de Kaamelott n’avaient pas lieu d’être s’ils étaient ainsi. Un récent visionnage de l’intégrale m’a permis de comprendre certaines choses et d’avouer mon crime : je préfère Kaamelott et ses personnages dans un registre plus grave, et je vous expliquerai pourquoi prochainement. 

Publicités

Commenter

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s