J. Edgar de Clint Eastwood

Un casting de rêve (Eastwood, DiCaprio, Watts ou encore Dench) dans un objectif : réaliser un biopic sur le fameux « papa » du FBI, John Edgar Hoover.

Le film s’ouvre sur un John Edgar (qui veut se faire appeler « Edgar ») jeune, ambitieux et immensément patriotique. Son envie, voire son but ultime, c’est de combattre les ennemis de l’intérieur, les « rouges », en un mot, les communistes. Il devient peu à peu un homme important, son ascension rapide est retranscrite un peu à la louche : on passe très vite d’un petit bureaucrate à l’ouverture du Bureau des Investigations où il est le numéro 2.

C’est peut-être ce qui déboussole le spectateur dans ce film. Effectivement, J. Edgar se pose sur l’homme, sur ses émotions, en fait sa vie, plutôt que sur son histoire et sa politique.
On peut dire que J. Edgar est en fait un biopic « intime » où est réservé le traitement humain du personnage, et non son histoire, comme on aurait pu s’y attendre.

Le personnage terrible, J. Edgar

Les nombreux flash-backs et retours dans le présent peuvent eux aussi dérouter mais sont au moins l’outil de la transposition de la vie d’Edgar.
Ces flash-backs sont réussis et nous en mettent plein les yeux : Edgar rentre jeune, dynamique, et lisse dans un ascenseur ? Il peut en ressortir vieux, ridé et fatigué. Le maquillage et la transformation des personnages vieillissants sont, je trouve, très réalistes et très beaux.
Je m’explique sur ces retours en arrière : le film est basé sur la vie du patron du FBI racontant son histoire à des agents du FBI qui la retranscrivent sur papier. Pendant qu’il raconte les événements de son ascension, de son histoire, on voit ceux-ci à l’écran. Cela nous permet notamment de voir à quel point le personnage ment, et donc, que les flash-backs sont tout aussi menteurs. Il s’attribue des arrestations, des propos, des faits qui ne sont pas de lui.
C’est là que la dimension terrible du personnage apparaît. Il se veut menaçant pour garder sa place. Il montre parfois des élans racistes. Il veut être grand, il n’en est que terrible et craint. En effet, il collecte des « dossiers » sur des personnages publics. Il fait chanter les politiques pour garder sa place et ce qu’il a de plus cher, son bureau…
Et surtout, il se montre intraitable avec ses collaborateurs, et est très rigoureux avec ses agents (Un costume mal coupé ? Une moustache ridicule ? Cela pouvait valoir une sacrée remontrance de la part d’Edgar).

Le film explore donc plusieurs histoires relatives au FBI et à Hoover : l’arrestation de John Dilinger, la disparition de Charles Lindbergh Junior, la montée en puissance de Martin Luther King, les divers présidents des États-Unis… Lui donnant donc un goût de réalisme.

… Mais aussi et surtout, l’intimité de J. Edgar

Eastwood prête à Hoover des mythes qu’il transforme en réalité. L’homosexualité supposée d’Edgar avec son bras droit Tolson est ici explicite. La relation avec sa mère est ambigüe, cette femme se veut castratrice, son fils fait d’ailleurs tout pour lui plaire : il renie son bégaiement pour elle, il devient ce qu’il est pour elle, il cache son homosexualité pour elle.
Edgar refoule ses sentiments, et de ce fait, la relation amoureuse et intime avec Tolson en devient triste.
Edgar est également fidèle à son équipe, formée de son bras droit, Tolson et de sa secrétaire, Gandy. Ces trois personnages sont soudés, loyaux, se font confiance et se respectent mutuellement.

Ici, Edgar devient touchant et fragile. On le voit effondré, amoureux, si loin de ses menaces…

Conclusion, clap de fin, synthèse !

Alors certes, on peut dire qu’Eastwood essaye de toucher à toutes les dimensions de l’immense Hoover, le mettant en scène tantôt carriériste, grand, terrible, égoïste et tantôt dans le doute, effrayé et amoureux. Mais il dresse surtout un portrait de l’homme que l’on n’imaginait pas, un portrait souvent basé sur les mythes, qui deviennent donc réels et donnent au personnage toute sa puissance et sa dualité.

J’ai beaucoup aimé ce film. Certains pourront dire qu’ils se sont ennuyés, moi pas. J’ai trouvé l’histoire touchante. Les personnages sont joués avec réalisme et sont parfaits. La réalisation, les couleurs, le traitement des informations (mensongères) me plaisent.
Je vous conseille donc de le voir !

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