Polisse (2011)

Polisse.
Je l’ai découvert grâce aux Césars du cinéma récemment. Comme je me sentais bien conne à n’avoir vu aucun des films présentés, j’ai voulu me rattraper et je suis tombée sur Polisse. Et c’est franchement sans regret.

Alors pour le casting, les récompenses et tout ça, Polisse c’est un film de et avec Maïwenn, mais aussi avec Karin Viard, Joey Starr, Marina Foïs ou encore Nicolas Duvauchelle.
Ce film a reçu le prix du Jury à Cannes, aux prix Lumières, celui du meilleur réalisateur et a été nominé dans de nombreuses catégories et a remporté d’autres récompenses.

Le pitch de Polisse :
Tout d’abord, on doit les deux « s » de « Polisse » à une faute du fils de Maïwenn. Ça c’est pour l’anecdote.
Pour ce qui est de l’histoire, on est tout droit plongés dans une brigade de la police : la BPM, autrement dit, la Brigade de Protection des Mineurs de Paris. Où l’on rencontre toute une équipe de policiers est chargée de traquer les pédophiles, les parents maltraitants, mais aussi les jeunes à la dérive et tous les autres problèmes de mœurs liés aux enfants, adolescents et leur entourage. Mélissa, une photographe vient dans cette brigade pour faire un portfolio du travail des policiers, ce qui n’est pas au goût de tout le monde…

Un jeu d’acteurs assez impressionnant
J’étais réticente quant au fait de voir Joey Starr en tant qu’acteur. Le personnage ne me plaisant guère, j’émettais des réserves et j’ai été incroyablement surprise. Alors certes, il est la tête brûlée de la bande, mais il montre beaucoup d’humanité et d’empathie.
Marina Foïs, quant à elle m’a étonnée. Je n’ai pas l’habitude de la voir dans des rôles dramatiques et je dois avouer que sa prestation m’a séduite et conquise. Elle se révèle petit à petit dans ce film, on comprend non seulement qu’elle est l’un des personnages clés du film, mais aussi et surtout, on nous sous-entend qu’elle est aussi une victime.
Les autres acteurs, que je n’avais pour la plupart jamais vus sont eux aussi brillants et composent leurs rôles respectifs à merveille.
J’émets seulement une réserve sur Maïwenn. En effet, je la trouve tout simplement inutile dans ce film. Je ne comprends pas pourquoi elle a voulu faire ce personnage. En fait, le rôle de la photographe est un faux prétexte pour amorcer le film, son personnage n’a nulle importance dans ce film, pire, elle passe pour une gourdasse et c’est un des points noirs du film.

Un peu de voyeurisme…
Il aurait été difficile de faire un film comme celui-là sans sombrer dans le voyeurisme. Et malheureusement, Maïwenn n’a pas pu empêcher cela. Rien que par son personnage de photographe qui vient mitrailler des enfants qui pleurent, des familles en détresse, elle nous dresse un tableau presque malsain et misérabiliste des victimes. Comme si ces victimes n’étaient que des clichés et qu’il n’y avait aucune profondeur dans ces histoires : elle, elle a été violée, lui, il s’est fait martyrisé… Dans les affaires traitées, on a l’impression de déjà tout connaître : entre le père marocain qui veut marier sa fille mineure avec un cousin au pays, la mère malienne qui « abandonne » son enfant à la police pour que celui-ci n’ait plus à vivre dans la rue ou encore la descente dans un camp de roms où tous les gosses sont embarqués pour aller dans un foyer… Tout cela est mitraillé sans relâche par cette potiche bourgeoise de Mélissa (Maïwenn) qui veut ses photos, peu importe le sort des victimes.

…mais beaucoup de réalisme
Maïwenn ne passe pas par quatre chemins pour montrer les habitudes de cette brigade, preuve en est, on nous laisse devant des scènes, des paroles crues et directes. Entre les « Papa me gratte les fesses » et les « J’imagine que je fais l’amour à ma fille… Ça vous choque ? », on écoute aussi bien les victimes que les auteurs des incestes et viols. Le spectateur n’est pas ménagé, c’est trash, mais c’est comme ça. D’ailleurs, lors d’une conversation (engueulade) avec sa femme, le chef de la brigade crie « C’est dit comme ça parce que c’est comme ça ! ».
Polisse met également un point d’honneur à mettre en avant le conflit générationnel entre les policiers et les jeunes de maintenant qui baisent, sucent et s’enculent à tous les râteliers sous n’importe quel prétexte. Des répliques édifiantes viennent montrer à quel point ce choc générationnel est existant, en effet, à un moment, une jeune crie dans les locaux « A 14 ans, on baise, on suce, c’est ça la vie ! Regardez un peu la télé, j’sais pas, mettez-vous à jour ! ».
Vous vouliez voir un film Bisounours où toutes les victimes s’en remettent et les méchants sont en prison ? Changez de film, Polisse, c’est pas ça. Polisse, c’est la réalité. Et pourtant, le générique de début du film qui utilise le thème de L’île aux enfants pourrait nous faire croire que si, mais je vous assure que non.
De plus, l’aspect privé des policiers est lui aussi abordé, on veut nous montrer que ce sont eux aussi des personnes avec leurs problèmes : divorce, amours cachées, engueulades… On se prend d’affection pour ces policiers qui doivent non seulement gérer leur vie quotidienne et leur vie professionnelle.
On passe aussi par les problèmes de hiérarchie, les jalousies entre services…

Cependant, l’une des grandes forces de Polisse est son rythme. Effectivement, pour casser ce côté sombre et dramatique, elle désamorce les situations et met en avant les vies des policiers, mais aussi et surtout leurs fous rires face à certaines situations.
Une ado gothique qui fugue, on entend Fred (Joey Starr) répliquer : « Quand tu l’as chez toi, faut pas éteindre les lumières. T’es sûr que c’est pas ses parents qui ont fugué ? »
Une fille suce des mecs pour récupérer son téléphone portable, ce même Fred demande « Et pour un ordinateur, tu fais quoi ? » et Iris (Marina Foïs) renchérit « Eh ! J’ai perdu mon portable ! ».
Ces situations provoquent fous rires chez le spectateur qui a auparavant entendu et vu des choses crues, dont notamment, l’IVG d’une jeune fille qui s’est fait violer et dont le fœtus est au premier plan d’une scène sous les yeux médusés d’Iris.

En résumé
Ce film est un véritable choc, tant pour les yeux que pour les oreilles. Malgré son côté voyeuriste et le personnage de la courge vite effacés par du réalisme pur et dur, Polisse nous en envoie plein la face et dépeint avec force et vérité les mœurs qui arrivent autour de nous.
Le côté vie privée des inspecteurs appartient lui aussi au côté réaliste, chacun a ses problèmes, comme dans la vraie vie, ils sont pas tous bien dans leurs pompes et on nous le fait savoir. Même s’ils arrivent à se détendre de temps en temps, ils sont souvent ramenés à la difficulté psychologique que leur apporte leur travail et qui entache leur vie familiale et affective.

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