Le Prestige

Bon, je ne vais pas m’attarder sur le casting ni sur le synopsis, vous devez le connaître. Dans le cas contraire, visitez la page Allociné dédiée au film.

L’explication d’Harry Cutter suffit elle-même à résumer le film :
« Chaque tour de magie est comporte trois parties ou actes. La première s’appelle « La Promesse ». Le magicien vous présente quelque chose d’ordinaire (un jeu de cartes, un oiseau ou un homme). Il vous le présente. Peut-être même vous invite-t-il à l’examiner, afin que vous constatiez qu’il est en effet réel, oui intact, normal. Mais il est bien entendu, loin de l’être. Le deuxième acte s’appelle « Le Tour ». Le magicien utilise cette chose ordinaire pour lui faire accomplir quelque chose d’extraordinaire. Alors vous cherchez le secret, mais vous ne le trouvez pas, parce que bien entendu, vous ne regardez pas attentivement. Vous n’avez pas vraiment envie de savoir, vous avez envie d’être… dupés. Mais vous ne pouvez vous résoudre à applaudir, parce que faire disparaître quelque chose est insuffisant. Encore faut-il le faire revenir. C’est pourquoi, pour chaque tour de magie, il existe un troisième acte, le plus difficile, celui que l’on nomme… « Le Prestige ». »

En effet, le film est un tour de magie. La construction du Prestige est axée sur les trois parties d’un tour de magie : La promesse, où l’on nous présente deux « rivaux », à savoir Alfred Borden et Robert Angier sont deux magiciens peu connus qui cherchent de nouveaux tours originaux pour les présenter au public et surtout, pour se faire un nom dans le monde du spectacle. Lors d’un de leur tour, la femme d’Angier trouve la mort accidentellement. Ce dernier rend coupable Borden de cet accident.
A partir de là, ces « rivaux » ne sont plus entre guillemets mais se mènent une guerre sans merci. Le principe : trouver les nouveautés de la magie avant l’autre et surtout, faire échouer les spectacles de l’autre en le ridiculisant. Ici, nous sommes dans la partie du Tour. Les deux magiciens nous présentent des tours, s’affrontent, luttent et se détruisent mutuellement mais aussi personnellement. Ils vouent leur vie à leur vengeance et deviennent obsédés par cette guerre. Tantôt victime, tantôt bourreau, les deux personnages échangent leurs rôles avec réussite.
La troisième partie, soit Le Prestige montre quant à lui le vrai visage des personnes, on comprend tout, les zones d’ombres, les astuces des magiciens et surtout, la vérité…

Pas de doute, Christopher Nolan tient à nous « tromper », à créer l’illusion. Ce qui fonctionne bien : pendant tout le film, nous sommes captivés par ce véritable film/tour de magie.
A vrai dire, on retrouve assez bien la patte de Nolan. Ses films Memento et Inception sont construits eux aussi pour nous tromper et on a bien joué le jeu ! Le but : faire penser au spectateur une chose puis la réfuter après pour brouiller son esprit. Totalement surprenant.
Nous avons donc à faire à de grands twists finaux qui fonctionnent bien et qui déroutent même.
Le récit du Prestige est manipulateur pour nous tromper certes, mais pour mieux nous ébahir une fois la fin venue.

La réalisation est parfaite. La narration de Cutter est plutôt juste. En effet Cutter représente le « sage » dans ce film (comme dans Inception d’ailleurs), celui qui ramène les personnages à la raison, ce qui fait de ce personnage un véritable pilier dans Le Prestige, il reste celui qui voit tout venir : l’effondrement des personnages, leur combat interminable et leur sort funeste…
On a également droit à des flash-backs, des passages du passé puis du futur, mais l’on n’est jamais perdu dans le temps.

Les décors, les costumes (on est dans l’Angleterre du début du XIXème siècle) sont sublimes et convaincants.
Les personnages sont charismatiques et véritablement bien joués : entre un Christian Bale jouant Borden, sombre et secret et un Hugh Jackman jouant Angier dans sa quête de vengeance, on est tiraillés. Cependant, comme je l’ai dit, Cutter interprété par le tout aussi charmant Michael Caine est bien qu’un second rôle, le fil conducteur de ce trio. La belle « espionne » que joue Scarlett Johansson est sublime. Nous rencontrons aussi David Bowie, excellent en Nikola Tesla grand innovateur et inventeur.
Nos deux magiciens (plus trop en herbe) sont efficaces mais secrets : on sent que l’on ne nous dit pas tout sur eux. Ils sont en duel l’un contre l’autre mais semblent aussi en duel avec eux-mêmes… Mais après tout, c’est le tour de magie, on ne découvrira la vérité que lors du Prestige.
Le rôle de Johansson pourrait passer pour celui de potiche, mais elle se révèle être bien plus que ça : elle devient intime avec Borden et parvient même à nous faire découvrir des facettes de sa personnalité.
Enfin, Tesla, joué par un talentueux Bowie a lui aussi sa part de mystère et d’intérêt. Sa fameuse machine qui fait disparaître nous intrigue et nous amène à nous poser des questions. On cherche à savoir comment, pourquoi…
Pas de doute, on est dans un véritable tour de magie. On veut nous tromper, d’ailleurs, on nous répète souvent « Are you watching closely ? » (« Êtes-vous bien attentifs ?« ). Le réalisateur essaiera-t-il de nous dévoiler quelques secrets durant son film ? Peut-être…

Le film traite certes, de magie mais expose aussi des thèmes comme la dualité, la vengeance et la quête (de vérités, de reconnaissance…).

Ce film est un véritable chef-d’œuvre, j’ai sûrement oublié beaucoup de choses à dire et j’espère avoir captivé votre attention à la manière de Nolan.

ABRACADABRA !

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