Cría cuervos (1976)

Cría cuervos est un film espagnol réalisé par Carlos Saura avec Géraldine Chaplin et Ana Torrent dans les rôles principaux.
Ce film a remporté le grand prix du Jury au Festival de Cannes.
Il a également bénéficié d’une deuxième sortie au cinéma en 2007.

A Madrid dans les années 70, Ana, 9 ans, a été témoin de la mort de son père (dans les bras de sa maîtresse) et de sa mère (morte de chagrin). Élevée par sa tante Paulina, elle refuse le monde des adultes et se réfugie dans ses souvenirs et imagine sa mère vivante…

Un film sur le franquisme…

Tout d’abord, ce film est métaphoriquement équivoque au franquisme. Ce n’est peut-être pas décelable au premier abord à notre époque et dans notre pays, mais en replaçant le film dans son contexte, on y voit tous les personnages de la période franquiste réunie : le père incarne le franquisme, il est militaire et est le symbole de Franco, la mère se veut républicaine, quant à Ana, elle incarne la jeunesse pleine d’incertitudes et d’espoir des années post-Franco.
Le titre du film est plus qu’évocateur, il vient du proverbe espagnol « Cría cuervos y te sacarán los ojos » (Nourris les corbeaux et ils t’arracheront les yeux).

Le thème de la mort est omniprésent

Comme je vous l’ai dit plus haut, Ana a été témoin de la mort de ses deux parents.
Elle tient son père pour responsable de la mort de sa mère et imagine le tuer avec du poison. Cette pensée, à 9 ans est très froide et marque une très forte tension.
D’ailleurs, tout le film nous rappelle sans cesse la mort : la vision des parents morts, l’imagination de l’assassinat du père et de la tante.
Même les scènes et les images en imposent. En effet, Cría cuervos est dénué de musique (sauf la chanson Porqué te vas, mais j’y reviendrai plus tard) et les images sont cliniques, froides et presque diaphanes.

Mais surtout, il y a cette volonté de montrer la cruauté de l’enfance

A 9 ans, être témoin de la mort de ses parents est assez difficile à vivre, vous en conviendrez. C’est pourquoi Ana s’enferme dans son monde et tente de faire revivre sa mère par tous les moyens possibles, même si, au final, elle n’y arrive pas et sa mère n’est définitivement plus là.
Ana pense en effet pouvoir faire revivre (sa mère) et tuer (son père) qui elle a envie et quand elle le décide.
Son enfance a été volée, non seulement par le contexte politique et puritain où les enfants n’ont guère le droit à la parole dans lequel elle a été élevée mais aussi et surtout par son père qui est responsable de la mort à petit feu de sa mère.
Souvenirs, flashbacks, futur, tout s’entremêle sans jamais nous faire perdre le fil du film : tout est compréhensible malgré ce méli-mélo de scènes qui s’entrechoquent dans la tête d’Ana et sous nos yeux.
Elle veut fuir la réalité et s’abandonne en écoutant Porqué te vas de Jeanette, chanson qui revient à deux reprises : une fois lors d’un rare moment où elle s’amuse et danse avec ses sœurs (la scène est ici.) et une autre fois, lors du générique qui nous offre un plan des trois sœurs allant à l’école puis centré vers le ciel… Cette scène de fin nous montre alors une sorte d’espoir pour le futur d’Ana.

Bonne découverte ou revisionnage !

La chanson de Jeanette.
Trailer.

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